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Ignace PLEYEL
à Paris (°1807)


1855 – 1887

PLEYEL vers 1855

1855

PARIS - "Une grosse affaire se passe dans le jury de la vingt-septième classe instruments de la musique. Il est question de renverser la médaile d'honneur de Herz. Le conseil des présidents parait ne pas vouloir la voter. Le motif de cette résolution serait, dit-on, que ni Erard ni Pleyel n'ont de médailles d'honneur.

Or, il est bon que vous sachiez comment Herz a été désigné pour la médaille d'honneur. Le jury, placé dans la loge de l'administration du Conservatoire, ne connaissait pas le nom des facteurs dont il entendait les pianos. Chaque piano avait un numéro. Chaque juré, après une audition, donnait son opinion sur le piano désigné par ce numéro.

A la fin de chaque séance, un membre du jury, un Anglais, descendait sur le théâtre de la salle du Conservatoire, écrivait le nom du facteur à côté du numéro du piano sur chaque bulletin et cachetait chaque bulletin. Cela s'est passé ainsi pendant les treize séances qu'a duré le travail d'examen des pianos.

Le jury avait divisé les pianos en quatre catégories pianos à queue, pianos carrés à cordes horizontales, pianos droits à cordes verticales et pianos droits à cordes obliques.

Dans les quatre divisions, le dépouillement des bulletins a montré que, de l'avis de tous, Herz a dépassé de bien loin tous les concurrents.

Son piano à queue est un instrument hors ligne et qui n'a jamais eu de pareil. Aucune médaille n'a été plus justement méritée. Le dépouillement de ces bulletins, au reste, a placé Vogelsang, un de vos compatriotes, en quatrième ligne; Florence, un autre de vos compatriotes, en sixième ligne, et un nom comme Pleyel ne venait qu'en dixième ligne. Il est donc bien difficile de donner à Pleyel une médaille d'honneur." Le Figaro, 04/11/1855, p. 4 (Gallica)

PARIS - "Le nouveau piano à queue à double percussion de la maison Pleyel sera joué à l'Exposition par M. Georges Pfeiffer, les mardis et vendredis, de 2 a 5 h." La Presse, 21/10/1855, p. 3 (Gallica)

PARIS - "[...] A l'Exposition, la maison Pleyel a offert plusieurs pianos parmi lesquels deux en bois de rose, dont l'un est accompagné d'ornements de la plus grande richesse.

Ainsi que Pierre Érard, Camille Pleyel cessait de vivre sans être entré dans la salle où brillaient entre tant d'autres les produits de leur industrie. En donnant un dernier regret à sa mémoire, on doit se féliciter que, prévoyant sans doute sa fin prochaine, il se soit préparé à l'avance un digne successeur dans la personne de M. Auguste Wolf.

Ce jeune artiste, déjà distingué comme pianiste et comme compositeur, avait, par une heureuse circonstance, fait des sciences exactes une étude avancée, et acquis ainsi des connaissances que bien peu de musiciens sont à même de posséder.

C'est sur lui que, trois ans avant sa mort, Pleyel jeta les yeux, et assurément il ne pouvait faire un meilleur choix.

Si Pleyel avait compris M. Wolf, celui-ci avait parfaitement compris Pleyel.

Sachant bien que dans les arts mécaniques rien n'aide autant les idées, rien n'explique mieux le nœud des difficultés, rien ne démontre mieux les impossibilités, rien ne prévient mieux les erreurs, rien surtout n'évite plus la perte de temps que d'avoir opéré par soi-même, M. Wolf, mettant habit bas, se fit aussitôt ouvrier : ses mains délicates, habituées à ne toucher que l'ivoire et l'ébène des claviers, se saisirent de la scie, du rabot, du maillet; ses doigts et ses ongles, toujours blancs et polis furent souvent écorchés et tachés de colle forte ou de vernis : il savait bien qu'à ce prix seulement il acquerrait le droit de raisonner pertinemment avec ses chefs d'ateliers, et de continuer dignement les travaux de son illustre prédécesseur.

M. Wolf pense qu'il y a encore beaucoup d'améliorations à obtenir dans la fabrication des pianos; il croit que l'on n'a pas encore assez tenu compte de beaucoup de faits que la science a constatés sans que l'application en ait été faite : c'est sur ce point que paraissent surtout se porter ses méditations; elles le conduiront dans la bonne voie.

Autant la science toute seule, et prise en dehors de l'art, est dangereuse et folle lorsqu'elle prétend s'imposer à l'artiste, autant elle peut être d'une immense utilité et d'une précieuse ressource lorsqu'elle est dans l'esprit et dans les mains de l'artiste lui-même, qui, dans les applications n'oublie jamais que rien n'est utile de ce qui n'est pas praticable et applicable.

En attendant les nouveaux perfectionnements qu'espère M. Wolf, et que d'autres sans doute méditent comme lui, soit dans le silence du cabinet, soit dans le bruit de l'atelier, il en est aux yeux de qui la construction des pianos est arrivée à un tel degré de perfectionnement, que toutes leurs inventions nouvelles se portent sur des points accessoires, ayant pour objet d'étendre les ressources et le domaine de cet instrument favori de notre siècle, ou bien encore d'en faciliter l'étude et d'accroître le nombre déjà si grand de ceux qui le cultivent.

C'est dans ce dernier but qu'a été conçu le procédé de M. Moullé, pour obtenir une modification dans le degré de dureté ou de mollesse des touches du clavier.

Déjà l'on avait observé bien des fois, d'une part, que le degré de force dans les doigts demandé par le clavier de tel piano est ou moindre ou supérieur à celui qu'exige tel autre; et, en second lieu, que les doigts d'un enfant de six ans n'ont pas la force de ceux d'un homme de vingt-cinq, avec des gradations infinies pour ces deux cas.

C'est pour augmenter la force des doigts et la répartir d'une manière égale entre tous qu'ont été inventés divers systèmes de mécanisme adaptables au piano, parmi lesquels le plus répandu a été le daclylion de M. Herz, dont, au reste, le premier succès ne s'est pas prolongé.

Le dactylion avait pour objet de donner plus de force aux doigts, qui, passés dans des anneaux maintenus en l'air au moyen de ressorts qu'il fallait abaisser, arrivaient, par cet exercice souvent répété, à toucher les claviers les plus durs comme les plus doux; mais, à cet avantage du dactylion se joignaient aussi de graves inconvénients dans les résultats, car après s'en être servi pour acquérir la force que l'on n'avait pas, il fallait, après l'avoir abandonné, faire une toute aussi longue étude pour retrouver la douceur et la souplesse que Ton avait perdues.

Vers la même époque, un artiste plein de talent et de modestie, M. La Hausse, inventa le clavigrade, qu'il a depuis perfectionné, et dont l'avantage est de donner à tous les claviers, quelle que soit d'ailleurs la qualité de chacun d'eux, une telle progression de résistance, qu'ils puissent être indifféremment touchés par les doigts les plus délicats et par les plus vigoureux, et passer ainsi des mains d'un artiste consommé à celles des plus jeunes élèves. Le grand point était ici de graduer instantanément la résistance des claviers sans rien changer à la facture ordinaire.

Dans le même but, Pleyel avait construit un piano muet destiné à cet usage; mais M. Lahausse a réduit la difficulté à son état le plus élémentaire dans le elavigrade exerce-doigts, qui consiste en une simple série de cinq touches munies chacune d'un ressort à boudin qui se bande à volonté au moyen d'une vis  de rappel placée sur le devant et agissant à la fois sur toutes les touches.

Ce petit instrument a l'avantage d'être portatif, de ne tenir presque aucune place, et de coûter fort bon marché.

Quant au système appliqué à l'étendue entière du clavier, il met tout piano à la portée de toutes les forces; il donne aux touches une résistance progressive à mesure que les doigts se délient et se fortifient; il n'entrave en aucune manière le mécanisme ordinaire pour tous les exercices possibles, il s'applique à tous les pianos, et, grâce à lui, les vieux deviennent tout aussi propres à l'étude que les neufs." Quinze visites musicales à l'Exposition universelle de 1855, Adrien de La Fage, fragment du texte p. 83-87

PARIS - "Les pianos de Pleyel brillent par des qualités plus douces; ils sont propres surtout à la musique intime, à l'expression des sentimens tendres et mélancoliques, au style de certains maîtres qui exigent moins de pompe et d'éclat que de distinction et de suavité." Journal des débats politiques et littéraires, 15/01/1856, p. 3 (Gallica)

PARIS - "Pianos en bois de thuya. — Kriegelstein, S. Mercier, Pleyel, Scholtus." Revue de l'Orient, Volumes 3-4, Société orientale Paris, 1856, p. 69

PARIS - "Les pianos Pleyel et le thuya. - Les journaux officiels ont porté le total à 330 au lieu 292, en y comprenant les prix décernés aux industriels français qui avaient mis en œuvre les matières premières de l'Algérie; et avec ce renfort ils ont pu la gratifier de cinq grandes médailles d'honneur.

Pour Algérien que nous soyons, nous n'osons aller jusque-là, et nous craindrions de prêter à la raillerie en revendiquant, comme on l'a fait, pour la colonie les couronnes décernées à la maison Pleyel, par exemple, sous le prétexte qu'elle a employé dans la Fabrication de ses pianos du bois de thuya." Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique, 01/1856, p. 240 (Gallica)

PARIS - "Un autre nom depuis longtemps célèbre et que la mort vient aussi de rayer, Pleyel, dont les produits ont occupé et occupent encore un rang des plus éminens dans la facture, est représenté par un grand piano à queue.

Si les sons de cet instrument n'ont pas toute l'intensité des pianos à queue d'Erard, il faut reconnaître du moins qu'il y a dans le piano de Pleyel une qualité de son irréprochable, ce qui n'est pas un mince avantage, et que le toucher est d'une égalité parfaite. On peut donc considérer comme devant attirer l'attention spéciale du jury ce piano, qui est là comme un legs dont Pleyel a voulu doter son art. [...]

La maison Pleyel a également exposé un piano octaviant, d'après un brevet qui lui a été cédé par M. Zeiger, de Lyon." Le travail universel : revue complète des oeuvres de l'art et de l'industrie exposées à Paris en 1855, p. 600-602 (Gallica)   -  Voir ZEIGER, à Lyon.

PARIS - "A propos de l'Exposition et des donations faites par les exposants à l'armée d'Orient, on lit ce qui suit dans le Moniteur : S. A. I., le prince Napoléon continue à recevoir de la part des exposants des dons de toute espèce en faveur de l'armée d'Orient. M. Pleyel, à Paris, vient d'offrir un piano droit en bois de rose richement ornementé.

Enfin, Mme veuve Ërard a offert le beau piano à queue style Louis XV, qui figure à son exposition dans la nef du Palais de l'Industrie, et qui a une valeur d'environ 25,000 fr. [...]" Le Ménestrel, 23/09/1855, p. 2 (Gallica)

PARIS - "Pianos. - Un soir, il y a de cela près d'un an, un vénérable curé qui avait résolu d'adoucir les rigueurs de l'hiver à ses ouailles pauvres et souffrantes, s'en allait de porte en porte chez les riches habitants de sa paroisse, rêvant en chemin à quelque moyen attrayant de provoquer la charité, lorsque, arrivé chez un célèbre industriel, on lui suggère l'heureuse idée d'un concert; on lui oure les moyens de l'organiser, on lui prête un magnifique salon brillamment éclairé, des artistes pour y concourir; enfin l'on y joint sur-le-champ le don d'une somme qui dépassait de plus du double tout le reste de la collecte.

Ce donateur si bon, si empressé, se nommait Camille Pleyel. Aujourd'hui, il ne reste de lui qu'un nom justement honoré, et des chefs-d'œuvre dont l'art n'est pas moins fier que l'industrie.

Ce que fut Pleyel, peu de personnes l'ignorent sans doute : fils d'un artiste dont les œuvres musicales resteront, il était artiste lui-même et surtout réalisateur; ses travaux que nous admirons, fruits d'une expérience de vingt-cinq ans, le prouvent surabondamment.

La noblesse, si elle oblige, a ses privilèges aussi en héritant d'un beau nom, Camille Pleyel recueillait encore la tradition des essais et des études paternels. On a vu tout le parti qu'il a su en tirer. Il est vrai que lors de son entrée dans la lice, d'autres et de nombreux athlètes l'y avaient précédé, et qu'avant lui déjà bien des palmes avaient été cueillies.

De moins hardis se seraient contentés de glaner, lui, logique et persistant, au lieu de chercher des voies nouvelles, il se mit à aplanir, à perfectionner sans relâche celles qu'il voyait adoptées. Sans rompre orgueilleusement avec les procédés préexistants, le jeune facteur sut en respecter le principe, sauf à lui faire produire des applications neuves et imprévues.

Aussi, trois années n'étaient pas écoulées, que la médaille d'or venait récompenser ses efforts et marquer glorieusement ses premiers pas. A partir de cette époque, on remarque dans tous les produits de la maison Pleyel un caractère spécial, qu'explique sa façon de procéder.

Avec un soin intelligent, elle va recueillir au loin tout ce que les écoles étrangères ont d'heureux et de rationnel elle en rapporte les idées principales à ses ateliers, en modifie l'application, ajoute, retranche, crée d'ingénieux moyens, et bientôt, multipliant sa fabrication, elle s'en va doter les Etats Unis, les Indes et la France elle-même, de brillants résultats dont elle a puisé à Londres ou à Vienne la pensée première.

De là, les rapides progrès du piano droit; de là, le piano unicorde, qui fixa l'attention des acousticiens sur un phénomène sonore jusque-la inaperçu; de là, ces pianinos, tellement perfectionnés que leurs nouvelles qualités ont fait oublier leur primitive origine; de là, la douceur extrême des claviers, habituellement sacrifiée à la sonorité.

Telle est la source d'où partent les nombreuses créations auxquelles le nom de Pleyel est attache, et qui sont nées de l'alliance si difficile à réaliser du génie de l'étude avec l'art de l'exécution matérielle.

Pour être banal à dire, ce qui va suivre n'en est peut-être que plus vrai il est certain que bien longtemps avant qu'on ne songeât à des expositions universelles, admirer le bon goût, le fini parfait et l'élegante sonorité d'un piano, c'était nommer d'avance la maison Pleyel, et il n'y avait pas en Europe un salon où l'un ne sût qu'un choix scrupuleux des matériaux, des procédés particuliers et une facture consciencieuse permettaient à ces beaux instruments de braver les plus longs voyages, aussi bien que les influences climatériques les plus diverses.

Tout le monde musical eût pu, dès cette époque, présager le rôle honorable réservé à cette illustre maison dans une solennité comme celle qui a fait construire le palais des Champs-Elysées. Du reste, on voit assez qu'elle n'y a point failli : ses œuvres sont là pour en rendre témoignage.

A peine l'Oeil charmé du visiteur a-t-il rencontré le beau trophée musical de la nef centrale, qu'il remarque tout d'abord un chef-d'œuvre de goût et de simplicité, un magnifique piano à queue avec formes à la fois majestueuses et élégantes, en bois de rose, où des moulures en bronze doré relèvent avec art un remarquable travail d'ébénisterie.

Et pour montrer quelle variété de caractère une main habile peut mettre entre deux modèles analogues, un instrument du même format, mais en bois de palissandre, s'offre à nous dans le pourtour, non moins riche, non moins gracieux que la premier, bien que d'un style plus sévère.

Piano droit (pianino) à cordes
obliques, style Louis XV (1715-1774),
modèle de la maison Pleyel, Wolf
et Cie, à Paris,
Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque céramique, sculpture, peinture et gravure, 1873-74, p. 1599 (Gallica)

Voulant faire hommage à notre glorieuse armée d'Orient, la maison Pleyel a précisément choisi un élégant piano droit de sept octaves, à cordes obliques, style Louis XV, en bois de rose incrusté de ravissantes marqueteries, et enrichi d'ornements bien tracés.

En sorte qu'après avoir admiré l'objet même, tout le monde a applaudi à la bonne oeuvre patriotique.

Et comme si elle revendiquait le privilège de ces sortes de choses, voici que la même maison exécute en bois de thuya un de ses grands modèles de pianos droits, pour mettre en relief et faire valoir les produits de nos possessions africaines, confiés à son habileté par M. le ministre de la guerre.

Signaler après cela de moindres travaux, et faire observer avec quelle scrupuleuse exactitude ceux qui créent de si belles œuvres ont pris le soin d'en indiquer le prix, ce serait presque tomber dans l'insignifiance des détails. Nous ne commettrons pas cette faute.

Mais il tant le proclamer ici, ou plutôt le répéter après tout le monde, le nom de Pleyel à l'Exposition universelle n'est pas resté au-dessous de lui-même; il a noblement répondu à l'attente que sa réputation européenne avait fait concevoir au monde artiste comme au monde industriel. N'oublions pas, puisque aujourd'hui l'on apprécie tant les résultats positifs, que c'en est un fort beau déjà que de fabriquer chaque année, dans d'immenses ateliers, situés à Paris et aux environs, de quatorze à quiuze cents pianos, et de les écouler dans la méme proportion.

Ce genre de succes, nous le savons, peut n'être pas toujours la conséquence du vrai mérite; mais quand il l'accompagne, on ne saurait trop s'en féliciter.

Sans doute, il est douloureux de songer que l'esprit sous la conduite duquel ces brillants instruments charmaient à la fois les artistes et les amateurs, ne se révélera plus à nous désormais mais si cette considération touchante rend plus précieux encore les souvenirs que le maître a laissés, ne soyons point ingrats envers les hommes appelés à recueillir ce bel héritage, et disons en terminant que si Camille Pleyel a pu être compris et dignement continue, c'est par l'artiste distingue, M. Auguste Woiff, qui était depuis plusieurs années son élève et son associé et qui lui succède comme gérant de la maison Pleyel et Cie, laquelle conserve ce nom si justement célèbre. A. Giacomelli." La France Musicale, 1855, p. 322 (Gallica)

PARIS - "PLEYEL. - L'éminente position qu'occupe la maison Pleyel dans la facture instrumentale, est partout reconnue et proclamée. Le monde des pianistes rend hommage à la supériorité de ses produits en Europe et dans le nouveau monde.

Le jury de toutes les expositions a donné une consécration éclatante aux suffrages des artistes et des amateurs. Ces magnifiques résultats sont dus à l'infatigable activité d'un homme, dont la vie tout entière a été consacrée au perfectionnement d'un art dont il avait recueilli dans sa famille les plus belles traditions.

Camille Pleyel possédait à la fois un noble cœur et une haute intelligence. Tous ceux qui l'ont connu savent avec quel désintéressement et quelle ardeur il poursuivit et réalisa les progrès les plus importants, les applications les plus heureuses.

Sa mort prématurée a laissé d'ineffaçables regrets dans le cœur de ses nombreux amis et de cette population d'ouvriers intelligents qui s'étaient formés sous sa direction et dont il était le père.

L'Exposition universelle a mis en évidence les derniers travaux de cet homme de talent, dont l'esprit inventif, l'imagination pleine d'activité et de sève pouvaient rendre encore tant de services au monde musical Malgré la perte de son illustre chef, la maison Pleyel s'est maintenue à la hauteur de sa réputation.

Une immense clientèle dont les éléments se sont formés dans toutes les parties du monde, l'entoure de ses sympathies. La fabrication des pianos y est dirigée par M. Wolf, artiste d'un grand mérite, que Camille Pleyel honorait de son amitié, et qui con tintiedignementl'oeuvre du maître." Annuaire musical : institut, conservatoires, théâtres lyriques, associations des artistes, 1857, p. 199-200 (Gallica)

LA MAISON PLEYEL ET CIE.

PARIS - "La facture instrumentale exige des études plus sérieuses qu'on ne le croit communément; beaucoup de gens s'intitulent facteurs, qui ne possèdent pas même les notions les plus élémentaires de l'art, et sont tout simplement des marchands de pianos.

On les embarrasserait tous, si on leur demandait la moindre explication sur telle ou telle partie de la facture ; ils sont également étrangers à la théorie et à la pratique de l'art dont les produits leur, assurent souvent de trèsbeaux bénéfices.

Ils ont l'habileté, le savoir-faire du négociant, voilà tout.

— Quant au facteur digne de ce nom, il est au niveau des hommes les plus éminents par l'intelligence, sa profession réclame des connaissances étendues et variées, dont la réunion se trouve rarement chez le même homme ; ce n'est qu'à force de combinaisons ingénieuses, de science et d'invention, qu'on peut exceller dans la facture instrumentale; pour obtenir de véritables succès, il faut étudier toutes les tentatives d'amélioration, s'assimiler toutes les idées nouvelles susceptibles de perfectionnement, et tout en cherchant des routes originales, tenir compte des traditions et des principes dont l'expérience a constaté la valeur.

Parmi les maisons qui s'occupent de la facture instrumentale, il en est peu qui réunissent les conditions que nous venons d'énumérer.

Mais, à coup sûr, la maison Pleyel figure au premier rang de ces établissements modèles; depuis longtemps, la France est fière de la posséder, l'Europe entière J'apprécie, et ses produits sont recherchés dans toutes les parties du monde.

On sait que le fondateur de cette maison si justement célèbre, fut Ignace Pleyel, né en Autriche, en 1757.

Ignace Pleyel étudia la composition chez le grand Joseph Haydn, à Vienne; en 1786, il lit un voyage en Italie, et y reçut l'accueil le plus distingué; il se rendit ensuite à Paris, où il obtint également un succès prodigieux ; après un court séjour dans la capitale, il passa à Strasbourg, où il fut nommé, en 1787, maître de chapelle; plus tard, il vint se fixer à Paris, et y jeta les bases de cette manufacture de pianos qui a pris de si colossales proportions.

On doit à Ignace Pleyel de nombreuses compositions pour violon, de grandes symphonies d'orchestre, des duos, des trios, des quatuors, des sonates, des quintetti, etc.

Parmi ses ouvrages pour le chant, on a cité avec éloges l'opéra italien Ifigenia, pour lequel il composa une musique charmante.

Ignace Pleyel avait transmis à son fils son goût et son talent pourla musique.

— Elève favori de Dusseck, intimement lié avec toutes les illustrations artistiques cle notre époque, auteur de délicieuses productions, Camille Pleyel pouvait aspirer à de grands succès comme compositeur.

Mais ses aptitudes l'entraînaient vers la facture instrumentale que son père avait entreprise; voici en quels termes un critique distingué, M. Giacomelli, retraçait dernièrement, dans la France musicale, les tentatives et les travaux de Camille Pleyel :

«La noblesse, si elle oblige, a ses privilèges aussi. »

En héritant d'un beau nom, Camille Pleyel recueillait encore la tradition des études et des essais paternels; sans rompre orgueilleusement avec les procédés préexistants, le jeune facteur sut en respecter le principe, sauf à lui faire produire des applications neuves et imprévues; aussi trois années n'étaient pas écoulées, que la médaille d'or venait récompenser ses efforts et marquer glorieusement ses premiers pas.

« A partir de cette époque, on remarque dans tous les produits de la maison Pleyel un caractère spécial, qu'explique sa façon de procéder avec un soin intelligent; elle va recueillir au loin tout ce que les écoles étrangères ont d'heureux et de rationnel ; elle en rapporte les idées principales à ses ateliers, en modifie l'application, ajoute, retranche, crée d'ingénieux moyens, et bientôt, multipliant sa fabrication, elle s'en va doter les Etats-Unis, les Indes et la France elle-même des brillants résultats dont elle a puisé à Londres ou à Vienne la pensée première.

« De là les rapides progrès du piano droil; de là ces pianinos tellement perfectionnés, que leurs nouvelles qualités ont fait oublier leur primitive origine; de là la douceur extrême des claviers, habituellement sacrifiés à la sonorité.

Telle est la source d'où partent les nombreuses créations auxquelles le nom de Pleyel est attaché, et qui sont nées de l'allianèe si difficile à réaliser du génie de l'étude avec l'art de l'exécution matérielle.

« Il est certain que, bien longtemps avant qu'on ne songeât à des expositions universelles, admirer le bon goût, le fini pariait et l'élégante sonorité d'un piano, c'était nommer d'avance la maison Pleyel.

Il n'y avait pas en Europe un salon où l'on ne sût qu'un choix.serupuleuxdes matériaux, des procédés particuliers et une facture consciencieuse permettaient à ces beaux instruments de braver l'es plus longs voyages, aussi bien que les influences climatériques les plus diverses. »

Les lignes que nous venons de citer sont un juste hommage rendu à l'intelligente activité de Camille Pleyel, et tous ceux qui ont connu le célèbre facteur sanctionneront ces éloges.

Pendant vingt-cinq ans, tous les efforts, toutes les. recherches, toutes les études de Camille Pleyel ont eu pour but le perfectionnement de l'art auquel il avait consacré sa vie, et dans la pratique duquel il trouvait les plus vives jouissances.

L'esprit d'initiative, le génie de l'invention, le travail et la patience, voilà les éléments de ses succès. Une voulut rien devoir aux artifices du charlatanisme : ces moyens répugnaient à son caractère franc et loyal; il savait d'ailleurs ce que valent les réputations qui reposent sur une base aussi fragile.

Les avantages matériels, les profits légitimes attachés à l'exercice de sa profession n'avaient pour lui qu'une importance secondaire. Il voyait surtout dans la fortune un moyen de faire le bien. Ses ouvriers conserveront toujours le souvenir de sa générosité noble. Ils trouvèrent en lui un protecteur, un véritable père, dans les crises douloureuses que nous avons eues à traverser depuis vingt-cinq ans.

Camille Pleyel avait le coup d'oeil prompt et sûr qui distingue les aptitudes. Tout homme actif et de bon vouloir trouvait dans ses ateliers un emploi en harmonie avec ses capacités.

Il avait su grouper autour delui des ouvriers intelligents, dont plusieurs sont devenus, sous sa direction, de véritables artistes.

C'est à ces travailleurs d'élite qu'il soumettait ses plans, ses idées; il interrogeait leur expérience, accueillait leurs observations quand elles lui paraissaient justes, les combattait ou les modifiait quand elles lui semblaient inapplicables, et de ce concours de lumières sortirent plus d'une fois d'importantes améliorations.

C'est en suivant la route que nous venons d'indiquer, que Camille Pleyel a créé un établissement modèle et l'a établi sur d'indestructibles fondements.

Il a pu s'enorgueillir à bon droit des suffrages et des félicitations que lui ont donnés, à différentes époques, les plus grands artistes de la France et de l'étranger.

A ces témoignages éclatants d'estime et de sympathie, il fautajouter les rapports favorables dont ses produits ont été l'objet, et les récompenses qu'ils ont obtenues aux diverses expositions.

Il resta remarquer en effet que pour la solidité, pour l'élégance et pour la pureté des sons, les pianos sortis de ses ateliers ont toujours été placés au premier rang par le jury. Aux expositions de 1827, 1834, 1839, 1844, la maison Pleyel reçut des médailles d'or, et son chef fut décoré de l'ordre de la Légiond'Honneur.

Le jury de 1844 ayant mis ces instruments au premier rang et hors ligne, et Camille Pleyel ayant été nommé délégué auprès du jury central dé 1849, cette maison fut mise hors de concours.

Ajoutons que la supériorité de ses produits n'a pas cessé d'être reconnue par les amateurs et les virtuoses de tous les pays. Il sort chaque année de vastes ateliers, établis à Paris ou aux environs, quatorze ou quinze cents pianos, qui s'écoulent dans toutes les parties du monde.

Ce magnifique résultat est une nouvelle preuve des vives sympathies que le nom et le talent de Pleyel éveillent dans le monde musical. Il était facile de prévoir que la maison Pleyel figurerait avec éclat à l'Exposition universelle. Elle y a été à la hauteur de ses antécédents Voici comment s'exprime à ce sujet M. Giacomelli dans l'article de la France musicale dont nous avons déjà reproduit un fragment :

A peine l'oeil charmé du visiteur a-t-il rencontré le beau trophée musical de la nef centrale, qu'il remarque tout d'abord un chefd'oeuvre de goût et de simplicité, un magnifique piano à queue avec formes à la fois majestueuses et élégantes, en bois cle rose, où des moulures en bronze doré relient avec art un remarquable travail d'ébénisterie; et pour montrer quelle variété de caractère une main habile peut mettre entre deux modèles analogues, un instrument de même format, mais en bois de palissandre, s'offre à nous dam; le pourtour, non moins riche, non moins gracieux que le premier, bien que d'un style plus sévère.

« Voulant faire hommage à notre glorieuse armée d'Orient, la maison Pleyel a précisément choisi un élégant piano droit, de sept octaves à cordes obliques, style Louis XV, en bois de rose incrusté de ravissantes marqueteries et enrichi d'ornements bien tracés; en sorte qu'après avoir admiré l'objet même, tout le monde a applaudi à la boune oeuvre patriotique; et comme si elle revendiquait le privilège de ces sortes de choses, voici que la même maison exécute en bois de Thuya un de ses plus grands modèles de pianos droits pour mettre en relief et faire valoir un des produits de nos possessions .africaines, confié à son habileté par M. le ministre de la guerre.

Le jury de l'Exposition universelle a décerné à la maison Pleyel une médaille d'honneur.

Depuis que la mort est venue frapper presque subitement Camille Pleyel, le 4 mai dernier, sa fille, seule héritière de sa position industrielle, conserve son nom à ses établissements, avec le concours éclairé de M. Auguste Wolff, son associé-gérant. M. Auguste Wolff était depuis longtemps l'élève de prédilection et le collaborateur actif de l'homme éminent, dont le monde musical déplore la perte.

Initié par son maître à tous les secrets de l'art, il s'était développé sous sa direction et avait mérité de devenir son associé.

Il apporte dans sa gestion des qualités précieuses.

Pianiste distingué et ayant été l'un des professeurs du Conservatoire, il réunit à son talent musical une remarquable habileté pratique dans la facture, où sa haute intelligence et sa ferme résolution de marcher dans la voie du progrès lui assurent de constants succès.

Auprès de M. Auguste Wolff se trouve un personnel d'anciens collaborateurs et d'associés, dont il prend en sérieuse considération l'expérience et les lumières, et c'est ainsi, fortement constituée, que la maison Pleyel marchera dans sa voie de développements successifs. Déjà l'initiative de M. Auguste Wolff a eu d'importants résultats.

Voici, en effet, ce que nous lisons dans un article publié dans l'Illustration, sous la signature de M. Gustave Héquet :

Le piano dont nous voulons parler à nos lecteurs n'est pas un piano comme un autre. Il offre à l'exécutant deux mécanismes complètement indépendants; l'un est inférieur, c'est celui des pianos ordinaires ; l'autre est supérieur et frappe les cordes en dessus, au lieu de les frapper en dessous.

Une pédale ajoutée permet de faire jouer simultanément deux mécanismes. Le supérieur fait entendre alors l'octave grave de chaque note attaquée par le mécanisme inférieur, et l'exécutant double ainsi, sans aucun effort, la sonorité de l'instrument.

Ce piano présente une autre amélioration. Le pianissimo s'y obtient d'une toute autre manière que dans les pianos ordinaires. C'est une pédale qui le produit; mais cette pédale, au lieu de déplacer les touches, rapproche les marteaux inférieurs des cordes qu'ils doivent frapper.

On comprend sans peine que le coup est moins fort à mesure que le marteau est plus voisin de la corde; et comme le mécanisme inférieur s'élève et s'abaisse selon que la pression du pied augmente ou diminue, l'exécutant n'a plus seulement à sa disposition le contraste du piano et du forte comme autrefois, mais toutes les nuances intermédiaires.

Il peut passer des sons les plus doux aux sons les plus forts, et réciproquement, par une gradation presque insensible, il peut colorer son jeu de mille manières. En un mot, grâce à cette idée si simple et si ingénieuse de la mobilité des marteaux, tous les degrés du crescendo et du decrescendo seront désormais à la disposition de l'exécutant, et le piano va devenir enfin un instrument réellement expressif.

Ce nouveau piano sort des ateliers de la maison Pleyel et des mains de M. Schayrer, le premier et le plus ancien contre-maître de la maison, qui, après y avoir travaillé longtemps sous la direction du savant et ingénieux artiste dont on ne saurait trop déplorer la perte, vient de l'achever ainsi sous les yeux de M. Wolff, son habile continuateur.

Les artistes et les amateurs apprécieront tout le mérite de ce nouveau système et rendront hommage aux efforts de M. Auguste Wolff, pour soutenir l'éclatd'une maison depuis.longtemps hors ligne. - C.V." Le Mercure parisien : sciences, littérature, études de moeurs, théâtres, poésie, peinture, modes, bibliographie, commerce et industrie, etc. etc. etc., 25/12/1855, p. 2-3 (Gallica) - Voir SCHAYRER

1859

ROUEN - "Nous voudrions vous parier du piano-orgue à deux claviers, maison Pleyel et Alexandre, mais nous avouons n'être pas encore suffisamment renseigné sur ce sujet.

Un artiste spécial doit bientôt venir pour nous initier aux ressources de ce nouvel assemblage ; en attendant nous devons dire que cet instrument est orné d'une médaille d'or obtenue à l'exposition universelle." Revue espagnole et portugaise, 07/1859, p. 384 (Gallica)  -  Voir ALEXANDRE Père et Fils (°1829)

1861

MARSEILLE - "Mais la maison qui, à l'égal de celle d'Érard, s'est maintenue sans faiblir, et rivalise avec elle, c'est la maison Pleyel. Avec moins de force peut-être que les pianos d'Érard, ceux de Pleyel soutiennent vaillamment les plus dangereuses comparaisons, témoin le spécimen-modèle qui figure à notre exposition du Chapitre.

Ce piano à queue, grand format, à sept octaves avec barrages en fer, sillet cuivre, meuble en palissandre, a été fabriqué spécialement pour Marseille à l'occasion du concours régional, et l'on peut ajouter que c'est un vrai chef-d'oeuvre du genre, si après l'avoir admiré comme aspect, on pose les doigts sur ses touches, d'où s'échappent des sons dont l'ampleur unie à l'égalité la plus parfaite acquièrent un nouveau charme de la légèreté du clavier, qui se prête admirablement à toutes les impressions du jeu de l'exécutant.

Les pianos droits de Pleyel ont aussi leur place. C'est d'abord un pianino, un petit oblique, et enfin un grand modèle forme riche : ce dernier fait pour remplacer en beaucoup de cas le piano à queue dont il a presque la puissance." Le Ménestrel, 18/08/1861, p. 2 (298) (Gallica)

NANTES - "Les meilleurs instruments de ce genre sont ceux sortant des ateliers de M. Pleyel et M. Herz, qui, tous deux, avaient à l'Exposition nantaise d'admirables et parfaits échantillons de leur fabrication.

La maison Pleyel a été fondée en 1807, par Ignace Pleyel, compositeur de musique; en 1824, elle devint, sous la direction de M. Camille Pleyel, son fils et depuis longtemps son associé, une des plus importantes du continent.

Cette maison fait aujourd'hui plus de deux millions affaires, fabrique 1,600 pianos par an, et occupe 500 ouvriers.

Ses établissements se composent de la scierie à vapeur, avec chantiers et ateliers, situés à Montmartre; de la fabrique et de l'établissement central de la rue Rochechouart; enfin de la succursale de la rue Richelieu.

Aujourd'hui, la maison est gérée par M. Auguste Wolf [sic], ancien lauréat du Conservatoire, où il professa le piano pendant cinq ans. Ancien associé de M. Camille Pleyel, il est devenu son digne successeur, en continuant son oeuvre avec succès. Dès le début de l'Exposition, la maison Pleyel, dont les pianos maintiennent partout leur supériorité, s'est mise hors de concours, proprio motu." Exposition de l'Industrie à Nantes, Dentu, 1861, p. 146

1862

LONDRES - "D'abord la maison Pleyel, Wolff et Cie, à Paris, qui a exposé un piano droit à cordes obliques, un piano à demi queue, un piano à queue, de concert; un instrument à clavier de pédales dit pédalier, pour les organistes.

Tous ces instruments témoignent de l'habileté des constructeurs et de leurs efforts constants pour perfectionnerla fabrication. Le piano à double percussion n'a dû être trouvé qu'après plusieurs années de travaux suivis, et l'admirabie sonorité du pédalier est certainement le fruit de longues et sérieuses méditations." La Presse, 10/08/1862, p. 2 (Gallica)

 LONDRES - "Les pianos Pleyel-Wolff témoignent des efforts constants de cette maison vers le perfectionnement. Ses instruments de concert sont des modèles qui résument toutes les qualités essentielles.

Ces pianos sont transportés à des distances considérables, par toutes les voies de terre et de mer, renversés dans tous les sens, secoués, ballottés plusieurs mois de suite ; et, quand ils arrivent à destination, aux extrémités d'un autre hémisphère, un ouvrier, le premier venu, les déballe, les remet sur pied, et l'exécutant peut s'en servir sans le secours de l'accordeur.

« M. Auguste Wolff a suivi religieusement les traditions des deux Pleyele en réalisant tous les progrès préparés par eux. Son piano à double percussion est le résultat de plusieurs années de travaux sérieux. Depuis, M. Wolff a fait établir un instrument, dit pédalier, d'une sonorité magnifique dont nous allons esquisser
le mécanisme.

« Le pédalier est une des choses remarquables de l'exposition. Il consiste en une sorte de buffet placé près du piano. Sur le devant est le siège de l'exécutant ; ce siège s'abaisse ou s'élève à volonté. Les pieds de l'artiste reposent sur un parquet à lames longitudinales

qui font corps avec le buffet. Selon qu'il appuie sur telle ou telle lame, l'orgue répond. Cet orgue qui' a deux octaves et demie, joint alors sa puissance à la sonorité du piano.

« Dans les meilleurs pianos, la dernière octave, et surtout la dernière quinte, n'ont que des sons peu distincts. L'orgue est là pour y suppléer. Pour tempérer la gravité des grosses cordes de son pédalier, M. Wolff a eu l'heureuse idée d'y joindre des cordes plus fines qui produisent en même temps l'octave supérieure.

« La vibration se prolonge avec plénitude.

« Quels avantages tirera-t-on de ce pédalier « Les organistes babiles ne sont pas nombreux; cela provient de ce que les moyens d'étude .leur manquent. On trouve rarement un orgue ailleurs que dans les églises. Comment s'exercer?

L'organiste est donc obligé d'apprendre l'orgue sur le piano. Les deux instruments se ressemblent quant au clavier, mais ils différent essentiellement quant à la manière d'attaquer la touche.

« Quelques facteurs, frappés des inconvénients de ce système d'étude, avaient essayé d'adopter la pédale tirasse au vieux clavecin ; mais ce moyen, dont le seul avantage était de laisser à la main gauche sa liberté, n'aioutait rien à la puissance du clavecin. Le pédalier Wolff résout le problème. Son prix restreint le rend accessible à toutes les bourses. L'organiste pourra désormais, sans sortir de chez lui, se familiariser avec le jeu compliqué des pédales, et le pianiste ajoutera de nouveaux effets à son instrument. »

Nous devons des éloges aux pianos de M. Hoptlinson, de Londres. Leur mécanisme consiste dans un simple pilote du piano primitif, placé sur la touche et articulé avec une chamière. Lorsque le pilote agit sur le marteau, ce dernier est saisi par l'attrape-marteau, et quand la touche se relève un tant soit peu, un ressort de fil de laiton redresse le pilote et le préparp à répéter la note, n'importe à quel degré d'enfoncement; de cette manière, l'inventeur obtient la répétition la plus délicate sans aucun échappement." Journal des travaux de l'Académie de ..., 10/1862, p. 693-694 (Gallica)

 LONDRES - "Nous croyons devoir reproduire l'appréciation suivante sur les pianos de notre collègue M. Wolff. Les pianos Pleyel-Wolff témoignent des efforts constants de cette maison vers le perfectionnement. Ses instruments de concert sont des modèles qui résument toutes les qualités essentielles.

Ces pianos sont transportés à des distances considérables, par toutes les voies de terre et de mer, renversés dans tous les sens, secoués, ballottés plusieurs mois de suite ; et, quand ils arrivent à destination, aux extrémités d'un autre hémisphère, un ouvrier, le premier venu, les déballe, les remet sur pied, et l'exécutant peut s'en servir sans le secours de l'accordeur.

M. Auguste Wolff a suivi religieusement les traditions des deux Pleyele en réalisant tous les progrès préparés par eux. Son piano à double percussion est le résultat de plusieurs années de travaux sérieux. Depuis, M. Wolff a fait établir un instrument, dit pédalier, d'une sonorité magnifique dont nous allons esquisser le mécanisme.

Le pédalier est une des choses remarquables de l'exposition. Il consiste en une sorte de buffet placé près du piano. Sur le devant est le siège de l'exécutant ; ce siège s'abaisse ou s'élève à volonté. Les pieds de l'artiste reposent sur un parquet à lames longitudinales qui font corps avec le buffet. Selon qu'il appuie sur telle ou telle lame, l'orgue répond.

Cet orgue qui a deux octaves et demie, joint alors sa puissance à la sonorité du piano. Dans les meilleurs pianos, la dernière octave, et surtout la dernière quinte, n'ont que des sons peu distincts. L'orgue est là pour y suppléer.

Pédalier vertical s'adaptant aux pianos de tous les modèles, instrument d'étude en chêne, trois octaves et demie (trente notes), de la manufacture Pleyel, Wolf et Cie, à Paris, Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque céramique, sculpture, peinture et gravure, 1873-74, p. 1599 (Gallica)

Pour tempérer la gravité des grosses cordes de son pédalier, M. Wolff a eu l'heureuse idée d'y joindre des cordes plus fines qui produiseuten même temps l'octave supérieure. La vibration se prolonge avec plénitude. Quels avantages tirera-t-on de ce pédalier ?

Les organistes babiles ne sont pas nombreux; cela provient de ce que les moyens d'étude leur manquent. On trouve rarement un orgue ailleurs que dans les églises. Comment s'exercer? L'organiste est donc obligé d'apprendre l'orgue sur le piano.

Les deux instruments se ressemblent quant au clavier, mais ils différent essentiellement quant à la manière d'attaquer la touche.

Quelques facteurs, frappés des inconvénients de ce système d'étude, avaient essayé d'adopter la pédale tirasse au vieux clavecin ; mais ce moyen, dont le seul avantage était de laisser à la main gauche sa liberté, n'aioutait rien à la puissance du clavecin. Le pédalier Wolff résout le problème.

Son prix restreint le rend accessible à toutes les bourses. L'organiste pourra désormais, sans sortir de chez lui, se familiariser avec le jeu compliqué des pédales, et le pianiste ajoutera de nouveaux effets à son instrument." La France à Londres en 1862 : revue de l'Exposition universelle du Palais de Kensington. Année 32, 1862, p. 639 (Gallica)

Piano à queue, grand modèle, dit piano de concert, avec sculpture riche; de la maison Pleyel, Wolf et Cie, à Paris, et qui a été exposé à Londres, en 1862, Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque céramique, sculpture, peinture et gravure, 1873-74, p. 1599 (Gallica)

LA MANUFACTURE DE PIANOS

LONDRES - "A l'étage supérieur, qui domine les scieries, se tournent et se façonnent toutes les petites pièces de bois qui entrent dans la composition du mécanisme intérieur du piano, tels que manche du marteau, échappement, noix, etc.

Une sorte de fillière, à laquelle on peut adapter des ouvertures plus ou moins grandes, arrondit en les rabotant des baguettes, découpées ensuite de longueur par de petites scies circulaires.

Un peu plus loin se trouve l'atelier où se façonnent les pièces en cuivre dont la plus importante est le peigne, forte barre de laiton dans laquelle une ingénieuse machine entaille une dentelure régulière.

Ce peigne, réuni avec une forte pièce de bois et un autre peigne en sens inverse, sert à constituer dans la mécanique du piano droit les doux arêtes de la barre de marteau.

On y prépare aussi les agrafes, par où passent les cordes, les taquets qui, posés obliquement, servent de sillets pour les limiter en les coudant. les pointes d'attaches, et une foule de petites pièces qui pourraient être aussi bien exécutées en fer ou en acier; mais comme elles se voient quand l'instrument est termine, on les fait en cuivre, par coquetterie d'abord, et de plus parce qu'elles seraient susceptibles de se rouiller.

En descendant des ateliers du premier étage, on voit, rangées le long des ateliers du rez-de-chaussée, les planches de chêne destinées à former les masses des pianos a queue, et qui sont fléchies et fixées de manière à prendre la courbure qu'elles doivent conserver.

Les ateliers de serrurerie, qu'on a eu la précaution d'éloigner des ateliers de montage et d'accordage, sont situés de l'autre cote de la rue Rochechouart; ils préparent les équerres des pianos droits et les girafes des pianos à queue, pièces en fer qui reçoivent les pointes où s'attachent les cordes, les barres qui maintiennent l'ossature des pianos à queue et des pianos droits.

On y prépare également toutes les autres petites pièces de cuivre et de métal qui attachent et relient entre eux les différents morceaux de bois de la caisse et du mécanisme.

Les ouvriers chargés de l'assemblage de la caisse, qui se termine en entier rue Marcadet, et reçoit, rue Rochechouart, son mécanisme et ses cordes, ont donc sous la main, et toutes prêtes, les pièces qui leur sont nécessaires, et assemblent un piano comme les mosaïstes font une fleur, ou plutôt comme nos compositeurs mettent en forme une page.

– Une fois la caisse assemblée, placage compris, mais non vernie, on l'envoie aux ateliers de la rue Rochechouart.

Là, on commence par la garnir de sa table d'harmonie et des chevalets, grand et petit, qui mottent en relation les cordes avec la lame vibrante.

Dans les pianos droits, la table d'harmonie ne tient pas toute l'étendue de l'instrument, elle est continuée par une autre planche non vibrante nommée coin dans les pianos à queue, au contraire, la table ferme entièrement la caisse; elle est renforcée par de petites barres en bois, sans lesquelles sa disposition parfaitement plane ne pourrait se maintenir.

Pendant que l'on pose la table, on fait, dans les sommiers, au moyen d'un porte-foret à archet et de vilebrequins particuliers, les trous qui doivent recevoir d'un coté les pointes d'attache, de l'autre les taquets obliques servant de sillets pour couper la corde; puis les agrafes par l'onverture desquelles elle passe, puis les chevilles, autour desquelles elles s'enroulent.

Dans les pianinos, les taquets séparés sont remplacés par un sillet d'un seul morceau et garni de pointes.

Dans !es pianos à queue, il n'y a de taquets que pour les cordes basses, les hautes sont coudées par une grosse pièce de cuivre echancrée, nommée bloc.

Une forte lame de fer coudée, nommée girafe, sert d'insertion aux attaches des cordes, et rellent tout l'instrument.

Dans toutes les formes de pianos, de fortes barres de fer soutiennent et renforcent les barres de bois qui séparent les sommiers.

Quand la table est vernie et que toutes les pièces préparées pour l'attache des cordes sont solidement fixées, on livre la caisse au monteur de cordes, qui a tout près derrière lui, son assortiment.

Les cordes ne sont pas françaises; on ne file pas encore ici le fer avec assez de précision et de régularité pour pouvoir détrôner les fabriques de Webster, de Bimingham, et de Muller de Vienne.

C'est donc de l'acier anglais et allemand qui fait les cordes hautes de nos pianos français; les cordes basses sont renforcées d'un ni de cuivre tréSié & Paris, depuis le n° 6 jusqu'au 40.

Cette addition de cuivre a pour but de grossir levolume de la corde, pour remplacer, par ce volume, l'allongement dans l'équation qui détermine le nombre de vibrations, c'est-à-dire la hauteur du son.

M. Wolff, qui continue ses travaux sur les vibrations des cordes, essaye, en ce moment, du fil d'aluminium. plus léger que te cuivre, qui permettrait de grossir ou d'allonger certaines cordes du médium, et donnerait plus de force au son. L'addition du trait de cuivre aux cordes d'acier se fait rue Rochochouartdans nn atelier spécial.

Ce travail consiste à enrouler autour des cordes d'acier de différents numéros des fils de cuivre que l'on appelle traits; ils sont destinés à surcharger la corde, et par conséquent à rendre le son plus grave, puisqu'ils ralentissent les vibrations; le diamètre du trait doit âtre calculé de toile manière que la tension des cordes aille en croissant jusqu'à l'extrême basse, et qu'il n'y ait pas de versant entre la dernière corde d'acier.

La maison Pleyel-Wolff possède plussieurs trous à flier qui, sous le rapport de leur perfection, peuvent déuer toute comparaison.

Les cordes une fois posées et reglées par la main fortement gantée de monteur, au moyen de la rotation des chevilles retenues dans le bois par une sorte de pas de vis légèrement indiqué, on livre le piano aux finisseurs, qui y axent le clavier dressé sur son châssis, muni de les touches recouvertes d'ivoire et basculant sur leur balancier, et la mécanique composée de sa barre de marteaux, ivoire, fourches, étouffoirs, contre-touches, etc.

Toutes les pièces du clavier et de la mécanique ont été collées, enveloppée de peau, de feutre, de drap, de molleton, de tiretaine, et enfin assemblées dans les ateliers de la rue Rochechouart.

Nous n'entrenons pas ici dans la description complète et minutieuse de cette mécanique, si compliquée, qnoiqae basée sur des moyens trés-rationnels qui en assurent la solidité. Nous dirons soutementque la maison Pleyel-Wolff, comme l'importante maison Broadwood de Londres, n'a pas voulu adopter réchappement double, qui maintient le marteau toujours en batterie, mais a conservé l'échappement simple, qui met la marteau et par conséquent la corde en rapport plus direct avec le doigt du pianiste.

Nous dirons aussi que toutes les pièces en sont établiés et réunies avec le plus grand soin, que les touche, basculent parfaitement sur les pointes qui les soulèvent que les garnitures de la noix, de l'attrappe-marteau, de la lame de l'étouffoir, de la tête du marteau, sont choisies dans les étoffes spéciales et judicieusement combinées avec la peau de daim, et même de vache, dans les marteaux de pianos à queue, qui ont cinq épaisseurs de peau et de feutre autour de leur tête; que les échappements sont frottés de plombagine, pour que le glissement s'opère sans frottement sur le nez de la noix.

Tout enfin, est calculé, combiné, régie de manière à donner !e meilleur résultat. Le piano, une fois terminé, est confié à des artistes qui en examinent attentivement toutes les pièces une à une.

Il est ensuite garni de ses pieds, puis verni, muni de ses pédales et de ses bronzes, et livré à l'acheteur, qui, presque toujonrs, l'a commandé d'avance.

M. Wolff, qui travaille sans cesse, ne c'est pas contenté de maintenir et de perfectionner la fabrication des pianos de l'ami Pleyel, mais il a créé nn instrument qu'il nomme pédalier, décrit et apprécié ainsi par M. Niedermeyer :

Si le nombre des organistes habiles a toujours été très-limité, cela tient surtout a la difficulté de se procurer un instrument sur lequel on puisse s'exercer.

On trouve rarement un orgue ailleurs que dans les églises, et là. les exigences du culte ne permettent guère de s'en servir pour l'étude.

L'organiste est donc, dans la plupart des cas, forcé de travailler sur un piano, et il s'y résigne d'autant plus volontiers qu'une opinion trop généralement repandue a fait en quelque sorte de pianiste synonyme d'organiste; et pourtant entre les deux instruments il n'y a qu'un seul point de ressemblance, plus apparent que réel, le clavier.

La manière d'attaquer ia touche, le doigter, le genre de musique, tout diffère bien pius, les pédalles, cette grande ressource de l'organiste, manque au piano.

Ce n'est cependant que par un long travail qu'on peut s'en rendre maître et avoir ainsi à sa disposition ces magnifiques jeux de trente-deux pieds qu'elles seules mettent en action, et qui produisent les sons les plus graves que l'oreille puisse percevoir.

La difficulté de cette étude consiste surtout dans un doigter particulier et fort compliqua que l'obligation de lier les sons, même dans les passages rapides a fait imaginer.

Déjà, bien avant l'invention du piano, on avait essayé d'adapter un système de pédales au clavecin.

Cette invention a, plus tard, été reprise, perfectionnée et appliquée au piano par l'un de nos plus habiles facteurs.

Toutefois il s'est borné à emprunter a l'instrument même ses marteaux et ses cordes, mis en mouvement par tes pieds au lieu de l'être par les doigts.

Ce système, qui a l'avantage de rendre à la main gauche sa liberté, n'ajoute guère à la puissance de l'instrument. C'est la pédaie tirasse de l'orgue appliquée au piano.

Un musicien distingué, M. Auguste Wolff, chef de la maison Pleyel, Wolff et Cie, vient à son tour de créer un pédalier tout à fait indépendant, ayant ses cordes et ses marteaux aussi bienque son mécanisme particulier.

Cet Instrument n'est pas voluminaux et peut être introduit dans les plus modestes appartements.

C'est une espèce d'armoire adossée un mur; l'executant s'assied sur un banc fixé sur le devant, qui s'élève on s'abaisse à volonté; les pédales se trouvent sous ses pieds, et il place devant lui en piano quelconque, droit, carré ou à queue.

La hauteur du buffet, qui permet de donner aux cordes une longueur et une grosseur inusitées, et la largeur de la table d'harmonie, relativement fort grande pour un instrument qui ne contient que deux octaves et demie, prêtent au son une beauté et une puissance tout à fait particulières.

Dans les meilleurs pianos à queue, la dernière octave, et surtout la dernière quinte, donnent des notes aussi pour agréables que peu distinctes.

Dans le pédalier de M. Auguste Wolff, le dernier UT est aussi pur et aussi plein que celui des tuyaux de flûte de seize pieds.

Ainsi que dans l'orgue, où l'on ajoute toujours un jeu de huit pieds à un jeu de seize pieds, M. Auguste Wolff pour tempérer la gravité des grosses cordes de son instrument, a eu l'heureuse idée d'y joindre des cordes plus flnes et plus courtes, qui produisent en même temps l'octave supérieure.

La vibration des sons se prolonge avec une plénitude remarquable.

Ce bel instrument a encore l'avantage d'être d'un prix peu élevé; aussi nous parait-il destiné à rendre de très-grands services.

Désormais l'organiste, sans sortir de chez lui pourra étudier les morceaux d'orgue les plus compliqués le pianiste pourra se familiariser avec les nombreux chefs-d'œuvre écrits avec pédale obligée, et les compositeurs trouveront pour la musique de piano des ressources nouveUes dans cet instrument qui, nous le croyons, est appelé à devenir le complément de tout piano à queue."

M. Wolf, plus modeste, dit que son pédalier n'est pas un Instrument, mais seulement un complément pour les études musicales sérieuses. Turgan." L'Univers musical : journal et abonnement musical, 1862, p. 226-228 (Gallica)

LONDRES - "Wolff (Auguste), facteur de pianos, à Paris, membre de la Société d'encouragement. Perfectionnement et excellence dans la fabrication des pianos. " Bulletin De La Societe d'Encouragement, 1863, p. 57

LONDRES - "WOLFF (Auguste-Désiré-Bernard), né à Paris en 1821, fabricant de pianos; de la maison PleyeL Wolff et Comp., rue Rochechouart, 22-24, 9° arrondissement.

Médaille d'or à toutes les Expositions depuis 1827. — Hors de concours en 1847; médaille d'honneur à l'Exposition universelle de Paris en 1855. — Décoration accordée à M. C. Pleyel en 1834. — Membre du jury d'admission pour l'Exposition universelle de Londres en 1862." Annuaire des notables commerçants de la ville de Paris contenant leurs noms et adresses..., J. J. Techener, 1867 (Gallica)

LONDRES - "131. Pleyel, Wolff et Cie, r. Rochechouart, 22 et 24, Paris. O2° é Cav. Leg. Hon. - Pianos de cauda e verticales (ou de bufete). - MH. 1855. - PM. 1862. - Fóra de concurso" Catalogo official da exposição internacional do Porto em 1865, p. 17

LONDRES - "Il y a trop longtemps que la maison Pleyel, Wolff et Cie (n° 1,686) occupe un des premiers rangs en Europe, pour que j'aie besoin de dresser, à vos yeux, son arbre généalogique. Le mérite de cette maison est constaté par les nombreuses médailles et les autres distinctions obtenues à toutes les Expositions où elle s'est présentée depuis 1827.

A celle-là elle obtint la médaille d'or pour un piano carré dit unicorde, jouissant, dit le rapport du jury de cette Exposition, d'une grande puissance et d'une justesse de son remarquable; et pour un piano à queue gui a paru aux amateurs, selon le même rapport, égal aux meilleurs pianos anglais.

On accordait encore, à cette époque, à nos voisins, une grande supériorité dans la construction des instruments, tels que pianos et harpes; mais aujourd'hui, les élèves sont passés maîtres, et bien des facteurs anglais pourraient, avec profit, prendre chez nous des leçons des Pleyel, des Herz, des Wolfel, des Kriegelstein.

L'instrument exposé sur le plain-pied de l'Exposition française, c'est-à-dire au rez-de-chaussée, par la maison Pleyel-Wolff, est d'abord fort remarquable par son élégante simplicité ; toute ornementation métallique en est bannie ; la couleur sombre de son ébène, dont la caisse est construite, repose agréablement, par son poli et sa sombre nuance, les yeux fatigues des mille feux dardés par l'or et l'argent qui revêtent tous les produits environnants.

Les sons de cet instrument, que M. Georges Pfeiffer sait si bien faire valoir, sont énergiques dans les basses et d'une douceur toute particulière dans les dernières octaves supérieures ; octaves fort aigres bien souvent chez beaucoup de facteurs.

Si cet instrument se trouve privé de ce timbre métallique, sentant toujours ou l'enclume ou la cloche qui domine dans tant de pianos, c'est que M. Wolff, artiste distingué, directeur de cette maison, attache un soin tout particulier au choix des cordes qu'il va chercher partout où elles lui semblent les meilleures et souvent au loin ; de leur qualité dépendant essentiellement celle du son émis.

Je n'entrerai pas dans les détails intérienrs de la fabrication de cette maison, car ce serait répéter, en de plus mauvais termes sans doute, ce que M. Turgan a si bien dit dans l'ouvrage qu'il consacre aux grandes usines de France. Je résumerai donc mon travail et je signalerai seulement quatre points principaux sur lesquels cette maison surpasse tous les facteurs étrangers ;

sonorité parfaite, brillante et suave à la fois ;

facilité du clavier ; répétition spontanée et énergique de la note; parfaite et énergique action des étouffoirs ;

pédales agissant avec indépendance, spontanéité sans aucun choc et avec vigueur.

M. Wolff a imaginé également un pédalier servant à exercer les organistes et à procurer, dans les grands morceaux, des effets de basse additionnels à ceux du piano. Le prix de ce pédalier, que doit posséder tous ceux qui étudient l'orgue, et qui a deux octaves et demie ou trente notes, est coté un prix très-modéré.

Voici la mention officielle rédigée en français par MM. les jurés, accompagnant les médailles accordées à MM. Pleyel-Wolff et à M. Herz, pour la perfection dans tous les genres de pianos, et sous tous les rapports de sonorité, d'égalité, de précision du mécanisme dans les nuances, d'expression et de solidité. Combien cette simple mention a perdu dans la rédaction anglaise, dont voici littéralement la traduction : Excellence dans les pianos de toutes espèces; puissance. son, précision de mécanisme et solidité.
M. Wolff a voulu attacher à la manufacture dont il est l'habile directeur, tous les ouvriers, non pas seulement par un intérêt qui leur est compté chaque année sur les bénéfices de la maison, mais il a voulu davantage encore, c'est de les attacher les uns aux autres par la fraternité, la bonne camaraderie, et il a trouvé ce lien dans la création, au centre de son établissement, d'une société chorale composée de ses seuls ouvriers; société qui les rapproche et les attache ainsi moralement et musicalement les uns aux autres.

A peine formée, cette société a déjà remporté des palmes dans divers concours orphéoniques." Douze jours à Londres: voyage d'un mélomane à travers l'Exposition universelle, 1862, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, p. 136-139

LONDRES - "Les pianos à queue grand format de la maison Pleyel-Wolff et Cie. sont des instruments hors ligne.

Leur construction, grâce à un emploi judicieux du fer et du bois, est à la fois solide et légère; leur mécanique à simple échappement est d'une grande perfection: leur sonorité pure et chantante joint au timbre distingué qui caractérise depuis longtemps les pianos de cette maison, la puissance qui leur manquait autrefois.

Le jury a constaté les mêmes progrès daus le piano à queue petit format, et le piano grand oblique. Ces instruments ont une excellente sonorité et présentent une construction très-soignée.

Le jury a vu également avec un vif intérêt le pédalier de M. Wolff, véritable service rendu aux organistes, qui pourront désormais étudier aisément la pédale.

Les membres du jury qui ont garde le souvenir de l'Exposition de 1855, ont pu constater les améliorations importantes réalisées dans la fabrication de la maison Pleyel; elles sont l'oeuvre de son directeur actuel, M. Auguste Wolff, qui a su concilier les sages traditions de son prédécesseur avec les progrès de la mécanique et les exigences nouvelles de l'art." Rapports des membres de la section française du jury international sur l'ensemble de l'exposition. M. Michel Chevalier, Exposition universelle de Londres de 1862, p. 207-208 (Gallica)

LONDRES - "The award to Messrs. Pleyel, Wolff, and Co. (France, 1686) is on the same ground as to Messrs. Herz. They exhibit three grands, one in ebony handsomely carved, the other a plain one, and the third a smaller size.

The iron bracing is somewhat similar to that of Messrs. Herz, but has only three bars, connected together by cross struts. The action is on the English plan.

Messrs. Pleyel also exhibit an upright with oblique strings, fitted with a pedal clavier of two and three quarter octaves. This lays upon a com lete separate piano, standing upright bind the seat of a player.

There are four strings to each note, two giving the unison, and two the octave below, which are all struck by one hammer, the action being precisely like that of an ordinary piano, but on a very much enlarged scale. The tone is very powerful and the action very effective." Reports by the Juries on the subjects in the thirty-six classes into which ..., 1862, p. 147

BORDEAUX - "L'industrie parisienne a été très dignement représentée à l'exposition de Bordeaux en ce qui concerne la facture des pianos. On lit en effet dans le rapport qui vient d'être publié sur cette exposition : DIPLÔME D'HONNEUR. [...]

« MM. Pleyel, Wolff et Cie, de Paris (rue Rochechouard, 22), qu'une médaille d'honneur obtenue à l'exposition universelle de 1855 ne nous permet pas de classer, avaient bien voulu enrichir l'exhibition bordelaise de quelques beaux pianos qui n'ont pas trompé l'attente des connaisseurs.

La supériorité incontestée de cette maison s'est une fois de plus montrée dans tout son éclat, et le jury joint ses remerciemens à ceux que la société philomatique croit de son devoir d'adresser à ces éminens facteurs." Journal du Loiret, 22/01/1862, p. 3 (Aurelia.Orleans.fr)

LONDRES - "Het klavier is sints 1851 voor de groote piano's uitgebreid en omvat thans zeven octaven van A tot a; de snaren worden over het algemeen dikker genomen, en bij het geweldig opdrijven van de toonhoogte (diapason) in de laatste jaren is men genoodzaakt geworden het zamenstel der piano's aanmerkelijk te verzwaren.

In 1851 werd de spanning der snaren voor eene groote piano berekend op 11 000 tot 12 000 Ned. pond, in 1862 bedroeg de spanning voor dezelfde soort piano's meer dan 16 000 Ned. pond, welke buitengewone middelen ter versterking moeten worden aangewend, om zangbodem, enz. tegen deze geweldig verstorende kracht te beveiligen!

Het werktuigelijke bood algemeen verbetering aan door meer eenvoudigheid, gemakkelijker aanslag, enz. 't Zoude nutteloos zijn daarover uit te weiden, omdat de piano's der beroemde fabrikanten boven genoemd, meerendeels hier te lande genoegzaam bekend zijn.

Als nieuw en doelmatig kan ik vermelden de toevoeging door Pleyel, Wolff & co. van een onafhankelijk pedaal aan eene groote piano oblique. Het omvat 2 ½ octaaf; iedere noot heeft 4 snaren, waarvan twee unison, en twee het octaaf lager geven. Zij worden te gelijk door een hamer aangeslagen. De uitwerking is zeer krachtig." Volksvlijt, 1865, p. 228

1865

TOULOUSE - "Le Jury a eu à juger vingt-neuf pianos envoyés à l'Exposition par dix fabricants. A leur tête se place la maison Pleyel, qui présente un piano à queue; un piano à queue grand modèle oblique; un piano petit modèle oblique; un piano vertical.

L'ancienneté de cette maison, la juste réputation qu'elle s'est acquise pour la bonté de ses produits, le grand nombre de récompenses qu'elle a obtenues dans les Expositions de Paris et de Londres, au nombre desquelles figure la croix de la Légion-d'Honneur et la grande médaille de Londres en 1862 honoris causa ont dû le faire mettre hors de concours." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse, dans les bâtiments de l'ancien monastère des Jacobins : Année 1865, p. 329 (Rosalis)

1867

PARIS - "Maison PLEYEL-WOLFF. - Paris a été témoin, cette année, d'une grande solennité. On n'aurait pu penser, à voir toutes ces différentes bandes d'instrumentistes, que les peuples, sentant le besoin de se rapprocher, ont choisi la musique comme leur intermédiaire et comme premier gage d'alliance. Cela devait être, puisque la musique est la seule langue cosmopolite, connue de tous, parlée par tous.

Voyez-vous ce rassemblement, cet'te agglomération formée boulevard Rapp, par tous ces corps de musique venant des quatre coins du monde, Russes, Ecossais, Belges, Prussiens, Hollandais, Arabes, Autrichiens, ils parlent tous une langue différente, eh bien, une fois sur l'estrade ils n'ont plus besoin d'interprètes, tous alors se comprennent.

Si donc la musique, par sa nature et son expansion, est la parole universelle, il n'est pas alors superflu de nous occuper des moyens mécaniques imaginés par l'homme pour l'imiter, la produire, et lui faire exprimer et développer ses idées.

Au nombre de ces moyens, le premier est sans contredit, aujourd'hui, le piano, qui résume en lui seul tout un orchestre, qui ainsi réduit, se trouve à la portée de tout individu. Pendant longtemps la maison Erard tint dans ses mains le sceptre de la facture; mais un rival audacieux vint un beau jour établir sa tente dans les environs de ses domaines.

Faible d'abord, il n'inquiéta pas, mais en peu de temps il fit de grands progrès, et bientôt on vit deux maîtres occuper le trône de la facture française.

Cet andacieux rival fut Ignace Pleyel, qui, fatigué des défauts qu'il rencontrait dans les instruments, résolut, en 1807, de joindre à sa qualité de compositeur émérite, celle de l'habile ouvrier.

C'est, n'en doutons pas, à cette alliance des grands artistes aux bons facteurs, que l'on doit aujourd'hui le perfectionnement progressif des instruments.

Ignace Pleyel commença modestement, et son établissement ressemblait assez à celui de ces marchands de musique que nous voyons dans Paris, joignant à leur industrie la vente et la location des pianos.

J'ai été un des clients du magasin de I. Pleyel, je me souviens encore d'une certaine ouverture de la Cosa-rara, arrangée pour quatre mains, dont l'exécution fit pendant longtemps les délices de ma famille.

Après chaque exécution elle basait sur moi de bien grandes espérances, mais elles se trouvèrent anéanties par une très-facile sonate de Steibelt dont je n'ai jamais réussi à jouer nettement les premières mesures, et cependant Louis Piccini fut mon maître.

Si je suis resté une mazette, est-ce la faute de l'instrument, est-ce celle du professeur ou de l'élève ?

Je crois que la faute en est à tous les trois. Après dix-sept ans de travail, satisfait de son entreprise, I. Pleyel, confia la direction de son commerce et de ses ateliers à son fils Camille, compositeur distingué et exécutant remarquable.

Si la facture instrumentale s'enrichit d'un maître habile, la musique perdit un compositeur émérite, car livré tout entier à la fabrication, Camille Pleyel n'écrivit plus.

Reconnaissant, cependant, combien était avantageuse pour la fabrication des instruments, l'union de la puissance intellectuelle de l'artiste, au savoir mécanique de l'ouvrier, il s'associa le célèbre pianistecompositeur Frédéric Kalkbrenner. Ainsi artistiquement soutenu, C. Pleyel ne s'occupa plus que de la manufacture; il étudia la fabrication étrangère et introduisit plusieurs procédés, alors peu employés.

L'instruction de la musique étendant chaque jour ses racines dans l'éducation et se popularisant, il fallut donner plus d'activité à la production des instruments.

C'est alors que l'on vit la fabrication se concentrer pour obtenir un meilleur compte. C'est à ce moment que les maisons Érard, Pleyel, Herz, Pape, fondèrent de grands établissements où toutes les parties de l'instrument se faisaient sous leurs yeux.

Puis nous voyons C. Pleyel intéresser ses ouvriers, non-seulement aux travaux de la maison, mais aussi à la vente des instruments. Par cette grande et morale innovation, il sut attacher l'ouvrier à la fabriaue et il favorisa ainsi le travail en ietant l'aisance parmi les travailleurs.

Plus tard, on vit, par l'iniitiative et les soins de M. A. Wolfï, un Orphéon s'organiser dans le même établissement ; cette intéressante création fit que l'ouvrier qui participait déjà au bien-être financier de la maison participa également par degré à des satisfactions intellectuelles qui lui étaient jadis si rarement permises.

Mais ce n'est pas tout encorë car M. WolfF, forma récemment parmi eux une société de secours mutuels, un apprentissage pour les fils de ses ouvriers, et fonda une bibliothèque gratuite à leur usage.

Le chef de la maison Pleyel sut se faire une fort grande réputation avec une modestie bien rare aujourd'hui. Mais ce chef épuisé par le travail sentant sa santé s'altérer, ses forces diminuer, et prévoyant la maladie, ne voulut pas être pris au dépourvu, il se prépara dans M. Auguste Wolff un successeur.

Bon musicien, pianiste distingué, ce lauréat du Conservatoire, compositeur habile, réunissait toutes les qualités désirées dans un facteur, il ne lui manquait que la pratique de l'établi: M. Wolff se fit ouvrier.

Il passa par toutes les divisions de la fabrication, et à l'aide de cet apprentissage laborieux et fatigant, il sut prévenir bien des erreurs, beaucoup de pertes de temps; il put enfin raisonner son art, commander et continuer dignement les travaux de son prédécesseur.

Ces études auxquelles se livra M. Wolff lui montrèrent les défectuosités du piano, lui signalèrent les parties sur lesquelles il fallait diriger les perfectionnements; c'est donc sur elles que portèrent ses recherches et ses méditations.

La science est souvent folle et dangereuse quand elle se présente toute seule à l'artiste, mais ses ressources sont immenses lorsque, comme chez M. Wolff, elle se rencontre unie à un esprit chercheur et à des mains habiles.

La fabrication du piano devait espérer beaucoup d'améliorations d'une pareille réunion. M. Wolff marcha sur les traces de son honorable prédécesseur qui, lui aussi, était un profond penseur et un chercheur infatigable. En voici quelques preuves :

En 1811, M. C. Pleyel, peu satisfait des cordes métalliques faites en France, l'entrée des cordes de provenances étrangères, anglaises ou allemandes, étant alors prohibée, parvint, après des recherches multipliées et dispendieuses, à en fabriquer qui obtinrent, après de nombreux essais, l'approbation de l'Académie des sciences qui, sur le rapport de MM. Stany et Charles, déclara que les cordes Pleyel étaient aussi sonores que les cordes de Nuremberg et qu'elles avaient une plus forte cohésion.

Aussitôt que M. I. Pleyel eut placé son fils à la tête de la fabrication de pianos, celui-ci remarquant que si les unissons augmentent le volume du son, ce n'est jamais en proportion du nombre de cordes, chercha à remédier à l'inconvénient qu'offrait le sou de l'instrument, produit composé de deux ou trois sons simples. Nous voyons donc, en 1825, M. C. Pleyel construire un piano droit dont chaque note se composait d'une seule corde, mais d'une grosseur plus forte.

Ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à monter ces cordes au diapason des petites; toutes cassaient sur les pointes; il n'y parvint qu'en substituant sur le chevalet et sur le sommier de très-grosses pointes aux petites, en diminuant la longueur des cordes et en allégeant la table d'harmonie du poids dont elle était chargée dans les pianos ordinaires.

Il était arrivé, par ces moyens, à faire rendre le fa le plus aigu d'un piano unicorde à six octaves, à une corde d'acier de Nuremberg, n° 6/0, employée ordinairement pour l'extrême basse. Déjà, à cette époque, C. Pleyel faisait usage, dans la construction de ce piano, d'un cadre en fer et d'un sommier de pointes en cuivre, afin de résister au tirage des cordes et d'augmenter ainsi la durée de l'accord et de supprimer entièrement le fond des caisses.

M. C. Pleyel, ne pouvant laisser inaperçue l'idée des pianos droits dont se préoccupaient nombre de facteurs, comprit qu'il y avait beaucoup à perfectionner pour faire adopter ces petits instruments par le public, et le résultat de ses recherches fut la construction de ses grands pianos obliques que nulle maison n'est parvenue encore à surpasser en sonorité et en égalité.

En 1828, M. C. Pleyel adapta aux instruments, construits dans sa maison, un sommier dit prolongé, formé de trois lames de chêne croisées, recouvertes d'un panneau en fonte de fer se prolongeant sur la table d'harmonie.

La partie qui recevait les pointes où se trouvaient attachées les cordes était garnie d'une lame de cuivre. Cette lame se trouvait fixée sur le sommier par deux rangées de vis. L'instabilité et l'inégalité des parquets offrant de grandes difficultés à l'aplomb des instruments carrés, M. C. Pleyel chercha, en 1829, à y remédier par l'application, aux caisses des pianos de cette catégorie, de pieds en forme d'X et à bascule.

Le mouvement du coffre s'opérant sur l'axe de l'un des X seulement, le piano était ainsi toujours maintenu parfaitement d'aplomb. M. C. Pleyel proposa, en 1830, un moyen de conserver intactes les tables d'harmonie que les variations de l'atmosphère et les changements faisaient si souvent gercer.

Ce moyen consistait dans les placages à contre-fil de ces tables avec un bois droit. Nous voici parvenu à l'Exposition de 1844, et nous y remarquâmes un instrument de M. C. Pleyel, auquel cet habile facteur avait fait l'application d'un mécanisme au moyen duquel, en touchant une suite de notes, on obtenait simultanément deux sons, soit à l'octave du son principal, au grave ou à l'aigu, soit tout autre intervalle en établissant la communication de la note principale aux marteaux de son octave.

Le pédalier et son système de communication étaient coupés en deux moitiés pour pouvoir jouer simple d'une main et doubler de l'autre, ou doubler des deux mains. Au moment même où la mort allait frapper cet infatigable facteur, il faisait breveter (1855) de nouveaux perfectionnements au mécanisme du piano.

Pendant longtemps le mécanisme anglais fut le seul employé avec quelques modifications, dans la maison Pleyel ; les premières recherches de M. Auguste Wolff, en prenant la direction de la maison, furent dirigées vers ce mécanisme, après bien des tâtonnements, après bien des essais, il fit paraître le résultat de ses travaux, et en 1863, il prit un brevet pour un mécanisme qui, en conservant les principes et les qualités de l'échappement simple, lui assure, au moyen de pièces auxiliaires, tous les avantages du double échappement.

Ce travail est remarquable par sa simplicité, et surtout par sa fixité que rien ne saurait déranger, ni ballottement, ni secousses imprévues. Le modèle de ce mécanisme, exposé dans les galeries du Champ-de-Mars, est fort apprécié des connaisseurs. M. Wolff en 1857 a conçu un pédalier d'une grande simplicité et qui repose sur un principe dont Krumpholz le célèbre harpiste avait fait usage dans le siècle dernier.

Ce pédalier forme pour le piano une véritable estrade, les touches sont construites comme celles de l'orgue, les marteaux frappant les cordes disposées comme dans les pianos à queue. La plus longue corde sonne l'ut grave du tuyau de huit pieds, et offre un développement de deux mètres cinquante centimètres de la pointe à la cheville.

Les cordes reposent sur une table d'harmonie fixée aux éclisses. L'étendue générale du pédalier est de deux octaves et une quarte UT Ut ut fa; les dix-neuf premières cordes sont filées. Depuis, l'époque du premier pédalier, son auteur, M. Wolff, lui a apporté des perfectionnements, et y a ajouté une corde nouvelle, sonnant l'octave la première.

Nous voyons donc que la maison Pleyel et Wolff, quoique se maintenant toujours dans la même voie, sans transformer essentiellement, comme elle le dit elle-même, aucune des parties organiques du piano, en a cependant modifié les détails et amélioré la fabrication des principales pièces. M. Aug. Wolff est un de ces producteurs consciencieux qui travaillent pour l'honneur de l'art: chez lui le charlatanisme n'a pas de prise.

La maison, dont il est aujourd'hui le directeur, ne connaît ni le faste ni l'hyperbole de la réclame. Elle a peut-être tort aux yeux de certaines personnes qui nous ont prouvé qu'il est quelquefois très-bon de faire parler de soi et d'emboucher la trompette pour son propre compte. Le plus bel éloge que l'on puisse faire des pianos de la maison Pleyel et Wolff est dans les instruments eux-mêmes. Comme la mère des Gracques, elle vous dit : Voyez, mes enfants, voilà ma richesse.

L'amateur peut aller dans les beaux salons de la maison Pleyel et choisir en aveugle, il est certain d'avoir un bon instrument, car aucun d'eux n'est introduit dans les salles de vente sans avoir été revu attentivement dans toutes ses parties par M. Aug. Wolff.

Malgré la place si défectueuse occupée par les instruments de la maison Pleyel et Wolff à l'Exposition, écoutez MM. Ritter et Pfeiffer faisant courir leurs doigts sur l'ivoire des claviers, et vous serez obligés d'applaudir les éminents artistes et de donner votre approbation à la belle qualité du son des instruments, à sa rondeur, à sa suavité.

Quant à la légèreté et à la docilité du mécanisme, les exécutants vous la font apprécier par la dextérité et la vélocité même de leur jeu. Dès son entrée dans la carrière, M. C. Pleyel se présenta à toutes les expositions de l'industrie, et à toutes, la maison Pleyel fut dignement récompensée. En voici la preuve puisée dans les rapports des différents jurys :

1827. Médaille d'or pour un piano carré, dit unicorde, jouissant d'une puissance et d'une justesse de son remarquable, et un piano à queue à trois cordes qui a paru aux amateurs égal aux meilleurs pianos anglais.

1834. Rappel de médaille d'or. Deux pianos, table d'harmonie de sapin, plaquée en érable. (Á la suite de cette exposition, M. C. Pleyel reçut la croix de la Légion d'honneur.)

1839. Rappel de médaille d'or. Piano carré qui, au concours, a obtenu le n° 2.

1844. Rappel de médaille d'or. Facture en général, et son mécanisme à double percussion.

1849. La maison Pleyel exposa ses instruments, mais son chef ayant été désigné comme délégué par la réunion des facteurs, M. C. Pleyel fut mis hors concours.

1855. Médaille d'honneur à la maison Pleyel, représentée par M. Aug. Wolff.

1862. Exposition universelle à Londres. Prize medal, avec cette mention spéciale : Perfectionnements dam tous les genres de pianos, puissance et égalité de son, précision du mécanisme et solidité. Le gouvernement français ajouta à la récompense obtenue, celle de la croix de la Légion d'honneur, dont fut décoré M. Aug. Wolf, chef de la maison.

1867. Nommé membre adjoint du jury international, M. Aug. Wolff se trouva placé hors concours. Si la maison Pleyel-Wolff' n'a pas reçu de récompense de la Commission impériale, le succès de ses instruments et les approbations du public l'en ont dédommagée durant toute la durée de l'exposition. Honneur à la maison Pleyel et Wolff. Le commerce est la richesse des nations, les arts en sont la parure; telle était la pensée de M. le duc de Doudeauville en 1823. Aujourd'hui cette pensée s'est agrandie; car en 1867, les arts ne sont plus chez nous une simple parure, ils sont un besoin.

Ils forment le vêtement nécessaire, indispensable à toutes les nations. Ces arts que l'on comptait à peine il y a quelques années dans le budget commercial de la France, y prennent maintenant une part qui augmente à chaque instant.

En 1855, la maison Pleyel occupait quatre cents ouvriers et construisait douze à quatorze cents pianos ; aujourd'hui la production de la maison Pleyel-Wolff est de deux mille cinq cents instruments. Nous disons «bravo ! » à la maison Pleyel, nous sommes heureux de sa prospérité, prix de la constance dans le travail, du sage emploi des capitaux et du développement de l'intelligence." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, p. 61-68

PARIS - "Les Pleyel excellent par la netteté du son, et par l'égalité parfaite du clavier, dont les notes se déroulent comme un chapelet de perles.

La partie supérieure est très-remarquable; jouée à messa voce, elle a des sons de flûte : mais que les frappeurs se rassurent, ces pianos-là font autant de bruit que n'importe lesquels de leurs confrères; seulement, ils sont tellement clairs et précis, qu'on peut dire d'eux qu'ils jouent net en dépit du pianiste." Moniteur des pianistes, 20/06/1867, p. 27 (Gallica)

PARIS - "La maison Pleyel avait convié dernièrement l'élite des artistes et des amateurs à l'audition de ses nouveaux pianos à système croisé. Nous avons reconnu dans ces magnifiques instruments une extraordinaire puissance de son unie à cette extrême délicatesse de toucher, qui est le caractère des pianos Pleyel.

Il y a là une véritable supériorité; c'est un progrès : le type du piano de grand concert est trouvé; il n'y a pas, croyons-nous, à chercher mieux, et la maison Pleyel peut faire établir le nombre que bon lui semblera de ces nouveaux pianos; ils ne resteront pas longtemps dans les magasins." Moniteur des pianistes, 20/01/1870, p. 8 (Gallica)

NOUVEAUX PIANOS A QUEUE, A CORDES CROISÉES De la maison Pleyel, Wolff et C°.

PARIS - "D'étape en étape, de conquête en conquête, l'art du facteur de pianos est arrivé à un point de perfection qu'il semble bien difficile de dépasser.

L'idée féconde de Gottlob Schrœter nous a conduits en un siècle, à travers mille tâtonnements, aux magnifiques instruments des Erard, des Pleyel, des Herz, des Broadwood, des Steinway, des Chickering, élargissant à l'infini, sur son chemin, le champ de la fantaisie et donnant des ailes à l'imagination. Les colonnes d'Hercule sont-elles donc posées ?

Hier, elles paraissaient l'être; aujourd'hui, voici un progrès nouveau; et qui sait ce que l'avenir nous réserve encore ? Qui peut dire ce que trouvera un jour quelque ingénieux chercheur, pour parer à des inconvénients auxquels nous nous sommes habitués, ou que nous ne soupçon nons même pas?

Il est si loin de nous déjà, ce pauvre forte-piano dont l'apparition mit Londres en émoi en 1767, lequel, au dire des gens entendus, ne parviendrait jamais à détrôner le « majestueux clavecin » et dont la mode devait passer, absolument comme celle de Racine et aussi du café !

Le système des cordes croisées, dans lequel les grosses cordes filées passent par-dessus celles du médium, en les coupant à angle très-ouvert, est d'origine russe; mais il est surtout connu par les applications qu'en ont faites les facteurs américains Steinway et Cie, de New-York.

En le mettant en œuvre à son tour, la maison Pleyel ne prétend donc pas avoir innové; mais comme il faut que les esprits d'élite se distinguent toujours par quelque chose de personnel, même dans leurs emprunts, ce principe du croisement, imaginé pour renforcer la sonorité par la réunion de la plus grande somme d'harmoniques possible, mais qui avait laissé subsister, comme on put le constater lors de l'Exposition universelle de 1867, une certaine confusion dans la résonnance des sons graves, — ce principe du croisement vient de regagner tous ses avantages par le simple déplacement du point de correspondance des nœuds de vibration, qui rend au son sa netteté en l'empêchant d'être sollicité par d'autres harmoniques que par les siens.

Nous ne serions pas surpris que les belles découvertes acoustiques et physiologiques de Helmholtz eussent quelque part^dans ce résultat.

En somme, il ressort de l'audition et de l'examen des nouveaux instruments que les basses et le médium ont gagné en intensité sans perdre en clarté; le son Pleyel reste ce qu'il était, plein de distinction, de rondeur, de moelleux, se modifiant merveilleusement sous la main; il est seulement devenu plus accentué et plus incisif.

Le système des cordes croisées ne parait guère praticable pour les pianos droits; quant aux pianos carrés, qui sont aux États-Unis l'article courant, ils sont absolument délaissés en France. On s'est donc borné, provisoirement du moins, aux pianos à queue.

MM. Pleyel-Wolff avaient convié dans leur salle de concerts, le 17 janvier, un bon nombre de virtuoses et de professeurs à une véritable fête de famille, dont le but était de faire apprécier, par un public spécial et compétent, leur récent perfectionnement, et à laquelle rien n'a manqué, pas même les rafraîchissements, pas1 même la note gaie.

En effet, après Georges Pfeiffer et sa transcription de l'ouverture d"Egmont, après Camille Saint-Saëns et sa transcription du chœur des Derviches des Ruines d'Athènes, précédée d'une Ballade de Chopin et de la Mandolinata de Paladilhe; après Schulhoff et son Idylle, après Georges Mathias et ses deux morceaux: Romance et Fantôme, MM. Saint-Saëns et Schulhoff ont gratifié l'assistance de l'attrayant spectacle, — car spectacle il y avait, — d'une improvisation à deux pianos sur Chantons victoire, de Haendel.

Chacun reprenait le thème à son tour, laissant à l'autre le champ libre pour l'orner à sa fantaisie; il y a eu la variation brillante et la variation savante, agrémentées de quelques innocentes malices d'écolier (nous ne dirons pas de quelle part elles venaient), lesquelles ont à maintes reprises déridé l'assemblée.

Et l'on s'est séparé sur le dénoùment pacifique de ce tournoi à armes courtoises, en emportant de cette séance les meilleures impressions, et se disant qu'on a bien rarement vu, sauf aux examens annuels du Conservatoire, un pareil concours de pianistes. Charles Bainnelier." Revue et gazette musicale de Paris, Volume 37, 30/01/1870, p. 36

1871

LONDRES - "La maison Pleyel-Wolf avait envoyé à l'exposition de Londres un piano à queue grand format. Ce piano est d'un nouveau modèle à cordes croisées. Le croisement est une invention américaine que la maison Pleyel-Wolff a transformée et perfectionnée, et qui, entre autre avantage, olfre celui d donner plus d'étendue aux cordes et de longueur au chevalet, lequel de cette façon s appuie mieux au centre de la table d'harmonie. Le son gagne en puissance à cette particularité, et les notes aiguës deviennent encore plus pures. Il existe un petit format de ce modèle qui présente le précieux avantage d'avoir, sous un moindre volume, autant de son qu'un instrument beaucoup plus grand." Journal officiel de la République française, 24/10/1871, p. 4134 (Gallica)

LONDRES - "Les pianos, selon la coutume, abondaient à l'Exposition de 1871; encore ne s'agissait-il que des pianos destinés aux études musicales dans l'école ou dans la famille. Beaucoup provenaient de facteurs anglais, deux ou trois de facteurs allemands; un seul piano à queue, grand format, envoyé par la maison Pleyel-Wolff et Cie, de Paris, représentait la facture française pour les pianos proprement dits." France Commission Supérieure : rapports sur les Expositions internationales, Londres 1871, 1871, p. 156 (Gallica)

1872

VIENNE - "En sortant de la grande nef, nous trouvons les pianos et autres instruments de musique. Les noms de Pleyel et Henri Herz sont de ceux qu'il doit suffire de citer, sans qu'il soit besoin d'insister beaucoup sur le mérite d'instruments universellement appréciés.

La maison Pleyel a exposé deux pianos droits à cordes obliques et deux pianos à queue dont un grand modèle de concert à cordes croisées, très-remarqué pour sa puissance de son et son mécanisme perfectionné." Journal officiel de la République française, 18/11/1872, p. 7091 (Gallica)

LONDRES - "PIANOS. — La plus riche partie de l'exposition des instruments de musique était, selon la coutume, celle des pianos.

Là, autant qu'on en a pu juger par des auditions séparées, la supériorité appartenait aux exposants français. Trois pianos de modeste apparence, mais d'une exécution finie et d'une grande perfection artistique, se présentaient sous le patronage des grands noms Sébastien et Pierre Erard.

La haute perfection donnée à ces instruments par les améliorations et les inventions de ces deux grands facteurs se maintient sans faiblir.

Il y a là une grande industrie qui se soutient de la façon la plus heureuse au point de vue commercial sans que l'art y perde rien. Une rivalité féconde anime et conduit au succès la maison Pleyel, Wolff et Cie, qui dispute énergiquement le premier rang à celle que nous avons citée d'abord.

Je suis heureux de pouvoir insérer ici quelques renseignements qu'a bien voulu me fournir le chef actuel de cette maison, M. Wolff, membre du jury international en 1867; ces renseignements concernent à la fois la grande entreprise qu'il dirige et la facture française en général. Ce qui caractérise une grande maison comme celle de MM. Pleyel, Wolff et Cie, ce sont d'abord des approvisionnements considérables de bois de toutes essences (valeur d'un million de francs environ) dans un vaste chantier (620 ares de superficie).

Ces bois sont empilés en plein air, sous des hangars ouverts, dans des séchoirs au nombre de deux, cubant chacun 3,600 mètres. Pour compléter cet aménagement, M. Wolff fait construire en ce moment une étuve destinée à sécher le bois par un procédé qui lui est propre et dont il espère de fort bons résultats. On y pourra sécher environ 500 stères de bois en une seule opération. Dans cette usine ainsi approvisionnée sont occupés 600 ouvriers sur lesquels s'étend un patronage fortement organisé. Cette organisation a pour traits essentiels :

1° une société de secours mutuels, qui, outre les secours en cas de maladie ou d'accident, fournit une pension de 365 francs aux ouvriers âgés de 60 ans et ayant travaillé au moins trente ans dans la maison (25 pensionnaires sont actuellement en possession de ce bienfait);

2° une caisse de prêts aux ouvriers ;

3° une école pour leurs enfants ;

4° un apprentissage avec caisse spéciale pour les jeunes apprentis ;

5° un orphéon ;

6° une société d'archers ;

7° une bibliothèque;

8° quatre bourses à l'école commerciale;

9° placement facultatif des fonds des ouvriers à la fabrique au taux fixe de 5 p. 0/0 (le capital placé s'élève en ce moment à 2 50,000 francs environ). Quant à la partie technique de ses travaux, la maison Pleyel, Wolff et Cie croit pouvoir citer à son honneur, dans la période des vingt dernières années, les travaux, perfectionnements ou inventions qui suivent :

création d'un instrument à clavier de pédales, nommé pédalier et destiné à faciliter aux organistes l'étude de leur instrument; l'importance de cet instrument repose sur ce fait, que l'organiste ne peut facilement étudier le jeu des pédales à l'église à cause des nécessités du service religieux, ni dans les écoles spéciales, qui sont seulement au nombre de deux, le Conservatoire national de musique et l'Ecole spéciale de musique religieuse ;

invention d'un échappement double pour pianos à queue ;

construction de pianos à queue, à cordes croisées, d'après des principes propres à cette maison; 40 construction d'un clavier transpositeur pouvant s'adapter aux pianos et aux orgues, et permettant de transposer dans tous les tons ;

4° nombreux travaux d'acoustique en vue du perfectionnement des pianos, études du mouvement vibratoire des cordes, construction d'un tonomètre d'après le principe de Scheibler (méthode des battements), etc. La maison Pleyel, Wolff et Cie déclare fabriquer annuellement 2,750 pianos. Jetant un coup d'œil général sur l'industrie française, on peut diviser en deux catégories les fabricants de pianos. Dans la première sont les véritables fabricants, ceux qui construisent entièrement le piano, c'est-à-dire au moyen de bois achetés bruts, débités et desséchés par eux; font le barrage, la caisse, le tablage, la finition, la mécanique, le vernissage, etc. ; fabriquent les tôles, les cuivres, la serrurerie, la quincaillerie spéciale; en un mot, ceux chez lesquels il entre des arbres et d'où il sort des pianos finis.

Ainsi opèrent complètement les maisons S. et P. Erard, et Pleyel, Wolff et Cie, puis, un peu moins complètement, celles de MM. Henri Herz, Bord, kriegelstein.

Les autres facteurs rentrent dans la seconde catégorie; ils achètent, en tout ou en partie, les éléments constitutifs du piano chez des fabricants spéciaux, tels que Schwander, Rohden, pour les mécaniques, Corbeel, Bôhne, pour les claviers, etc.

Leur industrie consiste à assembler ces éléments fabriqués par d'autres; trop souvent elle ne tient aucun compte du rôle artistique de l'instrument et ne se préoccupe que de fournir au moindre prix de revient un meuble d'un joli aspect, dont le bon marché assure le facile placement.

Cela est particulièrement vrai pour beaucoup de petits fabricants de pianos droits, obliques et surtout demi-obliques." Rapport / Expositions internationales, Londres 1872 ; France, Commission supérieure, édité en 1873, p. 112-114 (Gallica)

LONDRES - "Les pianos Pleyel font concurrence à ceux d'Erard, mais ils sont inférieurs au point de vue de la solidité. Quelques artistes les préfèrent, parce que, disent-ils, les sons en sont moins cuivrés. Mais les goûts sont si divers !" Nouvelle technologie des arts et métiers des manufactures, des mines, de l'agriculture etc. : annales et archives de l'industrie au XIXe siècle description générale, encyclopédique, méthodique et raisonnée de l'état actuel des arts, des sciences, de l'industrie et de l'agriculture chez toutes les Nations, 1872, p. 223 (Gallica)

LONDRES - "9. The four pianos shown by the firm of Pleyel cannot be be too highly praised. The mechanism in all of them is well carried out. The tone is pleasant, singing, and powerful, and devoid of the “metallicism,” if one may say so, of foreign pianos, wherein much iron is introduced. Messrs. Pleyel use wrought iron now, instead of cast-iron, as formerly.

In their semi-grand instrument they meet with the difficulty of the tone influenced by the superposing of the lower strings over the middle ones, and the variation of tone is perceptible to some extent.

In their concert grand, although a precisely similar arrangement is resorted to, the tone is even, full, and “singing” throughout. In this instrument Messrs. Pleyel introduce their recently-perfected repetition action, which seems to be capable of easy regulation, so that the repetition may be obtained by the movement of the hammers a half, a quarter, or an eighth the usual striking distance. The tuning-pin block in all Messrs.

Pleyel's instruments is of wood; the strings pass, through brass studs fixed into the wooden block, to the wrought iron string plate or sommier. The lid to protect the tuning pegs is a useful addition." Journal of the Royal Society of Arts, 1872, p. 890-891

LYON - "Les pianos Pleyel font concurrence à ceux d'Erard, mais ils sont inférieurs au point de vue de la solidité. Quelques artistes les préfèrent, parce que, disent-ils, les sons en sont moins cuivrés. Mais les goûts sont si divers !" Nouvelle technologie des arts et métiers des manufactures, des mines, de l'agriculture, 1872, p. 223 (Gallica)

1874

PARIS - "La maison Pleyel-Wolff a exposé les principaux modèles de son importante et consciencieuse fabrication.

Plus préoccupé de faire ses preuves au point de vue factural qu'au point de vue décoratif, M. Wolff n'a exposé que des types de sa fabrication courante; le seul luxe qu'il se soit permis, luxe sévère et de bon goût, a été de faire polir les barrages en fer de ses grands instruments, au lieu de les mettre en couleur comme on le fait d'habitude.

Les instruments de cette maison se sont fait remarquer par leurs qualités habituelles : sonorité distinguée et chantante, clavier facile et obéissant, qui permet à l'artiste de faire le son, étouffement parfait, absences de fausses résonnances dans les basses.

On a surtout admiré le piano à queue petit format, à cordes croisées, qui réunit sous un petit volume toutes les qualités d'un grand instrument.

Sans aucun doute, ce charmant piano serait insuffisant dans une grande salle de concert; mais, dans un salon, que de ressources ne présente-t-il pas !

C'est par un emploi judicieux des cordes croisées que M. Wolff a pu donner à ce petit modèle des basses dont la sonorité a une ampleur vraiment remarquable.

Il est bien à désirer que ce petit modèle, dont le prix est très-modéré, contribue à ramener en France l'usage du piano à queue, si supérieur au piano droit pour l'accompagnement du chant et l'exécution de la musique d'ensemble." Bulletin de l'Union centrale. Revue mensuelle des beaux-arts appliqués à l'industrie, 01/08/1874, p. 57 (Gallica)

1876

PARIS - "PLEYEL, WOLFF ET Cie - Hors concours. - MM. Pleyel, Wolff et Cie ont exposé des pianos dont nous n'avons rien à dire au point de vue de la fabrication de l'instrument.

Nous ferons remarquer, seulement, que les caisses qui les contiennent sont gracieuses et bien exécutées." Bulletin de l'Union centrale. Revue mensuelle des beaux-arts appliqués à l'industrie, 01/08/1876, p. 185 (Gallica)

ORLÉANS - "Exposition des Arts appliqués à l'Industrie. Nous avons exposé à différentes reprises les raisons qui ont empêché le jury de faire bénéficier les fabricants d'instruments de musique des récompenses dont il disposait.

On ne sera donc que médiocrement surpris d'apprendre que les fabricants de pianos n'aient été l'objet d' aucune distinction. Le programme de l'Union centrale peut donner lieu à des critiques et, pour notre part, nous l'avouons, nous comprenons difficilement que cette association ne considère dans un piano que sa structure extérieure, n'y voie qu'un meuble de luxe, et ne se préoccupe en aucune façon de la valeur musicale de l'instrument; mais le jury n'avait point à tenir compte de ces considérations, et, en somme, on ne peut le blâmer d'être resté fidèle à la mission qui lui avait été imposée.

Comme nous n'avons pas les mêmes motifs que lui pour nous abstenir, nous croyons devoir accorder une mention spéciale aux pianos envoyés à notre Exposition.

Le public a été à même de juger de leur valeur tout récemment. Un artiste d'un talent reconnu, — nous avons nomme M. Bernardel — a bien voulu essayer il y a huit jours, en présence d'un nombreux auditoire, les instruments exposés.

Est-il besoin de dire que, dans cette sorte de concours, le succès est resté aux pianos de la maison Pleyel, Wolff et Cie, qui, bien que placés dans des conditions d'acoustique défavorables, ont soutenu leur réputation si bien établie ?

Ce succès toutefois leur a Été chaudement disputé, et si un jury eût été appelé à apprécier ce concours, son choix eût hésité entre les instruments signés Schwander, Bûcher, Guillot, Tessereau, Eigenschenk (ces trois derniers fabricants sont d'Orléans).

Une nouvelle audition a eu lieu hier, avec le même succès que la précédente. Un tel succès est bien digne de faire oublier aux fabricants de ces merveilleux instruments l'exclusion dont ils ont été l'objet." Journal du Loiret, 17/06/1876, p. 3 (Aurelia.Orleans.fr)

1878

 Piano à queue, grand modèle de concert - Les Harmonies du son et l'histoire des instruments de musique, 1878, p. 389

PARIS - "La maison Pleyel, Wolff et Cie a introduit dans les pianos de concert qu’elle a exposés une innovation du même genre, mais d’une exécution plus facile.

Ce procédé nouveau consiste à faire lever les étouffoirs de la sixième octave par les notes correspondantes de la septième octave; les cordes qui doivent vibrer par influence, étant précisément celles qui sont attaquées sur l’instrument, se trouvent dont et se trouveront toujours d’accord, autant du moins que le piano lui-même est bien accordé.

On le voit, c’est aussi un effet de duplex scala, mais simplifié. Toutefois, comme cet effet est faible, nous doutons que MM. Pleyel, Wolff et Cie persistent dans cette tentative.

Cette maison, ennemie de la routine et dirigée par un chef qui est à la fois un artiste et un savant, se livre encore à l’étude comparative des cordes parallèles et des cordes croisées.

Dans ses pianos de concert, elle a su adopter le métal dans la proportion convenable pour résister à l’effort des montures de cordes usitées a présent; mais elle a soin d’employer le fer forgé de préférence au fer fondu, et elle y gagne le double avantage d’une plus grande légèreté comme construction et d’un moindre danger au point de vue des ruptures, la fonte, par suite des fortes épaisseurs qu’on lui donne, étant à la fois très lourde et très sujette à se casser.

La maison Pleyel, Wolff et Cie a exposé des instruments d’une sonorité fine et distinguée, dont le clavier facile, l’action précise des étouffoirs et tout le mécanisme permettent à un pianiste de faire à son gré, de pétrir le son, pour ainsi dire.

L’esprit progressif qui ranime se reconnaît dans deux nouveautés, le clavier transpositeur et la pédale tonale. Bien de plus ingénieux que ce premier appareil. Il consiste en un clavier auxiliaire de six octaves seulement, qui se pose sur le clavier même du piano ordinaire, dont l’étendue est de sept octaves.

On peut donc le faire glisser soit au grave, soit à l’aigu, selon le degré de la transposition qu’on désire effectuer, On assure la correspondance exacte du. clavier mobile avec le clavier fixe à l’aide d’un ressort d’arrêt qui s’engage dans une plaque dentée.

L’appareil est si bien construit qu’il permet d’exécuter avec netteté et sans le moindre effort dans l’attaque la musique la plus rapide ou la plus compliquée. Le clavier transpositeur nous paraît appelé à rendre de grands services, étant léger, obéissant et bien préférable, par conséquent, à tous ceux qu’on avait imaginés jusqu’à ce jour.

Nous n’osons pas affirmer que la pédale tonale soit destinée à obtenir le même succès. Sans doute nous apprécions les ressources qu’elle assure aux musiciens et aux improvisateurs; nous reconnaissons qu’elle présente cet avantage remarquable de ne laisser vibrer que les notes fondamentales du ton, mais nous croyons que les organistes tireront meilleur parti de cette innovation que les pianistes ordinaires.

En voyant qu’on demande aux doigts non seulement de parcourir les sept octaves du clavier de l’instrument, mais encore d’enfoncer les touches d’un autre petit clavier d’une octave à l’aide desquelles agit la pédale tonale, un amateur trouvera qu’on exige trop de sa dextérité, et peut-être aura-t-il raison." Chouquet, Rapport sur les instruments de musiques à l'exposition universelle de 1878

PARIS - "Voici d'abord les pianos Pleyel, Wolff et Cie, ils sont bien connus, mais ce qui l'est moins, c'est une amélioration récente que nous devons signaler. Cette amélioration s'appelle la pédale tonale, elle épure l'harmonie et le sentiment du son, et détruit l'insupportable grasseyement de l'ancienne pédale." Les merveilles de l'Exposition de 1878 : histoire, construction, inauguration, ..., 1878, P. 486 (Gallica)

PARIS - "On peut observer dans les pianos modernes plusieurs mécanismes qui. sans altérer le son de l'instrument, lui donnent une résonnance plus étendue.

C'est d'abord la pédale tonique ou harmonique de la maison Pleyel Wolf et Ce.  Elle consiste en une troisième pédale placée entre celles du piano. Elle a pour but de laisser résonner librement certaines notes, tandis que les autres restent soumises à l'action de l'étouffoir.

A cet effet, un petit clavier supplémentaire d'une octave est encastré au-dessus du grand clavier. Quand on abaisse une note de ce petit clavier et qu'on met le pied sur la pédale tonale, toutes les notes de même nom restent libres et leurs étouffoirs levés sur toute l'étendue du clavier.

On peut aussi abaisser toutes les notes d'un accord dont les vibrations s'étendent librement, pendant que celles des autres notes du piano restent au contraire retenues par la pédale sourde.

Nous ne pouvons citer ici toutes les combinaisons qui résultent de cette ingénieuse invention. Disons seulement qu'elle est tout à fait sérieuse et qu'elle correspond à des effets qui sont surtout du domaine de l'art et de la science musicale, plus encore que de la virtuosité, qui eut ceptndaiit en user avec succès." Journal officiel de la République française, 30/10/1878, p. 1005 (Gallica)

1880

Photo de l'exposition à Melbourne Australie en 1880, section pianos français

SYDNEY - "On wednesday the same pianiste [Mdlle. Alice  Charbonnet] gave a recital on the world-renowned Pleyel concert grand, exhibited in the French court, Eastern nave; the allegro Grandoise Hercz, Iota Aragonese - Gottschalk, and Sextuor de Lucia - Liszt, were in each programme, and, with the other section, were approved by the audience. The piano used is a truly magnificent instrument; the makers, although exhibitors, are not competitors." The Sydney Morning Herald, 09/12/1880, p. 4

SYDNEY - "Of Pleyel's instruments five are exhibited, but not for competition. Some ten years since Pleyel sent an artist of exceptional skill (Charles Wehle) with some of his instruments on a tour through Australia, New Zealand; Honolulu, and America.

In all places concerts were given, and the merits of the pianos made known in the most agreeable manner by a musician thoroughly capable of appreciating and interpreting them.

Since that time these instruments have held their own ground. In the full grand in the Exhibition Pleyel's especialties can be seen. The action is the double repeating fly, Pleyel's patent. The iron frame is partly cast, the bars screwed to the metal plate.

It is double oblique, extreme overstrung, in the damper the felt is divided, to render the action immediate. On the hammers are double felt - one coloured, one white.

The metal agraffes by which the strings are bound are supposed to give additional brilliancy to the tone. In the sounding-board, of Swiss pine, special care is displayed. The compass is of 7 1/4 octaves. The tone is full, rich, and melodious, the wearing power unquestioned, the frame of deep rosewood, inlaid with brass.

In No. 2, the semi-grand, the same careful finish is everywhere observable. In connection with this is an invaluable recent discovery or application by Pleyel in the patent movable transposing keyboard, an apparently remarkably simple contraction, by whose means any piece of music can be played in any key at the will pf the pianist. The transposition is effected by means of a screw, which moves the whole apparatus in intervals of semitones.

No. 3 is a full cottage, iron frame, double oblique overstrung, with double-felted hammer and pin to secure the felt from any accident through the aiding of the glue ; the case, as in all the other instruments, is almost severe in its simplicity.

No. 4 is a cheaper form, scmi-obliquo, and lighter frame, in loth er respects the caso evidently as great as in the more expensive instruments, full size, and excellent action and tone.

No. 5 is a cottage on a new model, with a strong metal frame, a full rich tone, and the thorough characteristics of Pleyel's uniform make and merits." Pianofortes in the exhibition, The Sydney Morning Herald, 12/01/1888, p. 6

1885

ANVERS - "215 — Pleyel, Wolff et Cie (Auguste Wolff, gérant), 22 et 24, rue Rochechouart, Paris. Fabricants de pianos. Usine à vapeur à Saint-Denis.

- 1 grand piano à queue (dit de concert),

- 1 piano à queue moyen modèle, [voir image catalogue 1884]

- 1 petit piano à queue, cordes croisées.

- 1 grand piano droit, cordes croisées. [voir image catalogue 1884]

- 1 grand piano cordes obliques (non croisées). [voir image catalogue 1884]

- 1 moyen modèle. [voir image catalogue 1884]

- 1 oblique petit modèle. [voir image catalogue 1884]

- 1 cordes droites (pianino d'exportation, spécial).

- 1 pianino ordinaire.

Nous avons obtenu toutes les récompenses depuis la première exposition en 1827 et M. Wolff a été associé ou membre du jury depuis l'Exposition universelle de 1862, décoré à cette Exposition. " Exposition d'Anvers 1885, p. 22

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