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Facteurs de pianos en France
1700 à 1799

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Médailles

 

Fin

 

           
1710  

 

Les précurseurs de 1710 à 1780 avec la naissance du pianoforte

 

 

 

 

   

MARIUS Jean

(ca. 1670 - 1730)

 

 

Clavecin de 1700 - Photo : Albert Giordan - © Musée de la Musique  - Paris

 

1716

 

Clavecin brisé ca. 1700, Cité de la Musique, Paris, France
Clavecin brisé ca. 1700, Cité de la Musique, Paris, France
Modèle du mécanisme Marius, Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg, Bayern, Allemagne
Clavecin de voyage ca. 1709, MIM, Bruxelles, Belgique
Modèle du mécanisme Marius ca. 1716, Galleria dell'Accademia, Dipartimento degli strumenti Musicali, Firenze, Italie

M. Dodart, « Mémoire sur les causes de la voix de l’Homme, & de ses différents tons » 

"[...] Je reviens donc à dire comme dans le Mémoire [précédent] que le complication de la glotte & du ressort des lèvres bandées, peut rendre les tons indépendants, & de la profondeur du canal, & de la longueur des cordes. Car le seul brisement de l’air suffit pour le son, & l‘air mû de vitesse dans l’air peut briser suffisamment pour produire un son, & assez différemment pour produire les tons. Savoir comment tout cela fait une sensation, c’est moins une question qu’une espèce de mystère physique qu’on démontrera inconcevable en nature. Mais le fait me suffit. En effet j’ai fait faire une anche d’orgue, comme pour un tuyau de Régale de six pouces, à laquelle je n’ai fait ajouter que la chape nécessaire pour l’emboucher, sans aucun tuyau. Cependant cette anche sonne 8 pieds. On fit l’expérience dans l’Assemblée publique. Voilà pour le canal. On s’en peut donc passer absolument. Quant à la longueur des cordes, on sait que M. Marius fait des Clavessins brisés, qui déployés, n’ont que deux pieds, et demi dans leur plus grande longueur, & dont les basses de laiton guippés ou surguippées, ou de cuivre, ou d’argent, ou d’argent doré pour baisser de ton de plus en plus, sont à l’unisson des basses les plus longues des Clavessins de sept pieds de long, d’où il s’ensuit que par cet artifice, 1 sonne comme 3. Il prétend même que cela peut aller infiniment plus loin qu’il a eu besoin de le pousser. Ainsi la longueur des cordes pourrait être supplée jusqu’à un certain point. Il ne s’agirait donc plus dans cette difficulté que du plus et du moins. Mais sans avoir recours à ces suppléments, il suffit de répéter ici que dans l’instrument de la voix de l’Homme, les tons sont indépendants de la mesure du canal & de celle des lèvres, considérées come une espèce de cordes. Et il faut bien que ce soit ainsi, puisque l’effet de l’instrument de la voix de l’Homme ne peut être révoqué en doute. En effet, j’ai depuis peu observé qu’un Chassis bruyant a sonné plus de 8 pieds malgré la disproportion de ses lèvres & de la profondeur, qui apparemment était très peu de choses, ou comme rien. Or il est dit dans ce Mémoire que ce Chassis est ce qui ressemble le mieux à l’organe de la voix. Il faut donc que dans l’instrument de la voix de l’Homme, les vibrations des lèvres de la glotte, donnent le son, comme l’anche le donne au corps du hautbois, & que les vitesses & les quantités de l’ai mu à travers de la glotte, donnent les tons et dominent les frémissements de son anche, & forment les tons de l’instrument. Aussi suis-je persuadé que dans tous les Instruments de musique, tous les tons ne viennent que des quantités, & des degrés de vitesse de l’air brisé." Histoire de l'Académie Royale des Sciences, 1719 (Paris, chez Hochereau, Quai des Augustins) p. 292-293 (les articles renvoient à la situation en 1700)

Machines et inventions approuvées par l'Académie Royale des Sciences,
Volume 3, 1735 (Gallica)

Inventions de 1716

Clavecin à maillets, 1716, p. 83 (Gallica)
Autre clavecin à maillets, 1716, p.85 (Gallica)
Troisième clavecin à maillets, 1716, p. 87 (Gallica)
Quatrième clavecin à maillets, 1716, p. 89 (Gallica)
Orgue à soufflet, 1716, p. 91 (Gallica)

Clavecin à Maillets, inventé par M. Marius

"Cette méthode de tirer le son du Clavecin, consiste à substituer des maillets à la place des sautereaux. Le corps du Clavecin est ici représenté par la caisse AB; cette caisse porte un fonds à la moitié de fa hauteur: c'est sur ce fonds que sont tendues des cordes fixées par des pointes à l'extrémité C & bandées par des vis à l'extrémité D. Là les côtés de la caisse sont coupés pour recevoir dans le fond une petite boëte MNOP, qui contient le clavier; IO, LP, sont des bords à coulisse dans lesquels on fait entrer une barre XY, sous laquelle se trouve le centre de mouvement des touches EF; ces touches prolongées en-dedans de la caisse, portent à l'endroit G des maillets qui répondent aux rangées de cordes posées sur la caisse. L'on voit à l'inspection de cette figure que les maillets peuvent être de différente épaisseur & doivent toujours être posés perpendiculairement aux extrémités des touches qui doivent les élever. A l'endroit IL est une rangée de chevilles fixées à chaque côté des touches, & qui servent à les tenir toujours dans leur direction verticale; c'est autour d'un étrier tel que Z que chaque touche peut s'élever & s'abaisser. On observera de tenir le maillet plus pésant que le reste de la touche, afin qu'il puis descendre plus promptement après le choc. L'on voit le chemin & le mouvement que chaque maillet fait par la troisiéme touche du clavier de la premiere figure en allant de F vers E; le maillet de cette touche est représenté frappant les cordes qui lui répondent. L'on croit que par des Clavecins de cette construction, l'on pourra tirer des sons plus ou moins aigus en employant des forces connues sur les touches suivant les différens tons & les différentes mésures indiquées par les pièces que l'on voudra exécuter. Voici sur cette theorie différentes manières d'employer les maillets & de leur donner toutes les positions possibles."

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Autre Clavecin à Maillets; inventé par M. Marius (Gallica)

"AB est une caisse qui représente le Clavecin; sur cette caisse sont deux rangs de cordes CD, EF. Les maillets sont ici représentés dans différentes positions, c'est-à-dire, placés pour tirer le son en-dessus, & en-dessous; deux manieres de le tirer en-dessus, & une en-dessous. Par exemple, le maillet G est en-dessus & frappe sur la corde au moyen de la touche H mobile au point I; le petit montant K est attaché à la touche H, & sert à faire frapper le marteau G, ce marteau étant attaché à l'endroit L par un petit étrier de fer, autour duquel il se meut librement. L'on peut faire regner le long du Clavecin un semblable clavier, posé au-delà de ses bords sur une caisse transversale telle que MN, sur le devant de laquelle seront posés tous les maillets & toutes les touches. Le maillet O frappe sur le rang de cordes DC; ce maillet est aussi attaché en P par un étrier W semblable aux autres, autour duquel il se peut mouvoir, de même que la touche Q mobile au point S. Lorsque l'on pese sur la touche Q, l'extrémité R du maillet se levé, le maillet O frappe sur les cordes & en tire le son. Il faudra observer dans la construction d'un semblable instrument, que toutes les queues des maillets soient plus pésantes que les têtes, afin que le maillet après avoir frappé, se releve de lui-même & ne laisse point de tons faux. La deuxiéme figure est pour faire voir comment on peut établir un clavier à maillets pour tirer le son en-dessous. Le maillet T est mobile au point V, & la touche X mobile en Y : en ce cas il faut que la tête T du maillet soit plus pésante que la queue."

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(la suite )

 

 

Paris

?

 

Jean MARIUS, qui, en 1716, présenta à l'Académie des Sciences à Paris, quatre plans d'instruments du même genre, les appelait clavecins à maillets.

Première mécanique avec marteaux sur pianoforte. Un Florentin, nommé CRISTOFORO, construisit le modèle d'un véritable piano; mais son invention fut froidement accueillie, comme celle de MARIUS.

"Déjà, en 1716, un facteur de Paris, nommé Marius, avait présenté à l'examen de l'Académie des Sciences deux clavecins dans lesquels il avait substitué des petits marteaux aux languettes pour frapper les cordes. Deux ans après, Christoforo, Florentin perfectionna cette invention et fit le premier piano qui a servi de modèle pour ceux qu'on a faits depuis alors; mais il paraît que les premiers essais de ce genre furent reçus froidement, car ce n'est que vers 1760 que Stumpf, en Angleterre, et Silbermann, en Allemagne, curent des fabriques régulières, et commencèrent à multiplier les pianos. En 1776, MM. Erard frères fabriquèrent les premiers instrumens de cette espèce qui aient été construits en France; car jusque-là on avait été obligé de les faire venir de Londres." Gazette musicale de Paris, Volume 1, 1834

"La première application de ces principes, en France, remonte à 1716, où un facteur de Paris, nommé Marius, présenta à l'Académie des sciences quatre clavecins à maillets d'une conception grossière, et d'une exécution plus grossière encore, à en juger par les dessins publiées dans le t. III du Recueil des machines approuvées par l'Académie : car, dans l'un d'eux, la touche porte directement le maillet, et le musicien devait être obligé de la lancer par un choc sans pouvoir y conserver le doigt, sans quoi le maillet serait resté contre les cordes, comme dans l'ancien clavicorde. Je n'ai pas vu le dessin de Schrœter, que M. Anders considère comme de beaucoup supérieurs, à ceux de Marins, qui, cependant, malgré leur grossière exécution, renferment nettement le principe de frappement de la corde, et sont antérieurs d'un an au moins à celui de Schrœter. M. Anders pense, et je suis de son avis, que les premiers pianos étaient à queue, parce que c'était alors la forme des clavecins, instruments les plus parfaits connus. Les dessins de Marins, excepté le premier, sont à queue. Ce ne fut que vers 1758, ajoute M. Anders, que Friederici, facteur d'orgues à Gera, construisit le premier piano de forme carrée. Pour le distinguer du forte-piano, ou piano à queue, il lui donna le nom de fort bien. Ce nom s'est bientôt perdu pour se confondre avec celui de piano-forte ou de forte-piano, dont nous avons, pour abréger, fini par faire piano; mais la chose est restée, et bientôt les pianos carrés furent plus nombreux que les autres." Revue scientifique et industrielle, Volume 17, 1844, p. 370

Troisième Clavecin à Maillets, inventé par M. Marius

"Ce qu'il y a de particulier dans ce Clavecin est, que le sautereau comme AB porte une cheville C qui frappe les cordes en-dessous, de même que les maillets N°. 174. que l'on a décrits précédemment. A quelque endroit autour de la cheville est un morceau d'étoffe pour étouffer le son, comme on le pratique aux autres Clavecins. L'extrémité A du sautereau est posée sur le bout de la touche EFG, dont le centre de mouvement est en F. II est necessaire que ce centre soit le plus près qu'il sera possible de l'extrémité G, afin que le sautereau retombe avec plus de promptitude après avoir frappé les cordes; par ce moyen on aura un son plus net. L'on voit par la premiere figure l'arrangement que doivent avoir entre eux ces sortes de sautereaux. L'avantage d'un Clavecin construit de sautereaux semblables est, que la sujétion de les remplumer, se trouve supprimée."

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Quatrième Clavecin à Maillets et à Sauteraux, inventé par M. Marius

"Apres que M. Marius eut trouvé les maillets, il les substitua à la place des sautereaux en donnant à ces maillets différentes positions, comme il vient d'être dit sur les planches précédentes : il trouva aussi le moyen de placer deux jeux dans un seul Clavecin, en y employant les maillets & les sautereaux, & faisant néanmoins ces deux jeux tout-à-fait indépendans l'un de l'autre; c'est-à-dire, que les maillets peuvent servir seuls, de même que les sautereaux, & tous les deux à la fois quand on le veut; ce qui s'execute en cette sorte. AB est un corps de Clavecin ordinaire; le clavier inférieur CD a rapport à la rangée de sautereaux EF, & le clavier superieur GH fait jouer la rangée de maillets IK; la troisiéme rangée LM contient des especes de sautereaux fixés sur les touches des mêmes maillets, & garnis de drap, afin d'étouffer le son après que le maillet a frapé. Les sautereaux NN passent au travers d'une planche OP posée sur des tasseaux à coulisses, dans lesquelles cette planche peut se mouvoir horisontalement suivant la largeur du clavecin, au moyen de la pièce PQ mobile au point R, de manière qu'en poussant cette pièce par son extrémité Q, l'on fait avancer les sautereaux, qui pour lors répondent au-dessous des cordes, & font en état d'en tirer le son; & au contraire lorsque l'on ne voudra plus des sautereaux, on tirera à soi la pièce, & ces mêmes sautereaux ne toucheront plus les cordes les touches sur lesquelles elles posent sont assez larges pour leur permettre ce mouvement. Voici quel est le mouvement des maillets, pour s'en servir, & pour les supprimer. Le maillet S est fixé sur la touche qui fait la bascule suc un étrier T fixé sur une traverse VV, aux extrémités de laquelle sont des tourillons qui lui permettent de tourner; à cette traverse l'on fixe une pièce X qui sort à chaque côté du clavier, & sous laquelle on fait couler un coin Y pour élever ou abaisser tous les maillets ensemble; c'est-à-dire, que si on laisse la traverse dans son état naturel, les maillets toucheront les cordes, & lorsque l'on voudra les supprimer, on poussera le coin Y sous la pièce X, & pour lors les maillets baisseront & ne toucheront plus aux cordes. Le sautereau Z est posé sur la touche à quelque distance du maillet; ce sautereau doit être construit & placé de manière qu'à l'instant du coup, il soit prêt à étouffer le son."

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« Machines ou inventions approuvées par l’Académie en 1716 »

"I. Un nouveau Clavessin de M. Marius, où il substitue des Maillets aux Sautereaux. Il évite par là les réparations perpétuelles auxquelles l’usage des Plumes assujettit les Clavessins ordinaires. Celui-ci rend en général des sons plus forts & plus beaux, mais de plus le seul ménagent du toucher lui donne le fort & le faible, & par conséquent l’expression qui a toujours manqué à cet instrument. M. Marius a même trouvé pour les Clavessins, tel qu’ils ont été jusqu’à présent, un Clavier à Maillets, qui se met & s’ôte quand on veut, sans les altérer ni les changer en aucune sorte. Depuis, M. Marius tourna encore de deux manières plus simples, & plus utiles, l’idée des Maillets substitués aux Sautereaux. Tout cela a paru très bien pensé." Histoire de l'Académie Royale des Sciences, 1741, p . 77

 "Was die länge der Saiten berrisst, so weiß man, daß der Herr Marius gebrochene Clavessins machet, die nicht langer als 2 1/2 Fuß in ihrer größten länge haben; und deren messingene vermischete oder übersponnene, oder küpserne, oder silberne, oder silberne und verguldere Saiten um den Ton immer tiefer zu machen, mit den Bässen der längsten Clavessins von 7 Fuß lang, in Unisono stehen. Durch dieses Kunststücke also klinget 1 wie 3. Er giebet aber auch vor, dieses könne unendlich weiter, als er es zu treiben nöthig hat, gehen. Also könnte die länge der Saiten bis auf einen gewissen Punkt ersetzet werden. Bey dieser Schwierigkeit würde es demnach nur auf das Mehre und Wenigere ankommen." Der Königl. Akademie der Wissenschaften in Paris anatomische ..., Volume 1, 1749,  p. 367

Autre texte intéressant dans
Histoire de l'Académie Royale des Sciences: année MDCCXLII avec les mémoires, 1745, p. 146-150

 

   
SILBERMANN Gottfried

(1683 - 1753)

 

 

 

&

 

SILBERMANN Johann-Daniel

(1717 - 1766)

 

&

 

SILBERMANN  Johann-Heinrich

(1727 - 1799)

 

 

Épinette de Johann Heinrich Silbermann, ca. 1770 (Gallica)

 

 

Clavichorde de Johann Heinrich Silbermann, ca. 1775,  Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg

 

 

Piano à queue fin 18ème siècle, collection privée

1727  

"Jean Henry Silbermann, facteur de Forté-piano & de Clavecin 1776, Strasbourg"

Piano à queue ca. 1749 de Gottfried Silbermann, Germanisches Nationalmuseum, Allemagne

Piano carré de 1750, Musikhistorisches Museum von Wilhelm Heyer, Cologne, Allemagne

Querspinet ca. 1776 Johann Heinrich Silbermann, Germanisches Nationalmuseum, Allemagne

Querspinet ca. 1760-75 de Johann Heinrich Silbermann, University of Leipzig, Museum of Musical Instruments, Allemagne

Piano à queue ca. 1776, Piano Museum mit Sammlung Schimmel, Braunschweig, Allemagne

Piano à queue de 1776, et autres photos, Silbermann Johann Heinrich, Staatliches Institut für Musikforschung à Berlin, Allemagne

Épinette de 1782, Johann Heinrich Silbermann, Collection particulière

Modèle du mécanisme Gottfried Silbermann, Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg, Bayern, Allemagne

"Cembalo d'amour, oder ein besonders liebliches Clavessin wird in dem zweyten Bande der matthesor. mus. crit. S. 243 angefürhrt. Andere, so es gesehen, sagen, dass der Name eines Cembalo sich darzu nicht schicke, weil es nicht gehöre zu den Gattungen der Clavicymbel, sondern der Clavichordien, und müsse heissen : Clavier d'Amour. Silbermann in Strasburg ist der Erfinder, und meine erste Nachricht habe ich von einem Gesellen, welcher daselbst solches machen helfen. es ist der silbermann, von welhem oben viel geredet worden. [...]" M. Jacob Adlungs, Der churfürstl. maynzis. Akademie nützlicher ..., Jakob Adlung,Johann Ernst Bach, 1758, p. 614

"Le sieur Henri Silbernam [sic], auteur d’orgues et de clavessins à Strasbourg, fabrique des clavessins à piano e forte d’une structure particulière & très avantageuse.
1°. Les cordes sont frappées en dessous par le moyen de petits marteaux ronds et garnis de peau, ce qui produit un son moëlleux qui n’a point le sec de celui des clavessins ordinaires. Premier avantage.
2°. Un renvoi de trois leviers donne au marteau plus ou moins de jeu & présente plus ou moins de vibration à la corde, suivant qu’on appuye sur la touche. Second avantage.
3°. Des sautereaux d’une forme particulière & drappés, dont on empêche l’effet si l’on veut, affaiblissent ou font durer le son à volonté. Troisième avantage.
4°. En poussant le clavier du côté des basses, on recule les marteaux qui ne frappent plus la même corde, mais celle au-dessous. Par ce moyen, on baisse l’instrument d’un demi-ton pour la commodité des voix. Quatrième avantage qui remédie à l’inconvénient de la transposition.
Le tout est exécuté dans la plus grande propreté & avec tant de précision, que l’ouvrage, quoique compliqué, ne paraît pas susceptible de se déranger, & ne fait aucun bruit étranger à l’harmonie.
Le prix est de 1500 livres, il n’y a encore à Paris que quatre de ces clavessins dont M. le prince Louis en possède un. Celui que nous avons vu est chez M. Sahum, place des Victoires, maison de M. Papelier, banquier. Ce clavessin sur lequel nous avons entendu exécuter les morceaux de musique italienne & allemande les plus difficiles, a une harmonie qui réunit le mérite de plusieurs instruments ; il a les dégradations de son & les lointains de la harpe, & les sons renflés de l’orgue." L’Avantcoureur n° 14 Lundi 6 avril 1761, p. 219-220.

"Depuis un certain temps on fait venir à Paris des clavecins à marteau, appelles fortepiano, travaillés très-artistement à Strasbourg par le fameux Silbermann. Ces clavecins, dont l'extérieur est tout en bois de noyer le plus propre & le plus luisant, sont faits en forte que chaque clavier fait lever une espece de marteau de carton enduit de peau, qui frappe contre deux cordes unissonnes, ou contre une seule si l’on veut. Ils ont cet avantage, que l'appui du doigt, plus fort ou plus faible, détermine la force ou la faiblesse du son. Ils sont fort agréables à entendre, surtout dans des morceaux d'une harmonie pathétique, & ménagés avec goût par celui qui l'exécute; mais ils sont plus pénibles à jouer, à cause de la pesanteur du marteau, qui fatigue les doigts, & qui même rend la main lourde avec le temps." Dictionnaire raisonné universel des arts et métiers, contenant l'histoire, la description, la police des fabriques et manufactures de France et des pays étrangers, 1773, p. 165 (Gallica)

"There is piano forte made by Silbermann of Neuberg, beautifully varnished and embellished; and a tortoise-shell desk for his majesty's use, most richly and elegantly inlaid with silver; on the table lay a catalogue of concertos for the new palace, and a book of manuscript Solfeggi, as his majesty calls them, or preludes, composed of difficult divisions and passages for the exercise of the hand, as the vocal Solfeggi are for the throat. His majesty has books of this kind, for the use of his flute, in the music room of every one of his palaces." The Present State of Music in Germany, the Netherlands, and United Provinces, Charles Burney, 1775, p. 145

"Ik meet hier ook niet vergeten, dat de heer Silberman eenen jonger broeder heeft, die eén klavier of fortepiano met een voetklawier uitgevonden heeft. Hij speelde op dit speeltuig, doch zonder voetklawier." J. J. Björnstähls Reize door Europa en het Oosten, Volume 5, Jacob Jonas Björnståhl, Matth Norberg, Meinard Tydeman, 1783, p. 89

"On croyait jusqu'à présent que Mozart s'était servi, pour ses compositions, d'une épinette ou d'un clavecin, et quelques portraits et gravures qui représentent le grand artiste et sa soeur Annette jouant du clavecin ont pour beaucoup contribué à répandre cette opinion. Mais déjà Rubinstein a déclaré que l'orchestration des concertos que Mozart a écrits pour le piano et ses compositions pour cet instrument seul prouvent qu'il a dû connaître le piano pourvu du mécanisme de nos instruments modernes. C'est en effet en 1726 que le célèbre facteur [Gottfried] Silbermann commença la fabrication des pianos à marteaux que Schroeter avait inventés, et du temps de Mozart les pianos de Silbermann étaient déjà assez répandus, surtout dans les cours où l'enfant prodige se fit entendre. Nous savons d'ailleurs que Frédéric II de Prusse posséda un superbe piano de Silbermann, devant lequel il fit asseoir J. S. Bach lors de la fameuse visite du cantor à Berlin. Les doutes à ce sujet sont dissipés par un document qui est parvenu à notre connaissance et qui contient l'inventaire de la pauvre succession de Mozart. Dans cet inventaire sont mentionnés un « forte piano avec pédale », estimé 80 florins, et « un billard couvert de drap vert», estimé 60 florins. Or, le mot forte piano désignait d'abord en Allemagne les pianos de Silbermann; ce n'est qu'au XIXe siècle que les Allemands ont commencé à se servir du mot « piano forte », qui est actuellement hors d'usage et remplacé par le mot « clavier » quand il s'agit du piano moderne." Le Ménestrel, 08/10/1899, p. 325 (Gallica)

"(Jean) Henri Silbermann, frère d'André fils, a fait le premier, sur le continent de l'Europe, des pianos à marteaux revêtus de peau, plus estimés que ceux de Stein à Ratisbonne."  Notices historiques, statistiques et littéraires sur la ville de Strasbourg, 1819, p. 361

Strasbourg 25 - 27, rue Finckwiller (1708 - 1805)

 

'Facteur de Forte-pianos et orgues'

SILBERMANN Gottfried (1683 - 1753)" [...] né a Frauenstein, le 14 janvier 1683, apprit les éléments de la facture des orgues chez son frère à Strasbourg, et donna, dès 1714, une preuve de son habileté par la construction de l'orgue de la cathédrale de Freyberg, composé de quarante-cinq jeux. De retour en Saxe, il s'était fixé dans cette ville, et y avait établi des ateliers pour la construction des instruments à clavier. Soit qu'il eût eu connaissance des essais de Schrœter pour la construction des pianos, soit que les travaux contemporains du facteur français Marius et de l'Italien Cristofali ou Cristofori, lui eussent été signalés; soit enfin qu'il eût trouvé lui-même le principe de cet instrument dans le tympanon, il est certain qu'il fut un des premiers facteurs qui en fabriquèrent, et que l'invention du piano lui fut généralement attribuée en Allemagne en 1750. Schrœter n'en réclama l'honneur qu'après la mort de Silbermann. Celui-ci, ayant construit deux de ces instruments, les soumit à l'examen de Jean Sébastien Bach qui, donnant de justes éloges à la nouveauté du mécanisme, trouva cependant le son faible dans les octaves supérieures. Frappé de la justesse des observations de ce grand artiste, Silbermann se livra en silence à de nouvelles recherches, et cessa de mettre de nouveaux instruments en vente jusqu'à ce qu'il eut enfin trouvé le moyen de leur donner un volume de son plus intense. Après beaucoup d'essais et de dépenses, il put enfin faire essayer un nouveau piano par J.-S. Bach, qui le déclara sans défaut. Dès ce moment, les pianos de Silbermann acquirent de la célébrité. Cet habile facteur fut aussi l'inventeur, en 1740, du clavecin d'amour, instrument dont les cordes avaient une longueur double, et reposaient vers les deux extrémités sur les chevalets placés à égale distance, en sorte qu'étant frappées par le milieu, elles rendaient un son double à l'unisson. Hoehnel, de Meissen, a perfectionne cet instrument, dont les sons étaient à la fois puissants et moelleux. [...]" Biographie universelle des musiciens: et bibliographie générale ..., Volumes 7-8, François-Joseph Fétis, p. 39-40  et "Godefroi SILBERMANN de Freyberg inventa un clavecin particulier qu'il nomma clavecin d'amour. Outre le sautereau ordinaire, il avait un mécanisme semblable à celui du clavicorde." Gazette musicale de Paris, Volume 3, 1836, p. 205-206 

SILBERMANN Andreas (1678 - 1734), frère ainé de Gottfried et facteur d'orgues, en particulier le magnifique instrument de Marmoutier en 1710, celui de l'abbatiale St Cyriaque à Altorf, ou encore celui de l'église d'Ebersmunster. Un orgue positif, de 1719, dans un état de conservation exceptionnel vient d'être restauré par la Manufacture Blumenroeder, à Strasbourg, Chapelle de Ste Madeleine, faisant découvrir ce qui est peut-être un des tempéraments Silbermann originels. Leur père Michael était menuisier.

SILBERMANN Johann-Andreas (1712 - 1783), ci-dessus, neveu de Gottfried, fils ainé d'Andreas, il enseigna à Johann Andreas Stein la facture de claviers. Il est le facteur du célèbre orgue de l'église St Thomas de Strasbourg (1741), mais aussi ceux de l'église protestante de Wasselonne (1745), de l'église de Turckheim, de l'église St Maurice de Soulz (1750), Arlesheim (1761), de l'église protestante Saint Pierre le Jeune de Strasbourg (1780), de l'église des Jésuites de Molsheim (1781), etc.

SILBERMANN Johann-Daniel (1717 - 1766):  "[...] deuxième fils d'Andreas, né à Strasbourg, le 31 mars 1717, fut aussi facteur d'orgues distingué. En 1751, il se rendit à Freyberg auprès de son oncle Gottfried, qui l'avait demandé pour qu'il l'aidit à terminer l'orgue de la chapelle de la cour, à Dresde. Après la mort de son oncle, il se fixa dans cette ville, et s'y livra avec succès à la fabrication des clavecins et des pianos. Il mourut à Leipsick, le 6 mai 1766, avec les titres de facteur d'orgues et de commissaire de la cour de Saxe. Compostiteur de quelque mérite, il a laissé plusieurs ouvrages en manuscrit." Biographie universelle des musiciens: et bibliographie générale ..., Volumes 7-8, François-Joseph Fétis, p. 39-40

SILBERMANN Johann-Heinrich (1727 - 1799), neveu de Gottfried, le plus jeune des 4 fils d'Andreas. Facteur de pianoforte et de clavicordes."[...] La facture des pianos l'occupa spécialement, et ses instruments furent les premiers de ce genre qui se répandirent en France, où ils eurent beaucoup de réputation. Il mourut le 15 janvier 1799, laissant deux fils, dont l'aîné (Jean-Frédéric), né le 21 juin 1762, et mort le 8 mars 1817, fut à la fois facteur de pianos, organiste de l'église Saint-Thomas, à Strasbourg, et compositeur. Il a laissé en manuscrit un Hymne à la paix, des chansons allemandes, et plusieurs autres ouvrages." Biographie universelle des musiciens: et bibliographie générale ..., Volumes 7-8, François-Joseph Fétis, p. 39-40 - Ses instruments sont signés "Jean Henry Silbermann".

SILBERMANN par MONTAL

"Godefroi Silbermann de Freyberg inventa un clavecin particulier qu'il nomma clavecin d'amour. Outre le sautereau ordinaire, il avait un mécanisme semblable à celui du clavicorde, qui allait toucher légèrement la corde à la moitié de sa longueur et faisait entendre une note harmonique à l'octave pendant que la corde entière résonnait. Les cordes de cet instrument étaient plus longues que d'ordinaire. [...] Les premiers pianos carrés, attribués à Friederici de Géra, ne paraissent pas remonter au-delà de 1758, tandis que dès 1740 Silbermann en avait déjà fait sortir de ses ateliers un grand nombre, qui ne pouvaient être que des pianos en forme de clavecin." L'art d'accorder soi-même son piano, Claude Montal, 1836, p. 205 + 209

INFO EXTRA

  Gottfried Silbermann und die hammerflügel für den Preussischen Hof in Potsdam

The invention of the square piano, A Review of some claimed early German Tafelklaviere, par Michael Cole

Das Silbermann-Archiv. Der handschriftliche Nachlass des Orgelmachers Johann Andreas Silbermann (1712 - 1783), herausgegeben von Marc Schaefer, Amadeus Verlag, 1994, 560 p.



Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir FREUDENTHALER (°1789)

 

   

 

VATER Antoine

 (1689 - 1759)

 

Clavecin de 1732 - Photo : Jean-Marc Anglès - © Musée de la Musique  - Paris

 

1728

Clavecin ca. 1732, Cité de la Musique, Paris, France

VOIR AUSSI ...

  Anton VATTER, à Vienne.

 

Paris rue Phelipeaux (**1759)(arr.3)

rue du Temple (*1775)

 

'Facteurs de clavecins'

Facteur de clavecins parisien Antoine VATER, né à Hanovre et s'était installé à Paris en 1715, frère de Christian VATER (1679 - 1756), et a enseigné Henri HEMSCH (°1734).

"Le Sieur Vater Facteur de Clavecins, donne avis, que sur le point de se retirer du Commerce, il lui reste nombre de bons Clavecins à venire tant de Ruckers que de la façon: ce que l'on pourra voir chez lui à toute heure, rue Phelipeaux près le Temple, dans la maison du sieur Nicole." Mercure de France, 1759, p. 211

 

  1734
 

HEMSCH Johann
(Jean)-Heinrich (Henri ou Henry)

(1700 - 1769)

 

 

Clavecin de 1761 - Photo : Jean-Marc Anglès - © Musée de la Musique - Paris

 

1734

Ils existent aujourd'hui encore cinq instruments :

Clavecin ca. 1736, Museum of Fine Arts, Boston, U.S.
Clavecin ca. 1761, Musée de la Musique, Paris, France

"M. Hensch [sic], facteur de Clavecins & Forte-Piano, dans le genre anglais, est arrivé dans cette ville depuis peu des jours ; il est muni de plusieurs de ces instrumens pour vendre. Il est logé chez M. Lagarde, Marchand Parfumeur, à côté du Collège de Perigord, près la Place St. Sernin." Affiches de Toulouse et du Haut-Languedoc, 18/04/1787, p. 2 (Rosalis)

Selon d'autres sources, l'atelier aurait été fondé en 1740. (2)

Paris Rue Quincampoix [paroisse Saint-Nicolas-des-Champs] (1761-76)(3)(1763)(31)(arr.3)

rue du Temple (*1775)(arr.4) ?

 

'Facteur et restaurateur de clavecins'

Jean-Henri HEMSCH, originaire de Cologne, en Allemagne, il s'installa à Paris en 1728 où il mourut en 1769. Il fut l'un des plus célèbres facteurs de clavecins de son temps. A son installation à Paris, il fut accueilli tout d'abord dans l'atelier d'Antoine VATER (°1728), émigré allemand comme lui.

HEMSCH travailla ensuite pour son propre compte, en association avec son plus jeune frère Guillaume (Wilhelm). En 1761 ce dernier prend en apprentissage Jean-Jacques Malade (voir MALADE plus bas).

Ses clavecins sont typiquement français et comparables en qualité à ceux de la famille BLANCHET - TASKIN
. (Wikipedia)

Vers 1887 TOMASINI, un facteur de pianos à Paris utilisait son clavecin comme exemple pour ses clavecins nouveaux.

 

   
 

BLANCHET Nicolas

(1660 - 1731)

 

 

 

&

 

BLANCHET François-Etienne

(1695 - 1761)

 

&

 

BLANCHET François-Etienne

(1730 - 1766)

 

 

Château de Thoiry

 

&

 

BLANCHET Armand-François-Nicolas

(1763 - 1818)

 

1750

Clavecin de Nicolas BLANCHET

Clavecin ca. 1733, Château de Thoiry, France
Clavecin ca. 1736, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré de 1801, vendu chez Chenu - Bérard - Peron à Lyon, France

"Blanchet, breveté du Roi, fabrique et répare des clavecins pour Mesdames de France et les spectacles de la cour."  Le livre des collectionneurs, Alph. Maze-Sencier, 1885, p. 383 (Gallica)

Paris rue de la Verrerie, près de S. Médéric (*1755)(*1775)

86, rue de la Verrerie (1793)(10)(arr.4)

167, rue de la Verrerie (*1798-1799)(*1799-1800)(*1800-1801)(**1802)(*1805)(3)(arr.4)

rue de Limoges (4)

26, rue d'Hauteville (?)(arr.10)

12, rue de Bellefond (1818)(10)(arr.9)

17, rue faubourg Montmartre (x1825)(arr.9)

10, boulevard Poissonnière (x1829)(arr.9)

rue des Portes (1832)(10)

 

'Facteurs de clavecin de la Cour'

Nicolas BLANCHET est le premier qui s’installe à Paris, facteur de clavecins et d’épinettes. Il avait épousé Marthe Bacquet, était installé rue Saint Germain, et un de ses fils, Nicolas Pierre, fut baptisé le 27 avril 1692 à St Germain l'Auxerrois. (Archives de Paris, Etat civil reconstitué, Claude Lebrun) Mais le plus célèbre de ses fils : François-Étienne BLANCHET (Paris, 1695 - 1761)  qui épousa Elisabeth Martine HOBIN ou GOBIN et ils eurent ensemble au moins une fille, Elisabeth Antoinette, née à la maison rue de la Verrerie, et baptisée à la paroisse Saint Merry le 15 janvier 1729 (Archives Nationales/Maison du Roi/Pensions sur le trésor/0/672). Le fils de ce dernier, également nommé François-Étienne BLANCHET (vers 1730 - 1766), continua l'affaire familiale. Une sœur épousa Armand Louis Couperin. Il eut comme apprenti Pascal-Joseph TASKIN. Après la mort de son patron, ce dernier épousa sa veuve et reprit l'atelier.

BLANCHET Armand François Nicolas (1763 - 1818), époux de DESPAU Marie Louise (ca. 1751 - 1832)(10), voyez ci-dessous, père de Nicolas BLANCHET (1794 - 1876), seul fils, qu'est l'associé de ROLLER Jean (°1826)(10) sous le nom ROLLER & BLANCHET, et puis il y a le petit-fils d'Armand, et le fils de Nicolas: BLANCHET Pierre Armand Charles (7 avril 1819 - ?)(22) qui fonde sa maison en 1852.

"Un petit-fils de F. E. BLANCHET, Armand-François-Nicolas, né en 1763, s’occupa de bonne heure de la facture et de l’accord des clavecins; lorsqu’il publia en l’an IX une méthode abrégée pour accorder le clavecin et le forte-piano, il était établi rue de la Verrerie, 167, ce qui fait supposer qu’il avait repris la maison laissée à TASKIN par son grand-père A. F. N. BLANCHET et, à sa mort (18 avril 1818, son fils Nicolas) qui devint ensuite l’associé de ROLLER dans la fabrication des pianos, prit sa succession." (3) Constant Pierre

"Armand-Louis COUPERIN [fils de Nicolas COUPERIN, et petit-fils de François COUPERIN] a succedé à ses places [de son père] & à ses talens. Depuis 1748 il est Organiste de S. Gervais & depuis 1770 il est l'un des deux Organistes de la chapelle du Roi, ainsi que l'un des quatre de Notre-Dame à Paris. Il a épousé Elisabeth-Antoinette BLANCHET fille du fameux Blanchet, excellent Facteur de clavecins. Mad. Couperin avant que d'être mariée, avait déja la plus grande célébrité par ses talens pour l'orgue & pour le clavecin." Essai sur la musique ancienne et moderne. T3, par J.-B. de La Borde, 1780, p. 383 (Gallica)

 

 

1826

CLICQUOT Claude François Henry

(1732 - 1790)(31)

 

 

Orgue, église St. Roch, 1756

 

 

Orgue, St. Nicolas du Chardonnet 1790

1754

 

Lettre à l’auteur de ces Feuilles sur les Forte-Piano d’Angleterre, organisés par M. Clicquot, Facteur d’orgues du Roi.
[ajout manuscrit : digne matière d’une année littéraire !]

"Monsieur,

La réputation des Forte-Piano, organisés par M. Clicquot, Facteur d’orgues du Roi, s’étend de plus en plus ; cet instrument se fait autant de partisans qu’il y a de personnes qui l’entendent. Il est rare de voir des nouveautés prendre avec autant de feu ; il faut avouer aussi que l’on n’en voit pas souvent d’aussi intéressantes. Le Forte-Piano organisé est l’instrument du jour ; mais son règne sera plus durable que ne l’est ordinairement celui de la mode ; il a en lui-même un mérite indépendant de tout caprice ; il attache, il séduit ; plus on le touche, plus on veut le toucher ; plus on l’entend, plus on veut l’entendre.

On avait regardé jusqu’à présent la faculté d’enfler le son comme hors de l’essence de l’orgue ; on regardait celle de le filer comme hors de l’essence du clavecin. Ces facultés, si nécessaires à l’expression de la Musique, & si désirées dans ces deux instruments, leur sont devenues naturelles dans le Forte-Piano organisé, & c’est aux talents réunis de MM. Zumpe (*Auteur des Forte-Piano anglais) & Clicquot que l’on doit cette heureuse découverte en Musique. Vous avez entendu, Monsieur, cet instrument délicieux ; vous avez observé que la flûte est si adroitement adaptée au Forte-Piano, que le tuyau & la corde se prêtent mutuellement les qualités qui leu sont propres ; en sorte que la corde paraît filer le son, & que la flûte paraît l’enfler.

L’organisation du Forte-Piano est un service réel rendu aux Artistes Musiciens, & spécialement aux Clavecinistes ; ces Messieurs ne le céderont plus aux violons & aux flûtes pour l’exécution de l’adagio, du cantabile, de récit, de l’amoroso ; ils deviendront les Exécutants les plus intéressants, en ce que la perfection de la mélodie se trouvera réunie aux avantages ordinaires de l’Instrument à clavier. L’harmonie encore y gagnera la continuité des sons ; en sorte qu’in instrument qui n’a eu jusqu’à présent que la faculté de tinter des intervalles, se trouvera en état de rendre toute partie chantante avec les agréments inséparables de la mélodie. Le Forte-Piano organisé prête encore de nouveaux charmes à l’accompagnement, tant par les doux et les forts qui résultent des différentes modifications du tact que par la liaison parfaite de l’harmonie & par la facilité qu’ara l’accompagnateur de suivre la voix, de l’imiter & de la soutenir dans les tenues les plus longues. M. Clicquot est assurément bien louable des soins qu’il s’est donnés pour parvenir à faire naître de l’union de ces deux instruments des effets aussi essentiels & aussi séduisants.

C’est à M. Balbâtre, aussi curieux d’instruments de goût que capable de les faire valoir, que nous sommes redevables, en quelque sorte, de cet heureux mélange. Il demandait un jour à M. Clicquot si un jeu de flûtes artistement uni au Forte-Piano, ne corrigerait pas la maigreur du son de cet instrument : M. Clicquot goûta cette idée & conçut le projet d’essayer de la remplir. M. Balbâtre, flatté de cet espoir, envoya son Forte-Piano chez ce Facteur, qui, dès ce moment, s’occupa seul du soin de trouver le moyen d’identifier l’instrument à cordes avec l’instrument à vent. La réussite a couronné son travail, & l’empressement du Public est aujourd’hui le prix glorieux de son zèle. A peine ce Forte-Piano organisé a-t-il été en état d’être entendu que, charmés de ses effets, les curieux ont envoyé à M. Clicquot des instruments de toutes parts pour être organisés de même, & chaque entreprise a été suivie d’un nouveau succès. La maison de M. Clicquot (*Il demeure rue des Enfants-Rouges au Marais) a été & est toujours ouverte aux amateurs qui ont désiré et désirent entendre ces instruments. Les personnes du plus haut rang, entre lesquelles j’oserai citer S. A. S. Mgr le Prince DE CONTI, n’ont pas dédaigné d’y venir. L’affluence a quelquefois été si grande chez M. Clicquot, qu’à peine sa maison pouvait-elle y suffire.

M. Simon, Maître de Clavecin de la Famille Royale, a été un des premiers à rendre justice au Forte-Piano organisé ; il a pressenti le plaisir que cette nouvelle invention pourrait faire à la Cour ; il s’est livré pendant quelques jours à cet instrument pour en acquérir l’habitude ; il s’est occupé du soin d’arranger & de composer des morceaux qui lui fussent propres ; il est parvenu sans peine à caresser, à flatter cet instrument dans le genre le plus analogue ; enfin il a saisi le Forte-Piano organisé non seulement en artiste, mais en home de goût, & l’on peut dire que si l’instrument fait honneur aux talents de M. Simon, la manière dont il le touche ne fait pas moins honneur à l’instrument. M. Simon a fait porter à Versailles un Forte-Piano organisé, pour essayer le goût de la Cour sur cette nouveauté ; son espoir n’a pas été trompé ; les effets enchanteurs de cet instrument y ont fait beaucoup de sensation. MADAME a donné des ordres pour que M. Clicquot lui en fit un semblable, & le mardi 5 de ce mois, il a eu l’honneur de lui présenter. Le lendemain il y eut concert chez MADAME ; la Famille Royale y était. M. Clicquot a eu le bonheur d’être témoin des suffrages que la Cour a bien voulu donner au nouvel instrument. M. Simon en a tiré tout le parti possible ; les pièces, arrangées, composées & exécutées par cet habile Claveciniste, ont fait le plus grand plaisir ; en effet, elles sont du meilleur goût, & jusque-là je n’avais encore rien entendu d’aussi convenable à cet instrument.

MADAME LA DAUPHINE a désiré un pareil Forte-Piano ; M. Clicquot a eu l’honneur de le lui livrer. Ce dernier Forte-Piano organisé a été admiré des connaisseurs ; la qualité de son de l’instrument à cordes est belle et nourrie ; la flûte est d’une force qui y est proportionnée ; leur réunion produit un effet admirable.

M. Clicquot a organisé avec le même succès le Forte-Piano de Monseigneur le Duc DE CHARTRES. Le laboratoire de ce Facteur célèbre est encore aujourd’hui rempli de semblables instruments qui attendent leur tour pour être arrangés de même. Cet Artiste n’a rien négligé pour porter le Forte-Piano organisé à sa perfection. M. Balbâtre avait eu l’idée d’y ajouter encore un jeu de hautbois ; il en a conféré avec M. Clicquot ; mais, après y avoir bien réfléchi, ils sont demeurés d’accord que l’instrument à vent, en raison de la force qu’il acquerrait, couvrirait & absorberait totalement l’instrument à cordes, & par-là rendrait insensibles les doux et les forts qui sont tout le charme & le seul mérite du Forte-Piano organisé ; alors ils ont conclu qu’il était inutile d’en faire un orgue.

Je vous ai fait ce détail, Monsieur, tant pour rendre au vrai talent l’hommage qui lui est dû, que pour instruire de cette nouveauté ceux des Amateurs qui n’en ont encore aucune connaissance. (ajout manuscrit : [ : et pour en avoir un à bon marché.]
J’ai l’honneur d’être, & c."
L'Année littéraire 1772, ou, Suite des lettres sur quelques écrits ..., Volumes 3-4, p. 105 - 112

Paris  

rue Saint-Martin (*1759)(*1763)(arr.3)

rue Neuve St. Laurent (*1773)(arr.10)

rue du Grand Chantier (*1775)(*1777)(*1779)(arr.3)

rue Portefoin (arr.3) devenue rue des Enfans Rouges, 5 au Marais (*1772)(**1780)(**1782)(*1783)(**1785)(**1786)(*1789-90)(*1791)(*1799-1800)(*1800-1801)(arr.3)

Facteur d’orgues et pionnier dans l’organisation des premiers forte-pianos

La famille Clicquot est une véritable dynastie dans l’histoire de l’orgue : En 1500, déjà, Nicolas Clicquot était au service du roi René II en Lorraine. Au 17ème siècle, Robert Clicquot est le facteur d’orgues de Louis XIV dès 1679 ; il construira, en particulier, l’Orgue de la Chapelle Royale de Versailles. Son fils ainé, Jean-Baptiste, succèdera aux fonctions de son père, et c’est à sa mort, en 1748, que son frère Louis-Alexandre deviendra à son tour organiste du roi Louis XV.

Francois-Henry, né en 1732 à Paris, est le fils de Louis-Alexandre Clicquot. Il travaillera avec lui de 1750 jusqu’à sa mort en 1760 pour les orgues du Palais des Tuileries en 1751, St Germain en Laye en1754, Valence en1755, et l’église St Roch à Paris en 1756).

En 1760, il reprend la Manufacture familiale (rue Portefoin, devenue ensuite Neuve St Laurent) et va étendre ses activités dans d’innombrables paroisses à Paris (St Etienne du Mont, Saint Paul/Saint Louis, Saint Médard, Saint Laurent, St Gervais) mais sa renommée dépasse la capitale : Senlis, Soissons, Compiègne, Laval, Meaux…). Sa sœur épouse Adrien L’EPINE
(°1758) en 1768, et celui-ci le rejoint dans son atelier l’année suivante, rue Neuve St Laurent. La réputation de Clicquot ne cessera de grandir : Ordinaire de la Musique du Roy, il obtient la charge de facteur d'orgues du Roy et devint Employé du Corps de la Musique (par Édit du Roi Concernant le Corps de la Musique du Roi, à Versailles, en mai 1782) mais encore Commensal de la Maison du Roi, membre de la Chapelle Musique, avec 600 livres de gages par an.
François Henri Clicquot aurait été, à l'occasion de l'inauguration de son chef d'oeuvre à St Sulpice, décoré du cordon noir, et fait chevalier de l'Ordre de Saint Michel, par Louis XVI. Sa renommée s'étendit à la France entière (
Pour consulter la liste complète de ses réalisations, voir Clicquot sur Wikipedia). Les instruments qu’il construisit sont réputés pour la splendeur de leur harmonie, la couleur de leurs jeux de flûte et la rondeur des batteries d'anches. Parmi les quelques instruments qui sont encore debout et n'ont pas été transformés par d'autres facteurs, on peut citer : Saint Nicolas des Champs (1777), Souvigny (1783) et la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers (1791), son dernier chef-d’œuvre.

On connait l'anecdote selon laquelle SILBERMANN aurait dit que CLICQUOT, à la fin de sa vie, était en charge de plus de 300 instruments. Tous les deux, ainsi que leurs disciples et collaborateurs, étaient très influencés par Dom Bedos de Celles (L'Art du facteur d'Orgues, D. Bedos de Celles, Bénédictin, 1778). Clicquot n'était pas seulement renommé pour la construction de nouveaux orgues mais encore les augmentations, les réparations, les expertises, l' installation de jeux d'anches, mais aussi pour son ingéniosité à faire des expérimentations organologiques sur les forte-pianos de plus en plus populaires.
Il fut célèbre à l'époque, en dehors de ses grands ouvrages, en modifiant les piano-forte venus d'Angleterre ; la famille royale, les grands de la Cour en raffolaient et venaient chez lui écouter des concerts de cet instrument et en commander pour leur plaisir personnel : Madame la Dauphine, Marie Antoinette, le duc de Chartres, le prince de Conti; le comte de Chabot, la dichesse de Sully, etc. (Année Littéraire, 1772).
Infos données par D. Girard

CLICQUOT Fils, rue Saint Jacques (*1763)

DIVERS

"Lettre sur les Forte-piano d'Angleterre organisés par M. Cliquot, facteur d'orgues du Roi" Suite de la clef ou journal historique sur les matières du tems ..., Volume 112, 1772, p. 33-37  

"Facteur d'orgues, de clavecins, de Forte-piano & de Forte-piano Anglois de la meilleur qualité, organisés d'un jeu de flûte & de galoubet." Mercure de France, 1776, p. 204

"Dans le Concert du Samedi Saint M. Balbatre a exécuté plusieurs morceaux de sa composition sur son forte piano auquel il a imaginé d'ajouter un jeu de flûtes, exécuté par M. Cliquot, Facteur d'orgues du Roi. Le talent de l'Organiste, & la beauté de l'instrument ont surpris & flatté agréablement les connaisseurs." L'Avantcoureur: feuille hebdomadaire, 1772, p. 267 Voir BALBASTRE

 

"Chiquet [?], cet habile & célèbre Artiste connu pour avoir exécuté avec applaudissement l'orgue de Sainte Chapelle de Paris, & celui des R.R. P.P. Jacobins, rue Saint-Dominique, donne plus de variété dans le jeu en simplifiant le mécanisme, ce qui rend ces instrumens plus faciles à réparer, & conséquemment moins à charge aux propriétaires." Supplément aux Tablettes royales de renommée et d'indication des négociants, artistes célèbres et fabricants des six corps, arts et métiers de la ville de Paris et autres villes du royaume etc., 1782-1792, p. 45 (Gallica)

  Les Clicquot, facteurs d'orgues du roi, Norbert Dufourcq, 1990, 123 pages



Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir L’EPINE (°1758) sur cette page

   
GOERMANS Johannes dit GERMAIN

(ca. 1703 - 1777)

 

 

Clavecin de 1767, Collection particulière, Londres, Angleterre, U.K.

1754

 

Clavecin ca. 1738, Musik & Teatermuseet, Stockholm, Suède
Clavecin ca. 1748, Frederic Cunningham, Haverford, Pennsylvannia, U.S.
Clavecin ca. 1750, Bate collection, Oxford, Angleterre, U.K.
Clavecin ca. 1754, clavecin converti en un piano, Metropolitan Museum of Art, N.Y., U.S.
Clavecin ca. 1764, Russell Collection, Edinburgh, Scotland
Clavecin ca. 1767, Collection particulière, Londres, Angleterre, U.K.
Clavecin ca. 1774, Collection privée, Château de Bény sur Mer, Calvados, France
Clavecin ca. 1785, Shrine to Music Museum, University of South Dakota, Vermillion, South Dakota, U.S.

"Clavecin d'une nouvelle construction, par M. Goermans, dit Germain, Facteur de clavecins & de forte-piano. Ce clavecin présente le même système de sons que la harpe de M. Cousineau. Il y a pour chaque octave 21 touches qui entonnent, sçavoir; sept sons ou sept notes naturels, sept notes bémols, & sept notes dièzes; ainsi, au - dessus & au - dessous de chaque ton naturel, on trouve un demi-ton majeur, & un demi-ton mineur. Ce nouveau clavecin est accordé comme la harpe de M. Cousineau, par une suite de quintes justes. Par elles, on trouve la véritable ascendance de touts les intervalles de la Musique, dans la véritable proportion que la nature a marquée. Les intonations que produit ce clavecin, sont les mêmes qu'on tire des instruments libres, tels que le violon, le violoncelle." Almanach musical, Volumes 7-8, 1783, p. 50  - voyez  COUSINEAU (°1772) ci-dessous.

"337. Un Clavecin de nouvelle construction exécuté pour M. de la Borde, & selon ses principes, par M. Goermans, dit Germain, Facteur de Clavecins, & de forte piano, rue des fossés S. Germain-des-Prés, Carrefour Bussy.
M. l'Abbé Rouffier, l'un des plus habiles Théoriciens en musique de l'Europe, si connu par son Mémoire sur la musique des anciens, veut bien promettre pour l'Assemblée prochaine, la démonstration de cet instrument, & dont on rendra compte. Nous observerons d'avance, qu'il n'est pas si difficile à jouer qu'on pourroit l'imaginer, à cause de la nouvelle onstruction du Clavier. On a été témoin que deux Dames amateurs, qui n'en avoient pas l'idée, en ont joué sur le champ. Ce qui caractérife cet instrument, c'est qu'au moyen de l'addition des touches nécessaires, il entonne comme la voix, & les intruments libres, tels que le violon, &c. On rendra jeudi cette démonstration sensible, par l'accompagnement avec ce dernier instrument." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 22/05/1782, p. 150 (Gallica)

"37. Un Clavecin de nouvelle construction, par M. Goermans, dit Germain." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 27/11/1782, p. 272 (Gallica)    et   Nouvelles de la république des lettres et des arts, 04/12/1782, p. 279 (Gallica)

1782

"Facteur de clavecins, Jacques Germain, dit Goermans; il imagina, en 1781, d’après le procédé employé par Cousineau pour la harpe, un clavecin à 21 touches par octave." (3) Constant Pierre

"CLAVECIN PARFAIT ACCORD. (Inventée par (1er. Goermans, en 1781.) — Cet instrument possédait vingt-et une touches par octave : c'est-à-dire sept pour les notes naturelles, sept pour les notes dièzées et sept pour les notes bémolisées." Dictionnaire de musique théorique et historique, Escudier, 1872, p. 123 (Gallica)

"Clavecin d'une nouvelle construction, par M. Goermans, dit Germain, Facteur de clavecins & de Forte-piano. Ce clavecin présente le même système de sons que la harpe de M. Cousineau. Il y a pour chaque octave 21 touches qui entonnent, sçavoir : sept sons ou sept notes naturels, sept notes bémols, & sept notes dièzes; ainsi au-dessus & au-dessous de chaque ton naturel, on trouve un demi-ton majeur, & un demi-ton mineur.
Ce nouvreau clavecin est accordé comme la harpe de M. Cousneau, par une suite de quintes justes. Par elles, on trouve la véritable ascendance de toute les intervalles de la Musique, dans la véritable proportion que la nature a marquée. Les intonations que produit ce clavecin, sont les mêmes qu'on tire des instruments libre, tels que le violon, le violoncelle." Almanach musicale pour l'année 1782, p. 50 (1430)

Clavecin à méchanique.

"On a annoncé en 1778 un clavecin, véritable Ruckers à méchanique & à grand ravalement, d'un genre unique & qui n'avait point encore paru, fabriqué par un flamand nouvellement arrivé à Paris.
Ce clavecin fait, dit-on, à merveille le crescendo ; il enfle & diminue les sons à volonté, & produit différens jeux très agréables ; le tout par le moyen d'un seul bouton que le genou fait agir avec la plus grande facilité, sans gêner ni troubler en rien l'exécuteur ni l'exécution ; on ne doute point que les connaisseurs & les amateurs en cette partie ne faient charmés d'entendre cet instrument & d'accorder leurs suffrages à celui qui en est l'inventeur, & qui est aussi intéressant à connaitre pour son mérite que pour son talent.

Ce clavecin, que nous n'avons point entendu nous-mêmes, mais dont plusieurs personnes ont fait l'éloge, se voyait a Paris, chez M. Goermans, maître de clavecin & de harpe, rue de Limoges au Marais, la premiere porte cochere à gauche en entrant par la rue de Bretagne, au sécond étage." Almanach musical, Volumes 5-6, 1779, p. 33-34

 

Paris rue Brisemiche, à coté de paroisse Sainte Merry (1732)(10)(arr.4)

rue de la Verrerie (1745-1751)(arr.4)

rue des Boucheries (*1757)(arr.6)

[41], rue des Fossés Saint-Germain des Prés (1751 ?)(*1775)(1777)(31)(*1779)(1882)(*1783)(**1785)(**1786)(1787)(31)(***1789)(arr.5)

rue de la Marche, chez M. Goujon (*1775)(*1777)(arr.3)

rue Françoise (*1777)(*1779)(arr.13)

rue Férou  (*1775)(1777)(6)(arr.6)

rue de Limoges [chez Goujon] au Marais, la premiere porte cochere à gauche en entrant par la rue de Bretagne, au sécond étage (*1777)(*1779)(arr.3)(adresse GOUJON)

 

"Maître luthier" (1732)(10)

"Né en 1703, Joannes GOERMANS était originaire de la ville de Geldern ("Galdere"), région de Brandebourg, à la frontière des Pays-Bas, qui dépendait de la Prusse au XVIIIe siècle. Le 10 juin 1730, il épousa à Paris, rue Brisemiche, en paroisse St Merry, Jeanne-Lucie Delbourse, fille d'un bourgeois de Condé-sur-Escaut. Il avait pour témoins les facteurs de clavecin Jacques et Jacques-Guillaume BOURDET, ainsi que l'organiste Joachim Gigault.
Il connut un succès phénoménal à Paris, mais dut s’arrêter en 1773 car il souffrait de plus en plus d’une paralysie qui l’empêchait de travailler. Il mourut en 1777, après avoir amassé une jolie fortune (il possédait un capital de près de 200.000 livres). Chef d’oeuvre cristallisant son génie, un des plus extraordinaires clavecins ayant survécu est celui qu’il fabriqua en 1764, et qui se trouve de nos jours dans la Collection Russell à Edimbourg.

Joannes GOERMANS et sa femme eurent sept enfants. L’aînée de ses filles, Jeanne Thérèse GERMAIN, baptisée le 9 avril 1732, deviendra une des femmes de chambre de Madame Elizabeth de France (Archives de Paris, Pensions sur le Trésor 686/CGVY) ; elle était elle-même une remarquable claveciniste et, dès 1753, la maitresse et protégée d’Alexandre Jean Joseph Le Riche de la Pouplinière (1693-1762) riche fermier général de Louis XV qui fut le mécène de nombreux artistes de son époque dont Rameau, en particulier.

Le fils aîné, né en 1735, portait le même nom que son père, nous l’appellerons Jean GERMAIN Fils (1735-1795). Il aimait lui aussi beaucoup les clavecins dont il enseignait le jeu. Il vendait à la fois clavecins et harpes depuis la maison familiale mais se tailla également une haute réputation dans leur facture, sa spécialité étant le ravalement (extension du clavier et création de genouillères) des clavecins flamands et en particulier ceux de Ruckers, si prisés en France à l’époque. Une publicité de l’époque décrivait l’une de ses créations, en 1778, comme donnant tous les effets de la flûte, du haut-bois et de la voix humaine. Il mourut en 1795.

Un autre fils, Jacques GERMAIN (1740-1789), de son vrai nom Jacobus GOERMANS, époux de Marguerite André (1787) (arch. nat. : MC/RE/XLVI/8), continua avec son frère l’atelier de manufacture de clavecins. Il fut reçu maître-facteur en 1766, mais on le retrouvera bien vite parmi les tout premiers facteurs de piano-forté auquel il contribua avec quelques autres (Silbermann, Taskin, Mercken) à lui donner ses lettres de noblesse. Il mourut le 8 avril 1789.

Une autre fille, Marie-Thérèse-Victoire GERMAIN, née en 1749, épousa le facteur de clavecin Jean-Liborius HERMES, qui fut bien avant de devenir son gendre, l’assistant de Joannes GOERMANS Père. A sa mort en 1777, et avec l’aide de Jacques Germain en particulier, ils continuèrent la manufacture familiale en travaillant pendant plus de 10 ans, ensemble, sur la facture expérimentale de nouveaux instruments : les Pianos-forté. L’atelier continua en 1789, après la mort de Jacques Germain, sous la direction de l’autre frère Jean Germain mais à la mort de celui-ci, Marie Victoire Thérèse ayant survécu à ses frères et soeurs, hérite de la maison familiale qu’elle vend (*1799-1803) le 5 thermidor de l’an III (3 juillet 1795).

Infos données par D. Girard Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois »

Même adresse pour Veuve GOERMANS en 1779 (*1779).

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir HERMÈS (°1775), GOUJON et COUSINEAU (°1772).

   

TASKIN Pascal

(1723 - 1793)

 

 

Piano à queue de 1788 - Photo : Albert Giordan - © Musée de la Musique - Paris

 

 

Détail - Photo : Jean-Marc Anglès - © Musée de la Musique - Paris

 

 

Détail - Photo : Jean-Marc Anglès - © Musée de la Musique - Paris

 

 

1757

 

"Pascal TASKIN, Facteur de Clavesins & Garde des Instruments de Musique du Roi, Élève & Successeur de M. BLANCHET, demeure Même Maison, rue  de la Verrerie, vis-à-vis la petite porte de S. Merry, à Paris."

"Paschal Taskin, Luthier du Roi, seul héritier du génie des Ruckers."
Mémoires, ou Essai sur la musique, André-Ernest-Modeste Grétry, 1789, p. 523

Clavecin double-manual ca. 1769, University of Edinburgh, Angleterre, U.K.
Armandine ca. 2e du 18e, Cité de la Musique, Paris, France
Double-manual clavecin ca. 1783-4, University of Edinburgh
Clavecin ca. 1787, Andreas Beurmann, Hamburg, Allemagne
Clavecin ca. 1788, Castel Sforzesco, Milano, Italia
Clavecin ca. ??, SIMPK, Berlin, Allemagne
Piano carré ca. 1787, et sa signature, Cité de la Musique, Paris, France
Piano à queue ca. 1788, Cité de la Musique, Paris
Piano de TASKIN de 1790, Versailles, le Château, France

Découvertes concernant la Musique faites ou publiées en 1774

Clavecins en Peau de Buffle


"Nous plaçons ces Clavecins à la tête des découvertes de l’année, parce que cette invention heureuse n’a été annoncée au Public, avec quelque détail, que par une Lettre de M. l’Abbé Trouflaut, inséré dans le N°5 du Journal de Musique au mois de Juillet dernier. C’est à M. Pascal-Taskin, Facteur de Clavecin de la Cour & Garde des Instruments de musique de la Chambre du Roi que cette découverte est due. Cet Artiste estimable travaillait en 1768 à faire un Clavecin pour M. Hébert, Trésorier des Menus Plaisirs, qui lui avait demandé s’il n’y avait aucun moyen de corriger la sécheresse & la monotonie qu’on avait toujours reprochés à cet instrument. Dans cette vue, M. Pascal essayait de substituer aux plumes tous les autres corps qui lui venaient dans l’esprit ; il trouve sous sa main un morceau de peau de buffle, il met un morceau de cette peau à un sautereau, & cela produit le son le plus enchanteur. Le célèbre M. Couperin vient chez lui le même jour, & il est surpris de ce son moelleux & flûté. Telle a été à l’origine d’une découverte à laquelle tous les connoisseurs ont applaudi, & dont les principaux Facteurs de Paris & des provinces ne tarderont pas à profiter.
Ce jeu de buffle produit des sons plus doux ou plus forts & se fait entendre avec les jeux de plume ou séparément, au gré du Claveciniste. M. Pascal a inventé pour cela un mécanisme simple et ingénieux, & pour ajouter ce jeu au Clavecin sans lui rien faire perdre, il en forme ordinairement un quatrième rang de sautereaux, en laissant les trois autres rangs garnis de plumes.
(M. Pascal demeure rue de la Verrerie, vis-à-vis la petite porte St Médéric.)"
Almanach Musical, 1775, Tomes 1-2, p. 41-43.

TASKIN
sur ce site

ARTICLES

Cliquer sur le lien ci-dessus

"Pascal Tasquin, rue de la Verrerie, vis-à-vis Saint-Méry, de la société d'émulation de Liège, & garde des instrumens de la musique du Roi, est particulièrement renommé pour les instrumens à clavier." Tablettes de renommée ou du vrai mérite, et d'indications générales des artistes célèbres, et autres personnes d'un mérite distingué dans chaque genre, 1791, p. 130 (Gallica)

"A vendre également : un clavessìn à deux claviers de cinq Octaves, avec quatre rangées de satereaux garnis en buffle, les deux unissons, & la petite Octave en plume ; les variations sont en cinq parties, & se sont avec les genonx, il est orné d'une triès belle peinture & d'un beau vernis. Ce clavessin, fait par le fameux Pascal Taslcin, facteur de clavessins de Louis XVI, & garde des instruments de sa chambre, est d'une toute nouvelle invention, fort approuvée par les premiers connaisseurs de l'Europe. S'adresser pour ces objets chez M. Goffart à la téte d'or rue du Pont à Liège."  Journal général de l'Europe: Politique, commerce, agriculture, Volume 4, 1789, p. 104

INFO EXTRA

  'Two early French grand pianos', John Koster, 1994  - Un piano à queue de Louis BAS 1781 et un piano de Pascal TASKIN de 1787

Versailles

Paris

 

39, rue des Bourdonnois (1787)

rue de la Verrerie (*1775)(*1777)(*1779)(*1783)(*1788)(*1789-90)(***1789)(1791)(arr.4)

42, rue Croix des Petits Champs (*1811)(*1812)(arr.1)

4, rue du faubourg Montmartre (*1822)(arr.9)

 

'Facteur de clavecins et de pianos'

"Né à Theux, dans la province de Liège, en 1723, Pasc(h)al TASKIN entre dans l’atelier de BLANCHET Fils (ca. 1730-1766) en 1763 et, à la mort de celui-ci, épouse sa veuve en 1766 (celle-ci mourra en 1777). Il dirige alors l’atelier qui ne produisait que des clavecins. Admirateur des chefs d’œuvre de son maître, comme de ceux de son beau-père (par alliance), de RUCKERS ou de COUCHET, TASKIN n’hésitait toutefois pas à procéder à de profonds ravalements, quelquefois ne conservant que la table d’harmonie.

C’est en 1768 que TASKIN aurait inventé le clavecin à peau de buffle, et il s’est mis à construire des piano-forte à partir du milieu des années 1770, sans doute en étudiant de près les très nombreux forte-piano qu’il faisait venir d’Angleterre (en particulier ceux de Frederick BECK) pour les revendre sur le marché parisien (24). Il est aussi l’inventeur d’instruments hétérogènes : une armandine (sorte de harpe couchée, instrument à cordes sans clavier), les célèbres pianoforte en forme de clavecin, des clavecins à deux claviers, des épinettes etc.

TASKIN a eu des responsabilités officielles : en 1772, il est nommé garde des instruments de musique de la chambre du Roi mais officiait de manière officieuse à cette tâche depuis quelques années déjà. En 1775/76, il est le dernier juré comptable de l’ancienne corporation des faiseurs d’instruments de musique (avant qu’elle ne devienne à partir de 1781, celle des « Tabletiers, Luthiers et Éventaillistes »). En 1790, il est mandaté à la convention par le marquisat de Franchimont et en 1791, il sera nommé accordeur de l’École Royale de chant. Pascal TASKIN meurt le 9 février 1793.

Entre 1788 et 1792, Pascal TASKIN va être particulièrement inventif et faire progresser la mécanique des différents instruments à claviers qu’il produit (système d’accord, utilisation de drap pour le modérateur ou jeu céleste, etc. (voir articles ci-contre).

Son neveu, Pascal Joseph TASKIN (1750-1829) ne sera pas le seul à travailler dans son atelier, mais encore ses neveux, Henry et Lambert, ainsi que son beau-fils, Armand François Nicolas BLANCHET qui s’associera plus tard à Johannes ROLLER pour fonder la célèbre firme (cf. BLANCHET)."
Infos données par D. Girard

D’après J. C. Battault dans un article passionnant, « Les pianoforte en forme de clavecin de Pascal TASKIN », in T. Steiner (ed.) Cordes et claviers au temps de Mozart. (Peter Lang, 2011, ISBN 978-3-0343-0396-5)

(2)

"TASKIN (Pascal), liégeois, célèbre facteur de clavecins, fut élève et successeur de BLANCHET. C'est en 1768 que P. TASKIN inventa le jeu de buffle, qu'il adapta aux clavecins. On en peut voir le détail dans l'Essai de la Borde. Après plusieurs années d'expériences, TASKIN reconnut dans le buffle la qualité nécéssaire pour la réussite de son invention. Il avait essayé tous les corps élastiques qu'il avait pu trouver, jusqu'à la corne du pied de cheval. En 1772, il fut mandé à la Cour, à Versailles, pour l'entretien des instrumens du roi; mais préférant rester dans son laboratoire, il envoya à sa place son neveu Joseph Pascal TASKIN qui, jouissait déjà, quoique très-jeune encore, d'une réputation honorable. Ce dernier avait vingt-deux ans, quand il alla à Versailles; et depuis cette époque, il n'a cessé de travailler au perfectionnement des instrumens de musique. En 1776, TASKIN l'oncle inventa un Forte piano en forme de clavecin. L'Académie des sciences envoya plusieurs députations chez lui, pour l'engager à soumettre son instrument au jugement de cette société; TASKIN, aussi modeste que savant, se refusa long-tems à cette demande. Enfin il fut tant pressé qu'il fit transporter son instrument à l'Académie, et il en fut fait un rapport très avantageux Les rapporteurs étaient Vandermonde, Hauy, et le baron de Dietrich. Pascal TASKIN est mort en 1795." Dictionnaire historique des musiciens, artistes et amateurs morts ..., Volume 2, 1811, p. 362

"François Etienne BLANCHET, maître facteur de clavecins en l'an 1750, arrière-grand-père de M. BLANCHET fils, facteur de pianos de la rue d'Hauteville. La fille de François-Etienne BLANCHET épousa, en 1757, Pascal TASKIN, célèbre facteur de clavecins, originaire de Liège, qui s'associa et succéda à son beau-père." Les clavecinistes de 1637 à 1790, Méreaux Amédée, 1867, p. 6 (Gallica)

"Pascal TASKIN, élève de BLANCHET, succède à son maître, vers 1766. Très recherché de la famille royale, nous le voyons souvent livrer des clavecins et des guitares à Mesdames Adélaïde, Sophie, Clotilde, Elisabeth. En 1783, Pascal TASKIN, oncle, et quelque temps après Pascal TASKIN neveu, tous deux facteurs de clavecins de la famille royale, se partagent les faveurs de la cour. TASKIN neveu présente, en 1787, un mémoire de 5,386 liv. « pour fournitures et divers déplacements de pianos portés chez Mme la duchesse de Polignac, pour divers concerts »." Le livre des collectionneurs, Alph. Maze-Sencier, 1885, p. 383 (Gallica)

 

 

 

 
L'EPINE Picard Adrien
| LEPINE

(1735 - 1810)

 

 

  Orgue de St. Médard, Paris (par Cliquot en 1764, et retravaillé avec Adrien L’EPINE en 1778)

1758

Organisation d'un Piano-Forté

L'Art du facteur d'Orgues, D. Bedos de Celles, Bénédictin, 1778, p. 777-785

'Pianoforte-orgue' vers 1772

"Année 1772. Un Forte-Piano, présenté par M. de l'EPINE, facteur d'orgues du roi; On sait que ces instrumens sont des clavessins à marteaux, dont on augmente & on diminue le son en appuyant plus ou moins sur les touches. On sait encore qu'on avait organisé ces instrumens en y joignant un petit jeu de flûtes placé dans le pied, & qui allait par le même clavier  mais l'instrument à cordes éprouvait seul l'enflure & la diminution des sons, sans que l'orgue y participât en aucune manière. L'orgue qu'a joint au lien, M. de l'EPINE, a trois jeux différens, il a deux claviers à la main & un de pédale qu'on peut oter & remettre à volonté; il a, de même que le Forte-Piano, la propriété d'enfler & de diminuer ses sons, au moyen d'une seule pièce qu'on fait mouvoir avec le pied. On peut, quand on veut, séparer les deux instrumens, même emporter le Forte-Piano, sans que l'orgue qui a son clavier, demeure inutile, on le couvre en ce cas d'une espèce de secrétaire qui forme un meuble utile & agréable. Il a paru que M. de l'EPINE avait employé toutes les ressources de son art pour donner à cet instrument tous les avantages dont il peut être susceptible, pour écarter tous les inconvéniens qui auraient pu en altérer la perfection, & qu'il y a mis la plus grande précision & la plus grande solidité dans l'exécution pour en assurer les effets." Recueil de mémoires, ou collection de pièces académiques, Volume 15, 1787, p. 424 et Histoire de l'Académie royale des sciences, 1775, p. 109

"Organisation d'un Piano-Forté, imaginée & exécutée à Paris par M. LEPINE, facteur d'Orgues du Roi. -Le Piano-forté est un instrument à corde, qui a de la ressemblance avec le Clavecin. La différence consiste, en ce que dans celui-ci, on fait résonner les cordes en les pinçant avec des plumes, & dans l'autre, par la percussion de certains marteaux sur les cordes. Il s'ensuit de-là que le Piano-forté est susceptible de diminuer le son ou de le renfler, selon que l'on touche plus ou moins légèrement. (la suite )

INFO EXTRA

Recherches sur quelques maîtres de l'ancienne facture d'orgues française, Félix Raugel, (date?), p. 14 (21)

Paris rue Neuve Saint-Laurent (1769 - 1779)(21)(arr.10)

rue du faubourg Saint-Martin (*1775)(*1777)(*1779)(arr.10)

 

'Facteur d'orgues et de piano-forte organisés et harpes'

Adrien PICARD, dit L’EPINE, né en 1735 à Toulouse, a eu une carrière de facteur d’orgues moins prestigieuse que celle de son frère Jean-François L’EPINE (1732-1817). Ce dernier a rayonné dans le Sud de la France par la qualité de ses créations organologiques : Narbonne, Albi, Aniane, Montpellier, Lodève, Pézenas, Limoux, Alès, Rodez (de 1747 à 1783). Puis, mis à part quelques travaux d'entretien pour des instruments aux alentours de Pézenas, il mit un terme à son activité de facteur d'orgues pour reprendre le négoce de draps de Claude Panier, son beau-père.

Ils étaient tous les deux fils de François Picard dit L'EPINE (1681-1761) et neveux d'Adrien Picard dit L'EPINE. Ce dernier, au tout début du 18° siècle, avait rejoint son frère à Toulouse et avait collaboré sur les orgues de Saint-Jean-de-Luz en 1724 et à St Michel de Bordeaux en 1732.

Le destin d'Adrien L'EPINE a pris un tournant décisif lorsqu'il épousa la sœur de François-Henri Clicquot en 1768 et que l'année suivante il rejoignit son beau-frère pour travailler sur Paris et ses environs. Il est l'auteur de la restauration de l'orgue de la cathédrale Saint-Etienne d'Auxerre en 1767, ainsi que celui de Nogent-sur-Seine auquel il ajouta un positif dorsal. Dans les années 1770, il collabora à nombre de chantiers de Clicquot (entre autres : Chapelle St Louis de l'Ecole Militaire à Paris en 1772, Brie-Comte-Robert en 1773, St. Médard en 1778). Il est avéré également qu'Adrien L'EPINE a développé de son côté la facture de pianos ordinaires ou organisés. Infos données par D. Girard


(la suite)

Le son augmente d'autant plus que les marteaux frappent les cordes plus fortement, & à mesure il diminue autant que les marteaux frappent plus légèrement. C'est ce qui fait nommer cet instrument, Piano-Forté, c'est un terme Italien, qui signifie doux et fort. Comme il n'est pas connu de tout le monde, j'en donnerai une courte description, pour en faire concevoir une idée. [...]" Lire la suite dans L'Art du facteur d'Orgues, D. Bedos de Celles, Bénédictin, 1778, p. 636 - 642 et un autre texte dans Le Journal des sçavans pour l'année, 1778, p. 2239

Organisation d'un Piano-Forté

L'Art du facteur d'Orgues, D. Bedos de Celles, Bénédictin, 1778, p. 777-785

"Vers 1712 [sic], Lépine, facteur d'orgues à Paris, essaya de fabriquer un piano ; il réussit à faire un mauvais instrument." Encyclopédie du dix-neuvième siècle: répertoire universel des ..., Volume 18, 1847, p. 368


Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir CLICQUOT (°1754)

Et en relation avec les organiers ISNARD et CAVAILLÉ.

 

   
1759

 

Le pianoforte fait sa première apparition à Paris

 

     

"En 1770, Virbes appliqua, en France, sur un clavecin, un système de marteaux, et, en 1772, un nommé L’Épine, facteur d’orgues, joignit à un forte-piano un jeu d’orgues. Mais la France va bientôt entrer dans la voie du progrès, car voici Sébastien Érard, qui, simple ouvrier, quitte Strasbourg qui l’a vu naître, pour venir s’établir à Paris, en 1775 ; son premier instrument portait la date de 1778." Pontécoulant, Essai sur la facture instrumentale, 1857 (Ch. VIII)


   
WELTMAN(N) Andries ?
(26) | VELTMAN
1759  

 

"Le sieur Veltman, hollandais, demeurant à Paris, à l’entrée de la rue des Fossés Montmartre, a inventé une nouvelle espèce de clavecin, voici comme il rend compte lui-même. J’ajoute aux Clavecins ordinaires un carillon & de petits marteaux qu’on substitue aux sautereaux quand on veut. Il y a dix mouvements dans le Clavecin de ma composition ; le premier fait jouer les marteaux de cinq manières différentes. Le second est pour le carillon qui est à ravalement, & exécute depuis le la d’en-bas jusqu’à le si mi d’en-haut ; le troisième mouvement est pour le grand Unisson. Le quatrième est pour le second Unisson. Le cinquième, pour la petite Octave. Le sixième, pour faire sortir le petit Clavier quand on le juge à propos. Le septième est pour la grande Sourdine, qui imite l’harmonie de deux instruments, l’un à vent & l’autre à archet.

Le huitième est pour la seconde Sourdine qui sert pour le second Unisson, & qui imite la même harmonie. Le neuvième est la Sourdine pour la petite Octave, qui imite l’harmonie d’une véritable Harpe. Le dixième est pour éteindre le bruit des marteaux qui frappent les cordes ; il peut aussi servir quand on fait jouer les Sautereaux ; pour lors on croit entendre le son d’une trompette, ou d’un Cromorne. Tous ces divers mouvements peuvent être employés séparément, ou tous ensemble, à volonté ; ce qui s’exécute aussi promptement que la pensée de celui qui touche. (C’est l’expression dont se sert l’Auteur pour donner l’idée de la facilité de ces mouvements).

Toutes ces choses s’exécutent avec le pied, sans être obligé d’ôter la mais de dessus le Clavier, & d’interrompre son jeu. On peut encore en jouant faire le piano, le fortissimo, le secondissimo & le pianissimo. Si on veut calculer les variations de ce Clavecin, on trouvera au moins deux cent sortes de jeux ou d’harmonies différentes. Le prix de ce Clavecin, qui a déjà été exécuté pour plusieurs Amateurs est de quatre mille livres." La Feuille nécessaire : Les Sciences, les Lettres, les Arts, 10/12/1759, n°43, p. 694-695

"Clavecin, au moyen duquel on peut, sans ôter les mains de dessus le clavier, produire plusieurs changements considérables dans l’harmonie & le son de cet instrument, présenté par le sieur Weltman. Afin de faire mieux comprendre ce qu’il a de nouveau, il est nécessaire, avant d’en parler, de dire un mot de la construction des clavecins ordinaires.

On ne peut penser à cette construction, sans se rappeler que chaque rangée de sautereaux est conduite par une longue règle mise en travers du clavecin, & qu’on nome registre ; cette règle est percée d’autant de petites mortaises qu’il y a de sautereaux dans le jeu, & ils y passent tous assez près de leur partie supérieure, pour qu’en la reculant de quelques lignes, on les empêche de pincer les cordes avec les plumes sont ils sont armés ; on supprime par ce moyen leur action sur ces cordes, & on en rend le jeu muet : ce mouvement s’exécute par un levier qu’on mène à la main.
Dans quelques clavecins, on ajoute une espèce de sourdine qui consiste en une règle de bois placée près du chevalet, & chargée d’autant de morceaux de buffle, qu’il y a de cordes dans le jeu dont on veut adoucir le son ; selon que la règle est plus ou moins poussée, ces petits morceaux de buffle s’éloignent ou s’approchent de ces cordes, & éteignent dans ce dernier cas ce que leur son peut avoir de trop éclatant ; le mouvement de cette règle se fait encore avec la main, par le moyen d’un bouton qui lui est attaché. (la suite )

 

Paris ? rue des Fossés -Montmartre (*1859)(arr.2)  

'Facteur de clavecins'

Il était de'origine Hollandais (voyez le texte à gauche), de la Haye. (26)

Pianofortes vers 1759. Pianofortes combinés avec clavecin ou orgue.


(la suite)

 Il résulte de-là, qu’il faut que la main de celui qui touche le clavecin quitte le clavier pour supprimer un jeu ou faire agir les sourdines, & que ces différentes parties restent constamment dans la même position, jusqu’à ce que la même main les remette dans celle où elles étaient auparavant. Ainsi les variétés dans l’harmonie qui naissent de ces changements, ne peuvent avoir lieu dans le cours d’une même pièce, & bien moins encore pendant la durée d’un même passage, ou d’une même cadence.

Ce dernier avantage qui serait extrêmement précieux, dans les clavecins, en ce qu’il leur donnerait une espèce d’expression, fait particulièrement le mérite de celui dont nous parlons. Des ressorts y sont artistement placés pour maintenir tous les différents registres & toutes les sourdines dans leur situation naturelle, & des bascules ou leviers, dont la pulsion agit en sens contraire, communiquent par des renvois, à des boutons situés en dehors, de façon que les genoux peuvent les pousser ensemble ou séparément ; par-là, on est le maître dans l’exécution d’une pièce & pendant la durée d’un passage, d’une cadence même, non seulement de produire plusieurs échos, mais même de diminuer ou d’augmenter le son comme insensiblement.

Il y a encore plusieurs artifices dans l’instrument dont nous parlons, pour tirer des sons plus agréables du clavecin ; ainsi on y trouve une pièce pour étouffer le son des cordes, frappées par les marteaux (espèce de sautereaux, qui, au lieu de pincer les cordes les frappent en dessous) ; & cette même pièce appliquée aux cordes, lorsqu’elles sont pincées par les sautereaux ordinaires, produit une harmonie tout-à-fait singulière : enfin l’Auteur a ajouté au clavecin un carillon monté sur une planche, & dont les marteaux sont, par une mécanique particulière, mis en mouvement par les touches du clavecin.

Ce carillon est à ravalement haut & bas comme le clavecin ; & il y a des pièces destinées à éteindre le son des marteaux aussitôt qu’ils ont frappé. On a trouvé que l’exécution de cet instrument, qui est excellente & de la dernière exactitude, marque dans le sieur Weltman un génie mécanicien & une grande habileté dans son art ; mais que quant à l’invention des principaux changements qu’on y observe, si l’on en exempte l’addition du carillon, & cette manière d’étouffer le son des cordes frappées par des marteaux, elle appartient pour le fond à M***, qui, plus de deux ans auparavant avait fait exécuter au sieur Weltman un clavecin, pour un grand Prince, où la plupart de ces changements se trouvent." Mémoires de l’Académie Royale des Sciences (1765), Section "Machines ou Inventions approuvées par l’Académie en 1759", n°X, p. 241-242

 

   
de VIRBÈS
| VIREBEZE

 

 

Encyclopédie [...] Bartolomeo De Felice, 1772, p. 452

1766

 

Extrait des Registres de l’Académie des Sciences

"Nous avons examiné, par ordre de l’Académie, un Clavecin présenté par M. de Virbès, Maître de Clavecin, Organiste de l’Eglise Royale & Paroissiale de St Germain – l’Auxerrois. Ce Clavecin que l’auteur de sa mécanique a fait voir & entendre à l’Académie assemblée, n’a rien à l’extérieur qui le distingue des autres clavecins ; il a comme eux deux claviers, deux unissons & une petite octave ; la barre qui couvre les sautereaux est seulement plus beaucoup plus large ; sa largeur même ca en croissant par l’un de ses bouts, & sa partie la plus proche du clavier est percée de plusieurs rangs de trous assez grands, pour donner passage au son.

Le clavecin ordinaire a, comme on sait, toujours la même harmonie ; on peut à la vérité, en changeant de clavier, ou au moyen de registres & de sourdines, avoir un son plus fort, ou plus faible, ou approchant celui du Théorbe ; on peut même opérer ces changements en jouant & sans lever les mains de dessus le clavier, en pressant avec les genoux, des bascules placées sous la traverse antérieure par M. du Moutier, de laquelle nous avons rendu compte, dans le rapport fait en 1757, du clavecin présenté par M. Veltmann, ce qui donne au clavecin le moyen d’exprimer les piano forte.

Celui de M. de Virbès a, comme simple clavecin, la même propriété, & dans une plus grande étendu ; car il peut donner quatre gradations différentes de l’intensité du son ; mais il est de plus susceptible d’un plus singulier effet. Il imite un grand nombre d’instruments, tant à cordes qu’à vent, & presque tous, avec la propriété de diminuer les sons plus ou moins, & par conséquent d’exprimer le piano forte.

Ceux que M. de Virbès a fait entendre à l’Académie, & qu’il a depuis répétés devant nous, sont : 1° Le clavecin ordinaire avec quatre gradations sensibles de l’intensité du son. 2° Le jeu du luth avec trois gradations de l’intensité du son. 3° Celui de la harpe avec le piano forte. 4° Celui de l’archi-luth avec le piano forte. 5° Celui de la guitare allemande, avec le piano forte, & variations du son. 6° Celui des mandolines italiennes. 7° Du basson & Clarinettes avec le piano forte. 8° Celui du tambourin de Basque avec le Galoubé. 9° Celui du tambourin de Provence avec la flûte et le piano forte. 10° Celui du clairon ave le piano forte. 11° Celui du Haut-bois. 12° le jeu céleste. 13° La mandole avec la voix humaine et italienne. 14° Le carillon de cloches avec quatre gradations du son.

Tous ces changements se peuvent faire sans quitter le clavier, & si l’on veut, en jouant la même pièce.

Le son des instruments que M. de Virbès a eu dessein d’imiter, nous a paru bien rendu ; quelques-uns sont si parfaitement imités qu’il serait aisé de s’y méprendre, si l’on n’avait l’instrument sous les yeux ; la harpe & la mandoline sont de ce nombre. Il est surtout singulier qu’il ait pu représenter aussi bien qu’il l’a fait, avec des cordes de métal, le son de quelques instruments à vent, tels que le Basson & ce qu’il nomme Clairon qui a tout le jeu de la trompette de récit de l’Orgue. Le jeu céleste est effectivement très agréable, & ne ressemble au son d’aucun instrument connu.
Il est presque inutile d’ajouter ici que les pièces qu’on joue sur cet instrument imitateur, doivent être variées suivant les sons qu’on lui fait rendre, & composées dans le goût & à la portée des instruments qu’on veut imiter ; c’est aussi ce qu’a fait M. de Virbès dans toutes celles qu’il a jouées devant l’Académie & devant nous, qui nous ont paru non seulement composées de la manière la plus savante & la plus régulière, mais encore exactement appropriées aux instruments qu’il voulait représenter. Nous ne décrivons point la mécanique intérieure, par laquelle s’opèrent tous les changements dont nous venons de parler, quoique l’auteur ait démontré en partie l’instrument pour nous la faire voir, parce qu’il se l’est réservée, & ne nous l’a communiquée que sous la condition du secret ; nous assurerons seulement qu’elle nous a paru très ingénieuse & absolument nouvelle, dans le plus grand nombre de ses parties aussi simple que le permet la multiplicité des effets, & qu’elle a toute la solidité qu’on peut désirer ; en sorte que ce clavecin, malgré le nombre des pièces qu’il renferme, ne sera presque pas sujet à plus d’entretien qu’un clavecin ordinaire. L’espèce de plumes que M. de Virbès a employées pour les sautereaux, étant plus durable que les plumes du corbeau dont on se sert ordinairement pour cet usage, ce qui compense & au-delà les petites attentions & les petites réparations que pourront quelquefois exiger les pièces qui servent aux variations de cet instrument.

Nous ne croyons pas pouvoir refuser à M. de Virbès les justes louanges qu’il mérite, pour avoir su par ses recherches donner un si grand nombre de variétés à un instrument qui n’avait par lui-même qu’un son monotone. C’est une preuve de son génie, un grand agrément qu’il ajoute au clavecin, & un grand pas vers la perfection de cet instrument, qui dans cet état, et surtout entre ses mains, devient entièrement supérieur aux meilleurs clavecins ordinaires.
Signé, Dortous de Mairan et de Fouchy.
Je certifie l’extrait ci-dessus conforme à son original & au jugement de l’Académie. A Paris le 13 Août 1766.
Grandjean de Fouchy, Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences.
Je suis, &c.
A Paris ce 30 Octobre 1766."
Fréron, L’Année littéraire, 1766, p. 349-354

Mécanique acoustique – Clavecin d’une fabrique nouvelle.

"Depuis quelque temps on multiplie les essais pour entendre & perfectionner les propriétés du Clavecin. Nous en avons même déjà annoncé plusieurs : entr’autres, le Pneumocorde & le Clavicorde. Le premier a l’avantage d’enfler les sons à volonté ; le second est un Clavecin d’un genre particulier qui imite le son de quelques instruments à archet. Nous allons parler aujourd’hui d’une découverte nouvelle dans le même genre, mais plus étendue que les précédentes. C’est au Sr de Virbès, Organiste de S. Germain-l’Auxerrois, & Maître de Clavecin à Paris, qu’on en est redevable. Il a imaginé un mécanisme dont l’effet est d’imiter successivement les sons propres à divers instruments de musique d’une nature opposée sans faire perdre au Clavecin la sienne propre. Celui-ci est susceptible de dix changements bien caractérisés. Le premier jeu est celui du Clavecin naturel dont on enfle ou diminue le son à quatre gradations sensibles.
Le 2° est une fanfare avec Luth à trois gradations de piano forté.
Le 3° rend la Harpe, piano forté
Le 4° - l’archi-Luth, aveec ses gradations.
Le 5° - La Guitare allemande avec ses variations.
Le 6° - le Basson & les Clarinettes.
Le 7° - La Mandoline.
Le 8° - le Tambourin de Provence avec la Galoubé.
Le 9° - le Hautbois.
Le 10° - un Instrument d’un caractère particulier très agréable.
Le 11° - un Carillon de cloches avec gradations de piano forté.
Parmi ces divers changements, le Basson de ce Clavecin paraît avoir, surtout, frappé les Connoisseurs. Il imite singulièrement bien le jeu léger à otes détachées, & par batteries d’un vrai basson qui accompagne piano. Le mécanisme de ce Clavecin est des plus curieux." L’Avantcoureur, 14/07/1766, n°28, p. 435-436

 

 

Paris  rue du Four Saint-Honoré (*1768)(1770)(arr.1)  

'Inventeur de clavecins'


(la suite)

"Année 1768 - Le Clavecin de M. de Virbès. - Plusieurs personnes de distinction ayant un grand désir d'entendre le Clavecin de M. de Virbès, & le lui ayant fait dire plusieurs fois, quelques-unes même s'étant donné la peine de passer chez lui à ce sujet, il croit devoir les prévenir que cédant à un désir aussi flatteur pour lui, il se fera un plaisir de leur faire entendre cet instrument, qu'il ose dire unique. Mais comme ses affaires l'occupent une grande partie de la journée, & étant obligé par état de donner des leçons de Clavecin, & qu'il faut d'ailleurs une heure & demie de temps pour jouer tous les morceaux qui servent à mieux faire connaître cet instrument, il souhaite seulement que les personnes qui désireront lui faire l'honneur de l'entendre, le fassent prévenir la veille. Ce Clavecin qui a mérite l'éloge de l'Académie Royale des Sciences, & dont je vous ai déjà parlé dans ces Feuilles, forme exactement un concert, en imitant, d'une manière à s'y méprendre, le son de quinze sortes d'instruments différents. Il exécute des Ariettes avec la voix humaine à l'Italienne, accompagnée du basson ou du hautbois alternativement. Toutes ces productions se jouent simplement avec le même nombre de cordes que les Clavecins ordinaires. L'auteur de cette nouvelle Mécanique Mathématique demeure rue du Four Saint Honoré, la troisième porte-cochère à gauche, en face de l'Hôtel du Pavillon Royal, au premier, au fond de la cour. - Je suis, & c. - A Paris 20 Mai 1768." L'année littéraire ou Suite des lettres sur quelques écrits de ce, Volume 3, Elie Catherine Fréron, 1768, p. 353 - 354


"CONCERT de M. Virbès, inventeur du Clavecin acoustique.
Ce Clavecin que M. Virbès appelle acoustique pour le distinguer du Clavecin ordinaire, & du Clavecin oculaire du Père Castel, imite toutes sortes d'instruments à cordes, & même différents instruments à vent. Il imite jusqu'aux sons de voix des femmes. Il rend les crescendo, les piano & les pianissimo, sans qu'il soit nécessaire de déranger la main de dessus le clavier qui est le même que celui des Clavecins ordinaires. On ne pouvait imaginer une pareille machine sans être très versé dans la Musique instrumentale, & sans avoir beaucoup de goût, & on ne pouvait l'exécuter sans être un habile Machiniste. Plusieurs amateurs ont déjà entendu différents morceaux de Musique exécutés sur ce Clavecin, & en ont été très-satisfaits. Les degrés de perfection que M. Virbès a ajoutés depuis à son instrument ont porté plusieurs amateurs à lui demander un jour pour en être eux-mêmes témoins, & ce jour est fixé au Mercredi cinq Avril 1770. A cinq-heures de demi du jour au plus tard M. Virbès exécutera sur son nouveau Clavecin différentes pièces de Musique. Le même soir le Sr Virbès fils, âgé de neuf ans & demi, & élève de son père, fera entendre plusieurs morceaux de Musique sur un instrument à marteaux de la forme de ceux d'Angleterre. Cet instrument a été exécuté en Allemagne suivant les principes de M. Virbès. Il rend des sons beaucoup plus forts & plus nets que ceux d'Angleterre, & l'harmonie en est plus agréable & d'un meilleur effet. Comme la Salle du Concert ne pourrait pas contenir autant de personnes qu'il s'en, présenterait, M. Virbès prie les amateurs qui désireront d'assister à son Concert d'envoyer la veille chez lui prendre des billets, & il n'en sera distribué que le nombre suffisant pour que tous les auditeurs puissent écouter commodément. M. Virbès demeure rue du Four S. Honoré, en face de l'Hôtel du Pavillon Royal, au premier, au fond de la cour." L'Avantcoureur, 02/04/1770, p. 218–219 (Gallica)

"Nous représentons ici la principale mécanique de cet ingénieux instrument. L'épinette à marteaux renferme souvent cinq octaves : on pourrait encore y ajouter des sautereaux à plume qui rapprochés du chevalet, collés sur le sommier, procureraient aux cordes le son de la harpe. On présume que les Allemands ont inventé l'épinette à marteau sur la fin du siècle dernier. On dit, qu'en 1758 ou environ, les Anglais ont ajouté à l'épinette ordinaire six rangs de sautereaux emplumés, & un rang de sautereaux à marteaux. Les sautereaux emplumés heurtent la même corde, les uns près du chevalet, les autres plus ou moins loin, ce qui est cause que la même corde peut rendre six sons d'un différent genre, c'est à-dire, aigus, durs, doux, mous, &c. Tel est le mécanisme de l'épinette admirable qui fait le piano & le forte, que le sieur Virbès, musicien de Paris, promené actuellement dans les provinces de la France. Les épinettes ordinaires ont six pieds de long & deux pieds & demi de large; elles sont composées de deux claviers, le supérieur a un sautereau sur chaque touche; le clavier inférieur porte deux sautereaux à chaque touche; l'un fait mouvoir une corde à l'unisson, & l'autre fait mouvoir une corde à l'octave. On pourrait y ajouter fans beaucoup de dépense, un quatrième sautereau rapproché du chevalet; ce sautereau procurerait à la corde le son de la harpe. On pourrait encore sans frais y appliquer une petite règle qui glisserait dans une coulisse; cette règle serait armée de peau de buffle pour empêcher en partie la vibration de la corde & lui faire rendre un son de luth." Encyclopédie ou Dictionnaire universel raisonné des connaissances, Volume 16, Fortunato Bartolomeo De Felice, 1772, p. 452

"On dit qu’en 1758 ou environ, les Anglais ont ajouté à l’épinette ordinaire six rangs de sautereaux emplumés, & un rang de sautereaux à marteaux. Les sautereaux emplumés heurtent la même corde, les uns auprès du chevalet, les autres plus ou moins loin ; ce qui est cause que la même corde peut rendre six sons d’un différent genre, c’est à dire aigus, durs, mous, &c. Tel est le mécanisme de l’épinette admirable qui fait le piano & le forte, que le sieur Virbes, musicien de Paris, promène actuellement dans les provinces de la France." Encyclopédie Méthodique. Arts et Métiers Mécaniques, T. 4, 1785, p. 13

"Nouveau Clavecin de Virebèze [sic], rue du Four Saint-Honoré. Ce Clavecin qui diffère très peu par sa forme de Clavecin ordinaire, imite dix-sept sortes d'instruments. Mais ce qui doit surprendre davantage c'est que la mécanique ingénieuse en est absolument cachée, & aussi simple que le peut comporter la multiplicité des effets. Elle a d'ailleurs toute la solidité que l'on peut désirer, en sorte que cet infiniment n'est presque pas sujet à plus d'entretien qu'un clavecin ordinaire. L'Auteur qui a présenté ce clavecin à l'Académie en a reçu pour les éloges pour avoir par ses recherches & son génie su donner un si grand nombre de variétés à un instrument qui n'avait par lui-même qu'un son pour ainsi dire monotone."
Supplément aux tablettes royales de renommée et d'indication des négocians, [...] de la ville de Paris et autres villes du royaume, 1782-1792, p. 45-46 (Gallica)


Michael Cole dans son livre The Pianoforte in the Classical Era (Clarendon Press, 1998) mentionne Virbès p. 147, 156, 161. Il y affirme que l’instrument fut construit en Allemagne, que le son était moins robuste que sur ses équivalents anglais (ce que défend Virbès), et il ajoute que monocorde ou bicorde, l’instrument utilisait des marteaux nus pour obtenir un son plus clair.

Dans la Bibliothèque critique musicale de Johann Nicolaus Fortel, (publié en allemand à Gotha en 1778) Virbès est cité dans un résumé de la vie musicale parisienne dès 1771.

 

 

1790

STIRNEMANN Jacobus

(1724 - 1790)

 

 

1769  

Pianos carrés et pianofortes

Clavecin ca. 1770, Michael M. Koerner, Toronto, Canada
Clavecin ca. 1771, Collection privée
Clavecin Lyon de 1777, 'Fondation la Ménestrandie', Suisse
P
iano carré 'STIRNEMANN fait à Lyon 1781', Autriche
Pianoforte 1785. Vendu à Lyon en mars 2015
Pianoforte 'Jacobus-STIRNEMANN-fecit-Lugd-1786', Académie de la val d'Isère, Moutiers, Savoie, France

PHOTOS EXTRA

Piano carré de Jacobus STIRNEMANN fecit Lugd 1785


Cliquez sur les images pour les agrandir

Lyon ?  

'Facteur de clavecins et de piano-forté'

"Hans-Jakob Stirnemann, est né le 8 octobre 1724 à Gränichen (Argovie, Suisse) et baptisé à Wolsheim, en Alsace. En 1769 il s'installe à Wolsheim où se trouve sa sœur mariée à un menuisier.

Il a probablement appris son métier en Alsace. Peut-être était-il en relation avec la famille alsacienne de facteurs d'orgues TousSaint. En effet, on note qu'un certain Jean Frédéric Stirnemann, chirurgien et physicien à la cour de Berlin, épousa Marie Dauphine Toussaint de Metz, en 1784.
Il figure, en 1779, sur la liste des luthiers de Lyon. Outre le clavecin qui fait l'objet de ce disque, on a identifié à ce jour deux autres clavecins et trois pianofortes portant sa signature. On trouve aussi le passage de Jacob Stirnemann à Turin, en 1780, au service de Victor Amédée III.

Plus tard transféré dans la ville de Salin, cet orgue se trouve aujourd'hui à l'abbaye de la Lucerne, en Normandie.
Dès 1781, Stirnemann rejoint à nouveau Lyon où il construit un piano carré "Stirnemann fait à Lyon 1781", qui se trouve aujourd'hui en Autriche.

Il construit en 1783 un piano organisé, signé "Stirnemann à Lyon 1783" qui fut présenté à l'exposition universelle de Paris en 1889. En 1786, toujours à Lyon, il construit un pianoforte, portant la mention "Jacobus-Stirnemann-fecit-Lugd-1786", conservé aujourd'hui à Moutiers (Savoie).
Le nom de Stirnemann figure encore comme luthier sur "l'indicateur de Lyon" en 1779 et 1790. Dès lors, on ne trouve plus sa trace si ce n'est la mention de son décès le 5 août 1790 dans les archives de Gränichen. Le chantier des recherches concernant ce facteur d'instruments encore mal connu reste ouvert."

Plus d'info :  Fondation, La Ménéstrandie

 

 

1790

 

de DEBAN Jean-Mari
| DEDEBAN | DEBAN | DEDEBANS

 

 

Clavecin de 1770 Collection Ad Libitum. Centre International du Pianoforte et de la Harpe, Etobon, France.

 

1770

 

Clavecin à deux claviers ca. 1770, Pianoforte Ad Libitum, France (avant : Washington, Corcoran Gallery of Art)

"22. Un Clavecin d'Andréas Rucker, portant date de 1622, arrangé à l'instar de celui de la Reine, par Dédeban, Facteur de Clavecins, rue de l'Eperon; quartier Saint André-des-Arcs. Cet instrument a été joué par M. Couprin Fils, Mlle. Cécile (Mademoiselle Cécile, jeune Elève de M. Honawer, demeure chez Mme Cécile, sa mere, rue du Sépulchre, maison près d'un Traiteur.) & les jeunes Morin, dont il a été question dans la dernière Feuille : il est inutile de parler des applaudissements prodigués au jeu de M. Couprin, sa réputation est déjà bien établie; il semble que les talents soient attachés a ce nom célèbre ; mais Mlle. Cécile rend les siens d'autant plus précieux, qu'elle se consacre particulièrement, à l'enseignement des jeunes Demoiselles.
Ses succès sont bien faits pour lui gagner la confiance publique." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 30/01/1782, p. 37 (Gallica)

 

Paris  

42, rue de l'Eperon [quartier Saint André-des-Arcs] (1775-89)(3)(*1775)(*1777)(*1779)(1782)(*1783)(***1789)(1790)(10)(*1800-1801)(*1802)(*1803-1804)(*1805)(arr.6)

26, Parvis Notre-Dame (*1806)(*1807)(*1808)(arr.4)

 

Facteur de clavecins et pianos

Maître en 1769. (28)

"Jean-Marie Dedeban (s) fit ensuite des pianos." (3) Constant Pierre

"Citoyen actif et éligible, section du Théâtre Français, en 1790." (10)

 

1789 (1)

BARBERINI Jacques
| BARBERI | BARBARINI | BARBARINE | BARBERY dit BARBARINE
1770  

"Le sieur Barbarini, Machiniste, Facteur de Clavessin & de Forte e piano, autremens dit Clavessin à marteau, Instrument qui n'a jamais paru en cette Ville, en a déposé un chez le Sr. Valentini, Maître de Clavessin, près de la place du Collège de la Trinité, où les Curieux & les Amateurs pourront le voir. Il a apporté aussi des Clavessins ordinaires, dont il en a déjà vendu un, il doit encore en recevoir deux incessamment. On jugera facilement de la supériorité de leur construction, par la comparaison qu'on pourra en faire avec d'autres. Il raccomode en plumes & à cordes toutes sortes de Clavessins, & met au grand clavier ceux qui en valent la peine. Il fixera son séjour dans cette Ville." Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 11/04/1770, p. 88

"Le Sieur Barbarini, Machiniste-Facteur de Clavessins, & de forte e piano, a déposé pour la commodité des Amateurs, chez M. Valentini, Maître de Clavessin, rue Mulet, près de la voûte de la Pension du Collège de la Trinité, un Clavessin du célèbre Rukers: les Instruments de cet Auteur, excellent au dessus de tous les autres, tant anciens que modernes, soit par leur solide & parfaite construction, soit par la beauté d'une harmonie inimitable. Comme les Clavesisins & les Epinettes demandent des soins journaliers, & pour les plumes, & pourlaccord, le Sieur Barbarini, qui a fixé son domicile dans cette Ville, offre ses services : il les raccommode & les met au grand clavier ; il prendra des abonnements par année : il ose espérer que son exactitude à se rendre plusieurs fois la semaine chez les personnes qui l'honoreront de leur confiance, les convaincra de tout son zele. Il loge chez M. Valentini, où les personnes qui auront besoin de lui, pourront laisse leur adresse." Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 11/07/1770, p. 156

Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 23/07/1770, p. 166

Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 10/10/1770, p. 220

"Le Sieur Barbarini [sic], Facteur de Clavessin & de Forte-piano, donne avis qu'il a déposé quelques de ses instruments  chez Sieur Valentini, maître de Clavessin demeurant rue Mosnier, vis-à-vis du College de la Trinité, & un Clavessin ordinaire chez le sieur Serriere, Musicien, rue Sirène, qui tient magasin de Musique. Le sieur Barbarini a chez lui deux clavessins ordinaires, dont l'un au grand clavier, est du célèbre Rugnere; il demeure rue Neuve, chez le sieur Meyere Tailleur, au second étage, vis-à-vis du Tapissier." Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 05/12/1770, p. 259

 

Grenoble ? (4)(36)

Lyon (4)

Paris

rue Chenoise (avant 1770)(36)

à Grenoble

rue Neuve (**1770)(*1771)

à Lyon

53, rue de la Verrerie  (1783-1788)(*1783)(25)(***1789)(*1791)(arr.4) (même adresse comme ZIMMERMANN)

à Paris

 

'Facteur de Clavessin & de forte-piano' et également 'luthier' en 1783.

"BARBERINI est avant tout un facteur de clavecins installé à Paris depuis de nombreuses années (début des années 1770) quand il se mit à vendre également pendant la décennie suivante d'autres types de claviers et des harpes construits pas ses amis Zimmerman ou importés d'Angleterre." Infos données par D. Girard

Cité parmi les volontaires de la garde nationale de Paris, district de Saint Merry, en 1789 (10)

"COCHU facteur de piano. Ce dernier est élève et successeur de Barberini."  Magasin encyclopédique: ou Journal des sciences, des lettres et ..., Volume 3, 1811, p. 466  - Voyez COCHU (°1783) plus bas.

Piano-forte de COCHU
Photo : D. Girard


(la suite)

"Le Sieur Barbarini [sic], Facteur de Clavessin & de Forte-piano, donne avis qu'il a déposé chez Sieur Valentini demeurant rue Meunier, vis-à-vis de la Pension du College de la Trinité, un nouveau Clavessin, & un Forte-piano, pour la commodité des Amateurs. On pourra aussi voir deux Clavessins chez l'Auteur, & un chez le sieur Serriere, Musicien, rue Sirène, qui tient magasin de toutes sortes de Musiques. Le Sieur Barbarini [sic] demeure rue Neuve, chez le sieur Meyere, Tailleur, au second étage, vis-à-vis du Tapissier. Le même accorde toutes sortes de Clavessins & Epinettes, & s'abonne par année à juste prix."Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 1771, p. 24

"Barberini, rue de la Verrerie, les Forte-piano Anglois, des meilleurs auteurs." Tablettes de renommée ou du vrai mérite, et d'indications générales des artistes célèbres, et autres personnes d'un mérite distingué dans chaque genre, 1791, p. 129 (Gallica)

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir COCHU (°1783) et ZIMMERMANN (°1780)

 

   

MERCKEN Johannes Kilianus
| MERQUENNE | MERKEN

(1743 - 1819)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rosalie Duplant, de l'Opéra de Paris, assise à son piano carré Mercken «Mercken Parisiis fecit 1785» peint en 1793, par le peintre François-André Vincent. (Museu Calouste Gulbenkian, Lisbonne, Portugal) - Cliquez sur l' image pour l'agrandir.

 

 

Le compositeur français François Boieldieu par Louis-Léopold Boilly, ca. 1800. Le piano est probablement un Mercken, mais il peut aussi avoir été réalisé par Paul G. Dackweiller. (Musée de Rouen) - Cliquez sur l' image pour l'agrandir

"On annonce que dernièrement un piano vendu aux enchères, au Havre, a été adjugé pour 40. fr. à M. Santallier, rédacteur du Journal du Havre, qui a reconnu, quelques jours après, que cet instrument avait appartenu à Boïeldieu." La Presse, 17/12/1862, p. 2 (Gallica)

 

1770

 

Ci-dessus un forte-piano de MERCKEN de 1782 décoré vers 1800 de plaques de verre églomisé de Rascalon.

La planche du forte-piano MERCKEN de 1784

La planche du forte-piano MERCKEN de 1805

La planche du forte-piano MERCKEN de 1809

Premier piano forte parisien (1770) de MERCKEN

Le plus ancien piano carré connu de Mercken de 1770 - Johannes Kilianus Mercken - Paris Fecit 1770.

Johannes Kilianus Mercken Parisiis fecit rue du Chantre près le Louvre.

Johannes Kilianus Mercken Parisiis fecit 1793 Rue St. Honoré près celle du Roule n° 276.

1805 Johannes Kilianus Mercken Parisiis fecit rue St. Honoré entre celles de Roule et de l'arbre sec, n° 89.

PHOTOS EXTRA

1778 1782 1782 1782
1782 1791 1791 1791
 
1791 1809 1809  

Cliquez sur les images pour les agrandir

22 pianos répertoriés dont 14 actuellement localisés :

Piano carré de Mercken de 1770 dans le Musée National des Techniques (Conservatoire National des Arts et Metiers), Paris, France
Piano carré de 1784, sur le site de Lucy Coad, squarepiano.co.uk
Forté-piano de 1785 et sa signature, Musée de la Musique, Paris, France
Piano carré de 1785, Collection Radbon, Allemagne
Piano carré ca. 1793, Ad Libitum, Etobon, France
Piano carré de 1797, vendu en 2009 chez Sotheby's

Collections p
articulières

(9): Bibliographie :
« J. K. Mercken premier facteur parisien de forte-pianos »
MC et JF Weber, Delatour France 2008. Un CD joint au livre enregistré sur deux instruments de Mercken (1791 et 1809).

"Les facteurs ne furent pas moins diligents, et J. K. Mercken est peut-être le premier qui construisit régulièrement des forte-piano à Paris. Il y a aux Arts-et-Métiers un de ces instruments, de forme rectangulaire, marqué « Johannes Kilianus Mercken, Parisiis 1770 » et Castil-Blaze a cité celui de son père, daté de 1772. Mercken ne figure qu’à partir de 1776 parmi les membres de la communauté, mais comme beaucoup d’autres il avait travaillé antérieurement dans les lieux privilégiés, n’étant pas en état de satisfaire aux charges imposées par les règlements de la corporation. A la faveur de l’édit de 1776, il quitta les Quinze-Vingt pour se fixer rue du Chantre où il resta jusqu’en 1789 ; en 1791 il était butte Saint-Roch, puis en l’an VIII, rue Saint-Honoré ; son gendre Beckers lui succéda vers 1825." Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la facture instrumentale ..., Constant Pierre, 1893, p. 158-159

Sur l'Exposition de 1889 à Paris, on pouvait voir un piano carré de MERCKEN de 1770.

INFO EXTRA

Une autre page concerné à MERCKEN chez Ad Libitum.

" [...] ce piano carré, conservé à Mons, signé «Johannes Riburius Meirherz» fabriqué à Paris en 1780 et qui pourrait s'avérer un instrument de Mercken." Les instruments de musique à Bruxelles et en Wallonie: inventaire descriptive, 1992, p. 13

Une de ses filles est marié avec EIGENSCHENCK.

 

Paris

Hôpital royal des Quinze- Vingts (*1776)(*1777)(*1779)(9)

rue du Chantre (1780-1789)(9)(*1783)(*1789-90)(*1783)(*1788)(***1789)(**1790)(arr.4)

666, rue St Honoré  (devenu n°276)(1791)(9)(arr.1)

Butte Saint Roch (*1791)(arr.1)

267 [sic], rue Saint-Honoré (*1800-1801)(arr.1)

276, rue Saint-Honoré (1791)(9)(*1798-1799)(*1799-1800)(*1802)(*1803-1804)(*1805)(9)(arr.1)

89, rue Saint-Honoré (1805)(9)(**1806) (*1807)(*1808)(arr.1)

Vers 1807-1808 chez son gendre EIGEN-SCHENCK 42, rue d’Anjou à Versailles (9)

 

"Premier facteur parisien de forte-piano, originaire d’Allemagne, s’installe à Paris comme facteur vers 1767 dans un lieu privilégié.

Membre de la communauté rénovée des Tabletiers Luthiers Eventaillistes en 1776 puis élu comme dernier syndic de cette communauté en 1789.

Après 1789, Mercken n’est plus mentionné comme facteur de clavecins, mais comme facteur de forte-pianos, seul type d’instrument qu’il semble avoir construit.

Il forma un élève, Paul Guillaume DACKWEILLER. (1750-1801)(°1789)

Le clavier d’un forte-piano de 1782 a été décoré vers 1800-1810 de plaques de verre églomisé d’Antoine Rascalon.

Son gendre
BECKERS (°1807) facteur de harpes lui succéda vers 1807 rue St. Honoré puis rue du Roule n° 3 en 1818." (9)

"La colle d'os, faite par le procédé de Grenet, a les propriétés suivantes. Lorsqu'on en met un petit morceau dans l'eau froide, elle se gonfle au bout de vingt-quatre heures, comme font les bonnes colles, & le morceau conserve sa forme : léchée ensuite, elle revient à son premier poids. En général, deux parties de colle se le [?] peuvent absorber trente parties d'eau; de même trente - deux parties de gelée peu consistante ne laissent que deux gros de colle bien sèche. Les colles d'os de Grenet ont été essayées & reconnues de très-bonne qualité par plusieurs artistes: nous citerons MM. Frost, ébéniste, rue Croix-des-Petits-Champs; Lequeux, de même ébéniste, rue du Four-Saint-Germain; Merken, facteur de forte piano, & Henoc, maitre luthier, qui se font assurés de la bonne qualité de ces colles, & en ont donné des certificats." Memoires et observations de chimie de Bertrand Pelletier, Volume 2,  1798, p. 85-86

"L’expression & les nuances dont le Forte-piano est susceptible, le rendent sans contredit le plus agréable de tous les instruments à clavier ; mais il faut convenir aussi qu’il exige plus particulièrement que les autres un certain degré de bonté pour produire tous les effets qu’on peut en attendre. Les Forte-piano d’Angleterre sont les plus recherchés, & en général, ils surpassent effectivement par la beauté du son et la propreté de la construction ceux que l’on fabrique communément ailleurs : bien des personnes cependant, séduites par le préjugé trop fortement établi en leur faveur, achètent souvent assez cher un médiocre Forte-piano de Londres, tandis qu’elles en refusent de beaucoup meilleurs, & même à un prix plus modéré, par la seule raison qu’ils sont faits en France ou en Allemagne. Cette prévention décourage les habiles ouvriers en ce genre qui se trouvent dans ces derniers pays. Il existe entr’ autres, à Paris, un Facteur nommé Mercken, demeurant aux Quinze-vingts, dont les Forte-piano sont excellents, & qui, pour la solidité et la bonté du clavier, sont préférables, on ose le dire, à la plupart de ceux d’Angleterre ; la partie du clavier surtout, si essentielle & si négligée ordinairement, y est traitée avec une perfection qui ne laisse presque rien à désirer : c’est l’aveu de tous les connaisseurs qui ont examiné les Instruments du sieur Mercken. Comme cet Ouvrier aussi honnête que modeste, n’est probablement pas connu des Amateurs autant qu’il mérite de l’être, je vous prie, Messieurs, de vouloir bien par une suite de l’empressement si louable avec lequel vous saisissez toutes les occasions de rendre justice au talent, dans quelque classe qu’il se trouve, insérer la présente lettre dans votre Journal. - J’ai l’honneur d’être, &c. J." Journal de Paris, 24 Mars 1780, n° 84, p. 347.

"Forte piano dont la mécanique a été remise à neuf par MERKEN; 300 Livres. chez M. SIGNY rue Montmartre, vis à vis la Jussienne". (Affiches annonces et avis divers : 25 mai 1782, p. 1228).

"BECKERS, FACTEUR DE PIANOS ET DE HARPES,GENDRE ET SUCCESSEUR DE M. MERCKEN, RUE DU ROULE, N° 3, A PARIS. - Cette maison est connue avantageusement depuis plus de cinquante ans, à dater de l'établissement de M. Mercken et chacun lui accorde une confiance entière, connaissant la probité avec laquelle on traite dans cette maison, et étant persuadé qu'il est impossible de trouver, dans aucun Magasin, des Instruments mieux perfectionnés, qui aient une harmonie plus belle, et qui charment davantage, que les Pianos et les Harpes de M. Beckers, les amenant à sa volonté au plus haut degré d'harmonie et de solidité, par un procédé qui lui est seul connu, et se faisant une loi de confectionner lui-même l'intérieur de ses Instruments; c'est à quoi il s'est appliqué dès sa plus grande jeunesse, et y passe encore ses veilles, persuadé qu'il n'est que ce moyen qui lui a mérité la confiance des personnes de la plus haute distinction, ainsi que des premiers artistes de la capitale, qui se sont fait un plaisir de faire valoir ses Instruments…" Archives Nationales, F 12/991 n°1296, 1823

"Mon père en quittant la capitale peu retourner à Cavaillon, où il était notaire apostolique, emporta parmi son bagage un piano carré, à deux cordes, à pilotes, à deux registres que lion faisait agir avec la main gauche quand on voulait mettre la sourdine ou lever les étouffoirs. Les grandes touches de ce piano sont noires, et les petites, celle des dièses, blanches; tous les clavier des orgues, des épinettes, des clavecins, des pianos, étaient alors ainsi disposés. Ce piano, le premier qui ait paru, qui ait sonné dans le midi de la France; le premier que j'aie vu, entendu, touché, porte cette inscription, dont l'orthographe allemande est restée dans ma mémoire : Johannes Kilianus Mercken, Parisiis, 1772. Cédé en 1804, pour la modique somme de 60 fr., à Fialon, trompette juré de la ville d'Avignon, musicien universel et corniste excellent, ce piano vétéran existe encore après soixante-sept ans d'honorables et rudes services. Mon père le tenait d'un peintre nommé Petters, homme, de talent, amateur distingué, dont le nom figure au bas de plusieurs belles estampes. Ce piano, portant la date de 1772, n'était certainement pas le premier qui sortait des ateliers de Kilianus Mercken. Les historiens du piano se trompent en imprimant que la fabrique de pianos établie à Paris, en 1778, par les frères Érard, est la première qui ait existé dans cette capitale. Les descendans de Kilianus Mercken sont encore facteurs de pianos à Paris." Revue de Paris, Louis Désiré Véron, 1839, p. 194

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir BECKERS (°1807), DACKWEILLER (°1789), EIGENSCHENK, SWANEN (°1781) et ZIMMERMANN (°1780).

 

   
PÉRONARD François Balthazard

(ca. 1730 - 1789)

 

 

Piano carré de 1784 - Photo : Claude Germain - © Musée de la Musique - Paris

 

1771  

La planche du forte-piano PÉRONARD de 1785. Photo: D. Girard.

Piano carré ca. 1779, Frankfurt am Main, Historisches Museum, Allemagne
Piano carré ca. 1784, et sa signature, Cité de la Musique, Paris, France

François Balthazard PÉRONARD, né dans les années 1730, avait sans doute appris son métier dans sa Champagne natale, où des membres de sa famille étaient des facteurs d'orgues renommés : « Le Sieur PÉRONARD, Facteur d’Orgues à Reims, a entrepris, fait et posé dans l’excellent Instrument de l’Église Métropolitaine de cette ville, deux tuyaux d’anches extrêmes, l’un de 22 pieds & l’autre de 32 ; ce dernier n’existe dans aucune Église du Royaume. MM. Hardouin, Maître de musique de cette Métropole, Turpin Organiste, & Baron Organiste de l’Abbaye de St. Remi, nommés par MM. Du Chapitre pour juger du mérite de ces tuyaux, ont trouvé qu’ils faisaient l’effet le plus noble & le plus majestueux, & ne laissaient à désirer que le complément de l’étendue du Clavier de Pédales ». L’ Avantcoureur, 16.03.1767, n°11, p. 167. L’article fait référence à n’en pas douter à Louis PÉRONARD, frère présumé de Balthazard, et à ses réalisations majeures, à la cathédrale Notre Dame, église Saint-Jacques de Reims, mais aussi à l’Abbaye Saint Corneille de Compiègne.  On sait par ailleurs que Louis Péronard est mort au tout début du 19ème siècle puisque sa veuve, Marguerite-Antoinette Bégin, «tutrice de ses enfants mineurs [a vendu] une maison sise à Rheims, au bas du rempart entre les portes Neuve et de Vesle, moyennant 3500 francs. Transcrit le 11 Floréal an 12 ». (Voir annonce n°4338 dans Affiches, annonces et avis divers de Reims, 18.08.1804, p.206.)

  

Orgues de Louis PÉRONARD à Reims et Compiègne - Cliquez sur l'image à gauche pour l'agrandir

« Cet orgue est bien celui qui fut envoyé à Pépin par l’empereur d’Orient, d’après l’opinion de nos pères, opinione majorum (expression qui, du reste, nous paraît bien vague), ajoute en même temps qu’il fut complètement restauré et somptueusement augmenté par Louis PÉRONARD, facteur d’orgues, planè fuit redintegratum ac sumptuosè amplificatum Lud. Peronard organario, l’an du Seigneur 1768. Voilà, il faut l’avouer, qui répond péremptoirement à nos objections, et explique comment l’instrument de 756 peut offrir l’aspect d’un orgue de notre temps : M. PÉRONARD y a mis bon ordre. Mais alors nous ferons observer que si l’orgue de Constantin a été tellement changé, restauré et augmenté, qu’on en ait fait un orgue du XIX° siècle ; si l’on a tout modifié et renouvelé, tuyaux, buffet, claviers, etc., on ne peut plus, raisonnablement dire que cet instrument soit celui de l’empereur d’Orient, puisqu’il n’en a pas conservé le plus léger fragment. »  Lambert de Ballyhier, Compiègne historique et monumental, 1842, Vol. 2, p. 258.

  "Tribune de musique de Louis XVI, Versailles, 1777 par J-B Metoyen", chez Gallica - Cliquez sur l'image pour l'agrandir

LA FAMILLE

François Balthazard, quant à lui, était tout d’abord installé à Senlis où il épouse Anne Marie Delahaye en la paroisse de Saint Rieul le 24 avril 1759 (1). Ils auront au moins 4 enfants (Pierre Melchior, 15.09.1760 ou 1762 (2) - 02.04.1818, Professeur de musique puis facteur de forté pianos ; Marie Gaspard (1764- ?) Menuisier (3); Alexandrine Antoinette Victoire (? - ?) restée célibataire, elle habite dans les années 1820 et 1830 au 4, Cour des Miracles, Place du Caire, à Paris (4); Jean-Victor (1766- ?) Lieutenant de canonniers de 1792 à 1796 (5).

RÉF

(1) Comme l’indique l’acte de naissance de Pierre Melchior PÉRONARD, leur fils aîné, consultable sur le site des archives de l’Oise, 15.09.1762.
(2) Un doute subsiste sur l’année de sa naissance puisque dans son acte de naissance, comme dans son acte de mariage (21.02.1803, Archives de Paris 5Mi1/2013), la date indiquée est 1762. En revanche dans l’acte de naissance de son premier fils Melchior (Archives de Paris, 5Mi1 / 129), l'âge du père en ce 6 janvier 1805 est de 44 ans ce qui lui donnerait pour date de naissance le 15 septembre 1760, et non pas 1762.
(3) Comme l’indique l’acte de mariage de son frère Pierre Melchior (21.02.1803, Archives de Paris, 5Mi1/2013).
(4) Voir Liste Gale des pensionnaires de l’ancienne liste civile (1822), p. 381 et Henri Dulac, Almanach des 25000 adresses de Paris avec leurs principaux habitants (1832) Paris : Imprimerie Panckoucke, 14 rue des Poidevins, p. 444 .
(5) Voir Ch.-L. Chassin et L. Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution. Historique militaire et états de services des huit premiers bataillons de Paris, levés en 1791 et 1792 (Paris : L. Cerf, 1899-1906) p. 666

 

Paris rue Poissonnière (1774-1775)(*1875)

rue Meslay / Meslée (*1775)(*1777)(*1779)(*1783)(arr.3)

rue du Cocq saint Honoré (***1789)(arr.1)

188, rue du faubourg Saint-Martin /  350, rue Saint-Martin (*1802)(arr.3)

110, rue du faubourg Saint-Martin (*1811)(arr.3)

 

 

Facteur d’orgues, de pianos forte ordinaires ou organisés et de clavecins.


(la suite)

A la fin des années 1760 ou début 1770, la famille s’installe à Paris, rue Poissonnière, et François Balthazard PÉRONARD était en charge de l'entretien de l'orgue de la chapelle de Louis XVI. Il aura rapidement une autre adresse rue Meslée (on se souvient que le facteur Roduwart y avait également son atelier au n°30) et c’est là que la réputation de PÉRONARD comme facteur de pianos va s’établir.

   

Piano carré de 1784
Cliquez sur les images pour les agrandir

"Un des plus habiles & des plus célèbres Facteurs d’Instruments que nous ayons en France, Monsieur, est sans contredit le Sieur PÉRONARD. Les Piano-Forte surtout sont acquis sous ses mains industrieuses une perfection qu’ils n’avaient pas encore. Il les fabrique avec tant d’intelligence & de commodité que, s’ils se dérangent, chaque particulier peut lui-même y remédier, sans être obligé de faire venir un Facteur qu’il faut payer, & qui n’a pas toujours le temps de se rendre au moment qu’on en a le plus de besoin.

Avec les Piano-Forte du sieur PÉRONARD, on a la facilité d’y mettre des cordes ainsi qu’aux clavecins ; avantage que n’ont pas les Piano-Forte d’Angleterre. On peut comparer ces derniers avec ceux de l’Artiste Français, non seulement pour la bonté, pour l’harmonie, pour la variété des sons, mais pour la délicatesse du travail, pour l’agrément de la décoration.

Le sieur PÉRONARD gagnera certainement à la comparaison. Les Forte-Piano anglais sont d’ailleurs, fort chers. Le prix de ceux du sieur PÉRONARD n’est que de dix-huit louis ou 432 livres ; & il se charge de réparer gratis pendant une année entière tous les dérangements qui pourraient survenir. On en trouvera toujours chez lui de tout faits. Le même Artiste travaille actuellement sur la Harpe, & s’étudie à perfectionner ce bel instrument. Il compte sous peu de temps être en état d’instruire le Public des changements heureux qu’il y aura faits. Sa demeure est près de la Porte Saint Martin, rue Meslée au Concert des Trois Frères." Fréron, Année Littéraire, 1775, Tome VI, p.129-131

Dans les années 80, les PÉRONARD sont rue du Faubourg St. Martin, au n° 188. Si l’on en croit Constant Pierre, François Balthazard serait mort en 1789.

"Balthazar PERONARD qui adapta au clavecin, vers 1780, une pédale actionnant un jeu de basses par laquelle on obtenait « des sons de contrebasse très beaux ». Il fit aussi l’application du double fond avec cordes frappées par des marteaux mus par des pédales (Encycl. Méth. de Framery, p 287). Un clavecin de 1777 et deux piano-forte de 1771 et 1777 étaient au nombre des instruments réunis par Bruni, 1890." Constant Pierre (*1893)

"On ne doit pas non plus omettre l'invention d'un double fond, au moyen duquel on applique au dessous du clavecin, ou du piano-forte, des cordes frappées par des marteaux, que font mouvoir des pédales semblables à celles de l'orgue. Silbermann Strasbourg & PÉRONARD à Paris ont exécuté très heureusement cette idée, due à Schobert, célèbre claveciniste. Elle enrichit le clavecin de deux octaves de sons graves & d'une infinité de ressources d'harmonie." Encyclopédie méthodique: ou par ordre de matières, Volume 64, 1791, p. 287

"Piano-forté organisé de PÉRONARD, chez M. Lasceux organiste, rue St Jacques vis à vis les Mathurins, prix 40 louis." BN V28300 (3.03.1783)

"Un deuxième forte-piano, fait par Baltazard Peronard, à Paris, année 1771." cité dans Un inventaire sous la terreur, par Bruni, 1890.

Voir également l’article consacré au fils Pierre Melchior PÉRONARD (1760-1818) qui se mit à faire des forté piano en 1802.

D. Girard. Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois ».

1782

"Ce clavecin produit tous les effets du crescendo, par le mécanisme de cinq pédales que le pied met en mouvement. La première pédale à gauche produit la sourdine ; la pédale suivante donne le crescendo à la moitié du clavier, qui forme la partie des basses ; la quatrième pédale opère le crescendo dans l’autre moitié du clavier ; la troisième pédale fait mouvoir les deux crescendo à la fois dans toute l’étendue du clavier ; la cinquième pédale sert à faire lever une trappe, qui donne un plus grand essor à l’émission de tous les sons que l’on veut tirer du clavecin." Charles Joseph Mathon de la Cour & Pierre Joseph François Luneau de Boisjermain, Almanach Musical Année 1782, Chapitre « Découvertes », p. 46-47

"M. Perronard, Facteur d'instrumens de musique, a adapté au clavecin des pédales qui font jouer un jeu de basse qui fournit des sons de contre-basse très-beaux, très-forts & très-nourris. La pression du pied, plus ou moins appuyée, peut varier beaucoup l'harmonie qui résulte de cette invention. On la rend pleine & forte, quand le morceau que l'on joue demande cet effet. On diminue le corps des sons, en appuyant plus légèrement le pied sur la pédale qui les produit. Il ne faut donner qu'une attention très-légère à la mécanique que M. Perronard a imaginée pour acquérir l'habitude de s'en servir. Le petit travail auquel elle soumes d'abord l'esprit, est agréablement compensé par l'harmonie pleine, moëlleuse; qu'on tire cet instrument." Almanach musicale pour l'année 1782, p. 49 (1429)

 

   
COUSINEAU Georges

(1733 - 1800)

 

1772

 

TITRES

Luthier Breveté de la Reine Se de Madame la Comtesse d'Artois (1780)

'Breveté de la Reine' (*1785)

'De S.M. l'Impératrice' (*1811)

Piano carré ca. 1795, MIM, Bruxelles, Belgique

PARIS - "M. Cousineau, breveté d'invention, rue de Thionville, n.° 20 : harpes auxquelles il a adapté un mécanisme qui produit un effet de sourdine et d'écho inconnu jusqu'alors." Notices sur les objets envoyés à l'exposition des produits de l'industrie ..., 1806, p. 283

PARIS - "MM. Cousineau père et fils, rue de Thionville, N°. 20, ont présenté à la dernière exposition de nouvelles harpes à chevilles mécaniques qui ont l'avantage de produire les demi-tons sans changer la longueur des cordes, de donner aux cordes plus de son et de vibration et de les faire durer davantage; de rendre les sons harmoniques plus faciles à obtenir, et de jouer dans tous les tons usités sur cet instrument, sans étendre le son par le grand nombre de pédales qu'on étoit obligé d'employer. Le Jury a accordé à MM. Cousineau père et fils une médaille d'argent de première classe. " Bulletin de la Société d'encouragement pour l'Industrie Nationale, 1806, p. 522

"Ce fut un Allemand nommé Hochbrucker, qui, à l'époque indiquée, inventa la pédale, et donna aussi à la harpe un avantage dont elle avait complètement manqué, nous voulons dire la faculté de pouvoir moduler convenablement. Avant la précieuse invention de cet artiste, la harpe était très bornée dans ses ressources. Accordée diatoniquement dans le ton du morceau que l'on voulait jouer, les dièses et les bémols ne pouvaient être produits qu'au moyen du pouce que l'on pressait contre l'extrémité supérieuie de la corde pour la raccourcir, ou au moyen de petits crochets correspondant aux cordes, et que l'on tournait vers cellesci avec la main, ce qui était fort gênant dans l'exécution d'un morceau. L'invention de Hochbrucker remédia à cet inconvénient. Sa pédale consistait en cinq leviers placés derrière le corps de l'instrument, et que l'exécutant comprimait à l'aide de ses pieds. Ces leviers, par un certain mécanisme, faisaient tourner lesdits crochets vers les cordes correspondantes.
Ce premier essai, bien qu'imparfait encore, était on pas immense vers le peifeclionnement de la harpe. Des améliorations ne tardèrent pas à se présenter, el la harpe ainsi construite prit le nom de harpe à pédale.
En 1730, un harpiste célèbre de Nuremberg nommé Vetler fit construire une harpe à sept pédales, supérieure à celle de Hochbrucker, dont il surpassa non moins le talent d'exécution. Cette harpe eut du succès en Allemagne; elle fut introduite en France vers 1740; mais les harpistes français, reculant devant les difficultés de l'usage des pédales, continuèrent à se servir de la harpe simple. Ce ne fut que trente ans plus tard que le neveu de Hochbrucker, qui vint se fixer à Paris en 1770 comme maître de harpe, fit valoir l'avantage du nouveau mécanisme, et opéra une réforme complète dans le jeu de cet instrument. Cet artiste eut de nombreux élèves; et grâce à son talent distingué, la harpe devintà la mode et se répandit dans toute la capitale. Alors les luthiers français se mirent à leur tour à perfectionner l'instrument qui avait obtenu la vogue. Ce furent
surtout Cousineau et Nadermann qui y vouèrent des soins particuliers. Ce dernier, sur les conseils de Krumpholz, harpiste célèbre de l'époque, donna au mécanisme des crochets toute la perfection dont il était susceptible.

Mais ce mécanisme était loin de répondre à toutes les exigences de l'art. D'abord il avait l'inconvénient de tirer les cordes hors de la position perpendiculaire lorsque les crochets agissaient sur elles pour les élever d'un demi-ton, ce qui devait être nuisible à l'accord de l'instrument. Puis, comme les crochets n'opéraient que l'élévation d'un demiton, la harpe ne pouvait se prêter à toutes les modulations, et restait très bornée sous ce rapport. Pour arriver à un résultat plus satisfaisant, il fallait abandonner ce mécanisme et y substituer un autre principe de construction. C'est ce qu'entreprit Cousineau : il inventa le mécanisme à béquilles.
La harpe de Cousineau, fabriquée en 1782, avait un double rang de pédales. Les deux pédales qui correspondaient à une même corde étaient posées l'une sur l'autre, et l'on obtenait d'une corde le ton naturel, le bémol et le dièse. Mais ces pédales, outre l'inconvénient d'exiger des forces inégales pour la pression, présentaient un système trop compliqué et devenaient embarrassantes pour l'exécutant. Après trois années de recherches, Cousineau construisit une harpe avec une mécanique plus simple, qui, au moyen de sept pédales, produisait le même effet. Il serait trop long d'entrer ici dans tous les détails de ce mécanisme, il suffira de dire que ce qu'on appelait béquilles était deux chevalets mobiles qui ressemblaient à des béquilles, dont les montants se présentaient dans la situation verticale, l'un tourné vers le haut, l'autre vers le bas, lorsque la pédale était levée, et dont les traverses, qui devaient appuyer sur la corde par le mouvement de la pédale, étaient à angle droit à la fois, par rapport à la console, et par rapport à leurs montants. Quand on baissait la pédale, on faisait faire à chaque béquille environ un quart de tour; alors les traverses rencontraient toutes deux la corde et la pressaient l'une par dessus et l'autre par dessous, d'avant en arrière, sans l'écarter sensiblement de la ligne verticale.

On conçoit que la harpe ainsi construite devait avoir des avantages sur la harpe à crochets; cependant il lui restait encore quelques défauts : cet instrument manquait de solidité, et après avoir joui d'un succès passager, il disparut devant une invention des plus ingénieuses qui a mis le comble au perfectionnement de la harpe, et dont nous parlerons plus bas.
Cousineau lui-même tenta encore divers essais. C'est ainsi qu'il adopta l'idée singulière d'un amateur, M. Ruelle, qui avait imaginé d'opérer le changement des notes par des chevilles mobiles dont le mouvement se réglait par le jeu des pédales. Cette harpe à chevilles mécaniques tournantes figura à l'exposition de 1806, où Cousineau obtint la médaille d'argent. Elle fut encore exposée en 1819, mais bien que la même récompense fût décernée à l'auteur, l'instrument n'eut point de succès.
Tandis qu'en France on s'occupait à perfectionner le mécanisme des pédales, on essaya en Allemagne de construire des harpes qui pussent s'en passer entièrement sans le céder en rien aux autres pour les ressources des modulations.
Déjà, en 1787, un luthier de Berlin, nommé Bothe, inventa une harpe chromatique; elle était de plus grande dimension que les harpes ordinaires, et les cordes procédaient par demi-ton comme dans le piano, se distinguant par la couleur comme les touches du clavier. La multiplicité des cordes, d'ailleurs trop serrées, et la nécessité d'adopter un autre doigté pour en jouer, empêchèrent le succès de cette invention. Elle fut reproduite en 1804 par un docteur allemand nommé Pfranger, qui ne fut pas plus heureux. La harpe à pédales conserva la préférence, et c'était vers elle que se tournaient les nouvelles tentatives de perfectionnement. Il serait inutile d'en citer davantage. Hâtons-nous d'arriver à l'invention ingénieuse qui mit un terme aux recherches en donnant à la harpe toute la perfection qu'elle était susceptible d'atteindre: nous voulons parler du mécanisme à double mouvement."
Revue et gazette musicale de Paris, Volume 6, 02/06/1839, p. 172-174

 

 

Paris rue des Poulies (1763 - 1791)(*1775)(*1777)(*1779)(***1780)(*1783)(*1785)(**1786)(***1789)(*1791)(arr.1)

110, rue de Thionville (1793)(arr.6)

 1840, rue de Thionville (y1795)(*1798-1799)(*1799-1800)(*1802)(**1803)(*1805)(arr.6)

 20, rue de Thionville (**1805)(*1809)(*1811)(*1813)(arr.6)

20, rue Dauphine (*1819)(*1820)(*1824)(arr.6)

32, rue Dauphine (*1819)(***1822)(arr.6)

31, rue Guénégaud (x1828)(arr.6)

 

'Facteur de Forté-pianos et harpes' (29) (p. 40), 'Manufacture de harpes et de Fortepiano' (**1805)

Il était harpiste, éditeur de musique et avait aussi un magasin des pianos, et il était le premier qui importait des pianos anglais. (30) p. 39

Époux de RENAUT Madelaine (10)

COUSINEAU Père et Fils (1784)(1793)(*1799-1800)

"Cousineau père et fils, luthiers de la Reine (LXXVIII, 100).- Dans La Lutherie et Les Luthiers par St-Antoine Vidal, Paris. Quantin. 1889, on trouve (p. 219) : George Cousineau, Fabricant de harpes, qui fut maitre-juré de la corporation des maîtres luthiers, feseurs d'instruments de la ville de Paris, pour l'année 1769).

Il s'agit là du fils de
Pierre Joseph COUSINEAU, harpiste et facteurs de harpe, né à Paris vers 1753 et qui est mort en 1824.

Il fut harpiste de l'Académie royale de musique, de 1788 à1812 et harpiste de la reine Marie-Antoinette. Il a publié une méthode de harpe, sept sonates pour cet instrument, 5 recueils d'air variés, deux concertos, deux pots-pourris.

Etabli luthier à Paris et considéré dès 1772, au dire de l'Almanach Dauphin, ou Tablettes du vrai rérite comme un des plus renommés pour la harpe et autres instruments à cordes, il fabriqua le premier des harpes avec double rang de pédales, pour moduter plus facilement dans tous les tons, perfectionnement repris par Dizi à Londres et par Erard. En 1799, avec Rouelle, il prit un brevet pour un procédé de torsion des cordes, que Fetis décrit dans son Dictionnaire des Musiciens. En 1803, Cousineau prend un autre brevet pour un mécanisme de harpes à plans inclinés avec renforcement acoustique. A l'Exposition des arts de 1806, il avait exposé de nouvelles harpes à cheville. Retiré de sa maison de lutherie en 1823, Pierre Joseph Cousineau, est mort en 1824. Il compte parmi les plus célëbres facteurs d'instruments à cordes, à côté de Gaiffre, de Salomon, de Nadermann, fournisseurs de harpes de Mme Victoire, de Holtzmann, de Louvert, de Kruppe. Les bonnes harpes de Cousineau se vendaient 12 à 15 louis.

Cousineau fils associé aux travaux de son père, et qui lui succéda à l'Opéra et dans ses ateliers, a écrit lui aussi, plusieurs airs pour harpe et une méthode éditée par Lemoine. Sur le procédé dit double rang de pédales, inventé en 1782 par P. J. Cousineau, voir Le Mémoire sur la Nouvelle harpe de M. Cousineau, luthier de la Reine, par l'abbé Roussier. Paris, Lainé, 1782, cité dans son Histoire de l'instrumentation (Paris 1878), par Henri Lavoix, fils, (p. 79). George Dubosc." L'Intermédiaire des chercheurs et curieux : Notes and queries français : questions et réponses, communications diverses à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc., M. Carle de Rash, 1918, p. 307

Brevet de 1799 :  "Le 27 Ventôse de l'an 7 [17 mars 1799], il a été délivré un brevet d'invention aux citoyens Michel-Joseph Ruelle, négociant à Tournay, département de Jemmape, Georges Cousineau père et Jacques Cousineau fils, luthiers, demeurant à Paris, rue de Thionville, n.° 1840, à l'effet de construire, faire construire et vendre, dans toute l'étendue de la république, une mécanique de harpe dont ils ont déclaré être les inventateurs et perfectionneurs; à la charge par eux de suivre les procédés dont ils ont déposé les dessins et les mémoires explicatifs.
Pour expédition conforme, signé P. Barras, président; par le directoire exécutif, le secrétaire général, Lagarde." Recueil des proclamations et arrêtés des représentans du peuple ..., Volume 22, 1799, p. 278

Brevet de 1802 : "22 octobre 1802. — Nouvelle mécanique de Harpe à plan incliné et parabolique et à renforcement acoustique, par G. Cousineau, luthier, rue de Thionville, à Paris. Certificat d'addition et perfectionnement le 2 juillet 1799 et le 26 janvier 1801. Terme 5 années." Annales des arts et manufactures, ou Mémoires technologiques sur ..., Volume 24, 1806, p. 290

"A Paris, chez Cousineau, Luthier & Marchand de Musique, rue des Poulies. Le même Luthier vient de recevoir d'Angleterre un certain nombre de Piano-forte très bien conditionnés." Mercure de France, 1763, p. 176

"Le Sr Cousineau, vient de recevoir des Pianos-forte d'Angleterre des meilleurs facteurs." "L'Avantcoureur: feuille hebdomadaire, 1772, p. 132

"II vient d'arriver au sieur Cousineau, luthier, breveté de la Reine et de Mme la comtesse d'Artois, rue des Poulies, des forté-pianos de Londres, ainsi qu'un grand forté-piano de la grandeur d'un clavecin." Affiches, annonces et aves divers, 16 novembre 1778

"Cosinot, rue des Poulies, breveté de la Reine & de Madame la Comtesse d'Artois, un des plus habiles Artistes pour les instrumens à cordes, & notamment pour la harpe, a trouvé l'art d'adapter des pédales à ces instrumens, qui en modifient les sons & lui donnent le crescendo. Nouvelle découverte qui lui a mérité l'approbation de l'Académie Royale des Sciences." Tablettes de renommée ou du vrai mérite, et d'indications générales des artistes célèbres, et autres personnes d'un mérite distingué dans chaque genre, 1791, p. 129 (Gallica)

"MAISONS ou APPARTEMENS A LOUER. - Maison rue Chantereine, au coin de la rue S. Georges, ayant 3 étages, Remise & Ecurie. Pour le 1e juillet, en tout ou en partie. S'adr. au Portier, & chez les cit. Cousineau, père & fils à la Manufacture de Harpe & de Piano. rue de Thionville, ci-dev. Dauphine, n°. 110." Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 06/1793, p. 2715 (Gallica)

"COUSINEAU, Harpes à chevilles mécaniques, rue Dauphine, no. 32.
Ces harpes ont l'avantage de produire les demi-tons, sans changer la longueur des cordes ; de donner à celles-ci plus de son et de vibration et de les faire durer davantage ; de rendre les sons harmoniques plus faciles à obtenir, et de jouer dans tous les tons usités sur cet instrument, sans étendre le son par le grand nombre de pédales qu'on était obligé d'employer. En 1806, M. Cousineau fut, pour ses harpes à chevilles, jugé digne d'une médaille ; lors de l'Exposition de 1819, il eut l'honneur de pincer, devant le roi, la harpe qu'il avait exposée ; sa Majesté eut l'extrême bonté de lui donner des éloges, et, de son côté, le jury le déclara toujours digne de la médaille d'argent." Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc. : ouvrage utile à toutes les classes de la société, 1822-23, p. 122-123 (Gallica)

HARPES

Voir aussi HOCHBRUCKER, NADERMANN (°1792) et ERARD (°1775) les deux derniers sur cette page.

Médaille d'argent Paris, 1819

 

KETTENHOVEN Pierre
| KETTENHOWEN

1772

 

 

"Le sieur Pierre, Facteur de Clavessins, Epinettes, Forte è Piano, Harpes à pédales, Guitares, & Serinettes, fait, vend & raccomode toutes sortes d'instruments : il loge dans la rue Vandran, ou de la Poulaillerie de Saint Nizier vis-à-vis de l'allée des Morts, au quatrième étage." Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 05/02/1772, p. 28

"Le sr Pierre Kettenhoven, Facteur d'orgues, de Clavessins, Epinettes, Forte è Piano, Luthier pour toutes sortes d'instruments, comme Violons, Basses, Mandolines, Guitares, Harpes, ayant fixé pour toujours son domecile à Lyon, avertit le Public que l'on verra chez lui plusiers beaux Clavessins au grand ravallement, ainsi que nombre d'autres auxquels il travaille, il prend un abonnement, par année, pour l'accord: il loge dans la rue de la Poulaillerie de Saint Nizier vis-à-vis de l'allée des Morts, au quatrième étage; son écriteau est sur la porte." Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 12/03/1772, p. 54

VOIR AUSSI ....

... un facteur de pianos, à Lyon : KETTENHOVEN Antoine (1766 - 1821)

Lyon ca. 1810 (*1810)

 rue de la Poulaillerie de S. Nizier, vis-àvis de l'allée des Morts (**1772)  

'Facteur de clavecins et fortepianos'


(la suite)

"Le sieur Pierre Kettenhoven, Facteur d'orgues, de Clavessins, Forte è Piano, Epinettes, Tympanons, Sérinettes; Luthier pour toutes sortes d'instruments, comme Violons, Violoncelles, Basses, Harpes à pédales, Guitares, Mandolines, Vielles, & C. avertit le Public qu'il a fixé sa demeure dans cette ville; en conséquence, il prend des abonnements, par année, pour l'accord des Orgues, & Clavessins; il vend & raccomode toutes sortes d'instruments, les remonte en cordes de choix, remet les crins aux archets, il fera son possible pour contenter ceux qui lui feront l'honneur de lui donner leur confiance. On verra chez lui plusieurs beaux & bons clavessins au grand ravalement, & d'autres qu'il fabrique actuellement. Il est logé dans la rue de la Poulaillerie de Saint Nizier vis-à-vis de l'allée des Morts, au quatrième étage d'une maison neuve. [son écriteau est sur la porte]" Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 22-26/03/1772, p. 66

"Le sieur Pierre Ketten Hoven Facteur de clavessin & forte è piano, rue de la Poulaillerie de S. Nizier, vis-à-vis de l'allée des Morts, au quatrième étage de la maison de M. Chevalier." Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 02/07/1772, p. 136

 

   
MALADE Jean-Jacques

(? - 1781)(31)

1774 Paris rue Bourbon-Villeneuve (1775-79)(3)(*1775)(*1777)(*1779)(arr.2)

rue de la Grande Truanderie, paroisse Saint-Eustache (1781)(31)

 

Facteur de clavecins et pianos (1)

Dans les minutes du notaire Guillaume Angot, on apprend que Jean-Jacques Malade a été en apprentissage chez Guillaume HEMSCH (paroisse de Saint Nicolas des Champs). Le contrat entre les deux parties a été signé le 8 février 1761 (Archives nationales, MC/ET/XLII/472)

Selon l'inventaire après décès conservé aux archives nationales, Malade demeurait à la fin de sa vie rue de la Grande-Truanderie, paroisse St. Eustache, L'épouse que Constant Pierre mentionne ci-dessous et qui continua la manufacture se nommait Marie Anne Victoire LETELLIER dès 1781. (arch. nat. : MC/ET/LIV/992)

"Malade, rue Bourbon-Villeneuve (1775-79), sa veuve tenait la maison en 1783." (3) Constant Pierre

 

   
HERMÈS Jean Liborius
 | HERMEZ

(1737/38 - 1813)

1775  

"Jugement du 29 Fructidor an X"
(Archives de Paris, D1U1/53)

 

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"Hermez [sic] rue du Colombier, vis-à-vis la Grille de l'Abbaye. Cet Artiste est particuliérement rénommé pour le Clavecin & forte piano." Supplément aux tablettes royales de renommée et d'indication des négocians, [...] de la ville de Paris et autres villes du royaume, 1782-1792, p. 45 (Gallica)

Paris  

rue du Colombier  (*1775)(*1777)(*1779)(*1783)(1775-90)(arr.6) 

[31], rue des Saints-Pères (1788)(***1789)(arr.6)

69, rue Honoré (*1798-1799)(arr.1)

rue Saint-Honoré, maison Noailles (*1800-1801)(arr.1)

67, rue Saint-Honoré (***1802)(arr.1)

rue et Bâtiments des Capucines (1802)

rue et Batimens des Capucines (*1803-1804)(*1805)(arr.1)

12, rue des Capucines (*1806)(arr.1)

rue Napoléon (1807)(4)

16, rue de l'Université [faubourg Germain] (x1810)(*1811)(*1812)(*1813)(*1815)(*1816)(*1817)(**1819)(x1820)(arr.7)

66, rue du Four Saint-Germain (?)(arr.6), Paris

 

 

Facteur de clavecins, de pianos et de harpes.

"Né en Westphalie (1) en 1737/38, Jean Liborius HERMÈS a été marié une première fois à Marie Thérèse Victoire GERMAIN, née en 1749 et fille du claveciniste Joannes GOERMANS qui le forma. Il reprit l’affaire à la mort de son beau-père en 1777, forma à son tour le fils Jacques GERMAIN et dirigea la manufacture de clavecins et de piano-forté (on lit dans C. Pierre, 3 : "Jean Hermès, adjoignit à sa fabrication, en 1777, celle des pianos.") avec la Veuve Goermans jusqu'à la mort de ce fils en 1789, pendant que l'autre frère se spécialisait dans le ravalement des clavecins à la Ruckers. Au début des années 1790, Jean Liborius se remarie avec Emilie Marguerite DEVIS (à la suite d’un divorce ou d'une annulation de mariage puisque sa première femme est encore vivante en 1803, voir détails dans GOERMANS, °1754). Après avoir occupé plusieurs adresses pour son propre atelier, il s'installe plus sérieusement dans l'enceinte de l'ancien Couvent des Capucines près de la Place Vendôme en mai 1802 (Un jugement du 16 septembre, reproduit ci-contre, donne raison à Jean Liborius Hermès dans une plainte concernant l’occupation illicite par le Citoyen Lolive d’un local qui faisait partie des parties privatives du contrat de location dont jouissait J-L Hermès). Ils auront ensemble plusieurs enfants dont un qui continuera le propre atelier de son père après sa mort en 1813 avec sa mère, la Veuve HERMÈS, née Devie (encore en vie en 1832) et signalée comme telle dans les Affiches, annonces et avis divers de l’époque (**1819)(*1820). Ils auront au moins un autre fils, Louis Julien, employé, né en 1801, qui épouse Marie Aguetta à St. Sulpice le 9 juillet 1832 (Archives de Paris D6J/1675)." D. Girard. Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois ».

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir GOERMANS (°1754).

 

1783 (1)

ERARD Sébastien

(1752 - 1831)

    

&

Jean-Baptiste ERARD

 (1749 - 1826)

 

 

Piano carré de 1780 - Photo : Jean-Marc Anglès - © Cité de la Musique

 

 

Piano carré de 1809, Musée Dobrée, Nantes

 

 

 

 

1775

 

Photo : Jean-Marc Anglès (c) Cité de la Musique, Paris

Pianos droits, pianos carrés, pianos à queue, orgues  et harpes

NUMÉROS DE SÉRIE

Voyez les anciennes archives d' ERARD, les régistres d'atelier et les régistres comptables. (Site : Musée de la Musique, Paris)

 TITRES

'ERARD Frères facteurs de Fortépiano et Harpes de l'Impéreur et de l'Impératrice' (*1811)

'ERARD Frères facteurs de Forté-pianos et Harpes du Roi et de la Cour Imperiale de Russie à PARIS, 1815' (1814-15)

'Facteur de pianos et harpes du Roi' (1815)

'Facteur de pianos et harpes des menus Plaisirs du Roi' (1816)

'Fournisseur de la Duchesse de kent, Angleterre' (1820)

'Chevallier du Légion d'honneur' (1824)

'Fournisseur du roi George IV, Angleterre' (1829)

Clavecin de 1779, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré ca. 1780, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré ca. 1780, Cobbe Collection, U.K.
Piano carré de 1784, Period Pianos, Biddenden, Kent, Angleterre, U.K.
Piano carré ca. 1784, Leopoldo Pérez Robledo, Buenos Aires, Argentine
Piano carré de 1785, Musée municipal, Melun, France

Piano carré ca. 1786,
Pianomuseum Haus Eller, Bergheim, Allemagne
Piano carré de 1786, Cobbe Collection, Angleterre, U.K.

Piano carré de 1787, Association Pleyel Chopin de Croissy, France
Piano carré ca. 1788, Collection Jean Haury, France
Piano carré ca. 1788, Musée de Lallement de Bourges, Bourges, France
Piano carré n° 1672 ca. 1789, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré de 1789,  Musée des Beaux-Arts, Dijon, France
Piano carré ca. 1789, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré de 1789, Château des Ormes, France
Piano carré ca. 1790, Musée du Palais Lascaris, Nice, France
Piano carré n° 4071 ca. 1790, The Smithsonian Institution, Washington, U.S.
Piano carré posé sur un orgue n° 1987 de 1791, Cité de la Musique, Paris
, France
Piano à queue n° 2036 ca. 1791, Cité de la Musique, Paris
Piano à queue n° 2036 ca. 1791, Cité de la Musique, Paris

P
iano carré de 1793, 5 octaves, 5 pédales, Collection Hansjosten, Allemagne
Piano en forme de clavecin ca. 1795, Ad Libitum, Etobon, France
Piano carré ca. 1795, Cité de la Musique, Paris
Piano carré de 1795, Musée des Beaux-Arts, Rouen
Piano carré ca. 1801, Museu de la Música, Barcelona, Espagne
Piano carré de 1799, Pierre-Bassot, Hôtel de Conny, Moulins, France
Piano à queue n° 55 ca. 1801, Cité de la Musique, Paris, France
Piano à queue n° 86 ca. 1802, Cité de la Musique, Paris
Piano carré de 1803, RMN Grand Palais, domaine de Compiègne, France
Piano carré ca. 1805,
Ad Libitum, Etobon, France
Piano carré ca. 1805, MIM, Bruxelles, Belgique
Piano à queue ca. 1805, autre photo, MIM, Bruxelles, Belgique
Pédalier de piano (carré?) ca. 1805,
Cité de la Musique, Paris
P
iano carré n° 6811 ca. 1806, Collection Gisclard, Château Bauzille, France
Piano carré de 1807, Musée des Beaux-Arts, Chartres, France
Piano carré n° 7488 ca. 1808, piano de Ferdinand Hérold
, Cité de la Musique, Paris, France
Piano à queue de 1808, piano de Dussek, Château de Valençay, France
Piano carré n° 7725 de 1809, Musée Dobrée, Nantes, France
Piano carré n° 7752 ca. 1809, Cité de la Musique, Paris
Piano carré n° 7820 ca. 1810, Collection Gisclard, Château Bauzille, France
Piano carré de 1810, châteaux de Versailles et de Trianon, France
Piano à queue ca. 1811, Musik & Teatermuseet, France
Piano carré de 1811, Château des Ormes, France
Piano carré n° 8598 ca. 1812, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré ca. 1812 de F. Paer, Cité de la Musique, Paris
, France
Piano à queue ca. 1812, Klassik Stiftung Weimar, Allemagne
 
Piano carré n° 8927 ca. 1813, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré n° 9228 de 1816, Musée basque et de l'histoire de Bayonne, Bayonne
, France
Piano carré n° 9967 de 1817
Collection particulière, France
Piano à queue ca. 1818, Cité de la Musique, Paris, France

Piano carré de 1818, 5,5 octaves, 2 pédales, Collection Hansjosten, Allemagne
Piano à queue avant 1820, MIM, Bruxelles, Belgique
Piano à queue n° 447 ca. 1820, Collezione Gaspare Spontini del Comune di Maiolati, Italie
Piano carré ca. 1820, Colletion Radbon, Allemagne
Piano carré de 1821, 6 octaves, 2 pédales, Collection Hansjosten, Allemagne

PHOTOS EXTRA

Piano carré de 1789,
Collection Château de Ormes, France

 
 

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Piano carré de 1801,
Collection de Pierre Dubois, France [Restauration Sauvageot]


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Piano carré de 1807, Collection Dominique Chalmin, France

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Piano carré de 1811,
Collection Château de Ormes, France

 

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Piano carré de 1817,
Collection particulière, France

 

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INFO EXTRA

'Perfectionnements apportés dans le mécanisme du piano par les ERARD, depuis l'origine de cet instrument jusqu'à l'exposition de 1836' dans Le Ménestrel, 29/09/1861, p. 348-350 (Gallica)

A History of Sebastian Erard, Piano and Harp Maker

About ERARD : Pianos, harps and organs

Beaucoup d'examples des pianos ERARD

  Perfection dans le mécanisme du piano, Les ERARD

   'Manufacture ERARD et Cie. Fondée en 1780, à Paris par Sébastien ERARD', par Turgan Julien (CNUM)

  Plus d'information sur ls pianos ERARD chez Cité de la Musique, Paris

 Site sur Erard : 
SebastienErard.org

Les pianos d'ERARD, pdf de Jean Louchet

"Très bon Forté-piano organisé d'Errard. Rue chaussée d'Antin, n°. 8."  Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 07/1790, p. 2022 (Gallica)

"Érard frères, Pianos et Harpes, rue du Mail, n° 13. - Facteurs de pianos et de harpes du Roi, de ses Menus-Plaisirs, de la Cour Impériale de Russie, et de S. A. R. Mrg. le duc d'Orléans et de sa famille. C'est à cette maison, établie à Paris depuis cinquante années, et qui occupe toujours plus de cent ouvriers dans ses ateliers, que la France est redevable du genre d'industrie dans lequel elle excelle, et d'un commerce qui, avant elle, était tout au profit de l'étranger; elle a obtenu plusieurs brevets d'invention; et la classe des beaux-arts de l'Institut, réunie à celle des sciences mathématiques et physiques, a fait plusieurs rapports qui lui sont extrêmement honorables. Ces artistes n'avaient jamais pensé à offrir des produits de leur industrie, avant la dernière Exposition, à laquelle ils placèrent divers modèles de leurs ouvrages; le jury leur a décerné une médaille d'or, pour prix de leurs talents et de leurs travaux. Des amateurs ont été étonnés que, dans le rapport du comité central, lors de cette dernière Exposition, il ait été fait si peu mention de la harpe qui a obtenu tant de suffrages en France, chez l'étranger, et qui est portée à son dernier point de perfection." Bazar Parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et ..., 1821, p. 189

"Un superbe Piano à queue à vendre. - Ce bel instrument fait en 1802 par les Frères Erard à Paris, est cinq octaves et demi, à quatre pedales et trois cordes, il a couté plus de trois mille francs, et on le cédera à un prix très modéré. S'adresser au Magasin de Meubles, Glaces, et Marchandises d'occasion, place d'Armes, N° 35, à Gand." Journal d'affiches de Gand et de la Flandre, 29/11/1821, p. 3

"Erard frères, facteurs de pianos et harpes, du Roi, du duc d'Orléans, de ses menus-plaisirs, et de la cour impériale de Russie, r. du Mail, 13; atelier, 21." (x1822) (dès 29 décembre 1815, il était facteur de pianos et harpes du Roi)

(lire la suite )

 

Paris

Londres

109, rue de Bourbon, Faubourg Saint-Germain (1780)(P1784)(arr.7)

rue de l'Université, Hôtel Villeroy (**1782)(arr.7)

273, rue et Div. du mail (1780)(11)(*1789-90)(*1800-1801)(arr.2)

373, rue et Div. du mail (*1798-1799)(*1799-1800)(*1803-1804)(arr.2)

368, Rue et Div. du mail (*1805)(arr.2)

domicile et atelier : 21, rue de Mail (**1806)(*1807)(arr.2)

37, rue du Mail (1807)(arr.2)

13 (maga-sins) et 21 (ateliers), rue du Mail (*1808)(*1811)(*1816)(*1819)(x1823)(x1826)(x1828)(*1829)(*1832)(x1840)(arr.2)

14, boulevard Poissonnière (x1868)(arr.9)

atelier à Passy (x1829)

et 3 et 87, rue Saint-Maur (*1844) (*1913)(arr.11)

Ateliers et Chantiers : 110-112, rue de Flandre (1886 -1922)(arr.19)

à Paris

Dès 1808 établi à Londres :

Great Marl-borough Street, London (**1822)(1825)(1835)(x1836)

à Londres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Originaire d'une famille suisse (11), de son vrai nom 'ERHARDT', Sébastien ERARD, est né à Strasbourg en 1752. Il était, comme Silbermann, fils de menuisier, et il entra en 1768 comme ouvrier dans l'atelier d'un facteur de clavecins parisien. Ambitieux et visionnaire, il profitera dès son plus jeune âge de nombreux soutiens dans l’aristocratie (duchesse de Villeroy et bientôt la maison royale en 1785) et perçoit très tôt le potentiel des premiers pianoforté. Il obtiendra par décret royal sa maîtrise à un âge très inhabituel pour l’époque, ce qui lui vaudra la méfiance et la malveillance de ses collègues maîtres luthiers, mais aussi le soutien public royal.

L'installation de sa fabrique se situe entre 1770 et 1775 (11). Dans le même esprit que TASKIN, il construisit en 1779 un clavecin mécanique qui permettait de produire des nuances par plans sonores grâce à l'entrée progressive des jeux. Cet instrument est encore conservé au Musée de la Musique à Paris. La même année il fit une premier voyage en Angleterre (11). Son premier piano carré à 5 octaves et demie date de 1776 et ses premiers pianos à queue font leur apparition en 1790, encore sous forme de clavecin. Il fournit les têtes couronnées en divers instruments, et en particulier un piano organisé pour Marie-Antoinette mais aussi les cours britannique et russe. C’est en 1788 que naît la firme « Erard Frères » (avec son aîné Jean-Baptiste), les premiers pianos verticaux apparaissent chez Erard en 1824 (11).

Mis à mal pour ses relations avec la royauté lors de la Révolution, mais aussi par opportunisme commercial, Sébastien ERARD part s'installer en 1792 à Londres où il établit un atelier en 1796 avec son frère Jean-Baptiste et d’où il produit des pianos et des harpes qui vont inonder le monde entier. Avec la firme Broadwood, et quelques autres, l’entreprise Erard règnent sur le marché mondial, situation contre laquelle ne peut rien la génération des facteurs des années 70 à 90 qui va, dans sa grande majorité, péricliter. C’est la fin d’une époque et le début d’une production pianistique plus standardisée, plus industrielle et de plus en plus inventive d’un point de vue technique.

En 1812, la société Erard fait faillite à Paris (11) mais cela ne marque pas la fin de l’aventure Erard dans le monde du piano. Jean-Baptiste meurt en 1826, et Sébastien en 1831. Mais la relève est assurée avec Pierre-Orphée (1814)  (voir leurs brevets depuis 1831 avec la nécrologie de Pierre Erard).

Depuis sa fondation et tout le long du 19° siècle, la firme Erard entretient de très bonnes relations avec les musiciens : En 1800, ils construisent un piano à queue en forme de clavecin (n° 28) pour Joseph HAYDN. En 1803, ils offrent un piano à queue à Ludwig van BEETHOVEN en forme de clavecin (n° 133). En 1824, Franz LISZT fait sa tournée en Angleterre avec le nouveau piano ERARD. Ferdinand HEROLD possédait un petit piano carré de 1808, à 2 cordes et d'une étendue de 5 octaves (n° 7488) et se servit de cet instrument pour écrire L'illusion (48 juillet 1829), Zampa (3 mai 1834), et le Pré aux Clercs (15 décembre 1832). AUBER acheta le 17 février 1812 un piano carré bi-cordes, d'une étendue de 5 octaves et demie (n° 8414) et le fit transporter au Conservatoire de musique et de déclamation lorsqu'il fut nommé directeur de cet établissement en 1842). Ambroise THOMAS composa sur un petit piano carré, d'une étendue de 5 octaves, de 1793, avant de faire usage du piano-table, à clavier rentrant, dont il se servit après 1860. Enfin, Louis CLAPISSON écrivit plusieurs opéras : La Promise (11 mars 1854) et La Fanchonnette (1er mars 1856) sur un piano tri-cordes, de forme pentagone et d'une étendue de 6 octaves trois quarts (n° 14769).
" Infos données par D. Girard

ERARD
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EXPOSITIONS

ARTICLES

INVENTIONS

BIOGRAPHIE

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1813

"Le 19/12/1813, dans un acte notarié, comportant société en l'assemblée des créanciers (non nommés) des sieurs ERARD, facteurs d'instruments, rue du Mail, n° 21 et à l'exposé de ERARD Jean Baptiste : il attribue le dérangement de leurs affaires à plusieurs causes. Scavoir : des dépenses excessives de réparations et reconstructions de maisons ; à la perte immense causée par le naufrage du bâtiment où partant à Londres, la belle collection de tableaux, constituée par ERARD Sébastien ; aux dettes exhorbitantes ; aux circonstances politiques, etc." Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois »

1823

"Demande en réhabilitation. Les sieurs Sébastien Erard et Jean-Baptiste Erard frères, facteurs d'intrumens, demeurans à Paris, rue du Mail , n° 12, ont formé leur demande eu réhabilitation devant la cour royal de Paris.
Tout Créancier qui n'a pas été payé intégralement de sa créance en principale, intérets et frais, et toute, autre personne intéresseé, peuveut, pendant deux mois à compter de ce jour, former opposition à la réhabilitation, par un simple acte ou greffe, en l'appuyant de pièces justificatives, s'il y a lieu. ( Art. 608 du Code de commerce.)" Journal de Paris, 31/05/1823, p. 255 (Gallica)


(la suite)

"ERARD frères, rue du Mail, n. 13 et 21. - Facteurs du Roi, des menus plaisirs, de la cour de Russie, de S. A. R. Mgr. le duc d'Orléans, etc. ; brevetés pour différentes inventions, ils ont obtenu la O [médaille d'or] en 1819. Cette récompense leur a été non-seulement maintenue en 18233, mais encore accordée de nouveau. S. M. a même daigné nommer l'un d'eux membre de la Legion-d'Honneur, tant à cause de l'importance de leur établissement, que pour les heureux perfectionnemens qu'ils ont apportés dans leurs instrumens.
On trouve dans leurs magasins des. pianos carrés, à cletixet trois cordes de toutes audeurs et de toutes espèces, des pianos à queue et de forme verticale, avec les différens genres de mécanismes, sans échappement et à échappement, et entre autres des pianos sur un nouveau principe d'échappement qui sauve la difficulté de lever la touche pour reprendre le marteau, ce qui était inconnu jusqu'à ce jour; ses harpes de toutes grandeurs et à nouvelle mécanique (à plaques de cuivre et de fourchettes), de leur invention à simple et double mouvement. La harpe, par une invention, est devenue un instrument classique. On peut jouer dans tous les majeurs et mineurs avec un doigté parfaitement uniforme. Ils sont aussi inventeurs d'une mécanique, qui donne aux petites harpes d'accompagnement presque citant de son qu'aux grandes." Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc., 1826, p. 439 (Gallica)

"Érard, r. du Mail, 13 et 21. Facteur du Roi, des menus-plaisirs, de S. A. R. Mgr. le duc d'Orléans, etc. ; brev. Mag. de pianos carrés, à deux et trois cordes, pianos à queue et de forme verticale. Méd. d'or en 1819, 1823 et 1827." Répertoire du commerce de Paris, ou Almanach des commerçans, banquiers, négocians, manufacturiers, fabricans et artistes de la capitale, 1828, p. 566 (Gallica)

NÉCROLOGIE

1826 - "L'industrie et les arts viennent de faire une perte sensible en la personne de M. Erard, l'un de nos premiers facteurs de pianos. Il est mort mardi dernier à l'âge de 77 ans." Le Spectateur. Journal de la littérature et des beaux-arts, vendredi 14/04/1826, p. 292 (Gallica)

Piano carré n° 7488

"Ce petit piano carré d'Érard, à 2 cordes et d'une étendue de 5 octaves, porte le n° 7488 et date de 1808. F. Hérold (Paris, 19 janvier 1791 —19 janvier 1833) l'avait placé dans son cabinet de travail, chez sa mere, et il s'est servi de cet instrument pour écrire l'Illusion (18 juillet 1829), Zampa (3 mai 1831), et le Pré aux Clercs (15 décembre 1832). (Don de son fils M. F. Hérold.)" Le musée du Conservatoire national de musique : catalogue raisonné des instruments de cette collection, Gustave Chouquet, 1875, p. 47 (Gallica) - maintenant dans la collection de Cité de la Musique à Paris.

Piano carré n° 8414

"229. — Piano d'Auber. Ce piano carré d'Érard, d'une étendue de 5 octaves et demie, est à 2 cordes et porte le n° 8414.

D.-E. Auber (Caen, 29 janvier 1782 — Paris, 12 mai 1871) l'acheta le 17 février 1812, et il le fit transporter au Conservatoire de musique et de déclamation lorsqu'il fut nommé directeur de cet établissement (1842). Que de spirituelles comédies lyriques, que de chefs-d'œuvre le maître immortel a composés, assis devant ce clavier tout taché d'encre ! Il suffira de rappeler ici : Le Maçon, 3 mai 1825 ; La Muette de Portici, 29 février 1828 ; Fra Diavolo, 8 janvier 1830 ; Le Cheval de bronze, 23 mars 1835 ; Le Domino noir, 2 décembre 1837; Les Diamants de la Couronne, 6 mars 1841.

Mais on peut dire que, jusqu'à la fin de sa longue et glorieuse carrière, il s'est servi de ce vieux piano qu'il affectionnait : il l'avait placé dans son
cabinet de travail, et, chaque fois que le directeur du Conservatoire avait
un moment de loisir, il en profitait pour demander de fraîches mélodies à
cet inspirateur de ses premiers opéras et de ses ouvrages les plus aimés. (Donné par sa famille.)" Le musée du Conservatoire national de musique : catalogue raisonné des instruments de cette collection, Gustave Chouquet, 1875, p. 48 (Gallica)

"Au palais de Saint-Cloud : Un forté-piano d'Érard, forme de clavecin, nouvelle mécanique, appartenant au mobilier de la Couronne du prix de 5 000 francs." Le cabinet noir : Louis XVII, Napoléon, Marie-Louise, le Cte d'Hérisson, p. 275 (Gallica)


sur ERARD

'Sébastien Erard 1752 - 1831 ou la rencontre avec le pianoforte', catalogue, Alain Roudier, Alain Moysan, Patricia Faivre, Anik Devries, Paul Raspé, ..., 1993

 'Sébastien Erard - L'aventure du pianoforte', Alain Roudier, 1995 - Editions Musée des Beaux Arts de Besançon 1995

'La maison Erard, Manufacture de pianos 1780-1959', René Beaupain, 2005

LA SUITE

On peut cliquer ici pour en savoir plus sur Erard au 19ème siècle :

ERARD en 1831

ERARD en 1855

ERARD en 1889

 

Médaille d'or Paris, 1819 | Médaille d'or Paris, 1823

   
ZIMMERMANN Wilhelmus l'Aîné (Guillaume)

(né avant 1750 - actif jusqu'en 1799)(10)

 

 

&

 

ZIMMERMANN Pierre Joseph*

(1750 - 1806)

1780

 

PHOTO EXTRA

Publicité ca. 1803-05

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Wilhelmus ZIMMERMANN

Piano carré de 1787, et sa signature, Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg, Bayern, Allemagne
Piano carré de 1794, et sa signature, Ad Libitum, Etobon
, France
Piano carré de 1796, et sa signature, [Wilhemus Zimmermann Parisis Fecit | Rue de la Verrerie, au coin de celle de la Poterie, au Grand Pontife | 1796], Cité de la Musique, Paris, France

Josephus ZIMMERMANN

Piano carré petit de 1780, et sa signature, Bukowskis, Helsinki
Piano carré de 1789
, et sa signature, Interencheres.com, Toulouse, Mai 2016

Dans l'Almanach Musical de 1783, p. 2103, nous trouvons Pierre Joseph ZIMMERMANN (1749/50 - 1805/06), rue de Grenelle (Saint Honoré), présenté comme 'facteur de pianos', ainsi que son frère Guillaume ZIMMERMANN dit l'Aîné (1742 - 1801), rue Montmartre.

Mais dans l'Almanach du commerce de Paris, des départemens de l'empire français et des ... de 1811, p. 260, nous ne retrouvons que ZIMMERMANN (P)., 18, rue de Saintonge, parmi la liste des facteurs de pianos, et non plus Guillaume dont l’atelier a fait faillite le 11 octobre 1810 (10).

Ce P. Zimmermann ne peut pas être le Pierre Joseph de la première génération de facteurs de pianos dans cette famille puisque ce dernier était mort en 1806, mais le fils de Guillaume Zimmermann et de son épouse (Archives de Paris, DQ8/54, et archives nationales, minutes du notaire Bernard Maigret, étude XV), Marie Anne Françoise GOBERT (1757-1797) : Pierre Guillaume ZIMMERMANN (1787-1819)(Portrait de Pierre-Joseph-Guillaume Zimmermann). Celui-ci épousa, à un âge précoce, Catherine Geneviève Adélaïde Chartier avec laquelle il aura un fils en 1808. Ils vivent au 10, rue de Crussol à Paris. Mais sa carrière ne durera qu'une douzaine d'années. Il a été formé par Jean NÄGELÉ, qui était également son beau-frère, de plus de 20 ans son aîné, puisque sa soeur, Marie Anne Françoise ZIMMERMANN (1781–1801) l'avait épousé (Archives de Paris, DQ8/56), permettant à Nägelé de reprendre l'atelier à la mort de son père jusqu'à la faillite de 1810. Même si les activités de Pierre Guillaume Zimmermann furent fertiles pour le piano forte, elles furent courtes : un acte de décès (Archives de Paris, DQ8/679) nous apprend qu'il mourut prématurément à 32 ans, le 30 janvier 1819 et que son fils de 11 ans  le suivit dans la tombe à peine deux mois plus tard, le 16 mars, à l'hôpital des Enfants. On ne sait rien sur la raison de cette mort en série. Ce Pierre Guillaume Zimmermann est celui auquel fait allusion l'historien Constant Pierre de manière hermétique dans l'article de 1893 reproduit ci-contre. Il était toujours installé au 15 et 103, rue de la Tisseranderie puis, à partir de 1803, au 41, rue Xaintonge.

Du côté de Pierre Joseph ZIMMERMANN (1749-30.12.1805, Archives de Paris, DQ8/45) dont les diverses adresses sont signalées ci-contre précédées d'une astérisque, l'union avec Rosalie Elizabeth FESSARD, fille du facteur d'instruments Pierre Claude FESSARD, décédée le 16.01.1803 (Archives de Paris, DQ8/43), donna naissance à au moins 5 enfants, trois filles : Charlotte (1784-1806), Claudine (1788-1806), célibataires et vivant chez une troisième soeur épouse de Charles Jean BAGET, pharmacien demeurant au 77, rue Vieille du Temple (Archives de Paris, DQ8/61). Et deux fils (hypothèse confirmée par l'acte notarié, Archives de Paris, DQ8/45 et /122), le benjamin, Pierre Alexandre Jacques né vers 1790 (Dictionnaire historique des musiciens, artistes et amateurs morts ..., Volume 2, 1811, p. 447), qui fut mis sous tutelle chez son oncle Claude Fessard, graveur installé à la même adresse que son frère facteur de pianos, rue Perdue. Et l'aîné, Pierre Joseph Guillaume (1785-1853) qui entrera très tôt en Conservatoire en 1798, fut émancipé à la mort de son père en 1805 pour continuer l'activité rue Saintonge jusqu'en 1811. Il étudiera, en parallèle, avec Boieldieu et sera surtout assistant (*1811) puis professeur (*1816) au Conservatoire tout en devenant le compositeur que l'on connait. Il vivait au 64, rue Saint Louis en 1818 quand son épouse, Marie Delphine Angelina DELAROCHE décéda. Ils avaient alors une fille mineure, Adèle Angelina. (Archives de Paris, DQ8/739)

VOIR AUSSI ...

Quelqu'un avec le nom 'ZIMMERMAN' était ouvrier-tableur chez PLEYEL vers 1850-56. (20) et un autre (?) ZIMMERMANN vers 1852 à Paris, comme 'facteur d'orgues'.

 

Paris  

*(12), rue Sartine (1780)(**1789)(*1791)(*1799-1800)(*1800-1801)(arr.5)

*60, rue de la Sartine (*1788)(***1789)(arr.5)

rue Montmartre (*1783)(**1786)(arr.2)

*rue de Grenelle Saint-Honoré (*1783)(**1785)(arr.1)

53, rue de la Verrerie au coin de celle de la Poterie (n° 10)(x1787)(*1788)(***1789)(1790)(arr.4)

*10, rue de la Poterie (1797)(10)(*1798-1799)(*1799-1800)(arr.4)

15, rue de la Tissanderie (1800)(arr.4)puis n°103 (1801 à 1803)

41, rue Xaintonge [sic](*1803-1804)(*1805)(arr.3) devenu ensuite n° 11

*18, rue Saintonge ('Xiantonge') (1805 - ca. 1811)(*1809)(xx1810)(*1811)(arr.3)

10, rue de Crussol (1819)(10)(arr.11)

 

'Facteurs de pianos et de harpes' (*1783)(*1800-1801)

'Luthier' pour la harpe et la guitare' (**1785)

"Les frères ZIMMERMANN Guillaume 'facteur de pianoforte' et ZIMMERMANN Pierre Joseph, également 'facteur de harpes' rejoignent l'atelier de BARBERINI en 1780, puis ouvrent leurs propres ateliers qui seront, en 1783, rue Grenelle et rue Montmartre; en 1787, rue Sartine; en 1800, au 15 ou 103, rue de la Tissanderie / Tixéranderie (adresse également de Nägelé (°1785), et en 1805 (et au moins jusqu'en 1810), au 18, rue Saintonge (18). Guillaume continue toutefois à signer ses pianos "rue de la Verrerie", adresse de Barberini, jusque dans les années 1790 au moins. Il avait pour épouse Marie Anne Françoise GOBERT, décédée le 12 juillet 1797, à 40 ans. On connait quatre pianos forte carrés par Guillaume Zimmerman: 1780, provenant de la maison Xavier (19), 1786, provenant de la maison Lavoisier (19), 1787 au musée de Nuremberg, et 1794, qui a survécu jusqu'à nous (Ad Libitum, Etobon)."  Infos données par D. Girard. Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois ».

"Un forte-piano de Joannes Zimmermann, fecit en 1780." cité dans Un inventaire sous la terreur, par Bruni, 1890. Voir aussi un G. TSIMMERMANN à St. Petersbourg, Russie, vers 1806.

"Après la faillite du sieur Pierre-Guillaume Zimmermann, facteur de piano, rue Saintonge, n.° 18, 6e arrond." Journal de Paris, 21/10/1810, p. 2078

"ZIMMERMANN (Pierre-Jos. Guillaume)*, né le 19 mars 1785, à Paris, où son frère exerçait avec distinction la profession de luthier et de facteur de forte piano, a étudié le forte-piano au Conservatoire, sous la conduite de M. Boyeldieu. A l'âge de quatorze ans, il remporta le prix de cet instrument ; et ayant étudié l'harmonie sous M. Catel, il en obtint, deux ans après, le premier prix. M. Zimmermann a composé un grand nombre de romances, des sonates et un concerto pour le piano jamais sa modestie l'a empêché de tien publier jusqu'à ce jour." Dictionnaire historique des musiciens, artistes et amateurs morts ..., Volume 2, 1811, p. 447

"Pierre Joseph Zimmermann (1783-an VIII) faisant également les harpes (il y en a une aux arts et Métiers) et tenant des pianos anglais, méritent seuls l’attention avec Guillaume Zimmermann (aîné?) qui de 1783 à l’an VIII s’occupa de faire, vendre, louer, acheter et raccommoder tous instruments à clavier. Plusieurs pianos marqués : Zimmermann figurent à l’inventaire de Bruni, mais à défaut de prénom, on ne sait auquel les attribuer ; il y a une seule exception, encore fait-elle connaître un troisième facteur de ce nom « Joannes Zimmermann. 1780 »" Les instruments de musique, Constant Pierre, 1893

"Zimmermann l'aíné, rue de la Verrerie, au coin de celle de la Poterie, fait, vend, loue, achete & raccommode toutes fortes d'instrumens à claviers, & tient les véritables cordes de Naples."

et dans la même page juste dessous l'autre :
"Zimmermann, rue de Sartine, pour le Forte-piano & Forte-Anglois des meilleurs auteurs." dans
Tablettes de renommée ou du vrai mérite, et d'indications générales des artistes célèbres, et autres personnes d'un mérite distingué dans chaque genre', 1791, p. 131 (Gallica)

"Un Forte-piano avec le clavier proportionné à la grandeur de la main des enfans, imaginé par le Sieur Vernier Professeur de Musique, & exécuté par le Sieur Zimnrerman l'aîné, Facteur de Clavecins rue de la Verrerie, au coin de celle de la Poterie, On peut, selon l'Auteur ajouter à ce Piano d'autres claviers, toujours proportionnés à la grandeur des mains des enfans, & successïvement jusqu'à ce qu'ils puissent jouer sur un clavier ordinaire. Outre que cette méthode, dit-il, abrège le tems de l'instruction & diminue de beaucoup la peine des enfans on n'est pas obligé d'attendre que Ieurs mains soient formées pour leur faire jouer les grandes difficultés, & ils ne contrastent pas des défauts inévitables dans la main, parles fauts & les écarts forces, auxquels ils sont contraints en jouant sut les grands claviers." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 1787, p. 72 (Gallica)

"Un forte-piano, de Zimmerman, fait à Paris en 1786, estimé 400 francs." cité dans Un inventaire sous la terreur, par Bruni, 1890

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir BARBERINI (°1770), FESSARD (°1780), NÄGELÉ (°1785), SWANEN (°1781) et SYSTERMANS (°1785).

   
1776    

Découvertes concernant la Musique faite ou publiée en 1776.

Moyen de rendre plus harmonieux les Clavecins, les Piano-forte, &c.

M. le Roi, l’aîné, horloger du Roi, en faisant ses recherches sur la meilleure manière de mesurer le temps en mer, avait observé que les fils de fer ou d’acier prolongeaient leurs vibrations six ou sept fois davantage quand on les avait fait revenir gros bleu ou gris blanc. Cette expérience lui avait fait entrevoir qu’en faisant bleuir les fils qu’on emploie dans les clavecins il en résulterait plus d’harmonie.

M. le Comte de Bruhl, ambassadeur de Saxe en Angleterre, a voulu en faire l’épreuve ; il a fait faire à Londres sous ses yeux plusieurs piano-forte & il a reconnu qu’il résultait des fils bleuis beaucoup plus d’harmonie, & qu’au lieu des sons aigus qu’on remarque dans ces sortes d’instruments, surtout dans les dessus, les nouveaux piano-forte ne faisaient entendre que les sons flûtés les plus flatteurs. ->

 

       

Le célèbre M. Philidor ayant entendu parler du succès de ces piano-forte, en a fait venir un de Londres. Le 3 Août dernier il a fait porter à l’Académie Royale des Sciences ce piano-forte à fils bleuis avec un des meilleurs piano-forte ordinaires. L’Académie en a jugé comme on l’avait fait à Londres. Cette observation peut devenir très intéressante, & on remarquera sans doute que, contre la marche ordinaire du génie des deux nations, cette découverte a été faite en France & perfectionnée en Angleterre.

Charles Joseph Mathon de la Cour & Pierre Joseph François Luneau-de-Bois-Germain, Almanach Musical Année 1777, Chapitre « Découvertes » (p. 31-32)

 

   
SCHNELL Jean Jacques (Jacob)
| SCHELL | SCHNEL

(1740 - 1815 ?)

1777  

L'animo-corde de SCHNELL, dessin reproduit dans 'Allgemeine Musikalische Zeitung' (17.10.1798), p. 50
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Signature sur l'image de l'animo-corde inventé en 1789.

TITRE

'Facteur royal de la Cour'

"On trouve dans le 3e numéro, une notice sur Jean-Jacques SCHNELL, inventeur de l’animo-corde (On devrait dire anemo-corde, du mot grec anemos, vent, et chorde, corde ; mais nous employons ce nom tel que nous le trouvons répété toutes les fois dans la Gazette de Musique). Il est né en 1740, à Vaihingen sur l’Enz, dans le duché de Würtemberg ; son père le destina à être menuisier ; après son apprentissage, il se mit en condition en 1760, chez le facteur d’orgues Gessinger, à Rothenbourg sur-le-Tauber ; depuis cette époque, il se livra avec le plus grand zèle à cet art, et finit de se perfectionner chez Van Dilken [DULCKEN], en Hollande, avec lequel il resta six ans.

En 1777, il vint à Paris et s’y établit. [Son établissement devint bientôt considérable; les clavecins sortis de ses ateliers eurent du succès, et il put à peine suffire aux demandes des amateurs. Il obtint enfin le droit de bourgeoisie, et un brevet de facteur de son altesse le comte d'Artois]. En peu de temps, il se vit en état d’occuper huit compagnons, et la bonté de ses instruments lui valut le titre de facteur d’instruments de la comtesse d’Artois ; enfin une harpe suspendue en plein air, lui donna la première idée de faire un instrument avec des cordes de métal, dont l’intonation ne serait produite que par la pneumatique (Une personne qui a connu SCHNELL particulièrement, nous a assuré que la première idée de l’animo-corde est plutôt due à un nommé Thscherschky, et que SCHNELL s’occupa ensuite de l’exécution de cette idée. Au commencement, il y avait même sur l’instrument l’inscription Thscherschky et SCHNELL Fecere. Il est fâcheux que pendant que ce dernier, avec tous ses compagnons, étaient uniquement occupés de l’exécution de l’animo-corde, ce qui entraînait nécessairement beaucoup de dépenses et d’essais infructueux, il négligeait absolument son état, celui de faire des forte-piano). Après quatre ans d’essais et de travail, il parvint enfin, en 1789, à faire un animo-corde aussi parfait qu’il est aujourd’hui.

[Un document des archives de l'Ambassade de Suède à Paris nous apprend que Jean-Jacques Schnell, originaire du Würtemberg (mais les actes indiquent ici Faschingen, introuvable aujourd'hui, et non pas Vaihingen comme dans d'autres documents) avait pour épouse Euphrasie Dorothée Elisabeth Kreub et qu'ensemble, ils eurent au moins deux enfants, Jean-Michel né le 23 juillet 1783, et Jeanne Françoise Rosalie née le 25 août 1786.]

L’auteur de la notice y a joint un dessin exact de cet instrument. Ce qui le caractérise surtout, c’est qu’il convient principalement à des airs doux, et qu’il est préférable à tous les autres instruments pour accompagner la voix. C’est un défaut essentiel de cet instrument que, lorsqu’on commence à y jouer, le vent produit, sur les cordes, un sifflement très désagréable, qui ressemble à celui qu’on fait en sifflant au moyen d’une clef creuse. Ce sifflement se perd insensiblement pour ceux qui en sont à une certaine distance, à mesure qu’on continue de jouer ; mais lorsqu’on est près de l’instrument, on l’entend continuellement. L’animo-corde ne peut servir que pour jouer des adagio, jamais des allegro. L’instrument est disposé de manière à faire croire que la musique est dans l’éloignement, et qu’elle approche insensiblement.

L’affluence pour voir et entendre l’animo-corde était prodigieuse [SCHNELL fit voir son animo-corde au Palais-Royal pour de l’argent, et son ami EDELMANN en jouait.]. Le C. Beaumarchais, qui s’était proposé de ne s’y arrêter qu’une demi-heure, y resta quatre heures, au bout desquelles il ressemblait à un homme qui sort d’un rêve, et ce n’est qu’alors qu’il s’aperçut qu’il avait manqué l’heure de son dîner. Les commissaires de l’académie des sciences et de celles des beaux-arts en rendirent les témoignages les plus honorables. Enfin la ci-devant reine fit proposer à l’artiste de garder cet instrument pour elle, en lui promettant 100,000 francs pour l’instrument et 50,000 francs de gratification ; dès que sa situation lui permettrait de s’acquitter de cet engagement. Cependant la marche que la révolution avait prise, ne lui donnait guère d’espoir de voir réaliser ces promesses. A cette époque se présenta un lord, qui fit à l’inventeur de l’animo-corde la promesse brillante de la faire passer à ses frais à Londres avec son instrument, de lui laisser la liberté de le faire voir et entendre dans cette capitale pendant un mois ; il lui garantir, pas semaine, une recette de 10000 guinées, qu’il complèterait de sa propre bourse toutes les fois qu’elle ne monterait pas à cette somme ; enfin SCHNELL devait lui céder alors son instrument pour 18,000 francs.

Il  balança d’abord : mais sa parole donnée, et les insinuations et les promesses de plusieurs personnes distinguées, le déterminèrent à refuser les promesses brillantes du lord. Celui-ci retourna dans sa patrie, et, trois jours après, la famille royale se sauva à Varennes.

Toutes les espérances de SCHNELL étaient alors évanouies, ses compagnons le quittèrent, et son établissement allait dépérir. Le titre de facteur d’instruments de la cour fut une raison suffisante pour le faire enfermer à la conciergerie ; et ce ne fut que la fermeté de son épouse qui le sauva de l’échafaud. Enfin, sous le prétexte de vendre son animo-corde à Bâle, et de faire, avec la somme qu’il en aurait, un commerce d’acier et de cuivre qu’il ferait passer de l’Allemagne en France, il obtint un passe-port, et arriva à Louisbourg [Ludwigsburg] dans l’hiver de 1795.  C’est là qu’il s’occupe à faire des forte-piano, qui se distinguent autant par leur élégance que par leur durée, et l’égalité de leur son. Quant à l’animo-corde, iles encore à vendre à raison de 60000 florins ou 13,0000 fr. environ." A.L. Millin, « Mélanges » in Magasin encyclopédique ou Journal des Sciences, des Lettres et des Arts 5ème année, Tome 1er, 1799 (année VII), p. 515-519 (Gallica), chez Fuchs, Librairie, rue des Mathurins, maison de Cluny, n° 334     - et dans Allgemeine Musikalische Zeitung' d'octobre 1798, p. 40-44

"[...] En 1796, il arriva à Ludwigsbourg, où il se fixa comme facteur de pianos, en recommençant, seul et modestement, une carrière qu'il avait parcourue avec un éclatant succès. La petite ville ne pouvait lui offrir que peu de ressources. Espérant améliorer sa position par la vente de l'anémocorde, il entreprit un voyage et arriva, en 1799, à Vienne en Autriche, où son instrument trouva beaucoup d'admirateurs, mais point de chalands.

Je ne sais, s'il retourna chez lui, ou s'il se fixa dans la capitale de l'Autriche. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1811, au mois d'avril, son anémocorde y paraît de nouveau dans un grand concert que SCHNELL donna à cet effet. Cette fois, ce fut le célèbre Hummel qui en toucha et qui, par une admirable improvisation, fit valoir toutes les ressources de l'instrument. Depuis lors, plus de nouvelles ni de l'anémocorde, ni de son inventeur. Si maintenant on voulait connaître la construction de l'instrument, je n'oserais promettre de satisfaire complètement la curiosité du lecteur.

Les détails du mécanisme intérieur n'ont pas été rendus publics. L'inventeur, tout en montrant son instrument, en garda soigneusement le seçret. Ce qu'on en a su, le voici : Il y avait trois cordes pour chaque touche du clavier, et l'étendue de ce dernier était de cinq octaves. Le vent, fourni par deux soufflets, se distribuait dans des tubes métalliques, dont l'extrémité aboutissait aux cordes. Des soupapes d'une construction particulière s'ouvraient lorsqu'on pressait les touches; et alors, le vent poussé vers les cordes, mettait celles-ci en vibration. Il y avait en outre, quatre registres placés au-dessous du clavier, pour modifier la force du vent, et pour produire le crescendo et decrescendo, que l'on dit avoir été d'un effet surprenant. Quant à la construction de tout ce mécanisme intérieur, les détails en sont restés complètement inconnus.

A l'extérieur l'anémocorde présentait un carré long, delà profondeur de 7 pieds sur une largeur de 5, et une hauteur de 4 et demi. L'instrument était d'un poids considérable, à cause du métal qui était entré dans la construction. Selon le dire de SCHNELL, il contenait plus de 300 livres de laiton, employé à la confection des tubes, dont il a été question plus haut. Les personnes qui ont entendu l'instrument de SCHNELL, s'accordent à lui reconnaître une rare suavité de son. [...]" Revue et gazette musicale de Paris, Volume 3, 1836, p. 113 - 115

Aux auteurs du Journal - Paris, ce 12 janvier 1790.

"Permettez-moi, Messieurs, de vous entretenir d’une découverte aussi intéressante pour les sciences que pour les arts : c’est un instrument de musique d’une invention toute nouvelle, une espèce de clavecin à vent que l’air seul fait parler, c’est lui qui ébranle et fait vibrer les cordes tendues sur le corps sonore, c’est par cet agent si simple que l’artiste a su produire un son qu’on n’a jamais entendu sur aucun instrument et qui approche le plus de la voix humaine. Égal à l’orgue par la force d’intensité des sons, et supérieur par la possibilité de les nuancer, de les graduer, ce clavecin, qu’on pourrait nommer aéroclavicorde, l’emporte de beaucoup sur l’harmonica pour sa douceur. La musique religieuse lui appartient par excellence ; il réalise ce que l’on imagine de cette mélodie aérienne, céleste et ravissante qu’ont voulu retracer les compositeurs les plus célèbres dans les cantiques sacrés : la romance plaintive et mélancolique, le tendre adagio y verront leurs chants exprimés avec autant de grâce que de vérité ; l’andante s’y fera entendre plus plein, plus majestueux, plus sonore ; ces avantages réunis compenseront l’inaptitude qu’on pourrait reprocher à l’instrument à se prêter aux airs vifs et sautillants, quoiqu’une certaine prestesse de jeu puisse lui être acquise par la perfection de son mécanisme dont les inventeurs s’occupent journellement avec autant de zèle que de succès. Je n’entrerai pas dans aucun détail sur les moyens mécaniques qui exigeraient des explications aussi longues qu’inutiles à qui n’aurait pas l’instrument sous les yeux. Les auteurs de ce superbe instrument, MM. SCHNELL et Tchirski, se proposent de la faire entendre incessamment au public qu’ils préviendront par une annonce particulière. J’ai l’honneur d’être, etc.  -   Signé : Edelman." [Johann Friedrich  EDELMANN, compositeur, 1749-94] In Journal de Paris (30.01.1790) - Dictionnaire de l'ameublement et de la décoration : depuis le XIIe siècle jusqu'à nos jours. tome III, I-O, Henry Havard, 1894, p. 1317 (Gallica)

"1°) Piano-forté d’Angleterre d’un bon Auteur, imitant bien la flûte. 2° Petit clavecin en forme d’épinette à 3 registres avec jeu de buffle. Chez M. SCHNELL, rue Hyacinthe, la 3ème porte à droite par la place St Michel." BN V28294 (27.11.1779)

"Très-Bon CLAVECIN à 2 claviers & à gr. ravalement, avec 5 rangs de sautereaux, dont 4 de cuir, au lieu de plumes, & une de buffle, & mécanique pour varier les jeux. A bon compie. Chez le sieur SCHNELL, facteur de forte-piano, rue de Berry au marais, n°. 22." Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 07/1790, p. 22 (Gallica)88

"INVENTION - Le Sr. SCHNELL, facteur de forté-piano, vient d'inventer une mécanique qui peut s'adapter à tous ces instrumens. Elle double la force des sons, les rend plus moëlleux, plus flatteurs, & réunit à ces avantages celui de pouvoir exprimer parfaitement le son le plus faible & de l'étouffer à volonté. on peut la voir chez lui, à Paris, rue de Berry, au Marais, N° 22. On entend aussi tous les jeudis, après-midi, chez le Sr. SCHNELL, moyennant 3 liv. par personne, appellé d'abord improprement CLAVI-CORDE." Journal encyclopédique, Volume 5, p. 317

"Très-bon Forte-piano avec une nouvelle mécanique qui facilite l'exécution & qui produit des sons beaucoup plus agréables & plus forts que ceux des Forte-piano ordinaires. Chez le sieur SCHNELL, rue de Berry au marais, n°. 22." Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 07/1790, p. 2635-2636 (Gallica)

"A vendre un forte-piano allemand, à deux pédales, de Schnell. S'adresser, pour le voir, rue Dinanderie, no 7; on en traitera sur l'estimation d'un artiste."  Le Journal de Rouen, 27/03/1803, p. 4

VOIR AUSSI ...

  SCHNELL à Vienne !

 

Vaihingen (Würtemberg) & Ludwigsburg

Amsterdam

Paris

Ludwigs-bourg (1796)

Vienne (1799)

Vaihingen (Würtemberg) & Ludwigsburg

Amsterdam

rue Saint-Hyacinthe [Place St. Michel] (1779)(***1782)(arr.1)

Marché des enfants Rouges (*1783)(*1788)(***1789)(arr.3)

22, rue de Berry au Marais (*1790)

à Paris

Ludwigs-bourg (1796)

Vienne (1799)

 

'Facteur de clavecins (3) et de forté-piano), inventeur de l’anemocorde en 1789 (*1799).

Il est originaire de Faschingen, duché de Wurtemberg, Allemagne (10).

Époux de KREUB Euphrasie Dorothée Elisabeth (10).

1781
NOUVEAU CLAVECIN construit par M. Schell, Facteur de clavecin.

"Le Clavecin est un instrument de Musique, à cordes, qui donne des sons graves et aigus, à l’aide d’un clavier, qui meut différents sautereaux qui touchent & frappent en-dessous les cordes. Celles qui donnent les sont graves sont en laiton ; celles qui donnent des sons aigus, sont d’acier. Elles sont supportées par des chevalets à crosses, ainsi nommés à cause de la figure qu’ils ont.

Les réflexions qu’on a faites dans tous les temps, sur les moyens de rendre tous les instruments plus ou moins harmonieux, ont étendu & perfectionné celui-ci : mais on n’avait pas encore réussi à lui donner les moyens d’exprimer les forté, les piano, &c, &c, toutes les gradations ou dégradations du son, dont la sensibilité de notre organisation peut fournir l’idée.

M. Schell, qui s’est occupé de son art en homme de génie, a senti que ce genre d’imperfection resserrait l’expression de la Musique ; qu’elle en dégradait l’effet, & qu’elle bornait les sensations qu’elle pouvait exciter, au seul sentiment que la monotonie pouvait animer.

Pour remédier à ce défaut, il a donné une corde de plus à chaque touche de ce clavecin. Cette corde est supprimée en poussant le registre de buffle. Le bouton qui produit cet effet, sert aussi à avancer ou à reculer le petit clavier.
M. Perronard, Facteur d’instruments de musique, a adapté au clavecin des pédales qui font jouer un jeu de basse qui fournit des sons de contre-basse très beaux, très forts & très nourris. La pression du pied, plus ou moins appuyée, peut varier beaucoup l’harmonie qui résulte de cette invention. On la rend pleine et forte, quand le morceau que l’on joue demande cet effet. On diminue le corps des sons, en appuyant plus légèrement le pied sur la pédale qui les produit. Il ne faut donner qu’une attention très légère à la mécanique que M. Perronard a imaginée pour acquérir l’habitude de s’en servir. Le petit travail auquel elle soumet d’abord l’esprit, est agréablement compensé par l’harmonie pleine, moelleuse, qu’on tire de cet instrument."
Charles Joseph Mathon de la Cour & Pierre Joseph François Luneau de Boisjermain, Almanach Musical Année 1782, Chapitre « Découvertes », p. 49-50  - ou - Almanach musicale pour l'année 1782, p. 46-47 (1426-7)

"48. Bis. Un Clavecin de nouvelle construction, par M. Schnell. On a entendu de nouveau, sur cet agréable Instrument, M. Nonot, Organiste d'Arras, qui se fixe à Paris, pour faire des élèves de Clavecin, & il a été fort applaudi. On a entendu aussi avec beaucoup d'intérêt, sur le même Instrument, M. N. élève de M. Duchesne, Organiste de Sainte Geneviève." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 27/02/1782, p. 71 (Gallica)

"32. Un Clavecin de nouvelle construction, par M. Schnell, Facteur de Clavecins; rue Ste. Hyacinthe, Place St. Michel.
MM. Couprin, Leclerc, Nonor, Organiste d'Arras, qui vient de se fixer à Paris, pour faire des Elèves de clavecin & Mlle. Cecile ont joué cet instrument & ont donné au Public le plaisir de reconnaître dans le jeu de ces Virtuoses, une manière différente & fort intéressante chacune en particulier, mais dont la réunion a été très-agréable." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 20/02/1782, p. 62 (Gallica)

"21. Un Forte Piano de nouvelle construction; par M. Schenel [sic], Facteur de Clavecin." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 31/07/1782, p. 231 (Gallica)

"25. Un Forte Piano de nouvelle construction; par M. Schenel [sic], Facteur de Clavecin.
L'Artiste a pensé que pour faire produire à cet instrument tous les effets du Crescendo, le mouvement des pieds était préférable à celui des genoux. Cinq pédales en composent tout le méchanisme ; une première à gauche produit la sourdine; une seconde donne le crescendo à la moitié du clavier du côté des basses ; une troisième donne le crescendo à l'autre moitié; une quatrième, placée entre ces deux dernières, les fait mouvoir toutes deux pour donner le crescendo au clavier entier, la cinquième sert à faire lever une trape par dégrés. Il a paru réunir beaucoup d'harmonie & de précision." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 27/08/1782, p. 237 (Gallica)

Exposition des Produits de l'Industrie - septième article - Pianos - M. Henri HERZ.

"Parmi les pianos que M. Henri Herz a exposés successivement, deux surtout ont attiré l'attention du public : nous voulons parler du petit piano à queue, dont l'extérieur a quelque chose d'étrange, puisqu'il est inverse de la forme usitée jusqu'ici pour ce genre d'instruments, et du piano droit, dont les sons se prolongent au moyen du vent. C'est ce dernier qui nous a intéressé plus particulièrement, et par lequel nous allons commencer.

L'idée d'appliquer le vent au piano pour en faire vibrer les cordes n'est pas si nouvelle qu'on pense ou qu'on voudrait croire, car elle date de plus de cinquante ans. Ce fut un facteur allemand, nommé Schnell, qui la conçut le premier et la réalisa à Paris, où il était venu s'établir, en 1777. Comme tant d'autres découvertes, celle-ci était due au hasard.

Le facteur avait suspendu une harpe à laquelle il ne songeait plus, lorsqu'un jour il entendit des sons étrangement modulés, qui partaient de cet instrument. Un courant d'air s'étant établi dans la chambre, le vent avait fait résonner les cordes. On sait qu'un semblable hasard a donné la première idée de la harpe éolienne.

Frappé du phénomène dont il venait d'être témoin, Schnell se mit a chercher si les sons enfantés par le caprice de la nature ne pourraient pas être produits par un mécanisme qu'un exécutant mettrait en jeu.

Il résolut de construire un piano dans lequel un courant d'air artificiel remplacerait le coup du marteau. L'idée était simple, mais elle rencontra de grandes difficultés dans l'exécution, et ne ce fut qu'au bout de quatre ans, après des essais et des expériences innombrables, que l'inventeur parvint à terminer son instrument. Il le nomma anémocorde.

Ce fut en 1789 que Schnell soumit son invention au public. Une nouveauté de ce genre ne pouvait manquer d'exciter la curiosité; elle amena la foule des amateurs, des artistes et des savants.

Tout Paris s'entretenait du nouvel instrument. Il attira l'attention de la reine, qui voulut l'acheter au prix de 150,000 francs. Mais l'achat fut différé, et toutes les espérances que le facteur avait fondées sur le succès de sa découverte furent ruinées par suite de la révolution qui éclata quelques jours après.

Schnell lui-même vit ses jours en danger; incarcéré sous l'accusation de royalisme, parce qu'il portait le titre de facteur royal de la cour, il ne dut sa liberté qu'au dévouement de sa femme, et quitta la France, pour retourner dans sa patrie, heureux de pouvoir emporter son instrument.

Après des essais infructueux pour rétablir sa fortune, Schnell arriva en 1799 à Vienne en Autriche. Il y fit entendre l'anémocorde, qui trouva beaucoup d'amateurs. On ignore s'il se fixa dans cette capitale. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1811, son anémocorde s'y montra de nouveau dans un grand concert, où le célèbre Hummel le toucha et ravit tout l'auditoire par une délicieuse improvisation appropriée au caractère de l'instrument.

Depuis cette époque, plus de nouvelles ni de l'anémocorde ni de son inventeur.

Telle est, en peu de mots, l'histoire de cette précieuse découverte (Voir, pour plus d'amples détails, la Gazette musicale de 1836, n. 15). Elle semblait menacée d'un entier oubli, lorsque tout récemment nous l'avons vue se reproduire sous la main d'un mécanicien dont nous nous plaisons à reconnaître la grande habileté; car ce n'est pas dans l'intention d'amoindrir le mérite de M. Isoard, ou de l'accuser de plagiat, que nous avons insisté sur les faits qu'on vient de lire : seulement il nous a semblé équitable de revendiquer la priorité pour qui de droit.

Le mérite de M. Isoard sera assez grand; car tout en appliquant le principe de l'instrument de Schnell, il a apporté dans la construction de son mécanisme des modifications qui lui appartiennent. On verra la différence des deux instruments par les détails que nous allons donner.

L'anémocorde avait un clavier de cinq octaves ; il y avait trois cordes pour chaque touche. Le vent, fourni par deux soufflets, se distribuait dans des tubes métalliques dont l'extrémité aboutissait aux cordes. Des soupapes d'une construction particulière s'ouvraient lorsqu'on pressait les touches; et alors le vent, poussé vers les cordes, les mettait en vibration.

Il y avait en outre quatre registres placés au-dessous du clavier, pour modifier la force du vent et pour produire le crescendo et decrescendo, que l'on dit avoir été d'un effet surprenant. Quant a la construction de tout ce mécanisme, les détails en sont restés inconnus.

A l'extérieur, l'anémocorde présentait un carré long, de la profondeur de sept pieds sur une largeur de trois, et une hauteur de quatre et demi. L'instrument était d'un poids considérable, à cause du métal qui entrait dans sa construction. Selon le dire de Schnell, il contenait plus de 300 livres de laiton employé à la confection des tubes dont nous venons de parler.

Les personnes qui ont entendu l'instrument de Schnell s'accordent à lui reconnaître une rare suavité. Le pianissimo surtout était ravissant; c'étaient réellement des sons aériens arrivant a l'oreille comme de loin, on ne savait d'où, et qui n'avaient rien d'analogue avec ceux des instruments connus. Dans le crescendo, le son montait a un degré de force surprenant: seulement les touches ne partaient pas avec rapidité, et il fallait, dans tout ce qu'on exécutait, se borner à des mouvements très modérés.

Le piano que M. lsoard a construit pour l'exposition de M. Herz n'est pas son premier essai. Il y a sept on huit ans que cet habile mécanicien s'est livré à de continuelles recherches pour trouver le moyen d'appliquer le vent aux instruments à cordes.

Déjà, en 1836, il offrit un premier résultat de ses travaux en demandant a l'Académie un rapport sur un violon éolique, on violon dans lequel un courant d'air était substitué au frottement de l'archet. Tous les journaux parlèrent alors de cette découverte, et la Gazette musicale lui consacra un article auquel nous renvoyons nos lecteurs (Voir la Gazette musicale de 1825, n. 10).

Cet instrument, du reste, n'était encore qu'a à l'état d'ébauche, et nous ne pensons même pas qu'il ait été achevé. Mais si le violon se faisait attendre, M. Isoard ne continua pas moins de chercher des applications du nouveau principe sonore. Ainsi l'on vit paraître l'éolicorde, petit instrument à clavier, destiné à imiter le cornet a pistons. Il se composait d'une seule corde, laquelle donnait diverses intonations en se raccourcissant, comme dans la vielle, par suite de la pression des touches.

Bien qu'on ait publié une méthode spéciale pour cet instrument, afin de le populariser, il a trouvé peu de partisans. Aujourd'hui il est déjà oublié. Toutefois ces essais ne furent pas infructueux; car ils conduisirent M. Isoard à un instrument établi sur une plus grande échelle: nous voulons parler du piano à sons soutenus par le vent.

En 1841, M. Isoard soumit son premier piano de ce genre a l'Académie, qui en fit un rapport très favorable; cependant l'instrument présentait des imperfections, dont voici les principales :

L'inventeur, voulant conserver le caractère du piano ordinaire à côté des sons nouveaux, avait combiné le coup des marteaux avec l'action du vent ; mais cette combinaison était mal disposée.

La corde était d'abord attaquée par le marteau; puis le courant d'air venait continuer les vibrations de cette corde, ce qui produisait une association fort désagréable en faisant l'effet de deux instruments, dont l'un répétait chaque note produite par l'autre. C'était comme deux hommes parlant ensemble, et dont l'un répéterait d'une voix différente chaque mot prononcé par son interlocuteur.

Le second défaut consistait dans la nécessité où se trouvait l'exécutant d'employer une autre personne pour faire mouvoir une roue adaptée au bout du piano, et destinée à mettre en jeu le soufflet. Par ce procédé, l'expression devenait impossible pour les sons prolongés.  [...]" G. E. Anders, Revue et gazette musicale de Paris: journal des artistes, des amateurs et ...,1844, p. 283-285 Voir HERZ (°1825) et ISOARD.

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir DULCKEN (°1783)

  1795
 

FOUCAULT Arnaud-François

 

1777 Paris  

rue Plâtriere (1777-1791)(25)(*1791)(arr.1)

 

Facteur de clavecins et de pianos (1)

   
HOFMANN Nicolas 1777 Paris  

rue des Fossées Saint-Germain-du-Près (*1777)(*1779)(arr.1)

rue Percée S. Severin (*1783)(25)(arr.5)

rue Percée Saint-André (*1789-90)

rue de la Harpe (*1791)(arr.5)

180, rue St. Denis (signature)(arr.2)

 

 

Pianos carrés

Facteur de clavecins et de pianos (1), fin 18ème, début 19ème siècle, et 'luthier (*1783).

On trouve deux facteurs avec le nom HOFFMANN en 1791 dans les Tablettes de renommée ou du vrai mérite, et d'indications générales des artistes célèbres, et autres personnes d'un mérite distingué dans chaque genre, 1791, p. 129 (Gallica) :

"Hoffmann père, élève de Goeff, rue du Fauxbourg Saint-Antoine, près celle Saint-Nicolas." et "Hoffmann, rue de la Harpe, pour les clavecins & forte-piano."

VOIR AUSSI ...

... un autre HOFFMANN à Paris (avec deux FF).

 

   
TOURNON Bertrand & BOUTAN Pierre 1777

Piano carré ca. 1777, Musée Historique de Gadagne, Lyon, France

Lyon ?

Pianos carrés

'Facteurs de fortepianos'

   
1779    

Claveciniste automate.

Joueuse de tympanon, par Pierre Kintzing et David Roentgen, 1772-1778. L'automate fut acheté par Marie Antoinette en 1785, elle passa ensuite à l'Académie des Sciences qui l'offrit au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris en 1835, et fut réparé par Robert Houdin en 1836. (Photos par D. Girard) - Voir ROENTGEN David

 

       

Claveciniste automate.

Les papiers publics ont annoncé en 1778, qu’on voyait à S. Pétersbourg une figure automate très curieuse, représentant une demoiselle coiffée en cheveux & assisse devant un petit clavecin sur lequel elle jouait supérieurement trois menuets, quatre trio, deux polonaises & une marche. Elle touchait cet instrument avec autant de rapidité que de justesse ; & à chaque morceau qu’elle exécutait, elle faisait une inclination à tous les assistants, & les saluait avec beaucoup de grâce. Il fallait s’en approcher d’assez près, pour s’assurer que ce n’était point une personne vivante.

Charles Joseph Mathon de la Cour &Pierre Joseph François Luneau-de-Bois-Germain, Almanach Musical Année 1779, Chapitre « Découvertes » (p. 34)

 

   
FESSARD Pierre Claude
(1) | FESSART

 

 

 

 

1780

 

 

La planche du forte-piano FESSARD de 1809.

Planche du forte-piano FESSARD des années '30 du 19ème siècle.

Pianos carrés et plus tard des pianos droits

Piano carré ca. 1809, Collection privée, France

"Fessart jeune (C.)[Charles], soieries, nouveautés, châles, art. pour pianos et fleurs, Vivienne, 11." Almanach-Bottin du commerce de Paris, des départemens de la France et des principales villes du monde, par Séb. Bottin, 1842 (Gallica), p. CLVIII et p. 187; 255

"Fessard en 1780, dont on ne trouve pas trace dans les expositions, mais qui formera plusieurs ouvriers et facteurs." Histoire du piano: de 1700 à 1950, Mario Pizzi, 1983, p. 38

"Faesi Jakob, né en 1776 à Zurich, d'abord tableur. Ensuite émigré à Paris chez Fessard de 1808 à 1810." Histoire du piano: de 1700 à 1950, Mario Pizzi, 1983, p. 57 - Voir
FEASI à Zurich, Suisse.

 

Paris  

3, rue Perdue (**1806)(*1809)(arr.5)

5, quai d'Alençon (x1810)(*1811)(*1812)(*1813)(1814)(arr.4) maintenant 'Quai d'Anjou'

5, Quai Bourbon [île Saint-Louis](*1816)(*1817)(**1819)(*1820)(x1822)(x1823)(x1825)(x1827)(x1828)(*1829)(x1829)(*1833)(**1836)(*1837)(**1837)(*1838)(x1839)(x1840)(*1841)(arr.4)

 

 

'Facteur de harpes et pianos'

Dès 1780, FESSARD formera plusieurs ouvriers et facteurs dont Léonard SYSTERMANS (°1785)(1). On trouve vers 1770 un éditeur FESSARD à Paris. (*1770)

Après la mort de Pierre Joseph ZIMMERMANN (°1780) en 1806, veuf de FESSARD Rosalie Elisabeth, (elle-même décédée le 31 janvier 1803, Archives nationales, MC/RE/CXI/9), un de ses deux fils, Alexandre Jacques ZIMMERMANN, a été mis sous la tutelle de FESSARD Claude, graveur en taille douce, rue Perdue, n° 3 (10), un de ses deux fils, Alexandre Jacques ZIMMERMANN, a été mis sous la tutelle de FESSARD Claude, graveur en taille douce, rue Perdue, n° 3 (10).

L'autre fils de Pierre Joseph Zimmermann, Pierre Joseph Guillaume, lui aussi donc neveu de FESSARD, fut émancipé à la mort de son père pour continuer l'entreprise familiale de facteur de piano dans la rue Saintonge.

FESSARD, 'facteur de piano-forté' et 'marchand de musique' (*1811)(*1813)

FESSARD Fils (*1820)

"Pierre-Claude Fessard, facteur de pianos, demeurant quai d'Alençon, n° 5, dans l'île Saint-Louis." 1814 Gazette des beaux arts, Impr. de J. Claye, 1893, p. 410  - Archives de l'Art français, 1912, p. 214

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir SYSTERMANS (°1785) et ZIMMERMANN (°1780).

   

LANGE Johannes (Jean) Jacobus (Jacques)

(c. 1755 - 1831 ?)

 

 

1780

 

La planche d'adresse du forte-piano LANGE de 1789. (Photos J.P. Lerch)

(28), Rue du Gros Horloge, au coin de la rue St Jean 1789 (adresse gravée sur le piano) Correspond actuellement aux environs des n° 116-118 rue du Gros Horloge.

addition fa-do vers 1800

PHOTOS EXTRA

Piano carré de 1789, Collection particulière, France

 

     

Cliquez sur les images pour les agrandir

Piano carré de 1789, Collection privée, France



J. C. Bach, Sonate Op.5, n°1, allegretto, 1766 (Ai Yanagisawa)

J. C. Bach, Sonate op. 17, 2ème mouvement, 1774 (Aline Zylberajch)

G. Paisiello, Sonate "favorite", poco adagio, 1777 (Anne Benjamoile)

N. J. Hüllmandel, Divertimento en Fa Majeur, 1783 (Ai Yanagisawa)

J. P. A. Schwarzendorf, "Plaisir d'amour", 1785 (Ai Yanagisawa)

W. A. Mozart, Sonate K576, adagio, 1789 (Anne Benjamoile)

D. Steibelt, Sonate op.45, extrait (piano fermé), c. 1793  (Anne Benjamoile)

Steibelt, le même, extrait  (piano ouvert) (Anne Benjamoile)

"Seul exemplaire repéré à ce jour de l'art de ce facteur, l'instrument (en état de jeu) a la particularité d'être un des rares pianos à grand ravalement ayant survécu en l'état. La transformation au tournant du siècle, c'est à dire plus de dix ans après sa fabrication, n'affecte pas seulement l'étendue du clavier par une série de dispositifs habiles qui ont permis d'insérer une "boîte" contenant les sept marteaux pour les notes aiguës, mais elle soulève encore des questions sur la volonté de son propriétaire de l'époque de faire ravaler l'instrument plutôt que de le remplacer par un autre.

La restauration, menée par Quentin Blumenroeder de Strasbourg (et son atelier, en particulier Julien Bailly pour l'ébénisterie et le suivi organologique), a mis en évidence que ce forte-piano est fait sur le modèle anglais (le dessin du fronton des touches, et son système de registres originaux remplacé plus tard par celui de genouillères puis, jusqu’à aujourd’hui, de pédales au sol, sans parler du système de marteaux à simple pilote devenu courant pour l’époque à Paris), et francisé dans son meuble par la pose de pieds cannelés et un travail de biseautage des arrêtes du fond de caisse pour le rendre plus fin et élégant. Il fut ensuite ravalé vers 1800.

On sait, pour l’heure, bien peu de choses sur Johannes (Jean) Jacobus (Jacques) Lange: il est certainement né en 1755, à Buschwiller dans le Haut-Rhin près de la frontière suisse, il a parfait son apprentissage chez un facteur de renom en Allemagne ou en Angleterre (non encore identifié) qui l'envoya à St Petersbourg à la cour de Catherine II de Russie (15), il s'installa ensuite dans les zones franches de Paris (près du Louvre, près de l'hôpital des Quinze-Vingt) pour travailler à titre indépendant à deux adresses différentes entre 1780 et 1784, il a été ensuite reçu dans la Communauté des Tabletiers, Luthiers et Eventaillistes de Paris en 1785 (Le bon de maîtrise conservé aux Archives Nationales, Hôtel de Soubise, indique qu’il a prêté serment le 28 septembre de cette année, en compagnie de Tobias SCHMIDT, autre facteur de pianos parisiens) ce qui lui permit de s'installer réellement rue Quincampoix en 1785/86 tout d'abord puis rue des Fossés St. Victor en 1787/1788.

(la suite )

 

St. Peters-bourg

Paris

Rouen

 

?

au coin de la rue de Charenton et la rue du Faubourg Saint Antoine (*1780)(*1782)(arr.11)

26, rue de Rohan (**1783)(arr.1)

84, rue Quincampois (*1786)(arr.3)

 21 (?), rue des Fossés Saint-Victor, au coin de la rue Bordet (1788-89)(*1788)(***1789)(arr.5)(3)

rue de Thionville (arr.6)(1798-99)(maintenant 'rue Dauphine')(3)

à Paris

(28), rue du gros horloge, au coin de la rue St. Jean à Rouen (1789)(Barre d'adresse comme affichée ici en haut à gauche)

à Rouen

?

 

'Facteur de Forté-piano'

(la suite)

Il est un des premiers facteurs (avec Mercken, Peronard, Cliquot, Tibbs, Korver, Barberini et Cousineau) à faire la réclame pour des forte-pianos à l'anglaise (Weber, "Mercken", Editions Delatour, 2008, p. 36). Il s'installe à Rouen au début de l'année 1789 et y vit et travaille jusqu'au début de 1793 en tant que facteur de piano forte, "organisés ou ordinaires." au 28, rue du Gros Horloge au-dessus de la boutique d'un confiseur nommé Le Rouge (16). Le 21 mars 1793, le Conseil Municipal de la ville enjoint les résidents étrangers à quitter la ville dans les trois jours.

Un certain J. F. Lange (s'agirait-il du même homme?) est actif dans la région du Schleswig au Nord de l'Allemagne entre 1795 et 1810 comme facteur d'orgues (17). Un seul de ses instruments, un clavicorde de 1797 a été mentionné par John Koster dans le livre de Donald Boalch, Makers of the harpsichord and clavichord 1440-1840 (1995, p. 470) et Edward Raimbault dans son The Piano Forte, its Origin, its Construction (London, 1860, p. 201) parle d' un (autre?) Lange à Munich qu'il présente comme inventeur en 1820 de l'Aeolodikon, instrument mythique fort ressemblant à la Celestina présentée par Adam Walker, avec de grands effets, au théâtre Haymarket de Londres en 1778. Les musicologues allemands toutefois donnent d'autres noms comme inventeurs de cet instrument, en particulier Reich et Schlimmbach.

Lange serait né à Buschwilller (Haut Rhin) en 1755. Selon divers actes de décès déposés aux archives de Versailles, il aurait épousé Marianne Kurtz et auraient eu ensemble au moins 2 enfants devenus commerçants, Lazare et Caroline (née elle aussi à Buschwiller vers 1787, et décédée le 19 avril 1833). Dans l'état actuel des connaissances, on ne sait rien sur la vie et le domicile de J. Lange entre 1793 et 1830 quand le 12 mars, un médecin de Versailles, B. de Balzac, en appelle à la commissération publique auprès de l'hôpital des Quinze Vingt à Paris, pour que l'on soulage ce pauvre homme indigent, atteint d'une double cataracte, avec une épouse en plus mal état encore (demeurant au 23, rue du Vieux Versailles). L'acte de décès de J. Lang(e) conservé aux archives de Versailles signale la date du 31 août 1831.

En Alsace, au 17ème siècle, on trouve la trace d'un Johann Heinrich Lange installé à Bouxwiller mais originaire de Weißenfels en Saxe. Il épousa Rosine Rittelmeyer en 1686, et ils eurent 11 enfants, dont seuls 2 garcons et 2 filles survécurent. De 1701 à 1732, il devint le recteur du Gymnase de la ville où il mourut en 1733.Il était également organiste dans cette ville puisque le vieux Silbermann signale dans ses papiers qu'il toucha un salaire pour cette fonction en 1717. Pour l'heure, rien ne prouve de manière certaine qu'il y ait un lien de parenté entre ces divers Lange.

Clavicorde de 1797
par J. Lange, Schleswig, Allemagne.


Dernière curiosité : sous le coffre du piano, tracé soigneusement à la mine de plomb en plein centre, et vers l'avant, une inscription se dévoile sous l'action de filtres : "Toujours." ou serait-ce "Bonjour"?!!" Il était d'usage d'inscrire sous le piano en plein cintre, et à la mine de plomb, le nom du client qui avait commandé tel ou tel piano afin d'éviter de le confondre dans l'atelier avec un autre pendant le temps de sa fabrication.

Charles Bonjour, musicien né à Paris, organiste de l'école royale militaire dès 1786, domicilié pour un temps au 12, rue des Saints Pères maître de musique encore en vie en 1804, devenu après la Révolution française marchand et éditeur (Tapray, Fodor, Bravial, Devienne, etc.) de musique au 273, rue St Honoré (au niveau de la rue du Roulle, on retrouve cette adresse au n° 231 en 1809, date à laquelle le magasin est tenu par la veuve Bonjour), était aussi un compositeur dont quelques partitions ont survécu, entre autres : Trios pour piano et violon, op. 1 ; Sonates pour piano, op. 2 et à 4 mains op. 4 ; Sonates pour piano, op. 6 ; Distractions musicales, op. 8, et de multiples arrangements d'airs d'opéra italiens." Infos données par D. Girard

   

Bon de maîtrise, 28.09.1785,
archives nationales, Fonds Châtelet Y 9395
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Infos données par D. Girard

"Forte-Piano, chez le sieur Lange, Facteur de forte-piano organisés & ordinaires, ci-dev. chez l’Impératrice de Russie, Maître à Paris, & présentement à Rouen, qui fait, vend & loue cet instrument, & va l’accorder en ville & en campagne. Il demeure rue de la Grosse Horloge, au coin de celle St Jean, n° 28." (15) Le journal de Rouen (15.04.1789)

 

 

 

 

 

1780  

 

 

Essai sur la musique ancienne et moderne. T1, par J.-B. de La Borde, 1780, p. 457 (Gallica)

 

           
BOCH Aloys
 | Jean BOSCH | BUSCH

 

 

Piano carré ca. 1795, Photo : Claude Germain - © Musée de la Musique - Paris

 

 

1781

 

 

Piano carré n° 759 ca. 1795, et sa signature, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré de 1823 [Aloys Boch Facteur de piano rue de Tracy n° 5 quartier de la porte Saint-Denis à Paris 1823 sur la table Aloys Boch rue de Tracy n° 5 ; sur le cadre du clavier : M Boch n° Première], Château de Saint Bauzille, France (2)
Piano carré ca. 1818, Stewart Symonds Antique Piano Collection, Sydney, Australie
Piano carré ca. 1823, Collection Radbon, Allemagne

"Paris 13 mars 1787 [...] La mode, qui a tant de pouvoir en France, & surtout à Paris, est parvenue à exercer son empire jusques sur les instrumens. Elle a fait reléguer les Clavecins dans les greniers, pour donner leur place aux Forté-piano; elle fournit à nos voisins un nouveau moyen d'avoir notre argent en mettant en crédit ce nouvel instrument.

Les meilleurs Forté-piano anglais ont des désavantages qu'on ne peut s'empêcher de leur reprocher: clavier trop étendu, touches trop larges, trop enfoncées, qui exigent beaucoup d'écarts, de force, qui nuisent à la rapidité & au brillant de l'exécution; pieds peu stables, qui rendent l'instrument vacillant; dépérissement d'harmonie. 

Je viens d'en faire construire un qui n'a aucun de ces inconvéniens. Le clavier est tel qu'une jeune personne de 7 à 8 ans peut y placer sa main, sans que les doigts éprouvent la moindre gène ni le moindre écart: les touches n'enfoncent pas plus que celles d'un bon clavecin; je les ai préférés en ébenne, parce que ce bois est d'une pesanteur plus uniforme que celle de l'ivoire, qu'elles peuvent être arrondies sans blesser la vue, & qu'elles relèvent la blancheur de la main.

Les forti & les piano s'exécutent par le moyen de deux pédales avec lesquelles on exprime facilement les crescendo & les decrescendo, sans forcer les doigts. Aucun Forté-piano n'a les dessus aussi brillans & aussi flûtes. Les basses en sont moelleuses, & ne chaudronnent point du tout. Le corps de l'instrument, qui est devenu plus lourd, est tellement construit, & la table barrée de façon qu'il n'y a pas lieu de craindre que l'harmonie se perde; elle doit au contraire augmenter le prix donc les personnes qui se disposent à envoyer leur argent à Londres, pour se procurer des Forté-piano, d'attendre jusqu'à ce qu'elles aient vu, entendu & touché le mien.

Je me persuade qu'alors leur argent ne passera pas les mers & qu'il restera à Paris. Elles trouveront cet instrument chez le sieur Bosch, qui l'a construit d'après mes idées. Le sieur Bosch, ci-devant rue du Coq S. Honoré, à l'Obélisque, demeure présentement rue S. Honoré, entre celles du Roule & de l'Arbre-sec, chez le Tapissier. Les Dames qui seront curieuses d'entendre mon Forté-piano pourront en avertir le sieur Bosch: je me ferai un plaisir de me rendre à leur invitation, & je serai transporter mon instrument chez elles. Je suis, &c. Coché, Maîtresse de Clavecin, de Forté-piano & de Harpe." Journal général de France, 1787, p. 179 (79)   -   Voyez également COCHÉ.

(la suite )

 

Paris Place de la Porte St. Antoine (1783)(31)(arr.4)

rue du Coq Saint-Honoré [paroisse Saint-Germain l'Auxerrois] (1786)(31)(1787)(1788)(1793)(1)(arr.1)

665, rue Saint-Honoré (*1788)(***1789)(*1791)(arr.1)

rue Saint Honoré paroisse Saint Germain l'Auxerrois (1792)(31)(arr.1)

665, rue du Roule (*1793)(arr.1)

R. Honoré (Gardes Françaises) (*1799-1800)

5, rue de Thracy [Tracy], quartier de la Porte Saint-Denis (1795)(*1820)(x1823)(arr.2)

 

 

'Facteur des fortepianos et de harpes'

Son beaupère était HOLTZMAN, facteur de harpes, dont l'inventaire après décès de trouve aux Archives nationales, en date du 13 juin 1792." (MC/ET/XXVIII/556).

Mariage avec Marie Charlotte Holtzmann, fille de Godefroi HOLTZMANN, luthier en 1783 (31).

Boch, connu également sous le nom de Jean Busch, était le fils majeur d'un brasseur à Mutbrock (Palatinat). Il a épousé Marie-Charlotte, fille du facteur de harpes Godefroi Holtzman, le 27 avril 1783 et à cette époque il vendait ses instruments dans son atelier place de la Porte St Antoine. (archives nationales : MC/ET/XXVIII/501)

"Procuration donnée pour inventaire et succession de Godefroy Holtzman, luthier à Paris, décédé, par Henry Holtzman, luthier, rue du Mail, paroisse Saint-Augustin, et Jean Bosch, facteur de clavecins, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, époux de Marie-Charlotte Holtzman, enfants et héritiers chacun pour un cinquième (Jean-Baptiste Gallois, ciseleur ; Jean-Baptiste Holtzman, luthier). 13 juin 1792." (arch. nat. : MC/ET/XXVIII/556)

"Elève de WOLFF", écrit sur ses pianos. Voyez WOLFF Jean Godefroid.


(la suite)

"36. Un Forte-piano, de nouvelle construction, par M. Boch, constructeur de clavecins. Il sera joué plus particulièrement à la prochaine assemblée." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 27/11/1782, p. 272 (Gallica)   et   Nouvelles de la république des lettres et des arts, 04/12/1782, p. 279 (Gallica)

"Bosch prévient les Concitoyens qu'il succede pour la fabrication des HARPES, au Cit. Holtzman son beau-pere mort depuis 6 mois. Voulant que les Harpes qu'il fait chez lui aient la même qualité, & qu'elles soient du même calibre il s'est attaché les mêmes Ouvriers & l'Artiste qui, pendant 28 ans, a contribué à établir la réputation du Cit. Holtzman en donnant à ses instrumens tout leur fini. Le Citoyen Bosch se flatte qu'il méritera autant la considération du Public par la perfection de ses Harpes, qu'il l'a mérité, depuis plus de 12 ans dans la fabrication du forte-piano. Les Amateurs peuvent commander ou trouver chez lui ces deux sortes d' instrumens qu'on aura à un prix très-modéré, il demeure rue S. Honoré [St Philippe du Roule ?]  rue du Roule, n° 665."  Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 02/1793, p. 876 (Gallica)

"Bosch, rue Saint-Honoré, vis-à-vis celle du Four, le Forté-Piano." Tablettes de renommée ou du vrai mérite, et d'indications générales des artistes célèbres, et autres personnes d'un mérite distingué dans chaque genre, 1791, p. 129 (Gallica)

"Boch, envoie en province et à l'étranger, r. Tracy, 5." Almanach du commerce de Paris, Duverneuil, 1823, p. 351 (Gallica)

 

   

LAUTERBORN Joseph-Gaspard

(ca. 1745 - 1814)

1781

Paris

 

12, rue Sainte-Croix-de-la-Breton-nerie (1781-90)(3)(8)(*1788)(***1789)(arr.4)

Cul-de-sac Coquerelle (1793)(8)(arr.1)

rue des Rosiers (1793)(8)(arr.4)

rue des Écouffes (?)(4)(arr.4)

 

Né en Bohème en 1745 et meurt à Bougival, près de Paris, à 10 fevrier 1814.

'Facteur et accordeur de pianoforte'

Lauterborn s'est noyé sous des circonstances mystérieuses dans la Seine à Bougival.

 

1793

SWANEN Johannes Joachim

(1742/43 - 1816)

 

 

Piano carré de 1786 -Photo : Claude Germain - © Musée de la Musique - Paris

 

 

PeriodPiano

 

 

Piano carré de 1789 - Collection Musée Saint-Loup, Troyes

 

 

Piano carré de 1798 - Domaine de Randan

 

 

Piano carré de 1798 -  Hôtel de Bimard

 

1781

 

La planche du piano carré de 1785, photo : Claude Germain - © Musée de la Musique, Paris, France

La planche du piano carré de 1798, Domaine de Randan, France

Piano carré ca. 1786, Cité de la Musique, Paris, France
Clavecin à deux claviers de 1786, Conservatoire des Arts et Métiers, Paris, France (voir texte ci-dessous)
Piano carré de 1788, Collection privée, France
Piano carré de 1789, Collection particulière, France
Piano carré ca. 1789, Collection Musée Saint-Loup, Troyes, France
Piano carré ca. 1798, Domaine Royal de Randan, Auvergne, France
Piano carré de 1798, Hôtel de Bimard à Saint-Paul-Trois-
Châteaux, France (Conservé depuis l'origine dans une famille liée à Marie d'Agoult, la tradition orale veut que Liszt ait joué sur ce piano.)

PHOTOS EXTRA

Piano carré de 1786, © Cité de la Musique, Paris, France (photos : Cl. Germain)

 

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Piano carré de 1789, Collection Musée Saint-Loup, Troyes

  

    

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Piano carré de 1798, Domaine de Randan

 

 

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Piano carré de 1798, Hôtel de Bimard

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INVENTAIRE après décès de Mme SWANEN (1784)

  

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"SWANEN, (facteur ou marchand) et accordeur, loue, vend ou achète les pianos de toutes fabriques, r. Dauphine 26." Almanach des 25.000 Adresses des principaux habitans de Paris, Volume 2, Henri Dulac, 18

"Tribunal de commerce de la Seine. Déclarations de faillites. [...] Du 7 janvier. - Swanen, facteur et accordeur de pianos, rue de l'Odéon, 19 : juge-comm., M. Carez; agent, M. Richomme, rue Montmartre, 84." La Presse, 11/09/1837, p. 4 (Gallica)

"Clôture des affirmations [...] Swanen, facteur de pianos, 3 mars, à 2 heures." Gazette des Tribunaux, 26 et 27/02/1838, p. 4

Clavecin 1786

"Nous avons entendu mardi dernier chez M. Tomasini, le très habile restaurateur de clavecins, un instrument des plus curieux, et peut-être unique, qui appartient au musée des Arts-et-Métiers : c'est un clavecin à deux claviers d'une étendue de cinq octaves et demi (du mi au la), à cinq registres (qu'on accouple à volonté au moyen de cinq pédales) et à pédalier de deux octaves (de mi à mi). Nous n'avions encore jamais vu de clavecin avec pédalier, et nous avons pu d'autant mieux apprécier les ressources que présente un tel instrument, qu'il a résonné devant nous sous les doigts experts de Mlle Cécile d'Orni. La caisse de ce bel instrument est en acajou, avec encadrements en bois de violette entourés de filets en bois de sycomore. La table d'harmonie est enrichie d'ornements peints autour des trois chevalets et des sommiers d'attache. La barre d'appui forme un élégant travail de marqueterie et la barre d'adresse porte cette inscription : Joachim Swanen, facteur à Paris, 1786, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince au n° 106. — L'Almanach musical de 1783 nous apprend que J. Swanen demeura d'abord rue du Four. Il est probable qu'il ne fit pas un long séjour à Paris ou qu'il y mourut peu de temps après s'y être fixé, car nous avons inutilement cherché le nom de ce facteur distingué dans l'Almanach de Paris de 1789." Le Ménestrel, 24/06/1883, p. 238 (Gallica)

 

Paris  

rue du Four - fauxbourg Saint-Germain (*1783)(3)(1784)(arr.6)

106, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, en (P1786)(1786)(3)(*1788)(***1789)(arr.6)

106, rue de la Liberté (du théatre français) (P1789)(*1798-1799)(*1799-1800)(*1800-1801)(**1802)(*1803-1804)(arr.6)

1828, rue de Thionville (*1805)(arr.6)

26, rue de Thionville (**1806)(*1807)(*1809)(x1810)(*1811)(*1812)(*1813)(arr.6)

27, rue Dauphine (*1817)(arr.6)

25, rue Dauphine (*1820)(arr.6)

26, rue Dauphine (1816)(3)(*1816)(**1819)(*1822)(x1822)(x1823)(x1825)(arr.6)

19, rue de l'Odéon (x1827)(x1828)(*1829)(*1833)(*1837)(**1837)(*1838)(yy1839)(**1840)(**1841)(arr.6)

10, rue de l'Odéon (x1829)(**1836)(*1837)(arr.6)

28, rue de l'Ancienne Comédie (*1841)(arr.6)

 

'Facteur de pianos et de clavecins'

"D’origine germano-flamande, Johannes Joachim SWANEN, né en 1742 ou 1743, fit son apprentissage en Allemagne ou en Angleterre, et vint faire fortune à Paris à la toute fin des années 1770. Il prêta serment le 3 septembre 1781 pour décrocher sa maîtrise et entrer dans la communauté des « Tabletiers, Luthiers et Éventaillistes » de Paris (32). On le trouve installé Faubourg St Germain en 1783.

SWANEN et son épouse Marie Honoré Delavie (? - 1784)(31) ont deux enfants : un fils, Jean-Baptiste, et une fille, Marie Sophie, qui fut baptisée en l’église Saint Sulpice le 22 janvier de la même année. Elle avait pour parrain Pierre Joseph ZIMMERMANN (°1780) et pour marraine l’ épouse de Johannes Kilianus MERCKEN (°1770).

L’année suivante, en 1784, Marie Honoré, née Delavié, meurt le 16 février (23). L’instrument le plus ancien qui ait survécu est un piano-forte conservé au Musée de la Musique, et dont SWANEN a sans doute lui-même gravé la barre d’adresse :
« Joachim Swannen fecit à Paris 1785 / Rue de fosse de Mr le Prince au n°106 ».

"Joachim SWANEN a laissé un instrument remarquable : le superbe clavecin à deux claviers à main et un clavier de pédale fait en 1786, actuellement au Conservatoire des Arts et Métiers. SWANEN habitait rue du Four-Saint-Germain en 1783, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, en 1786, et rue Dauphine, en 1816." (3) Constant Pierre.

En fait, pendant les années révolutionnaires, la rue des Fossés Monsieur le Prince avait été rebaptisée rue de la Liberté ; et la rue Dauphine, rue de Thionville. Autrement dit, après une première adresse où il s'installa rue du Four St Germain, SWANEN est donc à la même adresse (rue des Fossés Mr Le Prince) de 1785 jusqu’à au moins 1802, puis au 25-27, rue de Thionville/Rue Dauphine, de 1805 à 1820.

Clavecin Jean-Claude GOUJON d'avant 1749, ravalé par Swanen ″fait par Joachim Swanen - rue fossés Mr le prince à Paris 1784  -  Photo : Jean-Marc Angles - © Musée de la Musique - Paris
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SWANEN n’était pas que facteur de piano-forte ; en 1784 il a modifié un rang de sautereaux sur un clavecin de 1749 signé Jean-Claude GOUJON (famille avec laquelle il y avait des liens personnels, voir plus bas), aujourd’hui au Musée de la Musique à Paris. On connait 6 piano-forté conservés à ce jour (1785 | 1788 | 1789 | 1789 | 1798 | 1798) et dont l’exemplaire de 1789 au Musée St Loup de Troyes est sans conteste dans son état le plus originel.

Il est intéressant de noter que tous ces pianos, même les plus tardifs, ne dépassent jamais les 5 octaves, un seul celui de 1798 a un mécanisme à double pilote, ceux des années 1790 sont équipés d'une pédale pour soulever le couvercle à volonté. Ils sont en général remarquablement bien conservés (car rarement vrillés sans doute parce que le fond de la caisse est toujours très épais).

A noter, le 16 juin 1800, Joachim SWANEN est témoin pour l’inventaire avant mariage de Paul Guillaume DACKWEILLER (°1789), facteur lui-même et élève de MERCKEN. J. J. Swanen meurt à Paris le 15 février 1816, il est âgé de 73 ans (Archives de Paris, DQ8/888).

En 1836, le gendre de Joachim SWANEN, Mathias Didier, veuf de la fille de SWANEN (Marie Sophie), épouse en seconde noce Adèle Virginie GOUJON. Le témoin de la mariée n’est autre que Jean-Baptiste SWANEN, fils de Joachim SWANEN et connu, dès 1822 (*1822), comme « accordeur de pianos et harpes."
Infos données par D. Girard

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir   DACKWEILLER (°1789), MERCKEN (°1770) et ZIMMERMANN (°1780), tous à trouver sur cette page.

 

 

1820

HILLEBRAND Wilhelmus

(? - 1809)

1782  

CORDES CROISÉES

"Nous recevons la lettre, suivante, qu'il nous semble intéressant de reproduire :

Sevran (S.-et-O.), mardi. Monsieur le directeur, Je lis dans votre numéro du 22 juillet que le musée instrumental de Berlin vient de faire l'acquisition du plus ancien piano droit à cordes croisées qui existât. Il fut construit à Paris en 1836 par son inventeur Henri Pape. Pape n'est pas l'inventeur des pianos à cordes croisées; en tout cas celui que vient d'acheter le Conservatoire dé Berlin n'est pas le plus ancien qu'ait construit le facteur en question. M. Tomasini en a exposé un au musée centennal de la classe 17, qui date de 1834.

En 1830, un facteur de pianos de Philadelphie, nommé Babcock, a eu l'idée le premier de construire un piano droit à cordes croisées. Le comte de Pontécoulant a parlé dans son organographie. Déjà, avant cette époque, un facteur français nommé Wilhems Hillebrand avait construit un piano carré à cordes croisées. Ce facteur était établi à Nantes et est mort en 1809. Cet instrument se trouve aussi au musée centennal de la classe 17.

Il fait partie depuis plusieurs années de la collection de mon père, M. Léon Savoye. Ce piano a beaucoup intéressé les facteurs qui l'ont examiné. Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir insérer ces quelques lignes dans votre journal, ces questions peu connues pouvant intéresser un grand nombre de personnes. Je vous prie d'agréer, Monsieur le directeur, l'expression de ma considération très distinguée. René SAVOYE." Le Ménestrel, 29/07/1900, p. 240 (Gallica) Voyez Henri PAPE (°1815) et TOMASINI. (la suite )

 

Nantes

Paris

Nantes

Abbaye Saint-Germain-des-Prés, cour des Religieux, vis-à-vis la grille (x1782)(arr.6)

à Paris

 

 

'Facteur de fortepianos'

"Hillebrand reprend l'invention de MARIUS (°1716) consistant à mettre les marteaux au-dessus des cordes; le mécanisme de ce fait devient plus sensible au toucher et les sonorités plus douces (1783). On peut voir cette mécanique au musée du conservatoire." (7)

"26. Le Piano-forte, de M. Hillebrand. Cet instrument a été entendu avec le plus grand plaisir ; les effets ont parfaitement répondu à la description que nous ayons donnée de sa construction particulière." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 06/02/1782, p. 47 (Gallica)

"23. Un Piano-forte, de nouvelle construction, par M. Hillebrand, Facteur de Clavecins, à 1, Abbaye Saint-Germain-des-Prés, cour des Religieux, vis-à-vis la grille.

Nous remettons à la prochaine Feuille à parler de l'effet qu'il a produit à l'Assemblée dont nous rendons compte, & de celui qu'il produira à celle de Jeudi, mais voici ce qui caractérife cette nouvelle construction.

L'Auteur a imaginé de laisser à la table harmonique, toute la longeur & la largeur de la caisse, ce qui, felon lui, donne à ll'Instrument, plus d'harmonie, que n'en ont les Forte-Piano ordinaires. Le Clavier au lieu d'être dessous les cordes, est disposé de façon, que les marteaux frappent dessus. Cette construction du Clavier, tend à le rendre doux à toucher, & par cette raison, plus à la portée des Femmes & des enfans.

Le clavier, dont les marteaux & les étouffoirs ne sont qu'un, s'enlève tout d'une pièce, étant fixé à la caisse par deux charnières.

Cette disposition donne la double facilité de mettre les cordes, & d'ajuster les marteaux sur chacune d'elles en particulier, dans le cas où il viendroit à se déranger. Il a en outre, par une fuite de sa construction, la propriété de rester plus long-temps d'accord, sans être plus dispendièux que les meilleurs instrumens de ce genre." Nouvelles de la république des lettres et des arts, 30/01/1782, p. 37 (Gallica)

"DÉCOUVERTES. Piano-forté composé par M. Hillebrand. La table harmonique a toute la longueur & toute la largeur donnée à cet instrument. Le clavier est placé sur un plan un peu plus élevé que celui sur lequel les cordes sont tendues.

Les marteaux frappent les cordes en-dessus, au lieu que dans les forte-pianos ordinaires les marteaux les frappent en-dessous. Cette super imposition du clavier le rend plus doux, plus sensible à la touche ou à la pose des doigts. Le clavier, les marteaux, les étouffoirs, ne forment qu'une seule pièce assemblée, qui tient au corps de l'instrument par deux charnières qui l'y assujettissent."  Almanach musical, Volumes 7-8, 1783, p. 1695/51   -   Gazette Musicale de Paris, 1834

VOIR AUSSI ...

...  un HILLEBRAND à Leeuwarden, mais plus tard, en Pays Bas.

 

   
COCHU René

(1748 - 1829)

1783

 

Photo : D. Girard

Piano carré fin 18e siècle, et sa signature, Cité de la Musique, Paris, France
Piano carré ca. 1783, Musée Auguste Grasset, Varzy, en Bourgogne, France

"COCHU FACTEUR D'ORGUES À TROYES"

Auxerre

Troyes

à Auxerre

7, rue du Flacon (aujourd’hui 18, rue Boucherat)(à partir de 1796)

à Troyes

 

 

Elève et successeur de BARBERINI (°1770), René COCHU est le petit-fils de Jacques COCHU (1693-1765), facteur d'orgues à Châlons-sur-Marne, très actif dans toute la Champagne et passé à la postérité pour avoir construit l'orgue actuel de la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul de Troyes (en fait, cet orgue avait initialement été réalisé entre 1731 et 1736 pour l'Abbaye Notre Dame de Clairvaux, il fut racheté et sauvé de la destruction en 1792, et sera remonté par son petit-fils, au crépuscule de sa vie, en 1808, à Troyes ("[...] René COCHU, facteur à Troyes, était fils [sic] de Jacques COCHU de Châlons-sur-Marne, qui fit, en 1735, le jeu d'orgues de l'abbaye de Clairvaux qui orne la cathédrale de Troyes." Histoire de Nogent-sur-Seine depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, Amédée Aufauvre, 1859, p. 155).

Ce grand-père génial mourut en 1765 en laissant de nombreux enfants dont, en particulier, provenant de son deuxième mariage avec Jeanne Taron, un fils qui portait le même nom que lui, Jacques (1721-1788).

Ce second Jacques COCHU (1721-1788) devint organiste à l'église St Germain, toujours à Châlons-sur-Marne, mais il lui arrivait également d'aider son père dans la facture d'orgues. René COCHU est l'un des dix enfants nés de la première union de son père avec Jeanne Lebègue (1719-1766) avant qu'il n'épouse, l'année suivante, Marie Quenat dont il aura trois autres enfants.

René COCHU (1748-1829) appartient donc à la troisième génération de facteurs d'orgue, il fut formé pas son père et son grand-père, puis partit s'installer à Auxerre en 1777, après s'être marié avec Marie-Anne Pascal (1755-1828), soeur de trois frères organistes, l'année précédente, et il commença son activité par de belles réalisations organologiques (église Saint Prix et Saint Cot à Saint Bris Le Vineux, église Saint Jean au Marché à Troyes...), tout en s'essayant à la facture d'un tout nouvel instrument, le piano-forte...
A la mort de sa femme, âgé de presque 80 ans, il épousera Marguerite Bietrix (née en 1777) avant de s'éteindre quelques mois plus tard.

Dans les documents d'époque on trouve aussi référence à un COCHU installé rue des Fossés Montmartre, puis rue Vieille du Temple, à l'hôtel Soubise, et décrit comme : 'Luthier' (*1799-1800), 'Luthier et accordeur' (*1805), 'Accordeur de pianos' (*1809). On ne connait pas le lien entre celui-ci et René COCHU vieillissant à Troyes.

 

   
DULCKEN (Jean)-Louis

(1733 - ?)

 

 

Gallica

1783

Piano à queue ca. ?, photo chez Gallica
Piano à queue ca. 1790, The Smithsonian Institution, Washington, U.S.
Piano à queue ca. 1808, Germanischen Nationalmuseum, Nürnberg, Bayern, Allemagne

"Le Sieur Louis DULCKEN, d’Anvers, informe le Public qu’il a fait venir ici, à Gand, deux instruments à claviers sortant de ses ateliers, à savoir un clavecin et une nouvelle invention de son crû, un piano forte, grâce auquel, de façon aisée et discrète, on peut diminuer le son ou l’arrêter à volonté. Ces instruments sont exposés et mis en vente à l’auberge Den Duydsch, près de l’église St Jacob. Les amateurs pourront tester et jouer les instruments eux-mêmes." (traduction) Gazette van Gend, Jan Meyer, 06/07/1775, p. 49

"Jean-Louis DULCKEN, d’Anvers, maître dans l’art de la facture d’orgues et de clavecins, est arrivé dans notre ville, à Louvain, avec un nouvel instrument qu’il a inventé : un clavecin de 5 octaves dont on peut modérer ou amplifier le son sans utiliser les mains. Cette innovation, très utile pour la Musique, peut être adaptée à tous les instruments sans que les cordes soient retirées ou remplacées. Son atelier est en activité depuis 10 ans, et il s’est installé ici dans le quartier de la Main d’Or (Gulde Handt) près du Marché aux Poissons, où l’on pourra voir cet instrument à cordes." (traduction) Wekelyks nieuws uyt Loven, annonce dans la rubrique « Bekent Maekiden », 26 /05/1776, p. 338

VOIR AUSSI ...

  DULCKEN à Anvers (°1774)

 

Anvers (1765-1777) (Belgique)

Paris

Munich (après 1795)

Anvers

rue vieille-du-Temple (*1783)(3)(arr.3)

rue de Ménil-Montant, au Réservoir (**1786)(arr.20)

 [62], rue Mauconseil (*1788)(***1789)(arr.1)

rue (Saint ) Martin (1795)(10)(arr.4)

32, rue du Figuier (1795)(10)(arr.4)

à Paris

Munich

 

Facteurs de clavecins, d'orgues et de piano-forte

La famille DULCKEN est une famille de clavecinistes originaires d’Allemagne mais installés en Flandres dès 1736. Joannes Daniel DULCKEN, le père du futur Jean-Louis DULCKEN, né à Wingeshausen et mort en 1757, était encore à Maestricht en 1736 mais il s’installa en 1738 à Anvers (dans le quartier de Hopland) où sa famille faisait partie de l’Église Réformée.

Il jouissait d’une bonne réputation tant comme conseiller municipal que comme facteur de clavecins renommé : après un voyage en Angleterre, le célèbre musicologue Charles Burney le déclara le plus éminent facteur après Ruckers. Ses instruments à un ou deux claviers, généralement d'une étendue de 5 octaves (parfois un peu moins) et avec la disposition usuelle à trois registres, sont d’ailleurs dans la lignée des Ruckers, même s’ils ont en général une étendue plus grande. Les tables d'harmonie de ses instruments sont décorées de motifs floraux et la rosace porte ses initiales : J.D.

Joannes Daniel DULCKEN a eu deux fils, Joannes-Lodewijk. l’aîné, et Joannes DULCKEN, fils cadet, né en 1742, mort en 1775, qui ouvrit son atelier de facteur de clavecins à Bruxelles tout d’abord avant de s’installer à Amsterdam en 1771 pour finir sa vie prématurément à La Haye à l’âge de 33 ans.

Innovateur dans le domaine du piano-forte, le fils aîné, qui francisera son nom plus tard en Jean-Louis DULCKEN ou même Louis DULCKEN, est né à Maastricht en 1733 ; il partit tout d’abord avec sa famille, à la mort de leur père en 1757, à Bruxelles, s’installa rapidement à Amsterdam où il eut au moins un fils né en 1761, et à qui il donne le même nom que le sien, puis à Anvers vers 1765 où il sera très productif pendant une dizaine d’années en construisant également des orgues. C’est vers 1775 qu’il construit un piano-forte qu’il va montrer et faire entendre dans diverses villes, entre autres Louvain et Gand (lire articles ci-contre), pendant les années 1775/1776.

Grandi par ses succès, on le retrouve installé à Paris en 1783, rue Vieille du Temple, et puis rue Mauconseil au moins à partir de 1788. Pour une raison encore inconnue, on sait que Louis DULCKEN, facteur de clavecins et de nombreux piano-forte fort appréciés, finit son existence à Munich (où son fils s’était installé) et ceci dès 1790. On ne connaît pas la date exacte de sa mort survenue au tout début du 19ème siècle.

A ne pas confondre avec le précédent, Johannes Ludwig DULCKEN II, son fils, né en 1761 à Amsterdam. Celui-ci devint 'Mechanischer Hofklaviermacher' à Munich dès sa vingtième année, il deviendra d’ailleurs le Facteur de piano de Sa Majesté le roi de Bavière en 1808. La dernière mention de son existence date de 1835 et l’entreprise « DULCKEN et Fils » est attestée dès 1830.

 

   
DUBOIS Pierre

 

1783

Piano carré de 1783, Collection Mikayel Balyan, Allemagne

PHOTOS EXTRA

Piano carré de 1783, Collection Mikayel Balyan

 

Cliquez sur les images pour les agrandir

Charles-Joseph Mathon de La Cour et Pierre Joseph François Luneau de Boisjermain, Almanach Musical 1783, p. 141.

"DUBOIS, Pierre. Parisian harpsichord maker. Dates ascertained : 1778-98 or 1799. Entered the Guild of Instrument makers in 1778." Donald Howard Boalch, Makers of the harpsichord and clavichord, 1440-1840, 1974, p. 38.

"Dubois père et fils, accordeurs de piano de la musique particulière de l'Empereur et de l'Impératrice, rue Saint-Honoré, 324." Almanach du commerce de Paris, Duverneuil, 1807, p. 160-161 (Gallica)

"DUBOIS père et fils, rue St.-Honoré, n. 332. Facteur et accordeur de pianos et harpes de la famille royale. Cet artiste est gardé comme un des premiers dans ce genre d'industrie." Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc., 1826, p. 438 (Gallica)

"Dubois fils, r. St.-Honoré, 332. Et accordeur de pianos et harpes de la famille royale." Répertoire du commerce de Paris, ou Almanach des commerçans, banquiers, négocians, manufacturiers, fabricans et artistes de la capitale, 1828, p. 566 (Gallica)

 

Paris

 

473, rue Saint-Honoré (1778 ?)(4)(*1779)(*1783)(**1786)(*1788)(***1789)(arr.1)

94, rue Saint-Honoré (*1800-1801)(*1802)(*1803-1804)(arr.1)

 Cour des Jacobins (*1805)(arr.?)

324, rue Saint-Honoré (**1806)(*1807)(*1808)(*1809)(*1811)(*1816)(arr.1)

332, rue Saint-Honoré (**1819)(*1820)(x1822)(x1823)(x1825)(x1826)(x1827)(x1828)(*1829)(arr.1)

 

'Facteur de clavecins' (**1786), maître en 1778 (4)

DUBOIS Pierre (*1783)

DUBOIS Père et Fils (*1807)(*1816)(*1820) 'accordeurs de(de la musique particulière de l'Empereur et de l'Empératrice)' (*1809), pianos de la cour' (*1822)(x1826), 'accordeurs de pianos' (*1811)(*1819)

DUBOIS Père (x1825)(x1827)

DUBOIS Fils (x1828)(*1829)

"Facteur de pianos à part entière, mais aussi « réparateur /adaptateur » de piano-forte signés par les plus grands (MERCKEN, ÉRARD), ce facteur a très certainement des origines lorraines sans que l’on sache exactement s’il était apparenté à la famille de fondeurs de cloches établie à Damblain, au célèbre François-Louis Dubois (1726-1766), facteur d’orgues originaire d'Ammerschwihr, installé à Kaysersberg, salué par Silbermann lui-même et ayant signé avant sa mort le magnifique orgue de Wissembourg en 1766, ou encore aux Dubois, luthiers de Mirecourt (voir plus bas)

Pierre Dubois obtint sa maitrise dans la corporation des Tabletiers, Luthiers et Eventaillistes de Paris en 1778 en tant que facteur de clavecins, mais il fabriquait également des piano-forte dès 1783. Le MERCKEN de 1785, conservé au CNIM de la Cité de la Musique à Paris, et le ERARD de 1809 de la reine Hortense, conservé au château de La Malmaison, portent des inscriptions qui prouvent que Dubois est intervenu sur ces instruments en leur ajoutant des pédales, en changeant certainement leur table d’harmonie, en y ajoutant un dispositif pour soulever le couvercle à droite pendant le jeu." D. Girard

"L’adresse est toujours rue St Honoré, en 1783 au n°8 (« vis à vis les Ecuries du Roy, près St Roch, maison n° 259 »), sur le Mercken de 1785 (« n°94 vis à vis St Roc »), en 1790, n° 473, sur le Érard de 1809, n° 324, Dubois père et fils, facteurs de pianos et accordeurs de SM l’Empereur et Roi, n° 332 en 1826 et 1828  (quand le fils reprend l’affaire, s’agit-il de Victor ou de Louis Alexandre)" D. Girard

Comme indiqué dans la notice biographique, il existe toute une famille de luthiers, au sens contemporain du terme, ayant oeuvré à Mirecourt (entre autres : Jean-Nicolas, Pierre Nicolas, Jean-François, Jean-Baptiste, Félix, Eugène, Alfred Victor, François Henri, Charles Alfred, Victor Paul). Il s’agit sans doute de l’un d’entre eux (et non pas de Pierre Dubois facteur de pianos et de clavecins) dans l’annonce suivante de 1777 et 1779, renvoyant à une adresse parisienne rue Croix-Neuve :

"Dans un avis publié le 23 avril 1777, Dubois, se disant luthier de Paris et résidant rue du Temple, informe le public qu'il fait violons, guitares, basses, harpes, mandolines et qu'il raccommode toutes sortes d'instruments. Deux ans plus tard, une annonce publiée le 14 avril, puis à nouveau le 28 avril 1779, indique que Dubois, toujours paré de son titre : luthier de Paris, tient rue Croix-Neuve, magasin de toutes sortes d'instruments et fait toujours violons, basses, altos, guitares, mandolines, mais aussi des vielles. Une dizaine d'années plus tard, la Feuille du 29 août 1787, imprime un avis du Sieur Aubry prévenant les amateurs qu'il fait et raccommode tous instruments dont les vielles. Il réside lui aussi rue Croix-Neuve, mais rien n'indique s'il a succédé ou non à Dubois, domicilié dans la même rue quelques années auparavant.

On ignore tout des instruments qu'ont pu fabriquer ces luthiers installés à Limoges à la fin du XVIIIe siècle, comme de ceux utilisés au milieu du XIXe siècle alors que la vielle à roue était à la mode dans les campagnes limousines. Étaient-ce seulement des instruments provenant des ateliers alors réputés, du Bourbonnais' ? Soit par difficulté de se procurer une vielle, soit en raison de son coût, des luthiers occasionnels, artisans habiles à travailler le bois, ont tenté d'en fabriquer au ..." Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1974, A. Bontemps, p. 162

 

 

 

KORWER Jean (Johannes)

 

 

1783

 

"Johannes KORWER fecit 1785, Porte Sainte Antoine au dessus de la Boucherie."

"Bail par Jean Korwer, facteur de clavecins à Paris, porte Saint-Antoine, paroisse Saint-Paul, pour un an d'un forte piano accordé et monté sur une table de marqueterie de la composition, de Korwer, moyennant 12 livres par mois, à Marie-Anne Delacourneuve de l'Académie royale de Musique, demaurant rue Meslée, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs. (28 août 1784)." (31)(arch. nat. : MC/ET/XXVIII/510)

 

Paris  

Porte Sainte Antoine au dessus de la Boucherie (1784)(31)(1785)(arr.5)

rue Favart à lettre Y (*1788)(***1789)(arr.2)

 12, Reu Neuve Saint-Eustache (*1789)(*1790)(arr.18)

 

 

'Facteur de Piano-forté' et éditeur de musique (*1789)(*1790)

Un acte notarié daté du 28 août 1784 (MC/ET/XXVIII/510) nous apprend que Jean Korwer (dixit), demeurant porte St Antoine, paroisse St Paul, louait pour des contrats d'un an (et moyennant 12 livres mensuels) des pianos forte montés sur des tables de marqueterie. En l'occurence, à Marie-Anne Delacourneuve de l'Académie Royale de Musique.

"Un forte-piano, par Korwer, année 1783, estimé 300 francs." cité dans Un inventaire sous la terreur, par Bruni, 1890.

"KORWER, en 1788, fournisseur de l'Opéra, dont nous avons vu un mémoire pour cinquante-trois accords de clavecins faits du II thermidor an IV au 38 brumaire an V, à raison d'une livre dix sous." (7)

 

   

DAUJARD Mme.

1785

Paris

 

Cul-de-sac du Coq (1785-86)(**1786)(arr.1)

rue Trainee (1787-...)

rue de la Cossonnerie (*1788)(***1789)(arr.1)

 

Fortepianos

DAUJARD Mademoiselle (1785)

DAUJARD Louis-François (1787)

 

 

NÄGELÉ Jean
| NÉGÈLE | NOËGELÉ | MAIGÈLE | MAYGELÉ

(1759 - 1813 ou 1817)(10)(31)

 

 

1785

Piano carré n° 15 de 1785 (?), et sa signature, ravallé à 6 octaves, The Smithsonian Institution, U.S.
Piano carré ca. 1790, Collection privée

VOIR AUSSI ...

Quelqu'un avec le nom 'NÄGELÉ' était ouvrier-caissier chez PLEYEL dans la première moitié du 19ème siècle. (20)

Paris

103, rue de la Tixérandérie (1800-03)(Archives de Paris, DQ8 56)

17, rue de la Tisseranderie (*1809)(x1810)(*1811)(*1812)(arr.4)

15, rue de la Tisseranderie (1813)(10)(*1813)(*1816)(*1817)(1819)(arr.4)

 

'Facteur de pianos et harpes'

"NÄGELÉ et Guillaume ZIMMERMANN  (°1780), partageaient la même adresse au "15, rue de la Tissanderie". La signature du piano carré de Nägelé de 1785 privilégie l'orthographe "Tixérandérie".Il avait un frère resté en Allemagne (mais qui le rejoint peut-être puisque l'on trouve un acte de mariage entre un certain Jean-Théobalde Nägelé et Elisabeth Fortemps, le 26 octobre 1784 (Archives nationales, Minutes du notaire Jean-Antoine Desfant, MC/RE/XXIV/10) et à son décès le 28 septembre, il a laissé derrière lui une veuve née Victoire Teinder (10).

Mais cette épouse ne fut pas la seule. Apprenti chez Guillaume ZIMMERMANN dès le début des années 1780, Jean Nägelé a eu l’occasion de voir grandir la fille de son mentor, Marie Anne Françoise Sophie Louise (née en 1781), qu’il épousa ; mais celle-ci mourut très jeune, à 20 ans, le 30 brumaire de l’an X (21.11.1801).

L'inventaire après décès date du 14 décembre 1801 (Archives nationales, Minutes du notaire Jean-Antoine Desfant, MC/RE/CXI/9).

C’est sans doute ce qui explique que Nägelé continuera l’atelier de son beau-père au 103, rue de la Tixéranderie (après la mort de celui-ci en 1801), seul tout d’abord, puis avec avec le fils,   Pierre Guillaume ZIMMERMANN, né en 1787. (Archives de Paris, DQ8 56).

L’atelier fera faillite en 1810, mais Pierre Guillaume Zimmermann reprendra l’activité à la même adresse jusqu’à sa mort précoce, à l’âge de 32 ans, en 1819." D. Girard. Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois »

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir  ZIMMERMANN (°1780).

 

 

1820

SCHMIDT Tobias
| SCHEMITTE

(1755 - 1831)

 

 

1785  

Planche d'un piano carré de 1817, photo : Claude Germain, - © Musée de la Musique - Paris

Pianos carrés, orgues, Piano- Harmonicas et Piano-violons

"Mon pianoforte file et enfle les sons à volonté, de sorte que l'on entend le violon, la basse et l'alto; et moyennant une nouvelle pédale, l'on peut jouer les morceaux de musique qui montent en six octaves sur un piano de cinq octaves." (1795)(12)

TITRES

'Facteur de piano et clavecin' (*1803-1804)(*1809)

'Harmoniste bréveté' (*1811)

Piano carré entre 1790-1805, Château de Saint Bauzille, France
Piano carré de 1800, Collection Radbon, Allemagne
Piano carré ca. 1806, Collection de Maisons Lafitte, Paris ?, France
Piano carré ca. 1807, Collection de J. M. Renard
, France
Piano carré ca. 18??, Collections du Musée de la Révolution, Vizille
, France
Piano carré n° 138 ca. 1817, Cité de la Musique, Paris, France

PARIS - "M. SCHMIDT, rue du Pont de-Lodi, Pour avoir fait le piano-harmonica, instrument avec clavier, qui rend des sons continus comme les instrumens à cordes et à archet; l'instrument de M. Schmidt a de beaux sons, et il est susceptible de produire de grands effets lorsqu'il sera parvenu à son dernier degré de perfection." Rapport du jury sur les produits de l'industrie française', présenté à S. E. M. de Champagny, ministre de l'intérieur, précédé du procès verbal des opérations du jury, 1806 (Gallica)

PARIS - "M. Schmidt, rue du Pont de Lodi, n.° 2 : Pianoharmonica, approuvé par les artistes les plus distingués." Notices sur les objets envoyés à l'exposition des produits de l'industrie ..., 1806, p.283

PARIS - "Lors de l'exposition des produits de l'industrie qui eut lieu aux invalides en 1806, Schmidt, facteur de piano à Paris, présenta un instrument qui offrait la forme d'une longue caisse carrée. A l'une de ses extrémités se trouvait un clavier avec un mécanisme de piano ordinaire; de l'autre côté était un autre clavier destiné à faire mouvoir de petits archets cylindriques qui faisaient résonner des cordes de boyau. Les sons qu'on obtenait par ce mécanisme avaient l'inconvénient de ressembler à ceux de la vielle, et ne répondaient pas à l'intention de l'inventeur, qui avait voulu imiter les instrumens à archets : cependant Schmidt obtint une mention honorable pour ses efforts." Expo Paris 1806 dans Revue musicale, Volume 3, 1828, p. 595

SCAPHANDRE

"Le sieur Schmidt, mécanicien et facteur de piano, rue du Pont de Lodi, inventeur d'une machine à l'aide de laquelle on peut descendre en mer et en retirer tous les objets naufragés, a fait samedi l'essai de cette machine au port de la Rapée. Il est descendu dans la Seine, renfermé dans un homme de cuivre, et y est resté près d'une demi-heure. Il reçoit de l'air à volonté par un canal qui est hors de l'eau, et qui est en communication avec lui par un autre canal. Il entend ce qu'on lui dit et répond de même. Il a le mouvement de la main et du bras très-libre. Il distingue très-bien tous les objets. Enfin on ne peut qu'applaudir à son entreprise et l'encourager, comme pouvant être de la plus grande utilité. Le sieur Schmidt se propose de faire une expérience publique dans quelques jours; elle sera annoncée." Le journal des arts, des sciences et de la littérature, Volume 29, 1810

GUILLOTINE - 1792 

"L'histoire rapporte que trois hommes travaillèrent à la mise au point de la guillotine : le docteur Guillotin qui lui laissa son nom, le docteur Louis et un facteur de pianos du nom de Tobias SCHMIDT qui en devint le fabriquant."

'La guillotine en 1793 : d'après des documents inédits des Archives nationales', Hector Fleischmann, 1908 (Gallica)

'Code de la guillotine, recueil complet de documents concernant l'application de la peine de mort en France et les exécuteurs des hautes-oeuvres', Ludovic Pichon, 1910 (Gallica)

"ARTS. - Le sr. Schmidt, Facteur de Clavecin & de Fortepiano, rue St-André-des-Arts, passage du Commerce, annonce qu'il vient d'établir un Forte-piano d'une nouvelle construction, dont les cordes se montent sur le devant du Clavier avec des chevilles à l'imitation de celles du Violon, & avec lesquelles on met deux cordes à la fois parfaitement à l'unisson, sans marteau ni clef. Il assure que la construction de cet instrument est très simple, & qu'à l'exception de la bascule du clavier, il n'existe aucun frottement : les Professeurs & Amateurs sont invités à l'aller voir." Journal de Paris, 1789, p. 180

"Romance avec accomp. de forté piano ou de harpe, pour M. de B***, tué dans une émeute à C* : paroles de Mad. Laugier de Grandchamp musique & accomp. de M. d'Ennery, Professeur de Musique & de Forte-piano. Chez l'Auteur, rue de Rohan, n°16; & chez M. Schmidt, Facteur, de Forte-piano, rue S. Andre-des-arts, cour du Commerce : prix 24 f. Les paroles de cette intéressante Romance, ont été insérées dans notre Feuille du 4 Mai dernier, page 1178." Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 07/1790, p. 2086 (Gallica)

"RUE DU PONT DE LODY - Cette rue est nouvelle. Elle a été percée dans l'ancien terrain du jardin des Grands Augustins; elle donne dans la rue de Thionville et la rue des Grands-Augustins. Les nouvelles maisons de cette rue sont d'un bon goût. Plusieurs ont des jardins. M. Schmidt, célèbre facteur de fortepiano, demeure dans cette rue. On voit chez lui un piano harmonica de sa composition, qui imite parfaitement le violon, la basse et la flûte, et auquel il a travaillé pendant dix ans, pour le porter à ce degré de perfection. Cet instrument a été exposé à l'Ecole polytechnique en 1806. Tous les amateurs français et étrangers en ont admiré le mécanisme; il est de beaucoup supérieur à l'orchestrino. On trouve chez M. Schmidt, un assortiment de fortepiano. Son épouse est grande musicienne, elle réunit à ce talent celui de la peinture en miniature dans tous les genres." Miroir historique, Louis Marie Prudhomme, 1807, p.297

"Le Sr Schmidt, Facteur de Clavecin & de Forte-piano, rue St-André-des-Arts, passage du Commerce, annonce qu'il vient d'établir un Forte-piano d'une nouvelle construction, dont les cordes se montent sur le devant du Clavier avec des chevilles à l'imitation de celles du Violon, & avec lesquelles on met deux cordes à la fois parfaitement à l'unisson, sans marteau ni clef. Il assure que la construction de cet Instrument est très-simple, & qu'à l'exception de la bascule du clavier, il n'existe aucun frottement : les Professeurs & Amateurs sont invités à l'aller voir." Journal de Paris, 1789, p. 179-180

"Mathaei (M.-M.), réfugié de Mayence, employé de Schmidt, facteur de "forté-piano" rue de Thionville, autorisé à résider à Paris : 26 pluviôse an V." Index général du tome 1 des Procès-verbaux du directoire (E-M), p.120 (ArchivesNationales)

AUTRES avec le nom SCHMIDT

Deux autres Schmidt en rapport avec le piano ne sont pas encore clairement identifiés : un facteur de clavecins, au 56, rue Galande (arr.5) en 1802 et SCHMIDT Ch. J. H. dès 1836 et un facteur de piano-fortes, mentionné par Mario Pizzi, au Carrefour de Bussy (Buci)(arr.6) et son nom était SCHMITE (°1786).

Strasbourg

Paris

?

9, cour du Commerce Saint-André (1792)(12)

[54], rue Saint-André des Arts (Passage du commerce)(1788-89)(1)(3)(*1789)(***1789)(*1789-90)(**1790)(arr.6)

[1836], rue de Thionville [au Musée] (1791)(33)(y1793)(*1799-1800)(arr.6)

rue Galande (**1802)

(29), rue des Grands Augustins, quai de la vallée  (*1800-1801)(*1802)(*1803-1804)(*1805)(arr.6)

12, rue du Pont de Loti (1807)?

2, rue du Pont de Loti [Lody] (**1806)(*1807)(*1808)(*1809)(x1810)(*1811)(*1813)(arr.6)

20, rue des Bons Enfans (**1816)(*1817)(**1819)(*1820)(x1820)(arr.1)

21, rue des Bons Enfans (*1822)(x1822)(x1823)(*1825)(x1825)(x1827)(x1829)(arr.1)

9, rue des Bons-Enfants (1831)(10)(arr.1)

 

'Facteur de pianos'

'Facteur de pianos et de violons' (**1819)

Né en Allemagne (Nassau-Ussingen), d'autres sources parlent de Strasbourg. (*1997)(**1817). Époux de ZIRN Marie Madelaine. Il meurt le 14/06/1831, âgé de 76 ans. Et il a eu une fille, SCHMIDT Eugénie Claire. (10)

Il obtient sa maitrise le 28.09.1785 avec J. J. LANGE. (voir ci-dessus pour visualiser le document)

"SCHMID (Tobie), facteur de pianos, né a Usingen, dans le duché de Nassau, en 1768, s'établit à Paris, en 1795 [on connait aujourd'hui des adresses pour Schmidt à Paris bien antérieures, voir ci-contre], et se fit connaître peu de temps après par diverses inventions et modifications du piano, pour lesquelles il prit des brevets d'invention. La première de ces inventions consistait en un chevalet mobile qui, par la pression d'une pédale, coupait les cordes dans la moitié de leur longueur, et élevait tout à coup l'instrument d'une octave. La curiosité des musiciens fut particulièrement excitée par un autre instrument qui fut mis par Schmid à l'exposition des produits de l'industrie française, en 1806. Cet instrument avait la forme d'un carré long.

A l'une des extrémités se trouvait un clavier avec un mécanisme de piano ordinaire qui agissait sur des cordes métalliques; de l'autre côté, il y avait un autre clavier destiné à mettre en contact avec les cordes de petits archets cylindriques, mis en mouvement par la manivelle d'une pédale, avec des cordes de boyau placées au dessus des cordes métalliques. Les sons obtenus par ce mécanisme avaient l'inconvénient de ressembler à ceux de la vielle, et ne répondaient pas à l'intention de l'inventeur, qui avait voulu imiter les instruments à archet. Schmid était un mécanicien distingué; mais le son de ses pianos manquait de timbre et de moelleux. Il est mort à Paris, en 1821." François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens: et bibliographie générale ..., Volumes 7-8, 1870, p. 474

Brevet de 1803 :  "Art. 1er Le 4 Thermidor de l'an 11 il a été délivré par le ministre de l'intérieur un certificat de demande d'un brevet d'invention, pour le terme de cinq années, au citoyen Tobias Schmidt, facteur de forté-piano, demeurant à Paris, rue des Grands-Augustins, n.° 29, pour un instrument qu'il nomme piano-harmonica." Recueil des loix de la république Française, et des actes des autorités ..., 1804, p. 158 

"En 1803, Tobias Schmidt, facteur allemand, fixé à Paris, imagina un instrument à clavier monté de cordes de boyau, dont la vibration était produite par un archet continu, circulant immédiatement dans une direction transversale, au moyen d'une roue à pédales et de poulies de renvoi. Schmidt attaquait avec l'archet les cordes de deux façons; la première était de faire soulever, par chaque touche, une petite cheville maintenue verticalement, et sur le bout supérieur desquelles posaient les cordes, comme sur un chevalet. La seconde consistait en un petit rouleau, mobile sur son axe, placé entre chaque corde, vis-à-vis de l'archet, dont l'arête supérieure excédait un peu le plan des cordes.

Au-dessus de l'archet et vis-à-vis de chaque corde était un autre petit rouleau, également mobile sur son axe, et qui était porté, par une bascule assujettie, à se mouvoir avec la touche. En s'abaissant il faisait fléchir l'archet, qui attaquait la corde correspondante sans pouvoir toucher les voisines, garanties par les rouleaux inférieurs. Cet instrument, qui portait le nom de Piano-Harmonica, n'était que du vieux neuf, car nous avons vu que l'abbé Vogler en avait déjà donné l'idée, et les premiers essais en ce genre furent ceux de Hohlfeld, de Berlin, en 1754; de Gesbrecht, de Wetzlar, en 1779, et de Greiner, de Gorliz." Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, 1861

"14 octobre 1803. — Pour un instrument qu'il nomme Piano-harmonica, par T. Schmidt, facteur de forte-piano, rue des Grands Augustins, n. 29 Paris. Terme 5 années." Annales des arts et manufactures: ou mémoires technologiques sur ..., Volume 24, 1806, p. 290-291      et toute la description dans : Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d'invention, 1818, p. 242-251 + image 57 p. 337 

"Le premier consul a confirmé les brevets d'invention d'importation ou de perfectionnement qui ont été de livrés par le ministre de l'intérieur savoir aux CC. Tobias Schmidt, y facteur de forté-piano à Paris, rue des Grands-Augustins n°. 29 pour un instrument qu'il nomme piano-harmonica." Journal des débats et des décrets, 27/10/2013, p. 3 (Gallica)

"MM. de Lacépéde, Hauy et Chartes, membres de la classe des Sciences physiques et mathématiques de l'Institut MM. Gossec, Grétry et Méhul, membres de la classe des Beaux-arts ont lait sur les nouveaux pianos de M. Schmidt, rue du Pont-de-Lodi, n°. 2, un rapport dont les conclusions ont été adoptées par les deux classes. Ces commissaires ont particulièrement distingué le piano-harmonica pour lequel M. Schmidt a pris un brevet d'invention il y a sept ans. Voici en quoi consiste cet instrument :
La forme et sa grandeur est peu différente de celle des clavecins ou des grands piano à queue. Son clavier est de cinq octaves et demie ses cordes sont de la nature des cordes de harpe mais toutes sont filées en laiton une seule corde sufit à chaque touche un archet en forme de ruban étroit, d'une matière souple flexible et sans aucune solution de continuité ni protubérance est établi sur des poulies éloignées et autour desquelles se fait une rotation continue et parallèle par le moyen d'une pédale semblable à celle des rouets a nier vulgaires.

Cet archet, par sa longueur excessive, eût été d'une flexibilité trop inégale du centre aux extrémités voisines des poulies pour obvier à cet inconvénient M. Schmidt l'a partagé en deux parties dont chacune attaque la moitié des cordes de tout le système, il a profité de cette section pour donner à l'archet ruban des cordes graves une largeur double du ruban des cordes aiguës.

De là résulte qu'ici, de même que dans les violons et violoncelles, la largeur et la force de l'archet sont proportionnelles à la résistance des cordes sonores et que le son est plus également provoqué. L'archet fait d'abord ses révolutions en silence; mais la touche plus ou moins foulée soulève la corde. Celle-ci se présente à l'archet qui la presse en glissant; le son naît aussitôt et reste en permanence avec l'Intensité variable due à la pression de la touche.

Au premier instant qu'il se fait entendre, il est difficile de se défendre d'une sorte d'impression pénétrante, moins suave que profonde. L'oreille, investie et comme Inondée par ces sans volumineux et fortement accentués, se croit au milieu d'un orchestre. Dans le même rapport les commissaires de l'Institut décident que M. Schmidt a fait des corrections fort utiles datis la construction mécanique des pianos ordinaires, notamment dans la facture et les dispositions des marteaux et des accessoires." Journal de l'Empire, 19/02/1811, p. 4 (Gallica)

"PIANOS DIVERS. Art DU FACTEUR D'INSTRUMENS A cordes. – Invent. – M. Tobias Schmitt [sic], de Paris. – An xii. – Le piano-harmonica imaginé par l'auteur, est à clavier; il rend des sons continus comme les instrumens à cordes et à archet; il a de beaux sons et est susceptible de produire de grands effets lorsqu'il sera parvenu à son dernier degré de perfection. M. Schmitt a obtenu un brevet de cinq ans pour cette invention, qui consiste principalement dans des simplifications heureusement apportées au système ordinaire des pianos.

Il a supprimé les châssis des étouffoirs et le portant général des marteaux. Dans son système chaque touche est un levier rectiligne dont l'extrémité postérieure porte le marteau dans une chappe. Sur le même bras du levier  est vissé le pédicule de l'étouffoir. Le choc et le recul des marteaux se font sans aucun renvoi et le mouvement de l'étouffoir est aussi rapide que celui de la touche à laquelle il tient. S'élevant avec elle, il s'abaisse avec elle il n'a plus besoin ni de ressort ni de levier, ni de châssis, ni de pilote. Moins sujet à se déranger que l'autre, cet étouffoir est beaucoup plus aisé à réparer, un tour de vis à droite ou à gauche le règle à l'instant.

Toute la partie du clavier touches étouffoirs et marteaux contenues dans le même châssis, se glisse ainsi qu'un tiroir, et se fixe à sa place. Les marteaux n'ayant plus de renvoi attaquent les cordes avec plus de précision et de sûreté les étouffoirs agissent avec plus de promptitude. Les nouveaux pianos de M. Schmitt sont à deux et à trois cordes. Dans les pianos l'archet est ordinairement d'une seule pièce mais l'auteur, pour remédier à l'inégalité de sa flexibilité l'a partagé en deux parties égales dont chacune attaque la moitié des cordes de tout le système il a donné à l'archet ruban des cordes graves une largeur double du ruban des cordes aiguës.

L'auteur a deux manières d'attaquer les cordes avec son archet la première consiste à faire soulever par chaque touche une petite cheville maintenue verticalement et sur le bout supérieur de laquelle pèsent les cordes comme sur un chevalet. Chacune de ces chevilles suit le mouvement de la touche qui lui correspond, et toutes les cordes soulevées au-dessus de leur plan général sont aussitôt attaquées par l'archet. Par la seconde manière, entre chaque corde et vis-à-vis l'archet, est un petit rouleau mobile sur son axe dont l'arête supérieure excède un peu le plan des cordes; au-dessus de l'archet et vis-à-vis de chaque corde est un autre petit rouleau également mobile sur son axe et qui est porté par une bascule assujettie à se mouvoir avec la touche.

En s'abaissant, il fait fléchir l'archet qui attaque la corde correspondante sans pouvoir toucher les autres, qui se trouvent garanties par les rouleaux inférieurs. On remarque encore une barre de bois ou de métal garnie de peau qui se pose légèrement sur les cordes, pour leur faire produire une quinte ou une octave au-dessus du ton. Chaque corde est maintenue sur le chevalet d'harmonie par une petite pointe en laiton. Par-dessus ce chevalet, on en voit un autre de même forme qu'on abaisse ou qu'on relève au moyen d'une pédale il sert à renfler ou à syncoper les sons." Dictionnaire chronologique et raisonné des découvertes, inventions, 1822-24 (Gallica), p. 334 et 335

Brevet de 1809 : 1809, mécanisme de SCHMIDT, facteur à Paris - "Schmidt, facteur à Paris, construisit, en 1809, un piano remarquable par sa précision et sa simplicité. Dans cet instrument, le facteur avait supprimé les châssis des étouffoirs et le portant général des marteaux. Dans cette nouvelle organisation, chaque touche était un levier rectiligne, dont l'extrémité postérieure portait le marteau dans une chappe -, sur le même bras du levier se trouvait vissé le pédicule de l'étouffoir. Le choc et l'échappement du marteau se faisaient sans aucun renvoi, et le mouvement de l'étouffoir était aussi rapide que celui de la touche à laquelle il tenait; il s'élevait avec cette touche et s'abaissait avec elle, et n'avait plus besoin de ressort, ni de levier, ni de châssis, ni de pilote. La suspension des châssis, des étouffoirs et de l'équipage compliqué des marteaux, fut une réforme avantageuse." Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, 1861

"1810. 600 Piano armonica. È invenzione di Tobia Schimid da Nassau. È composto da un fortepiano, che ne occupa un'estremità, e dall'armonica che occupa l'altra, ad arco doppio e continuo, i di cui tasti sono fatti come quei del cembalo. Esso fila tutti i suoni a piacere, secondo la minore, o maggiore pressione, che riceve la tastiera. Mediante la continuazione del movimento dell'arco, imita perfettamente il violino, la viola, il controbasso, e l' organo. Il suo meccanismo è semplicissimo, e gli effetti vengono espressi, senza confondersi, e permettono ad un abile sonatore di disporne a suo arbitrio. La tastiera ha tutta l'arrendevolezza, che esigge una mano usata ai più leggieri piani forti. V. l'Archiv. des decouvertes tom. II. 1810." Giornale enciclopedico di Napoli, 1819, p. 25

Pour voir le brevet original
voyez le site
INPI
(13)

Mention honorable Paris, 1806 | Jury d'admission Paris, 1823 

1822

SYSTERMANS Jean Léonard

(1764 - 1821)(10)

 

 

Piano carré de 1790

 

 

Piano carré de 1797

 

 

Piano carré de 1817

 

 

Piano carré de 1817

1785

 

Léonard Systermans à Paris 1790

Léonard Systermans à Paris 1807 [?]

Deux signatures de pianos carrés de Léonard Systermans - rue Notre Dame de Nazareth n° 26 à Paris 1817, dont un est vendu chez GENOYER Jeune à Marseille, écrit sur la signature.

Piano carré ca. 1797, Collection privée ?,  squarepianos.com
Piano carré n° 928 de 1817, Collection privée, France

PHOTOS EXTRA

Piano carré n° 928 de 1817,
Collection privée, France

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"Piano-forte oblong, à 5 octaves. La caisse, en acajou à filets de bois de couleur, repose sur 4 pieds cannelés et en fusée. Longueur, 1 m. 50 c, profondeur, 0 m. 55 c. Fait par Léonard Systermans, à Paris, 1790." Mémoires, Volumes 7-8, Académie de Vaucluse, 1888

"Beau et très-bon piano neuf de Siskerman [sic], à 4 pédales et 5 octaves et demie ; à vendre à bon compte, rue Basse d'Orléans, n° 4, en face de la pompe de la porte Saint-Denis. Pailer au portier." L'Observateur des spectacles. Journal de politique et de littérature, 25/11/1802, p. 2 (Gallica)

VOIR AUSSI ...

... des autres avec le même nom SYSTERMANS.

 

Paris

8, rue Saint-Denis (*1799-1800)

Enclos du Temple à la Rotonde (*1809)(x1810)(*1811)(*1812)(*1813)(*1816)(arr.3)

 25 [sic] / 26, rue Notre-Dame de Nazareth (1817)(x1820)(arr.3)

 

'Facteur de forte-pianos'

Jean Léonard SYSTERMANS, né en 1764, et sans doute d'origine alsacienne, a été apprenti chez FESSARD (°1780) qui l’a formé à la facture des piano forté.

Un curieux document dans un Registre des absences et successions (Archives de Paris, DQ8/676) nous apprend qu'à la mort de Jean Léonard Systermans, le 12 juin 1821, il y a eu une renonciation à la succession suite à un conseil de famille. Jean Léonard était veuf de Jeanne, née Forgeot, depuis le 04 septembre 1811, et sans doute leurs enfants se sont-ils disputé la direction de la manufacture d'instruments.

Selon MONTAL : "Vers 1785, Léonard Systermans établit à Paris une fabrique de pianos dont les produits, quoique inférieurs à ceux d'Erard, eurent néanmoins quelque réputation. A la même époque aussi, Zimmermann aîné et son frère (°1780), qui fut le père de notre célèbre professeur du Conservatoire, construisirent également des pianos qui furent estimés." L'art d'accorder soi-même son piano, Claude Montal, 1836, p. 212

Piano carré de 1791

On connait trois de leurs enfants, François, l'Aîné (né en 1791), Jean-Philippe (né le 25 novembre 1792, et baptisé en la paroisse St Sauveur) et Rosalie Marguerite, née en 1796 et décédée prématurément le 27 mai 1819. Les deux frères Systermans donneront naissance à toute une descendance qui va former une véritable dynastie dans la manufacture de pianos tout le long du 19ème siècle. Voir SYSTERMANS Frères (°1821). D. Girard. Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois »


(la suite)

"Deux bons pianos à quatre pédales dont l'un ce Sisterman à trois cordes, rue du faubourg Saint-Denis, n°. 22, près celle de l'Echiquier, et l'autre à deux cordes, n°. 34, même rue et même côté, à vendre à bon compte. — S'adresser aux portiers." L'Observateur des spectacles. Journal de politique et de littérature, 23/12/1802, p. 3 (Gallica)

"Bon PIANO neuf, de Sistermann, à quatre pédales, à trois cordes et en ut. A vendre Rue du fauxbourg S. Denis, n°. 22, près celle de l'Echiquier. S'adr. au portier." Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France, 07/11/1804, p. 6523 (Gallica)

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir  FESSARD (°1780) et ZIMMERMANN (°1780).

 

   
EDELMANN Gottfried Ludwig

(1753 - 1794)

 

 

Forte-piano de 1790 - Musée des Arts décoratifs, Strasbourg. Photographe : Eric Mayer-Schaller

1786  

Piano carré n° 185 ca. 1786, Musikinstrumentenmuseum, Leipzich, Allemagne
Piano carré ca. 1790, Musée de Arts Décoratifs,
Strasbourg, [Inv. n°  xxxi-79.], France



Forte-piano 1790, Musée des Arts Décoratifs, Strasbourg [Inv. n°xxxi-79.], France

PHOTOS EXTRA

Forte-piano de 1790

   

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"Vente de Meubles & Effets (1) Un beau clavecin, & un forté piano, fait depuis une couple d’années, l’un & l’autre à grand ravalement ; le premier est du Sr. Silbermann, & l’autre du Sr. Edelmann. S’adresser au Bureau des feuilles publiques." La Feuille Hebdomadaire de Strasbourg (13 août 1785) n° 33 et dans le n°40 (1er Octobre 1785) : « Forte piano de la fabrication du Sr. Edelmann à louer chez le Sr. Geisler relieur rue St. Barbe N° 9."



"Godefroi Louis Edelmann, citoyen de cette ville & faiseur d’insrumens, a l’honneur d’avertir le Public qu’il a changé de domicile & qu’il loge actuellement rue de la Toussaint, No. 7." La Feuille Hebdomadaire de Strasbourg (8 Octobre 1791) n° 40.



"Godefroi Edelmann prévient le Public qu’il a à vendre dans ce moment un excellent Clavecin, au quel il a ajouté la mécanique que Mr. Pleyel a annoncé[e] il y un an. Ce Clavecin est en cuir au lieu de plumes, il a un quatrième rang de sautereaux en buffle qui produit un son plus doux que celui de la flutte, moyennant la mécanique qui ne consiste qu’en deux pédales on peut faire toutes les nuances depuis le pianissimo jusqu'au fortissimo & combiner les jeux de quatorze manières ; ce n’est proprement ni un Clavecin ni un Forte-piano, mais il réunit le brillant du premier à la douceur & au moëlleux du second ; cette mécanique très simple peut être adaptée à tous les Clavecins. Godefroi Louis Edelmann demeure rue de la Toussaint, No. 7, au rez de chaussée." La Feuille Hebdomadaire de Strasbourg (21 Juillet 1792) n° 29. Supplément [p. 341]

- Rudolf Ewerhart, 'Ein Strassburger Claviermacher am Mittelrhein' in Jahrbuch Für Westdeutsche Landesgeschichte (2010) n°36, p.179-202. Sanderdruck, Verlag der Landesarchiever Walburg.



Sophie Pécot-Douatte, 'Á la recherche d’Edelmann, le musicien guillotiné' (Paris : L’Harmattan, 2003, 219 pages)

 

Neuwied (Allemagne)



Strasbourg

Rheinstrasse  (1787 -1790)

à Neuwied (Allemagne)

7 rue de la Toussaint (aujourd’hui n° 8) (1790 - 1794)

à Strasbourg

 

'Facteur de clavecins et de forte-pianos'

"Baptisé à Strasbourg le 24 janvier 1753 (la monographie de S. Pécot-Douatte donne comme date de naissance le 23 avril 1752 ?), Gottfried Ludwig (Louis) EDELMANN est le plus jeune fils de Caspar Samuel EDELMANN, menuisier originaire de Quedlinburg (en Saxe-Anhalt dans le Nord-Est de l’Allemagne, près de Berlin), venu s’installer dans le Haut-Rhin tout d’abord (dans les années 1730) pour ensuite épouser vers 1740 Marie-Salomé Giessbrecht à Strasbourg, où il obtiendra dans les années 1770 l’autorisation de se mettre à la facture d’instruments à clavier.

Sa première épouse (ainsi que plusieurs de ses enfants) meurt en 1746 et il se remarie l’année suivante avec Marie-Salomé Storr qui lui donnera huit enfants dont les 4 premiers uniquement ont survécu : Margareth Salomé en 1747, le futur compositeur Johann Friedrich en 1749, Marie Madeleine en 1751 (qui composera une sonate pour piano forte incluse dans l’opus 8 de son frère aîné) et le facteur de claviers, Gottfried Ludwig en 1753.

Gottfried Ludwig est formé chez son père et produira, selon divers documents d’inventaire, toutes sortes de claviers (clavecins hybrides, épinettes, pianos forte ordinaires mais également organisés en collaboration avec l’organiste Sebastian Krämer de Mutzig) mais toujours dans le genre carré (qui peuvent d’ailleurs être assez grands ; le piano conservé au Musée des Arts décoratifs du Palais Rohan de Strasbourg est d’une largeur inhabituelle de presque 2m). Ces instruments sont presque tous dotés de pédales (en général au moins trois registres : forte, piano et effet de harpe) et ne dépassent jamais 5 octaves.

On compte parmi ses collaborateurs possibles, Edmund Ignaz Quernbach et les frères Johann Christian et Wilhelm Weil. En 1786/1787, Gottfried Ludwig, alors qu’il vend déjà des instruments chez des revendeurs à Strasbourg, fait preuve d’audace commerciale en ouvrant dans la région de Coblence (à Neuwied, plus précisément) où règnent plusieurs familles d’organistes et de facteurs de pianos, les Senft, les Bauer, mais aussi les Kinzing (dont certains membres sont des horlogers et Christian l’un des premiers à faire des pianos en Allemagne).

C’est encore à Neuwied, le fief des Illuminaten de Bavière et d’une loge de francs-maçons dont fait partie le futur maire de Strasbourg, Frédéric de Dietrich, qu’il rencontrera sa seconde femme Marianne Helfrich (avant même d’avoir obtenu le divorce le 17 mars 1793, l’un des premiers en France, de Marie-Elisabeth Weiler). De ce mariage, naîtront deux filles : Sophie (née en 1791) et Egalité-Union qui ne survivra pas bien longtemps.


Son frère aîné, Johann Friedrich (Jean-Frédéric, 5 mai 1749-1794) devint le célèbre compositeur que l’on connait, et l’un des premiers professeurs au tout nouveau Conservatoire créé en 1795 : on compte parmi ses élèves Louis Adam et Etienne Nicolas Méhul).

Très actif sur la scène musicale parisienne depuis 1775 après des études de droit à la Faculté protestante de philosophie de Strasbourg que fréquentent Goethe et Frédéric de Dietrich, il est le protégé du Baron de Bagge dans son célèbre salon de la rue Feuillade et de Mme d’Argenville qui le loge chez elle rue du Temple ; il est également celui qui jouait l’anémocorde de J. J. SCHNELL (°1777) au Palais Royal et il est prouvé aujourd’hui que sa musique fut jouée à la Cour dès 1786. Sans que l’on sache exactement pourquoi, il revient à Strasbourg (opportunisme politique, histoire de cœur, frustration artistique à Paris faisant suite à son échec de faire monter un opéra ?) où il devient tout de suite membre de la Société des Amis de la Constitution le 15 octobre 1790.

Il se rallie, désormais toujours suivi par son frère Gottfried Ludwig, au club du Miroir (tendance jacobine) lors que son ami le maire de Dietrich opte pour le club des Feuillants. Le 8 mars 1793, il devient membre du comité de salut public, épouse Marceline Caire avec laquelle il aura un premier fils qui deviendra un célèbre pianiste et directeur de conservatoire à Cuba après 1832, et un autre Marcellin qui mourut en bas âge en avril 1794.

Il gravit rapidement de nombreux échelons dans cette nouvelle société bousculée mais rien n’explique de manière objective et univoque la tragédie qui se prépare. En décembre 1793, lui et son frère sont inquiétés, en janvier ils seront arrêtés et jetés en prison pendant 4 mois à Metz (entre décembre et mars 1794). Le 11 mars, ils sont de retour à Strasbourg mais malgré de nombreuses protestations et démarches de leur part pour être définitivement blanchis, ils seront envoyés et guillotinés à Paris le 17 juillet." D. Girard

 

   
SCHMITE - HENNINGSEN Henry
| SCHMIDT | SCHMITTE | SCHMIETE | SCHIMTE | Prénoms :  Henning
1786

 

BON DE MAÎTRISE 1786

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Paris  

rue du Faubourg Saint-Germain, paroisse Saint-Sulpice (1787)(31)(arr.6)

33, Carrefour de Bussy (Buci)(*1788)(arr.6)

 

 

'Facteur de clavecins', 'Facteur de pianofortes' (1)

Époux de Françoise Rouge veuve BECKMANN (1787)(31)

Il est majeur, originaire de Schauberg, duché de Schleswig, Allemagne. L'épouse veuve, est originaire de Charonne (?) diocèse de Besançon, Doubs. (10)

Sur l'acte de mariage : BECKMANN Joseph Engelbert, facteur d'instruments de musique) (?) à Paris ; HERMES Jean Liborius, facteur d'instruments (de musique) à Paris et HOFFMAN Nicolas, facteur de clavecins, aussi de Paris. (10)

 

   
DACKWEILLER
Paul Guillaume

(1)
| DACKWILLER

(1750 - 1801)

 

 

1789

"DACKWEILLER  - 'Elève du Sieur MERCKEN' - Parisiis 1789 -  rue Saint-Honoré, en face des pilliers des Halles, n° 692"

"DACKWEILLER  - Parisiis fécit A. 1790 -  rue Saint-Honoré, en face des pilliers des Halles, n° 692"

PHOTOS EXTRA

Forte-piano de 1790

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Piano carré ca. 1789, Château de Saint Bauzille, France (3)(2)
Piano carré de 1790, Thomas Strange Collection, U.S.
Piano carré de 1793, annonce de 01/2016 à Bergamo, Italie

INFO EXTRA

'Short Biography of P. G. DACKWEILLER' – Thomas Strange, Dec. 3, 2012

Paris rue du Chantre (1783)(4)(arr.4)

692, rue Saint-Honoré (en face des pilliers des Halles)(*1788)(***1789)(1790)(arr.1)

rue Saint Honoré près de celle de Tirechape (P1793)(arr.1)

 306, rue Beaubourg (1801)(10)(arr.3)

 

'Facteur de pianos', élève de MERCKEN.

"Fils cadet (il a deux sœurs plus âgées) de Guillaume Franciscus DACKWEILLER, laboureur de profession (décédé à Ubach le 23 novembre 1764), et d'Agnès Hermans, Paul Guillaume (François) est né en 1750 (il est bâptisé à Ubach, en Allemagne dans le diocèse de Coloniensis le 16 août). En 1783 il a émigré à Paris, il devient l'apprenti / l’associé (?) d’un autre originaire d’Ubach, J.K. Mercken, installé rue du Chantre, et épouse en l'église St Germain l'Auxerrois, le 20 ou 21 octobre de la même année, Agathe Vauthelin qui résidait dans la même rue (elle est originaire de Haute-Marne, baptisée à Langres le 16.03.1753, et fille de Jean Vauthelin et d'Anne Cyrot).

Ils vivront principalement rue St Honoré : le numéro indiqué est le 692, face aux pilliers des Halles, autour de 1789, et devient le 320 en l'an VII (1798/99). DACKWEILLER est admis dans la Communauté des Tabletiers, luthiers et éventaillistes en 1787. Ils auront ensemble de nombreux enfants (entre 5 et 8 selon les sources).

Madame DACKWEILLER ne survivra pas longtemps à la naissance de son dernier enfant Jean-Henry (né le 17 novembre 1798) puisqu'elle décède le 13 pluviôse de l'An VII (1er février 1799) dans le 7ème arrondissement ancien de Paris (Arch. de Paris 5MI1/1143). Paul Guillaume DACKWEILLER épouse en secondes noces Louise Marguerite Langlois, éventailliste, veuve du facteur de clavecins Bénard, le 16 juin 1800. Dans les dernières années de sa vie, du fait de son remariage, DACKWEILLER a pour adresse le n°306, rue Beaubourg. Les facteurs Zimmermann, Mercken et Swanen apparaissent comme témoins dans plusieurs actes notariés.

DACKWEILLER et sa seconde femme auront ensemble un enfant né en juin 1801, Pierre-Louis, mais quelques mois plus tard, Paul Guillaume meurt le 26 fructidor de l'an IX (13 septembre 1801) dans des conditions encore mystérieuses puisque son cadavre est déposé à la Morgue après avoir été repêché dans la Seine. (Arch. de Paris 5MI1/1148)"  D. Girard. Informations généaloqiques aimablement établies par Georges Claude Lebrun et son équipe « éclat de bois » et mises en regard des recherches de J. F. et M. C. Weber publiées dans J.K. Mercken (Paris : Delatour, 2008).

Cette famille de facteurs avait des rapports plus personnels avec d'autres : voir  MERCKEN (°1770), SWANEN (°1781) et ZIMMERMANN (°1780) sur cette page.

   
1789

 




PENDULE MUSICALE propre à déterminer le mouvement que l’on doit faire prendre à la Musique


Tous les morceaux de Musique ont un mouvement déterminé par la nature du sujet sur lequel ils ont été composés ; il doit être plus ou moins animé, selon que les situations où ils doivent être exécutés exigent plus ou moins de feu & d’action. L’esprit qu’un Auteur répand dans ses compositions, se perd dans le souvenir de ceux qui ont vu cet Auteur les faire exécuter. L’accent que l’on doit faire prendre à ses ouvrages, est si souvent affaibli, qu’à peine peut-on le reconnaitre.

Les Musiciens voudraient prendre le tour des idées propres au compositeur ; ils n’y réussissent pas, parce qu’ils ne sont pas mus par les mêmes affections qui ont échauffé son âme. Pour qu’ils exprimassent tout le caractère dont il a voulu marquer toutes ses idées, il faudrait qu’ils pussent s’élever au même degré auquel le thermomètre de son âme s’est monté lorsqu’il les a produites. Qui pourra leur marquer le point où il s’est arrêté ?

Pour conserver à chaque morceau de musique sa couleur & son caractère d’expression, on a désiré plus d’une fois qu’il y eût une machine qui soumît à un mouvement purement mécanique l’accent propre de la musique, & qui pût marquer le temps juste & les mesures précises dans lesquels cet accent doit être renfermé. A l’aide de cette mécanique, le même morceau de musique, exécuté à la même heure à Rome, à Londres, à Pétersbourg & à Moscou, produirait à la fois le même effet. Chaque idée serait nécessairement renfermée dans la même mesure. Elle serait entendue en même temps dans des points très éloignés les uns des autres. Un Compositeur de musique pourrait par là déterminer pour l’avenir le mouvement propre à chacune de ses idées. ->

 

     

 

(la suite)

Cette machine pourrait aussi être utile aux jeunes gens. Elle assujettirait l’oreille indocile des uns au mouvement réglé de la mesure, & elle les empêcherait de s’en éloigner, par la juste division du mouvement dont elle donnerait le sentiment. Cette machine aurait un autre avantage : elle rappellerait à ceux qui auraient une oreille plus exercée, l’idée de l’accent donné dans tel ou tel temps, à un morceau de Musique qu’on voudrait entendre dans une époque très éloignée de celle où il aurait été composé. L’expression propre à tous les morceaux de Musique, ne serait, par ce moyen, jamais perdue, altérée, défigurée.

M. Pelletier, Ingénieur-Mécanicien de S.A.R. l’Infant Dom Gabriel, a calculé le mécanisme de cette machine. Le Public jouirait avec plaisir de cette découverte, s’il voulait en communiquer les détails.

Charles Joseph Mathon de la Cour & Pierre Joseph François Luneau-de-Bois-Germain, Almanach Musical Année 1783, Chapitre « Découvertes » (p. 55-57)

 

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Pianos révolutionnaires après 1789

"Pendant long-temps, la fabrication de ces instrumens à Paris fut peu considérable. Dans le cours de l'année 1790, il ne sortit des ateliers du très petit nombre de facteurs établis à Paris, que cent trente pianos. Ce genre d'industrie ne prit quelque développement que depuis 1795. On appliqua les procédés des frères Erard à des pianos faits dans la forme des clavecins, et on leur donna le nom de pianos à queue. Ceux de Freudenthaler jouirent long-temps d'une faveur méritée. La production s'éleva bientôt à mille par an." Le Magasin pittoresque, Volume 1, 1833, p. 54

 

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FREUDENTHALER Jean-Guillaume
 | William

(1761 - 1824)(10)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1789  

Barre d'adresse de 1814

Barre d'adresse de 1817

Barre d'adresse de 1819

'Pilhelm, Freudenthaler, fait à Paris, 1789', Bruni, 1890

TITRES

'Breveté de Duc d'Orléans' (*1820)  

'et de l'Acad. royale de musique et du théatre royale Italien' (x1827)(x1829)

'Breveté du Roi' (***1836)

Piano carré ca. 1796, autre photo, MIM, Bruxelles, Belgique
Piano carré de 1802, Collection Privée, France
Piano carré ca. 1803, Collection du Château de Sassenage
, France
Piano carré de 1809, 5,5 octaves, 4 pédales, tricorde (!), Collection Hansjosten, Allemagne
Piano carré ca. 1812, St. Petersburg Museum of Music, Russie
 Piano à queue ca. 1814, Ad Libitum, Etobon
, France
Piano carré n° 1509 ca. 1815, et sa signature, Cité de la Musique,
Paris
, France
Piano carré ca. 1815, Clavier am Main, Sammlung Michael Günther, Schloss Homburg, Allemagne

PHOTOS EXTRA

Forte-piano de 1802

   

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PARIS - "M. FREUDENTHALER, à Paris, rue Montmartre, n.° 164, Pour pianos et pupitres mécaniques." Rapport sur les produits de l'industrie française, 1827, p. 395

"FREUDENTHALER, père et fils, Pianos, rue Montmartre, n°. 164. Brevetés de S. A. S. Mgr. le duc d'Orléans. Fabriquent des forté-pianos carrés, à queue et verticaux, qui jouissent d'une réputation acquise par trente ans d'un travail assidu. Tous les instrument de cette fabrique sont soigneusement repassés par MM. Freudenthaler, et se vendent à garantie. Ces pianos, qui font eux-mêmes leur éloge, ont obtenu le suffrage des principaux artistes français et étrangers." Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc. : ouvrage utile à toutes les classes de la société, 1822-23, p. 209-210 (Gallica)

"FREUDENTHALER frères, rue Montmartre, n. 164. Brevetés de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans; fournisseurs de l'Académie royale de musique et du théâtre royal Italien. Fabriquent des forté-pianos carrés, à queue et verticaux, qui jouissent d'une reputation méritée. Tous les pianos de cette fabrique sont soigneusement repassés par MM. Freudenthaler, et se vendent à garantie; ils ont obtenu le suffrage des principaux artistes, français et étrangers." Bazar parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et fabricans de Paris : offrant l'examen de leurs travaux, fabrications, découvertes, produits, inventions, etc., 1826, p. 439 (Gallica)

"De l'accord parfait des pianos dépend non-seulement leur effet harmonique, mais aussi la condition de leur durée; il est donc essentiel de les toujours tenir en bon état sous ce rapport, et c'est un soin qui ne peut être convenablement rempli que par les facteurs eux-mêmes. M. Freudenthaler est le seul qui accorde les pianos à raison de trois francs et laisse la facilité de payer par trimestre; il est également le seul qui, après avoir posé de nouvelles cordes, revienne quelques jours plus tard s'assurer de l'effet qu'elles ont produit. Enfin économie et sûreté, tels sont les avantages qu'offre M. Freudenthaler à ses abonnés et qui nous engagent à le recommander aux amateurs et aux artistes." Aujourd'hui : journal des modes ridicules, 1839 (Gallica)

"Actions de Mille FRANCS. PIANOS. - payables par quart. M. FREUDENTHALER facteur breveté des princes, en 1814, facteur pendant dix ans de l'Académie royale de Musique et du Théâtre royal Ita!ien, a conçu l'heureuse idée, en cessant ses relations avec la maison CHARLES PLANTADE et C., de créer une societé en commandite pour la fabrication, tes réparations et le commerce en géneral des pianos. Chaque action de mille francs donne droit après !e paiement des trois quarts, déposséder en garantie et en proprieté un piano ou pianino a deux ou trois cordes, six octaves ou six octaves et demie, de plus à l'accord de instrument pendant vingt an, durée de la société, à compte du dividende social. - On prend en échange aux actionnaires, à valoir sur le prix de l'action, les pianos dont ils veulent se défaire. prix des ACCORDS, pour les personnes qui ne sont point actionnaires, est fixé a 2 fr. 50 c. pour les pianos à deux cordes, et à 3 fr. pour ceux à trois cordes. Ou a 30 fr. par an, par abonnement, payables par trimestre. S' adresser, pour souscrire et pour les Raccords, chez M. FREUDENTHALER, 13, rue de Navarin." La Presse, 18/01/1839, p. 4 (Gallica) - Voir Charles PLANTADE

"La maison Freudenthaler, connue depuis longtemps pour l'accord des pianos, offre des avantages réels aux amateurs et aux artistes. Nous ne saurions trop la recommander à nos abonnés. M. Freudenthaler est le seul qui se charge d'accorder les pianos au prix de trois francs; il est le seul aussi qui, après avoir posé de nouvelles cordes, prenne le soin d'envoyer quelques jours plus tard, afin dé s'assurer de l'effet qu'elles ont produit,et pour les remettre en état, s'il en est besoin. Cette dernière garantie doit lui faire donner la préférence sur ses confrères, car, on sait combien les cordes neuves sont susceptibles de se déranger ou de se casser après un service de quelques heures. S'adresser ou écrire franco, rue Sainte Appoline, n° 5." Aujourd'hui : journal des modes ridicules, 1840 (Gallica)

"FREUDENTHALER, 5, rue Sainte Apolline, ACCORDS au prix de 3 francs, ou par abonnement, 30 francs par an, subdivisibles par trimestre. —S'il a fallu poser des cordes neuves, l'accordeur reviendra essayer le piano quelques jours après, pour en apprécier l'effet. Pianos d'occasion a vendre et à louer. Réparations sur place et dans les ateliers." Le Ménestrel, 02/02/1840, p. NP (Gallica)

"Freudenthaler père et fils, Pianos, rue Montmartre, n°. 164 - Brevetés de S. A. S. Mgr. le duc d'Orléans. Fabriquent des forté pianos carrés, à queue et verticaux, qui jouissent d'une réputation acquise par trente ans d'un travail assidu. Tous les instrumens de cette fabrique sont soigneusement repassés par MM. Freudenthaler, et se vendent à garantie. Ces pianos, qui font eux-mêmes leur éloge, ont obtenu le suffrage des principaux artistes français et étrangers." Bazar Parisien, ou Annuaire raisonné de l'industrie des premiers artistes et ..., 1821, p. 206

"FABRIQUE, ACHATS, VENTES, LOCATIONS, REPARATIONS ET ACCORDS DE PIANOS.
SOCIÉTÉ EN COMMANDITE ET PAR ACTIONS AVEC GARANTIE.
Actions de MILLE FRANCS. Payables par quart.
PIANOS. M. FREUDENTHALER facteur brevetë des princes, en 1814, facteur pendant dix ans de l'Académie royale de Musique et du Théâtre royal Italien, a conçu l'heureuse idée, en cessant ses relations avec la maison CHARLES PLANTADE et C., de créer une societë en commandite pour la fabrication, les réparations et le commerce en général des pianos. Chaque action de mille francs donne droit après le paiement des trois quarts, dé posséder en garantie et en propriété, un piano ou pianino à deux ou trois cordes, six octaves ou six octaves et demie, de plus à l'accord de l'instrument pendant vingt ans, durée de la société, à compte du dividende social. - On prend en échange aux actionnaires, à valoir sur le prix de l'action, les pianos dont ils veulent se défaire. - Le prix des ACCORDS, pour les personnes qui ne sont point actionnaires, est fixé à 2 fr. 50 c. pour les pianos a deux cordes, et à 3 fr. pour ceux à trois cordes. Ou à 50 fr. par an, par abonnement, payables par trimestre.
S' adresser, pour souscrire et pour les RACCORDS, chez M. FREUDENTHALER, 13, rue de Navarin." La Presse, 18/01/1839, p. 4 (Gallica). Voir