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Ignace PLEYEL
à Paris (°1807)

PLEYEL & CHOPIN

"Chopin affectionnait particulièrement les pianos Pleyel, à cause de leur sonorité argentine un peu voilée et de leurs touches si dociles aux moindres intentions du doigt.

Il écrivait « Quand je suis mal disposé, je joue sur un piano de XXX, parce qu'il me donne un son tout fait; mais quand je me sens en verve et assez fort pour trouver mon propre son à moi, il me faut un piano de Pleyel. » " La Salle Pleyel, 1893, p. 134 (Gallica)

PIANINO PLEYEL ca. 1835-40

« Quand je suis mal disposé, disait Chopin, je joue sur un piano de X***, parce qu'il me donne un son tout fait; mais, quand je me sens en verve et assez fort pour trouver mon propre son à moi, il me faut un piano de Pleyel. » La Grande Dame : revue de l'élégance et des arts, 1894, p. 406 (Gallica)

XXX ou X*** remplace le mot 'Erard' - voir ci-dessous les dates 1878 et 1885

1831

Année 1831. — Toujours à Vienne, le 4 avril, il prend part au concert donné par la cantatrice Garcia-Vestris. Le 20 juillet se rend à Munich. Là, le 28 août, donne un concert dans la salle de la Société philharmonique. Passe le mois de septembre à Stuttgart. Etude C-moll (après avoir appris la prise de Varsovie). Scherzo H-moll et Scherzo B-moll. A la fin de septembre part pour Paris. Se lie d'amitié avec Calbrenner [Kalkbrenner], Liszt, Mendelssohn, avec toute la haute société parisienne passionnée pour la musique. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 277 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
27, boulevard Poissonnière
Chopin eut, au 5e étage, le premier de ses domiciles parisiens, composé de deux petites chambres de la fin de septembre 1831 à juin 1832. « Bien des gens m'envient cette vue, écrivit-il alors, mais personne mon escalier. »

1832

Année 1832 — Le 31 janvier, Constance Gladkowska épouse Joseph Grabowski. Le 28 février, Chopin donne un concert dans la salle Pleyel. Songe à partir pour l'Amérique... Commence à réussir. Le 20 mai joue au concert Girard; le 15 décembre, joue avec Liszt au concert Hiller. Trois Nocturnes Op. 9. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 277 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
4, cité Bergère
Hôtel meublé dont Chopin a loué une chambre de la fin de 1832 à juin 1833.

"Grand Concert Vocal et Instrumental, donné par M. HUERTA, le vendredi 14 décembre 1832, Salle Taitbout, rue Taitbout, n° 9. On commencera a 8 heures précises du soir.

PROGRAMME.

Ire PARTIE

1° Duo chanté par Mme. Gordoni et M. Arnaud, artiste du théâtre de Londres.
2° Duo chanté par M. et Mme. Boulanger-Kunze.
3° Sonate religieuse pour la guitare avec accompagnement de clochettes, composée et exécutée par M. Huerta.
4° Air de Mercadante chante par Mme Gordoni

5° Solo de piano-forté composé et'exécuté par M. Chopin.
[Quel pianoforte ?]
6° Romancés chantées par M. Boulanger.
7° Fantaisie, sur le thème les folies-d'Espagne, composée et exécutée par M. Huerta.

2° PARTIE

1° Solo de flûte exécuté par M. Connîk.
2° Air de là Soumalrnbula chanté par M. Arnaud.
3° Air chanté par Mme Boulanger-Kunze.
4° Pot-Pourri composé d'airs français, italiens
et espagnols; suivi d'un air Tarie de M. Sor, exécutés par M. Huerta.

Nota. M. Huerta exécutera une des variations avec la main gauche seulement.
M. Tadolini, directeur de la musique du Théâtre Royal Italien, tiendra le piano.

Sur la demande d'un grand nombre d'amateurs, M. Huerta jouera l'ouverture de Sémiramis.

PRIX DES PLACES.
PREMIÈRES LOGES 5 Fr.
DEUXIÈMES LOGES et PARQUET ... 3 Fr. 50 Cent.
TROISIÈMES LOGES 2 Fr.
On trouve des billets de toute place, chez M. Pacini, marchand de musique, boulevard des Italiens, n. 11; Savaresse, au Palais-Royal ; chez M. Huerta, rue du Helder, n. 16 ; et chez les principaux marchands de musique." L'Eclaireur. Journal d'annonces générales ou petites affiches légales, 09/12/1832, p. 1 (Gallica) - Un facteur de pianoforte dans la rue Taibout n° 9, en 1836 (arr.9)

Chopin a joué sur un piano carré una corda sur son premier concert chez Pleyel.

Chopin écrivait « Les pianos Pleyel sont non plus ultra. »

1833

Année 1833. — Joue avec Liszt au concert des Herz. Joue à Rouen. Publie : Douze grandes Etudes Op. 10. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 277 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
5, rue de la Chaussée d'Antin
Hôtel d'Epinay, maintenant disparu
Chopin y louait une chambre de juin 1833 à septembre 1836. Il a eu un colocataire le docteur Alexandre Hoffmann, et plus tard son ami Jan Matuszynski.

1834

Année 1834. — En mai quitte Hiller pour Aix-la-Chapelle. S'arrête à Dusseldorff chez Mendelssohn, à Coblentz, à Cologne. Retourne à Paris. Publie de nouvelles compositions. Se lie avec Bellini. Fait paraître : Grande Fantaisie sur des airs polonais Op. 13.— Boléro. - Valse Es-dur. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 277 (Gallica)

1835

Année 1835. — Le 5 avril donne un grand concert avec le concours de Liszt dans la. salle de l'Opéra italien. Paraissent ses premiers Scherzo. Rencontre en juillet ses parents à Carlsbad; rencontre les Wodzinski à Dresde; en septembre, Chopin demande la main de Marie Wodzinska. Valse F-moll (l'Adieu). S'arrête à Leipzig chez Mendelssohn et Schumann et revient à Paris. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

1836

Année 1836. — Polonaise Op. 22. Ballade C-moll. Polonaises. Mazurkas; passe l'été à Marienbad avec les Wodzinski, l'automne à Dresde. Retourne à Paris fiancé à Marie Wodzinska. S'arrête quelques jours en route à Leipzig et se lie avec Schumann. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
38, rue de la Chaussée d'Antin
(Immeuble maintenant disparu)
Chopin louait ici, de septembre 1836 à septembre 1839, un appartement de deux pièces payé 425 F par trimestre.

1837

Année 1837. — Correspondance suivie avec les Wodzinski. Rupture avec eux. Voyage à Londres. Fait plus intimement connaissance avec Mme. Sand. Début du roman. Paraissent Eludes Op. 25. Deux Nocturnes Op. 32. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

1838

Année 1838.— Chopin donne un concert à La Cour, et à Rouen - Lamentable état de sa santé. Dans le courant de novembre, se rend avec Madame Sand à l'île Majorque en passant par Barcelone. Prélude. Polonaises. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

"Chopin peut justement nous servir à prouver qu'à un homme extraordinaire il ne suffit pas de pouvoir rivaliser de perfection technique avec les plus habiles de son art.

Chopin ne met point sa satisfaction à ce que ses mains soient applaudies pour leur agile dextérité par d'autres mains. Il aspire à un plus beau succès : ses doigts ne sont que les serviteurs de son âme, et son âme est applaudie par les gens qui n'écoutent pas seulement avec les oreilles, mais avec l'âme.

Aussi il est le favori de cette élite qui recherche dans la musique les plus hautes jouissances intellectuelles ; ses succès sont de nature aristocratique ; sa gloire est comme parfumée par les louanges de la bonne société, elle est distinguée ccmme sa personne.

Chopin est né en Pologne, de parents français, et son éducation a été achevée en Allemagne. Les influences diverses de ces trois nationalités font de lui un ensemble des plus remarquables. Il s'est approprié les meilleures qualités qui distinguent les trois peuples.

La Pologne lui a donné son sentiment chevaleresque et sa souffrance historique; la France, sa facile élégance et sa grâce ; l'Allemagne, sa profondeur rêveuse.... ; mais la nature lui donna une figure élancée, coquette, un peu maladive, le plus noble cœur et le génie.

Il faut certainement accorder à Choppin [sic] le génie dans toute l'acception du mot. Il n'est pas seulement virtuose, mais bien poëte aussi : il peut nous révéler la poésie qui vit dans son âme ; c'est un musicien poëte, et rien n'est comparable à la jouissance qu'il nous procure quand il improvise sur le piano.

Il n'est en ce moment ni Polonais, ni Français, ni Allemand, il trahit une plus haute origine : il vient du pays de Mozart, de Raphaël , de Goëthe ; sa patrie véritable est le pays de poésie.

Il me semble, quand il improvise, que c'est un compatriote qui m'arrive de mon pays, et me raconte les choses les plus curieuses qui s'y sont passées pendant mon absence.....

Il me prend parfois envie de l'interrompre pour lui dire : Et que fait la belle Ondine, qui savait draper avec tant de coquetterie son voile d'argent autour de ses cheveux verts ?

Le dieu marin à barbe blanche la poursuit-il toujours de son sot amour suranné? Les roses ont-elles toujours chez nous ce fier éclat flamboyant? Les arbres font-ils toujours entendre leurs beaux chants au clair de lune?... Hélas !" Revue et gazette musicale de Paris, 04/02/1838, p. 53

CONCERT À LA COUR.

"M. Chopin, ce pianiste aussi extraordinaire que modeste, a été appelé à la cour dernièrement, pour y être entendu en cercle intime.

On a su apprecier là, comme dans une réunion d'artistes, le mérito éminent du jeune compositeur, mais on a surtout admiré ses inépuisables improvisations qui ont presque fait tous les frais de la soirée, et lui ont valu d'unanimes applaudissements." Revue et gazette musicale de Paris, 23/02/1838, p. 81

CONCERT DONNÉ A ROUEN PAR CHOPIN.

"Voici un événement qui n'est pas sans importance dans le monde musical. Chopin qui ne se fait plus entendre au public depuis plusieurs années, Chopin qui emprisonne son charmant génie dans un auditoire de cinq ou six personnes, Chopin qui ressemble à ces îles enchantées où abordent à peine quelques voyageurs, et dont ils racontent tant de merveilles, qu'on les accuse de mensonge; Chopin qu'on ne peut plus oublier dès qu'on l'a entendu une fois, Chopin vient de donner, à Rouen, un grand concert, devant cinq cents personnes, au bénéfice d'un professeur polonais.

Il ne fallait pas moins qu'une bonne action à faire et que le souvenir de son pays pour vaincre sa répugnance à jouer en public.

Eh bien ! le succès a été immense ! immense ! Toutes ces ravissantes mélodies, ces ineffables délicatesses d'exécution, ces inspirations mélancoliques et passionnées, toute cette poésie de jeu et de composition qui vous prend à la fois l'imagination et le cœur, ont pénétré, remué, enivré ces cinq cents auditeurs comme les huit ou dix élus qui l'écoutent religieusement des heures entières ; c'était à tous moments, dans la salle, de ces frémissements électriques, de ces murmures d'extase et d'étonnelnent ; qui sont les bravos de l'âme.

Allons, Chopin ! allons ! que ce triomphe vous décide; ne soyez plus égoïste, donnez à tous votre beau talent; consentez à passer pour ce que vous êtes ; terminez le grand débat qui divise les artistes; et quand on demandera quel est le premier pianiste de l'Europe, Liszt ou Thalberg, que tout le monde puisse répondre, comme ceux qui vous ont entendu..... : C'est Chopin. LEGOUVÉ." Revue et gazette musicale de Paris, 25/03/1838, p. 7

"A Monsieur le Rédacteur de la Gazette Musicale. Monsieur,

Je lis dans la Gazette Musicale de ce matin l'annonce suivante :

« Encore un talent de pianiste qui nous apparaît à l'horizon ! mais cette fois il s'agit d'un talent féminin dont se glorifie l'Allemagne, cette patrie des Chopin, des Liszt, des Kalkbrenner, des Schunke», etc., etc.

M. Frédéric Copin [sic] est né à Varsovie, d'un père français et d'une mère polonaise, il n'y a pas là de quoi faire un allemand ! M. Liszt est un Hongrois d'origine magyore. J'ai cru nécessaire, monsieur, de vous adresser cette rectification pour empêcher une erreur de s'accréditer.

L'Allemagne a bien assez d'artistes éminents, sans avoir besoin de s'approprier ceux des autres pays. Agréez, etc. H.-E. CHONSKI." Revue et gazette musicale de Paris, 17/06/1838, p. 250

"À M. F. CHOPIN, SUR SA BALLADE POLONAISE.

"Mon cher ami,

Il y a peu de temps, dans une de ces soirées où, entouré de sympathies choisies, vous vous abandonnez sans méfiance à votre inspiration, vous nous avez fait entendre cette ballade polonaise que nous aimonstant.

A peine le génie mélancolique enfermé dans votre instrument, reconnaissant les mains qui ont seules le pouvoir de le faire parler, eut-il commencé à nous raconter ses douleurs mystérieuses, que nous tombâmes tous dans une profonde rêverie.

Et quand vous êtes fini, nous restâmes silencieux et pensifs, écoutant encore le chant sublime dont la dernière note s'était depuis longtemps perdue dans l'espace.

De quoi songions-nous donc ainsi tous ensemble, et quelles pensées avait éveillées dans nos âmes la la voix mélodieuse de votre piano ?

Je ne puis le dire; car chacun voit dans la musique, comme dans les nuages, des choses différentes.

Seulement en voyant notre ami le Sceptique, qui a pourtant conservé une foi si vive dans l'amour et dans l'art, regarder vaguementdevant lui, la tête penchée sur l'épaule et la bouche entr'ouverte par un triste sourire, je me suis imaginé qu'il devait rêver de ruisseaux murmurants et de mornes adieux échangés sous les sombres allées des bois; tandis que le vieux Croyant, dont nous écoutons avec une admiration si respectueuse la parole évangélique, avec ses mains jointes, ses yeux fermés, son front chargé de rides, semblait interroger le Dante, son aïeul, sur les secrets du ciel et les destinées du monde.

Pour moi, caché dans le coin le plus sombre de la chambre, je pleurais en suivant de la pensée les images désolantes que vous m'aviez fait apparaître.

En rentrant chez moi, j'ai essayé de les rendre à ma manière dans les lignes suivantes.

Lisez-les avec indulgence, et, quand même j'y aurais malinterprété votre ballade, agréez-en l'offrande comme une preuve de mon affection pour vous et de ma sympathie pour votre héroïque patrie." Revue et gazette musicale de Paris, 09/09/1838, p. 362

"J'arrive enfin à l'auteur que j'ai gardé pour le dernier, à mon favori le plus cher, à Frédéric Chopin, dont j'ai mis à dessein les mazurkas tout en dessous de la pile de morceaux que je viens de passer en revue, afin de ne me séparer d'elles que le plus tard possible.

Je voudrais pouvoir annoncer simplement ces nouvelles mazurkas de Chopin et me borner ensuite à les entendre exécuter par Chopin lui-même ! Mais, hélas !

Chopin est parti pour l'Espagne, et il n'a laissé derrière lui que quelques feuilles de papier dépositaires de ces notes caractéristiques qui ont déjà ému tant de cœurs et qui sont l'expression si vraie de ses sentiments les plus intimes.

J'aime à croire que personne ne s'avisera de réclamer de moi que je me livre à une froide dissection musicale à l'occasion d'un compositeur tel que Chopin, et l'on me dispensera, je l'espère, de faire l'énumération pédantesque des tonalités, des modulations et des nuances qui se rencontrent dans cette nouvelle production.

Voici tout ce que je puis dire à ce sujet : Je vous annonce de nouvelles élégies polonaises intitulées Mazurkas, et composées par Chopin." Revue et gazette musicale de Paris, 13/10/1838, p. 462

"M. Chopin vient de partir pour l'Espagne où il passera une partie de l'hiver avec son ami, notre collaborateur, Georges Sand." Revue et gazette musicale de Paris, 04/11/1838, p. 446

 De Palma.

"Vous me demandez, mon cher ami, de vous fournir quelques détails sur mon séjour récent à Majorque, J'accepte bien volontiers, encore que d'autres, avant moi, ont visité et décrit cette île merveilleuse où George Sand et Chopin passèrent ensemble l'hiver de 1838.

Chopin rapporta de ce voyage un petit chêf-d'oeuvre. Le Cloître (Nocturne), et aussi, je crois, une aggravation du mal dont il souffrait déjà, et qui devait l'emporter quelques années plus tard, George Sand revint avec deux petits ouvrages :

Un hiver à Majorque et Soiridion.

Le premier de ces ouvrages donne, sur l'île et ses habitants, des renseignements et des détails qui sont à consulter.

Je n'entreprendrai donc point une description de Majorque ; mais je tiens à dire qu'on exagère un peu la splendeur du climat. Les mois d'hiver y sont assez souvent froids et pluvieux ; en outre, on ne trouve que difficilement à se loger et les hôtels y sont impratiticables pour un séjour prolongé.

En revanche, les habitants sont généralement accueillants, surtout pour les artistes qui sont très aimés à Palma.

Il existe dans cette ville un centre artistique important; la peinture y est représentée par des hommes de véritable talent, comme MM. Ribas, Fuster, Gélabert et surtout Terrassa. Desgouves, le peintre français, et Mir le peintre catalan, viennent d'y passer l'hiver.

La musique est représentée par Ouetam, la célèbre basse, qui s'est retiré à Palma; Noguera, un grand artiste; MM. Torrens, Torrès, Pinto, etc. ; c'est-à-dire par des exécutants de valeur, des compositeurs savants et originaux, et des amateurs passionnés.

Le Monastère de Valldemosa.

La littérature tient aussi une grande place. M. Alcover est un exquis poète, très connu en Espagne. M, Oliver, directeur de l'Almudeyna, est un des plus importants journalistes espagnols, et M. Alomar se montre tour à tour poète et prosateur de beaucoup de talent.

Au cours de mes nombreuses excursions, je fus particulièrement séduit par le pittoresque couvent de Valldemosa, non seulement parce que ce couvent est ad mirablement situé dans les montagnes, mais aussi parce que George Sand et Chopin vécurent là, lors du voyage dont je vous parlai tout à, l'heure.

Mon premier soin, en arrivant à Valldemosa, fut de rechercher la cellule où les deux amants avaient caché, leur bonheur. Ce ne fut pas chose facile et je n'ose même affirmer formellement que j'aie réussi.



Jardin du Cloître de Valldemosa

Dans ce couvent désaffecté depuis 1835, les cellules sont louées aujourd'hui à des habitants du pays, parmi lesquels le médecin du village est un des plus anciens locataires.

C'est à lui que je crus devoir m'adresser d'abord. Je fus reçu fort aimablement, mais à ma grande stupéfaction, le docteur me déclara que personne à Valldemosa ne saurait me désigner la cellule en question. Il me restait à procéder par déduction.

En me reportant à la description que Georges Sand avait faite de la cellule qu'elle habita, j'en arrivai à conclure que cette cellule est bien celle que le docteur occupe aujourd'hui. En effet, Georges Sand dit que sa chambres étaient voûtées. Or, seule, la cellule du docteur — celle du Prieur autrefois — présente cette particularité.

Le mot « cellule » évoque l'idée d'une pièce étroite et sombre où le moine devait traîner péniblement ses jours dans la pénitence et l'austérité.

Extérieur de la cellule de G. Sand et Chopin

A Valldemosa, c'est tout autre chose : les cellules sont spacieuses et se composent de trois magnifiques chambres et d'une cuisine, le tout donnant sur un coquet jardinet d'où la vue embrasse la montagne et la mer.

J'ai remarqué dans la cuisine une sorte de passe-plat sur la porte duquel un cadran peint, muni d'une aiguille, se voit encore. Par ce moyen, le moine indiquait l'heure à laquelle il désirait qu'on lui apportât ses aliments.

Ces cellules étaient donc de charmantes retraites pour la méditation et aussi de bien jolis nids d'amoureux.

Chopin avait fait apporter à Majorque un pianino Pleyel sur lequel j'ai pu jouer, grâce à l'amabilité de M. Canut qui le conserve religieusement à Palma et m'a fourni de curieux détails à son sujet.

En décembre 1838, les Majorquins apprirent un jour qu'une dame de Paris, faisant des livres, venait de débarquer chez eux en compagnie d'un musicien.

Après de sérieuses difficultés, les visiteurs parvinrent à louer une petite maison dans laquelle ils s'installèrent. Mais le bruit s'étant répandu que le musicien était physique, le propriétaire expulsa ses locataires sans autre forme de procès.

La peur de la contagion était telle à cette époque, à Majorque, que toute chambre que l'on supposait avoir été habitée par un poitrinaire était murée.

A la suite de cet incident, Georges Sand et Chopin se réfugièrent à Valldemosa, situé à, environ quinze kilomètres de Palma.

A la fin de l'hiver, au moment du retour, Chopin ne voulant pas rapporter son instrument en France afin d'éviter de nouveaux frais de transport et de douane, ceux de l'arrivée ayant été considérables, chercha à le céder à quelqu'un, mais personne n'en voulait, toujours par crainte de la contagion !...

Le malheureux piano fut sur le point d'être abandonné; heureusement que le père de M. Canut le sauva du feu auquel l'eût fatalement condamné la prudence des Majorquins.

Bravant les préjugés de ses concitoyens, et pressentant sans doute le génie de Chopin, il devint acquéreur du charmant pianino qui est encore aujourd'hui dans un état de conservation surprenant, grâce aux soins dont on l'entoure.

Une des pièces de la cellule de G. Sand et Chopin.

M. Canut possède une lettre que Chopin adressa de Marseille à M. Canut père pour attester l'authenticité du pianino.

En terminant ces brefs souvenirs, j'ajouterai qu'il existe à Palma, au centre de la ville, une sorte de Cercle musical, le salon Beethoven, où amateurs et artistes se réunissent tous les soirs, au nombre de vingt-cinq ou trente, pour faire de la musique et où les dames sont admises quelquefois. Ce salon a deux ou trois pianos pour tous meubles et l'on n'y fait que de la musique de chambre.

Enfin, Palma possède aussi un théâtre d'opéra, de bel aspect moderne, sur la Rambla. Une troupe italienne y joue le répertoire italien. EMILE TREPARD." Le Monde artiste : théâtre, musique, beaux-arts, littérature, 02/06/1901, p. 339 (Gallica)

"15 novembre 1838 - Mon très cher,
Je suis à Palma, au milieu de palmiers, de cèdres, de cactus, d'oliviers, d'orangers, de citronniers, d'aloës, de figuiers et de grenadiers, et de tous ces arbustes que le Jardin des Plantes ne possède que grâce à ses calorifères !

Le ciel est de turquoise, la mer d'azur, les montagnes d'émeraude. Et l'air, l'air, comme au paradis ! Tout le jour, du soleil, donc il fait chaud, et l'on est vêtu en été. La nuit, pendant des heures entières, ce sont des chants et des guitares...

Va chez Pleyel, car le piano n'est pas encore arrivé.

Par quelle route l'a-t-on expédié ? [...]"
La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages, 01/1902, p. 386-387 (Gallica)

1839

Année 1839. — Printemps à Marseille. Eté à Nohant. Retourne en automne à Paris. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

Le pianino de Chopin à Valdemosa, Majorque
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"Le pianino de Pleyel, arraché aux mains des douaniers après trois semaines de pourparlers et quatre cents francs de contribution, remplissait la voûte élevée et retentissante de la cellule d'un son magnifique." Voyage à Majorque, George Sand, 1868, p. 42 (Gallica) - Voir un dessin du pianino  du fils de G. Sand (Blog Pianino Pleyel d'Olivier Fadini)

"Nous étions partis de Valldemosa, l'enfant et moi, au milieu des pluies de l'hiver, pour aller disputer le pianino de Pleyel aux féroces douaniers de Palma. La matinée avait été assez pure et les chemins praticables; mais, pendant que nous courions par la ville, l'averse recommença de plus belle.

Ici, nous nous plaignons de la pluie, et nous ne savons ce que c'est : nos plus longues pluies ne durent pas deux heures; un nuage succède à un autre, et entre les deux il y a toujours un peu de répit." Voyage à Majorque, George Sand, 1868, p. 47 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
5, rue Tronchet
Retourné de Majorque et de Nohant, Chopin y louait un appartement au 1er étage d'octobre 1839 à novembre 1841.

Le piano fut mis à la disposition de Chopin à partir d'octobre 1839. Il fut vendu en mai 1841 à Natalia Obreskoff. Ce piano a été exposé sur l'Exposition Chopin, en 1932, dans le Bibliothèque Polonaise, à Paris, mais maintenant dans Musée de la Musique, à Paris, France (Gallica) - autre photo du piano
[Cliquer sur le cadre]

1840

Année 1840. — Marie Wodzinska épouse le comte Joseph Skarbek. Sonate B-moll (avec la marche funèbre). Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

"On parle aussi beaucoup dans le monde, de la magnifique soirée que doit donner, lundi 5 mai, au profit de Henri Mondeux, jeune pâtre de la Touraine, Liszt qui promet ainsi un double plaisir à ses auditeurs, car il accomplit une bonne, une noble action. [...][...]

Enfin nous avons entendu Chopin, cet artiste modeste qui se tient à l'écart comme s'il redoutait l'enivrement des succès. Depuis plusieurs années Chopin ne s'était pas fait entendre, aussi le concert de lundi avait excité un intérêt et un curiosité extrêmes et attiré aux charmants salons de Pleyel la foule la plus brillante.

Quelques-unes des compositions jouées par le bénéficiaire ont justifié tant d'empressement.

Un scherzo, deux études charmantes, une polonaise brillante et d'une difficulté incroyable ont donné à l'auteur les moyens de développer les, trésors d'éxécution qu'on lui connaît.

Mais ce qui a surtout charmé l'auditoire, ce sont ces compositions si délicates et si légères qui renferment cependant tant d'inspiration et de génie, ces riens ravissants où se déploie une grâce si parfaite, où se découvre une ame si tendre et si mélancolique.

Une mazourka délicieuse, une ballade ou nocturne et un andante d'une tristesse profonde, rendus avec un sentiment tel que nous n'avons pu l'entendre sans attendrissement, ont été redemandés et accueillis avec un fanatisme qui fait autant d'honneur au public qu'à l'artiste qui en était l'objet." Bulletin des salons, des arts, de la littérature et des théâtres, 1840, p. 138 (Gallica)

"MM. Listz et Cramer demandent la croix-d'honneur, et pourquoi M. Thalberg et M. Chopin ne la solliciteraient-ils pas à leur tour ? Thalberg et Chopin; voilà certes des noms populaires et dont le talent n'est contesté par personne.

Il serait facheux que la présentation de MM. Listz et Cramer pût être un obstacle à la nomination de M. Bertini.

Pour éviter de donner trois décorations, on pourrait bien refaser d'en donner une seule. Nous regretterions alors qu'on eu mis en avant le nom de Bertini qui n'a rien sollicité, nous en sommes sûrs, et qu'on paralysât ainsi les intentions si honorables de M. Cavé." La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 05/01/1840, p. 186 (Gallica)

1841

Année 1841. — Le 26 avril, Chopin joue salle Pleyel. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
16, rue Pigalle
Au fond d'un jardin, il y avaient deux pavillons d'été. George Sand sous-loua un des deux à Chopin. Il se transferait en novembre 1841.

CONCERT chez PLEYEL 26/04/1841

"Le monde musical, tout fatigué qu'il soit de concerts, s'occupe d'une réunion qui aura le pouvoir de ranimer les esprits les plus blasés.

Il est un artiste, à à Paris, qui a une place tout à fait particulière: chacun le connaît, chacun l'admire, et presque personne ne l'a entendu.

Il ne va ni à Londres, ni à Saint-Pétersbourg, ni à Vienne, et la Russie, l'Angleterre et l'Allemagne le citent et l'attendent.

Il ne donne jamais de concerts, et sa réputation reste toujours la même, en dépit de son silence.

Les talens les plus éclatans l'honorent et le saluent avec respect; sa gloire, cachée au fond du coeur, n'éclipse celle de personne, et domine celle de tout le monde.

Il n'est pas le premier, il est à part. Chacun a déjà deviné que c'est de Chopin qu'il s'agit. Oui, Chopin, cédant aux instances de ses admirateurs, c'est à dire de ses amis, car l'admirer, c'est l'aimer, consent enfin à donner une soirée chez Pleyel.

Il s'est adjoint, pour remplir la soirée, Mme Damoreau, alliance pleine de goût et de grâce: c'est un charmant bouquét composé de deux fleurs.

Nous savons plus d'un artiste qui, ce jour-là, comme pour la représentation de Mlle Mars, apportera son offrande autrement qu'en bravos.

Le concert aura lieu dans les salons de Pleyel, rue Rochechouart." La Presse, 24/03/1841, p. 3 (Gallica)

"Concert de M. Chopin. - Les nombreux admirateurs du talent hors ligne de M. Chopin, sont enfin parvenue à décider le célèbre artiste à se faire entendre en publie.

Ainsi une occasion solennelle va se présenter où l'on pourra mettre en parallèle le génie, oui, le génie modeste d'un planiste-compositeur, qui n'a jamais ou recours a des moyens excentriques pour attirer sur lui l'attention du public, avec les prétentions exagérées d'autres pianistes-compositeurs, dont tout le talent consiste à se faire encenser dans les journaux ou par des amis maladroits.

Chopin est un de ces artistes qui vivent de rêverie, qui ne recherchent pas le bruit de la foule pour y mèlor leurs voix criardes et sans harmonie Chopin est te poète du cœur, le pianiste- inspire qui vous émeut toujours par une forme d'exécution pleine de grâce et de suavité rien en lui n'est tourmenté, n'est exagéré; c'est l'artiste tel que nous le voulons, tel que nous le comprenons, mélodiste avant tout, simple, naturel, plein de goût, de tendresse, d'élévation, de douceur et de passion tout à la fois !

Mme Damoreau et Ernst se sont empresses d'assurer leur concours à M. Chopin on ne pouvait former une plus brillante trinité d'artistes. C'est dans les élégante salons de M. Pleyel, rue Rochechouart, qu'aura lieu, demain 26, à huit heures du soir, le concert de M. Chopin." La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 25/04/1841, p. 147 (Gallica)

"Peu de concerts ont offert autant de charme et d'attraits que celui qu'à donné M. Chopin dans les brillans salons de M. Pleyel. Chopin est uri exécutant privilégié, un pianiste à part.

Il à fait pour le piano ce que Schubert a fait pour la voix.

Le talent du virtuose français a exactement le même caractère que celui du compositeur allemand.

C'est la même simplicité, le même dédain des formes prétentieuses, la même fraîcheur de mélodies.

Ce sont aussi lés mêmes aspirations vers l'idéal, le même enthousiasme poétique, la même exaltation religieuse comme celle de Schubert.

L'imagination de Chopin est tendre, rêveuse, mélancolique, et pourtant quand elle veut peindre les angoisses, le délire des passions, elle a parfois des acceris d'une singulière énergie; sous les doigts intelligens de l'habile virtuose, toutes les émotions de l'âme prennent une expression tour à tour gracieuse et sublime." Écho de la littérature et des beaux-arts en France et à l'étranger, 04/1841, p. 194 (Gallica)

"M. Chopin a exécuté à son concert quatre compositions nouvelles qui ont été édités» tout récemment par le maison E. Tronpenas ce sont La Ballade, op. 38; le Scherzo, op. 89; les Mazourkes, op. 40, et la Polonaise, op. 41." La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 02/05/1841, p. 159 (Gallica)

"CONCERT DE F. CHOPIN. - Il y a des hommes dont le cœur se trouve mal à l'aise au milieu du bruit; ils naissent pour la solitude et la rêverie, comme naissent, pour les ombrages frais et les chants de la fauvette, les sources miroitantes de la rosée.

Voyez Schubert dont l'existence si courte s'est passée à pleurer lois du monde des hymnes d'amour et de douleur; le scintillement des lumières lui brûlait les yeux; l'agitation de la fonle lui étreignait le cœur et l'empêchait de respirer; les applaudissements et les cris lui donnaient des vertiges et faisaient cesser en son âme le murmure des tendres et suaves mélodies.

Eh mon Dieu, Schubert n'en exprimait pas moins toutes les passions qui agitent le monde qui donc mieux que ce rêveur sublime a compris les angoisses de l'amour !

Les poètes sont ainsi faits, ils voient tout sans être présents a rien ils décrivent tout, et ils n'ont rien vu leur imagination senle est le miroir à travers lequel ils jugent l'humanité l'imagination s'élève, s'enthousiasme par la réflexion, et où peut-on réfléchir, si ce n'est dans le calme et la solitude ?

Les poètes ne s'occupent jamais de ce qui s'agite à leur autour ils livrent leurs pensées au monde, comme les arbres livrent leurs fleurs au vent et il arrive qu'au bout de dix ans, d'un demi-siécle, d'un siècle quelquefois, on ramasse quelques feullles égarés ou méconnus, et alors on brûle de l'encens va l'honneur d'un malheureux homme de génie qu'on a laissé mourir de privations et de souffrances.

Ainsi a été Schubert. Certes, celui-là n'a jamais cherché la popularité; c'est la popularité qui est venue à lui. Si Schubert vivait encore peut-être ne lui tiendrait-on aucun compte de la Religieuse, de Ave Maria, de la Sérénade, du Roi des Aulnes de la Berceuse, des Astres, de la jeune Fille et la Mort, de la Joueuse de Vielle, Sans toi, du Départ, et de tant d'autres petits drames lyriques qui respirent tous un caractère indéfinissable de mélancolie, de tendresse et de résignation.

Nous avons parlé de Schubert parce qu'il n'est pas une autre nature qui ait avec Chopin une analogie plus complète.

L'un a fait pour le piano ce que l'autre a fait pour la voie mais tous Ils deux ont puisé la même source leurs inspirations aussi variés, que suaves, mélancoliques-et passionnées tous les deux ont un caractère semblable.

Ecoutez Chopin et vous comprendrez bien vue qu'il n'a fait aucun sacrifice à la mode, qu'il ne s'est pas prosterné devant, les caprices du mauvais goût pour arriver à la fortune et à la renommée.

Cet artiste, ce poète, a marché au rebours de tous. les talents excentriques qui, depuis quinze où vingtans, font tous les efforts imaginables pour devenir populaires; il a fui le grand air; il a mieux aimé nne existence fragile, sans éclat, sans lutte, sans passion.

Pendant que tant d'autres artistes livraient leurs noms au vent de la publicité, lui rêvait en silence, demandant è son cœur des-pensées de jeunesse et d'amour, des formes belles et caressantes. La poésie est une si noble compagne dans l'isolement !

Chopin avait pour du bruit; il n'osait pas se montrer devant une assemblée nombreuse dont il n'était pas sûr d'être compris commeil craignait l'effet de ses applaudissemens.

Que d'efforts, que de luttes il a da s'engager entre sa tête et son cœur avant de se résoudre à affronter les regards de ses juges, non de ses admirateurs.

L'artiste, le poète plutôt, a cédé enfin il s'est montré, on l'a entendu et on a applaudi, tant applaudi que depuis près do huit jours il ne sait plus ce qu'il a fait ce qu'il a vu, ce qu'il a entendu.

Chopin est un pianiste de conviction. Il compose pour lui, il exécute pour lui ce qu'il exécute et ce qu'il compose tout le monde l'écoute avec un intérêt, un charme, un plaisir infinis.

Ne cherchez pas sous ses doigts de ces grands effets qui vous étonnent, de ces tours de force qui ébranlent votre tête.

Chopin ne veut pas de ce genre bruyant dont tout le mérite consiste à surpasser, sur le piano, les cris les plus aigus de l'orchestre.

Mais aussi, écoutez comme il réve, comme il pleure, comme il chante avec douceur, tendresse et mélancolie; comme il exprime parfaitement tous les sentiments les plus tendres et les plus élevés.

Chopin est le pianiste du gentiment par excellence. On peut dire que Chopin est le créateur d'une école de piano et d'une école de composition.

Rien en vérité n'égale la légèreté, la douceur avec laquelle l'artiste prélude sur le piano; rien encore ne peut être mis en parallèle avec ses œuvres pleins d'originalité, de distinction et de grâce.

Chopin est un pianiste à part qui ne doit et ne pent être comparé à personne, l'andante et le scherzo qu'il a exécutés dans son concert, sont deux morceaux d'un beau style.

Les mélodies en sont fraîches et très distinguées. Le scherzo surtout, d'une élégante simplicité, est plein de verve et d'entrain ses études ne sont pas moins remarquables le public en a fait répéter trois, et le publie a eu raison.

Mais ce qui a excité le plus vif enthousiasme, ce sont la ballade, une mazurka et une polonaise qui ont terminé la soirée.

Ces trois délicieuses compositions, les dernières que Chopin a publiées sont trois chefs-d'œuvre qui deviendront populaires sar le piano, comme les plus belles mélodies de Schubert.

Il serait injuste de ne pas mentionner quatre préludes qui ont aussi obtenu un beau succès.

Le concert était une fête où assistaient l'aristocratie du talent et l'aristocratie de la fortune. Deux artistes, dont les noms seuls auraient suffi pour attirer une foule brillante dans les brillants. salons de M. Pleyel, s'étaient réunis à M. Chopin.

Mme Damoreau et M. Ernst figuraient sur le programme. Mme Damoreau a chanté d'une façon ravissante (comme seule elle sait chanter), deux airs du dernier opéra de M, Ad. Adam, la Rose de Péronne.

La musique et la cantatrice ont été couverts d'applaudissements. Ces airs sont en vogue dans les salons avec un patronage comme celui de Mme Dalloreau, leur vogue ne peut que s'accroitre.

M. Ernst a joué son Élégie. Celui-là encore est un artiste-poète que vous émeut et vous charme sans grincements, sans efforts; il ades mélodies élui; il chante sans exagération; peut-être s'abandonne-t Il avec trop d'effusion à la mélancolie; mais au moins, il a un caractère original et bien tranché.

Si vous voulez entendre pleurer sur le violon, écoutez Ernst il tire des sons si déchirants, si passionnés que, vous craignez à tout instant de voir son instrument se briser entre ses mains.

Il est difficile de pousser plus loin l'expression de la tristesse, de la souffrance et du désespoir. Escurdier." La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 02/05/1841, p. 155-156 (Gallica)

"Le concert qui a eu lieu chez Mgr le due d'Orléans, ler décembre, a été magnifique. Les artistes du Théâtre-Italien, Mmes Grisi, Persiani, MM. Lablache et Mario s'y sont fait entendre. Il ne manquait là que Tamburini nous ayons remarqué avec peine roue absence.

La partie instrumentale était représentée par Chopin, le pianiste-poète, dont le génie tout exceptionnel, est resté jusqu'à présent sans rival et sans imitateur.

Il a joué une ballade de sa composition, et puis il a improvisé avec une grâce, une élégance, une facilité, qui ont émerveillé son royal auditoire. Après le second morceau, la reine s'est approchée de M. Chopin, et lui adresse les compliments les plus flatteurs.

Les pianistes, en général, quand ils se font entendre en public, ont l'habitude de jouer sur des pianos neufs; Chopin n'a pas hésité à jouer sur un piano à queue de Pleyel, vendu à la cour depuis cinq ou six ans, et il on a tiré des sons d'une pureté admirable, qui prouvent en faveur de la durée des pianos de M. Pleyel.

C'est une observation que l'on a faite et que nous nous plaisons à constater." La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 05/12/1841, p. 434 (Gallica)

"Il consent, au printemps de 1841, à rejouer en public, chez Pleyel. Salle comble, naturellement ; car à présent c'est Chopin et Liszt qui font à Paris les plus fortes recettes.

Or, c'est Liszt précisément, ce cœur enthousiaste, qui réclame l'honneur de faire le compte rendu pour la Gazette Musicale. Voici quelques variations et cadences de sa plume de pianiste.

« Lundi dernier, à huit heures du soir, les salons de M. Pleyel étaient splendidement éclairés : de nombreux équipages amenaient incessamment, au bas d'un escalier couvert de tapis et parfumé de fleurs, les femmes les plus élégantes, les jeunes gens les plus à la mode, les artistes les plus célèbres, les financiers les plus riches, les grands seigneurs les plus illustres, toute une élite de société, toute une aristocratie de naissance, de fortune, de talent et de beauté.

« Un grand piano à queue était ouvert sur une estrade ; on se pressait autour ; on ambitionnait les places les plus voisines ; à l'avance on prêtait l'oreille, on se recueillait, on se disait qu'il ne fallait pas perdre un accord, une note, une intention, une pensée de celui qui allait venir s'asseoir là.

Et l'on avait raison d'être ainsi avide, attentif, religieusement ému, car celui que l'on attendait, que l'on voulait voir, entendre, admirer, applaudir, ce n'était pas seulement un virtuose habile, un pianiste expert dans l'art de faire des notes ; ce n'était pas seulement un artiste de grand renom, c'était tout cela et plus que tout cela, c'était Chopin. »" Chopin ou Le poète : illustré de nombreuses photographies d'après les documents de l'époque, 1929, par Guy de Pourtalès, p. 130-131 (Gallica)

"CHOPIN. — Voilà bientôt quelques années que nous n'avions entendu ce sentimental pianiste; a-t-il progressé? non, car Chopin tient peu de souci des secrets mécaniques du piano ; chez lui point de charlatanisme; le coeur et le génie seuls parlent, et à ces titres, son organisation privilégiée n'a rien à gagner.

Pour bien apprécier Chopin, il faut aimer les impressions douces, il faut avoir le sealiment de. la poésie: entendre Chopin, c'est lire une strophe de Lamartine.

Les compositions de Chopin vous frappent encore bien plus que les nuances délicates de son jeu; Schubert n'a jamais été mieux inspiré; et l'on peut assurer que les oeuvres de Chopin sont autant de délicieuses perfections d'harmonie et de mélodie ; c'est surtout sous ce rapport que nous le préférons à Listz, bien que celui-ci, en abandonnant ses compositions originales, nous donne aujourd'hui l'idée de ce que peut son talent dans l'arrangement des oeuvres de nos célèbres compositeurs.

Mais tout admirable que soit son morceau sur Roiert-tc-Diable même, Meyerbeer peut en revendiquer quelques honneurs, tandis que dans Chopin tout est imagination et création. Ce n'est pas que nous prétendions voir en Chopin le plus grand des pianistes ; non, il a son individualité, tout comme Listz dont la chaleur et la foudroyante exécution sont certainement hors de toute rivalité.

Les études et les mazurka brillent parmi les compositions de Chopin: chacune de ses inspirations a juste ce qu'il faut de développement pour captiver le public sans lui donner une seule minute d'ennui ; aussi, le succès de Chopin a-t-il été immense !

Ajoutons que les pianos de Pleyel conviennent bien à ce pianiste : ces instruments ne résisteraient pas sous les doigts de Listz, et même sous ceux de pianistes plus calmes.

Seuls les salons de Pleyel, comme toujours, ont laissé beaucoup à désirer. On ne saurait vraiment rien imaginer de plus incommode, à commencer par l'entrée des piétons, que les équipages menacent d'écraser à chaque pas.

— Au nom delà presse, dont les organes n'ont généralement pas d'équipages à leur service, nous réclamons une entrée secondaire, qui mette la critique à l'abri des catastrophes.

Mme Damoreau et Ernst ont rivalisé de talent et de charme : au résumé, nous n'avons eu en cette soirée aucune de ces fortes impression dramatiques à la mode ; mais chacun s'est retiré plein d'une douce joie et d'un profond recueillement." Le Ménestrel, 02/05/1841, p. 3 (Gallica)

"George Sand, dans ses Impressions et Souvenirs, a décrit à l'avance le tableau que l'auteur de Victrix et de plusieurs autres harems a voulu faire et n'a pasiait.

C'est à Paris (janvier 1841). Un soir que Delacroix et Chopin ont discuté couleurs, « reflets et reflets de reflets », Chopin s'est mis au piano il improvise, comme au hasard « Rien ne me vient, dit-il, rieu que des reflets, des ombres, des reliefs qui ne veulent même pas se fixer.

Je cherche la couleur, je ne trouve môme pas le dessin. » Vous ne trouverez pas l'un sans l'autre, reprend Delacroix, et vous allez les trouver tous les deux.

» - Mais si je ne trouve que le elair de lune !
» - Vous aurez trouvé le reflet d'un reflet !

» L'idée plaît au divin artiste. Il reprend, sans avoir l'air de recommencer, tant son dessin est vague et somme incertain. Nos yeux se remplissent peu à peu des teintes douces qui correspondent aux suaves modulations saisies par le seps auditif.

Et puis la note bleue résonne, et nous voilà dans l'azur de la nuit transparente.

Des nuages légers prennent toutes les formes de la fantaisie ils remplissent le ciel; ils viennent se-presser autour de la lune, qui leur jette de grands disques d'opale et réveille la couleur endormie. » etc." Journal des débats politiques et littéraires, 16/05/1890, p. 2 (Gallica)

Chopin à Nohant en attendant d'un piano Pleyel

"Mon très cher, Va, je te prie, chez Pleyel avec cette lettre et cause avec lui en personne. Je lui écris pour un meilleur piano, le mien est mauvais. Lis sa réponse et cachète-la. Fais-moi savoir tout de suite quand il l'enverra, pour que je puisse m'arranger pour l'expédition depuis. Châteàuroux. Je doute qu'il me refuse ou me remette à une autre fois. Si cependant c'était le cas... ne fais pas le coup de poing! mais écris-moi simplement. Pardon encore une fois de ces commissions, mais c'est la dernière. Ton CH..." La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages, 01/1902, p. 394 (Gallica)

"Le piano qui devait arriver de chez Pleyel ne venant pas, Chopin, exaspéré de jouer sur un mauvais instrument, écrivait :

Si Pleyel ne te satisfait pas et que tu croies qu'Erard fera mieux l'affaire, change donc, mais ne fais rien à la légère et tâche de savoir si Erard sera plus serviable. Je ne sais pas pourquoi je devrais m'en tenir à Pleyel, si l'autre est plus complaisant.

Enfin, le piano de Pleyel, si désiré, était arrivé à Nohant ; et Chopin, tout à la joie de le voir, même avant le déballage, écrivait, la nuit du 10 au 11 août 1841, Fontana, domicilié chez lui, 5, rue Tronchet, à Paris, pendant tout le temps de sa villégiature :

Mon très cher, Merci pour toutes tes parfaites commissions. Le piano est arrivé le 9, et les autres objets le lendemain.

L'homme envoyé à Châteauroux pour le piano y a attendu trois jours. J'ignore encore le son de l'instrument, car il n'est pas encore déballé. [...]

Le piano enfin déballé, il avait bien fallu constater que Pleyel ne s'était donné aucune peine pour choisir l'instrument !

Cependant Chopin écrivait de la Châtre, le 16 août, à Fontana :

Salue Pleyel et prie-le de m'excuser si je ne lui écris pas. Mais ne lui dis pas qu'il m'a envoyé un très mauvais piano.
" La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages, 01/1902, p. 397-398 (Gallica)

1842

Année 1842 — Le 21 février, concert salle Pleyel. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
9, square d'Orléans
Situé 80, rue Taitbout (cité des Trois Frères &36, rue Saint-Lazare).
George Sand a loué le premier étage du n° 5
en automne 1842; elle y restera jusqu'en 1847, date de sa rupture avec Chopin. Chopin en a loué le rez-de-chaussée du n° 9, un appartement d'une chambre et un salon.

"Mais voici maintenant un autre concert qui mérite toute notre attention. M. Chopin s'est adjoint Franchomme et madame Pauline Viardot pourle composer. La critique devient difficile. Comment s'attaquer.à trois sommités musicales aussi distinguées?.

Je commence par vous dire qu'il ne s'agissait pas d'apporter purement et simplement une ou deux modestes pièces de cinq francs pour obtenir le droit d'entrer. Arrière, petites gens!. ceci est mets de rois, et non pour les goujats!.

Or donc la grande société, la société à voitures, enfin, la société à 15 et à 20 francs (car tel était, il faut bien le dire, le prix des billets du concert de M. Chopin), s'était donné rendez-vous dans la galerie de Pleyel, laquelle était illuminée de plus de cinq cents bougies.

Depuis huit heures du soir jusqu'à neuf nous avons vu entrer successivement les dames les plus élégantes, les plus gracieuses, les plus jolies, les plus comiques, les plus ridicules et même les plus laides (il ne faut oublier personne).

Toutes les toilettes étaient brillantes. Madame *** avait un bonnet Marie Stuart en riche dentelle d'Angleterre, à pointe sur le front; des touffes de roses étaient de chaque côté; ses cheveux étaient courts-bouclés; avec ce bonnet notre élégante portait une robe taffetas d'Itatalie glacé, gris bleu, garnie d'Angleterre.

Madame *** portait un bonnet Charlotte Corday en blonde avec bouquet de boutons de roses d'un côté, et un seul nœud de rubans gaze de l'autre côté.

Une autre dame se faisait remarquer par un turban à l'égyptienne avec une écharpe algérienne de tissu or et soie, gracieusement et simplement tournée et terminée de chaque côté par des franges d'or peu tombantes.

Sa robe était de crêpe tissu blanc, à deux jupes bordées d'un chef d'or seulement, à corsage à plis arrêtés comme une tunique grecque et bordés d'un chef d'or.

Elle était bien gracieuse cette toque de velours noir à intervalles bouillonnes rattachés par de grosses perles de jais, et terminée d'un côté par deux glands de jais, tandis que de l'autre trois plumes blanches posées avec un goût exquis produisaient un effet ravissant.

Je serais bien tenté de dire encore quelque chose de ce joli chapeau de satin blanc, couvert de crêpe lisse et orné de roses mêlées de même crêpe.

Il y avait dessous une charmante figure d'une pureté angélique. Une vieille dame de mes amies, qui, malgré son âge, a conservé une imagination de jeune femme, et qui connaît tout ce que Paris renferme de célébrités dans tous les genres, prétendait que Lemonnier-Pelwey devait être pour quelque chose dans ces délicieuses coiffures.

Mais, trève à mes observations sur les toilettes. Voici M. Chopin ; le silence s'établit, chacun est attentif et suit de son mieux fartiste dans les modulations qu'il parcourt. Nous serons sobres d'éloges.

M. Chopin a une telle réputation, que tout ce que nous pourrions dire n'ajouterait rien à ce que l'on sait si bien. Il a joué comme toujours, c'est-à-dire avec une grâce, une délicatesse et un sentiment que lui seul possède.

Les bravi ne lui ont pas manqué; les extases se sont souvent manifestées ; mais je doute que les enthousiastes aient toujours bien compris cette musique si originale émanée de son cerveau, et qui a un caractère si différent de celle qu'on entend sous les doigts de tous les autres artistes.

Madame Pauline Viardot était extrêmement fatiguée ; nous avons craint un moment qu'elle ne pût pas chanter les morceaux annoncés au programme » mais, avec un courage dont on devrait lui savoir gré, elle a rempli sa tâche.

Il eût été à désirer que l'honorable société fût plus discréte et qu'elle n'abusât pas de la complaisance de madame Viardot, en lui faisant répéter chacun des morceaux qu'elle chantait avec une peine visible.

Nous avons fait de vains efforts pour comprendre l'à-propos du miserere de Handel, parmi les morceaux choisis par madame Viardot : mais nous concevons encore moins comment une femme d'un aussi grand talent et d'un goût aussi exquis a pu se décider à chanter la fable du Chêne et du Roseau. Quel est le malheureux qui a osé la mettre en musique !

M. Franchomme a joué avec une perfection rare des airs russes qu'il a variés : c'était une tâche difficile à remplir que celle d'émouvoir une as semblee qui paraissait avoir réservé son admiration pour le bénéticiaire et madame Viardot.

Mais, ô puissance de l'archet de M. Franchomme! à peine l'a-t-il promené sur la corde, que tous les regards se fixent sur lui, que les oreilles deviennent attentives, et que chacun; cédant au charme qui l'entraîne, le couvre d'applaudissements.

M. Franchomme a un grand, un immense talent : il est consciencieux, modeste, trop modeste même, surtout par le temps qui court.

Je lui conseillerais volontiers de donner des leçons de violoncelle à tel de ses camarades qui pourrait à son tour lui en rendre de charlatanisme.

Mais non, M. Franchomme ne changera point son caractère; il se contentera d'être, dans l'esprit des connaisseurs eL des artistes, le Baillo du violoncelle." Journal des journaux : revue générale de la presse non politique, ou recueil de feuilletons, nouvelles, contes, anecdotes, épisodes et articles remarquables, tant inédits qu'extraits de la presse contemporain, 03/1842, p. 96 (Gallica)

1843

"On reste émerveillé devant les doigts de Thalberg, on les serrerait volontiers après dans un écrin, mais on ne rêve pas de lui, ni avec lui.

Il est impossible à qui que ce soit de jouer aussi supérieurement du piano, mais Listz avec ses roulements rocailleux, Chopin lui-même avec son jeu d'une sentimentalité trop mignarde et précieuse, vous font mille fois mieux rêver l'idéal et la poésie.

— Que dire alors de ces infortunés tapeurs de piano comme le César-Auguste Franck, qui joue des castagnettes par les instruments d'Érard, au lieu d'aller entendre le concert de E. Prudent, ce médiocre Mécène des pianos Pleyél." La Tribune dramatique : revue théâtrale, artistique, littéraire et des modes, 23/04/1843, p. 587 (Gallica)

1844

Année 1844 — Le 3 mai meurt à Varsovie Michel Chopin. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)


Chopin résidait au 9 square d'Orléans à Paris, du 29 novembre 1844 au 12 juin 1845.

Ce piano se trouvait dans son appartement parisien, Square d'Orléans 9 du 29 novembre 1844 au 12 juin 1845. Il fut restauré en 2009 par l'entreprise Edwin Beunk & Johan Wennink, Enschede, Pays-Bas. Maintenant dans une collection particulière, Allemagne (photo : musicologie.org)
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L'amitié entre Camille Pleyel & Frédéric Chopin

"Un malheur de famille vient de frapper un de nos plus célèbres facteurs de piano, M. Pleyel a perdu sa mère, qu'il aimait de la plus profonde affection.

Les arts, la litérature et l'industrie étaient représentai au convoi qui a eu lieu mardi par les hommes les plus eminens.

Chopin, quoique gravement malade, s'était fait traîner jusqu'aux bords de la tombe, et là, s'est passée une scène des plus touchantes.

M. Camille Pleyel en apercevant son ami à ses cotés, s'est jeté dans ses bras, et tous les deux, la voix étouffée par les sanglots, se sont mis verser d'abondantes larmes.

Nous regrettons de n'avoir pas assez de place pour nommer tous les hommes de cour qui étaient venus offrir à M. Pleyel hommage de leur estime et de leurs sympathies." La France Musicale, 03/03/1844, p. 70

1845

"I pianoforti del signor Pleyel continuano ad essere dotati di quel suono dolce ed argentino, che loro dà un carattere melanconico essenzialmente marcato.

Da ciò la preferenza che loro accordano alcuni artisti, quali per esempio Chopin ed Osborne, dei quali le opere ed il genere d'esccuzione distinguonsi in modo particolare per qualità analoghe.

I grandi pianoforti di Erard e di Pape spettano alle grandi sale di concerto ed ai teatri; quelli di Pleyel convengono meglio ai salons di piccola capacità; si prestano maggiormente alla musica intima." Gazzetta musicale di Milano, 11/05/1845, p. 82

"Aussi le spirituel vicomte de Launay a-t-il imaginé de caractériser tous ces virtuoses par une série de métaphores ; système adroit et ingénieux, car il dispense la critique d'établir des parallèles directs et souvent injustes.
Selon le vicomte de Launay :
Thalberg est un roi;
Listz un prophète,
Chopin un poète,
Mme Pleyel une sybille,
Doehler un pianiste,
Léopold Meyer un ouragan,
Kalkbrenner un ménestrel,
Henri Herz un avocat.
[...]" Le Ménestrel : journal de musique, 13/04/1845, p. 3 (Gallica)

1847

Année 1847. — Rupture avec Mme Sand. Sérieusement malade en hiver. Sonate Op. 6s pour piano et violoncelle. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

Modèle PP ou Petit Patron, en palissandre riche, mis au magasin le 15 décembre pour 2 500 fr. et vendu le 24 mai 1847 pour 2 160 fr. (ArchivesPleyel). - Collection Nydahl, Stiftelsen Musikkulturen Främjamde, Stockholm, Suède
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1848

Année 1848. — Le 16 février, dernier concert de Chopin à Paris, salle Pleyel. En avril, départ pour l'Angleterre. Saison à Londres. Chopin donne le 23 juin et le 7 juillet deux matinées musicales. Eté en Ecosse. Concerts à Edimbourg, Glascow et Manchester. Retour a Londres. Le 16 novembre, dernier concert de Chopin au profit des émigrés polonais. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

Après son retour de Nohant à Paris en novembre 1848, il a choisi ce piano pour son salon du Square d’Orléans (voir ci-dessous), qu'on voit dans une aquarelle perdue dont une photographie a été conservée. Chopin n'avait normalement pas à payer pour l'utilisation des pianos Pleyel, mais dès qu'il a décidé de l'apporter en Angleterre en avril 1848, les archives de Pleyel indiquaient qu'l coûtait 2000 francs. Dans ses lettres, Chopin l'appelait «mon propre» instrument. En quittant Londres, il vendit ce piano à une amie écossaise, Margaret Trotter, qui resta chez ses parents de Lindsay jusqu’à la fin des années 1970. C'était ce Pleyel que Chopin à joué pour Lady Blessington à Gore House, Kensington. - Cobbe Collection à Hatchlands Park, Surrey, Angleterre, U.K.
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Salon de Chopin Square d'Orléans

Concert chez Pleyel 16/02/1848

"A la sollicitation de ses nombreux amis, notre célèbre pianiste Chopin s'est décidé à donner une soirée minicale, qui aura lieu, da 18 au 20 février, dans l'un des salons de MM. Pleyel et Cie. On peut dés a présent se faire inscrire pour obtenir des billets chez M. Pleyel." La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 02/01/1848, p. 38 (Gallica)

"M. Oscar Comettant nous apprend qu'il a assisté au dernier Concert donné par Chopin, ce poète exquis et génial de l'art de jouer du piano.

Cette audition d'adieu eut lieu à la salle Pleyel, le 16 février 1848, huit jours avant la chute du roi Louis-Philippe et la proclamation de la deuxième République française.

M. Comettant rendit compte de cette mémorable soirée dans le journal le Siècle, où il était entré depuis trois ans déjà et où il n'a jamais cessé d'écrire." Gazette artistique de Nantes, 15/04/1886, p. 4 (Gallica)

Chopin à Londres

"Chopin arriva à Londres le 20 avril 1848 et s'installa dans une chambre confortable, à Dover street, avec ses trois pianos : un Pleyel, un Erard et un Broadwood.

Il n'y arrivait pas seul : l'Angleterre était envahie par une nuée d'artistes fuyant le continent, où de toutes parts éclataient les révolutions." Chopin ou Le poète : illustré de nombreuses photographies d'après les documents de l'époque, 1929, par Guy de Pourtalès, p. 170 (Gallica)

Musée Frédéric Chopin à Varsovie, Pologne
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"M. Frédéric Chopin, né à Varsovie en 1810, est devenu l'hôte de la France depuis la malheureuse révolution polonaise de 1831. Exécutant admirable, improvisateur plein de charme, ses compositions perdent beaucoup à être exécutées par un autre que par lui.

L'harmonie en est dure, heurtée, peu naturelle; les tons bizarres, les modulations d'une extrême fréquence.

Cette musique-là a certainement de l'originalité rendue avec perfection, elle excite la curiosité et commande souvent les applaudissements mais ce genre ne convient qu'à bien peu de personnes, et l'on ne doit pas en abuser, car il est plein de périls et d'inconvénients.

On comprendra toute notre pensée, si l'on veut ou si l'on peut parcourir jusqu'au bout certaine sonate en trois parties, avec presto final par mouvement semblable. Ce presto final nous paraît quelque chose d'unique dans son espèce.

Les œuvres de M. Chopin qu'on entend avec le plus de plaisir sont ses deux concertos, ses scherzos, ses premières mazourkes, dont une surtout est délicieuse, quoique l'harmonie en soit encore un peu bizarre, ses variations sur Don Juan, sa Grande Polonaise et sa neuvième étude (op. 25, 2me livre d'études), la meilleure peut-être de toutes les études si difficiles de ce compositeur.

Tous les amateurs de moyenne force recherchent avec raison sa Valse brlilante, petit chef-d'œuvre de grâce et d'originale mélodie."  La France musicale : paraissant le dimanche sous le patronage des célébrités musicales de la France et de l'étranger, 02/01/1848, p. 68-69 (Gallica)

1849

Année 1849 — Retour à Paris en mars. Dernière maladie. Chopin meurt le 17 octobre et est enterré le 20. Bulletin polonais littéraire, scientifique et artistique, 1899, p. 278 (Gallica)

SON ADRESSE PARISIENNE :
74, rue de Chaillot
Appartement où Chopin s'installait au mois de juin 1849, au 2e étage d'une maison neuve pour que dix semaines.

12, place Vendôme
Chopin s'installa avec sa sœur Ludwika de Pologne, venu de Pologne, fin septembre 1849, dans cet appartement sur cour (1er étage), et où il mourut le 17 octobre, à 2 heures du matin. Il avait que 39 ans.

Salon de Chopin Place de Vendôme

Eugène DELACROIX

"Samedi 20 octobre. — J'ai appris, après déjeuner, la mort du pauvre Chopin. Chose étrange, le matin, avant de me lever, j'étais frappé de cette idée. Voilà plusieurs fois que j'éprouve de ces sortes de pressentiments.
Quelle perte ! Que d'ignobles gredins remplissent la place, pendant que cette belle âme vient de s'éteindre !" Journal de Eugène Delacroix, Tome 1, 1893-95, p. 403 (Gallica)

FRÉDÉRIC CHOPIN.

"Nous voulions tracer quelques lignes pour honorer la mémoire de l'illustre artiste qui vient de mourir, lorsque le Ménestrel nous est parvenu.

Nous empruntons à cette feuille si éminemment artistique le récit suivant :

L'art du piano vient d'éprouver une grande perte. Notre célèbre pianiste CHOPIN a succombé cette semaine, mercredi 17, àdeux heures du malin, à la maladie de poitrinedont il était affecté depuis longtemps.

Cet automne de 1849 nous aura donc ravi l'une de nos plus grandes gloire artistiques.

« On peut qualifier ainsi CHOPIN, qui cultivait son art avec relig*on, avec poésie, et qui fuyait avec une sorte d'affectation le contact public ou les applaudissement de la foule. Son genre de talent procédait, du reste, du style rêveur et romantique qui exclut le bruit et les grands auditoires

« On peut dire qu'à l'inverse des pianistes modernes, pour CHOPIN, le piano avait toujours trop de son, et qu'il ne se préoccupait absolument que d'en senlimentaliser le timbre. CHOPIN évitait donc avec soin tout ce qui pouvait le rapprocher du fracas pianistique de l'époque ; sa musique ainsi que sa manière de jouer s'individualisaient; aussi les doigts de CHOPIN sur le clavier étaient-ils en dehors des traditions habituelles, révélant un cachet spécial, et comme la personnification de son talent.

« CHOPIN aura-publié environ soixante-dix œuvres, au nombre desquelles ou remarque surtout deux grands concertos avec orchestre, un trio, une sonate pour piano et violoncelle, de belles études et plusieurs pièces de genre qui resteront comme types. Tels sont, en effet, les trois nocturnes dédiés à MARIE PLEYEL, différentes muzurkas, et sa grande valse op. 18.

« Avant de mourir, l'éminent pianiste aurait manifesté la volonté que tous ses manuscrits non publiés restassent inédits, et fussent communiques seulement à quelques amis. Nous croyons cependant pouvoir affirmer que plusieurs de ses derniers ouvrages complètement terminés et cédés à la maison Brandus, ne tarderont pas à voir le jour.

« CHOPIN n'était âgé que de 39 ans, Polonais de naissance, mais ayant fait de la France sa seconde patrie ; sa sœur est accourue du fond de la Pologne pour lui fermer les yeux. Pendant ses derniers instants, ils s'entourait de ses amis et se faisait chanter à son chevet les mélodies religieuses de nos grands maîtres.

« On cite de lui ces belles paroles : « Les ami dans ce moment suprême, faisons ensemble une prière à Dieu. »
« Son corps a été embaumé, et de solennelles obsèques se préparent pour la semaine prochaine; on espère qu'elles pourront avoir lieu à la Madeleine.

On y exécutera le Requiem de MOZART, selon le désir de l'illustre défunt.

« On assure enfin, que CHOPIN a exprimé le vœu que son cœur fût envoyé à sa mère. »" Le Charivari des théâtres, 26/10/1849, p. 3 (Gallica) - et - 
L'Argus et le Vert-vert réunis, 08/11/1849, p. 4 (Gallica)

Après le faire-part des obsèques de Chopin (Gallica)

1852

Livre de LISZT

"Son appartement, envahi par surprise, n'était éclairé que de quelques bougies, réunies autour d'un de ces pianos de Pleyel qu'il affectionnait particulièrement à cause de leur sonorité argentine un peu voilée, et de leur facile toucher, qui lui permettait d'en tirer des sons qu'on eût cru appartenir à une de ces harmonicas dont la romanesque Allemagne conservait le monopole, et que ses anciens maîtres construisaient si ingénieusement, en mariant le cristal et l'eau.

Des coins laissés dans l'obscurité semblaient ôter toute borne à cette chambre, et l'adosser aux ténèbres de l'espace.

Dans quelque clair-obscur, on entrevoyait un meuble revêtu de sa housse blanchâtre, forme indistincte, se dressant comme un spectre venu pour écouter les accents qui l'avaient appelé.

La lumière concentrée autour du piano tombait sur le parquet, glissant dessus comme une onde épandue, et rejoignant les clartés incohérentes du foyer, où surgissaient de temps à autre des flammes orangées, courtes et épaisses comme des gnomes curieux, attirés par des mots de leur langue.

Un seul portrait, celui d'un pianiste, et d'un ami sympathique et admiratif, semblait invité à être le constant auditeur du flux et reflux de tons, qui venaient gémir, gronder, murmurer et mourir sur les plages de l'instrument près duquel il était placé." F. Chopin, par Franz Liszt, 1852, p. 83

"Aussitôt après le décès de Chopin, M. Camille Pleyel conçut un projet de ce genre en établissant une souscription (qui, conformément à toute prévision, atteignit rapidement un chiffre considérable), dans le but de faire exécuter au Père-Lachaise le monument en marbre modelé par M. Clésinger.

Pour notre part, en songeant à notre longue amitié pour Chopin, à l'admiration exceptionnelle que nous lui avions vouée dès son apparition dans le monde musical; à ce que, artiste comme lui, nous avions été le fréquent interprète de ses inspirations, et nous oserions le dire, un interprète aimé et choisi par lui ; à ce que nous avons plus souvent que d'autres, recueilli de sa bouche les procédés de sa méthode; à ce que nous nous sommes identifié en quelque sorte à ses pensées sur l'art, et aux sentiments qu'il lui confiait par cette longue assimilation qui s'établit entre un écrivain et son traducteur; — nous avons cru que ces circonstances nous imposaient pour devoir de ne pas seulement apporter une pierre brute et anonyme à l'hommage qui lui était rendu.

Nous avons considéré que les convenances de l'amitié et du collègue exigeaient de nous un témoignage plus particulier de nos vifs regrets et de noire admiration convaincue.

Il nous a semblé que ce serait nous manquer à nous-même, en ne briguant pas l'honneur d'inscrire notre nom, et de faire parler notre affliction sur sa pierre sépulcrale, comme il est permis à ceux qui n'espèrent jamais remplacer dans leur cœur le vide qu'y laisse une irréparable perte !..." F. Chopin, par Franz Liszt, 1852, p. 205

Tombeau de F. Chopin, fait par Clésinger

1854

CHOPIN & PLEYEL

"[...] Nourrit, devant qui les horizons de l'art fuyaient et reculaient sans cesse, et qui perdit la raison avant de perdre la vie; Eugène Delacroix, qui voyait ce que les autres entendaient; et qui restait absorbé devant les apparitions évoquées par la musique; Liszt, qui comprenait si bien la musique de Chopin, que c'était par lui que Chopin mourant voulait se faire redire ses pensées; et au milieu d'eux, et plus grande qu'eux, celle à qui il a été donné de comprendre et de sentir le beau sous toutes ses formes, l'inspiration visible et présente de l'artiste, Madame Sand.

Là, dans cette chambre, où les jeux de l'ombre et de la lumière semblaient donner aux objets je ne sais quelle apparence vaguement fantastique, assis à ce piano de Pleyel, dont la suavité argentine et un peu voilée lui plaisait, il ne prenait les pianos d'Erard que dans ses grands jours de vaillance, quand il se sentait capable de faire, comme il le disait lui-même, le son qu'il voulait avoir, il égrenait devant eux les perles les plus fines de son écrin mélodique.

Ceux-là seuls qui ont eu le bonheur de pénétrer dans ces charmantes intimités, ceux-là seuls connaissent Chopin tout entier. Là, en effet, soit qu'il se détendît dans l'amollissement des familiarités- amies, soit que le mal, ce vautour qui nous ronge le flanc, entr'ouvrit ses serres aiguës pour une heure de trêve, il s'abandonnait plus volontiers, et souvent il laissait couler sans trop de regrets sa veine plus facile, il se livrait alors à cette joie si rare pour les esprits supérieurs, de se sentir vraiment compris.

Parfois, il y avait entre eux tous comme une contagion de confiance et d'abandon, et l'on oubliait tout ce qui n'était pas l'amitié et l'art, c'est-à-dire le charmé et la consolation de la vie. [...]" Souvenirs artistique de Frédéric Chopin, p. 1-3  dans Le Figaro, 21/05/1854, p. 3, par Louis Enault (Gallica)

1878

"LONDON, SATURDAY, SEPTEMBER 15, 1877.

"MOST of our readers are aware that the letters which Chopin wrote home from Paris were destroyed at Warsaw. But the details connected with the deplorable fact are not generally known.

We make no apology, therefore, for condensing from the pages of friend Dwight the following graphic account contained in the new Life of Chopin, by Moritz Karasowski, who says : —

"After Chopin's death, the articles in his rooms in Paris were put up at publio auction. Miss J. W. Stirling, a Scotch lady, his pupil and enthusiastic admirer, bought the furniture of his two saloons, with the mementos found there.

She took it all with her to her home and with it formed a sort of Chopin-museum. In this collection was a portrait of the genial artist, painted by his friend, Ary Schaffer: a Pleyel grand piano, on which Chopin usually played; a service of Sevres porcelain, with the inscription: 'Offert par Louis Philippe à Frederic Chopin 1839;' a costly, and sumptuously inlaid casket (a gift from Rothschild); finally, carpets, and covers for tables and fauteuils, nearly all wrought by the hands of the artist's fair pupils.

Miss Stirling provided in her will that after her death all these mementos should fall to the mother of the artist, she so revered.

Accordingly they were carried, in 1858, to Warsaw.

After the mother's death, in 1861, they came into the hands of Chopin's sister, Mdme Isabella Barcinska.

This lady occupied the second story of two contiguous houses which form the boundary line between the 'Neue Welt' and the 'Krakauer Vorstadt,' and belonged to Count Andreas Zamoyski.

At the very beginning of the political disturbances, preceding the insurrection in January, 1863, some young men (quite contrary to the general feeling), resolved to threaten the life of every governor

On the l0th of September, 1863, at 6 o'clock in the evening, Count von Berg was returning in his carriage, surrounded by an escort, from the Belvedere to the royal palace.

When the carriage came to the place where the 'Neue Welt' and the 'Krakauer Vorstadt' meet, there was a loud report from the fourth story of Count Zamoyski's house, followed by some Orsini bombs.

A few minutes afterwards soldiers surrounded the two houses; all the women found in them, whether dressed or undressed, were dragged into the street, and then set at liberty; the men, on the contrary, were taken to the citadel. Like a stream of lava, bearing all before it, the infuriated soldiery rushed from one story to another.

Furniture, pianos, books, manusoripts, in a word all they found in the house, was thrown into the street. Pieces of furniture too large were first hacked up with axes, the legs hewn from the the pianofortes, etc.

On the second story, which Chopin's sister occupied, all the mementos of the great artist, that had been preserved with the greatest piety, were destroyed.

The piano on which he had leamt to play (from the manufactory of Buchholtz), the first confidant and reproducer of his youthful works, was hurled by the vandals into the street. (Fortunately the Pleyel instrument, which had been sent from Scotland in 1858, was not among the other mementos, but was in the possession of Chopin's niece, Mama Cieoaomska, who lived iu the country.)

When night came on, the soldiers built a wood-pile of these articles upon the square, at the foot of the monument to Copernicus, and brought forth from their barracks kettles which were filled with wine, rum, alcohol and sugar from the plundered shops. They brewed some punch, which they drank to the sound of merry songs.

To keep the fire up, they finally threw into the flames all the pictures, books, and papers, among which were also Chopin's letters to his family written eighteen years before.

Eye-witnesses assure us, that an officer gazed for a long time at Chopin's portrait painted by the hand of his friend, before he ruthlessly consigned it to the flames.

"The loss of all the other memorials is not so painful as the annihilation of the letters, in which Chopin had poured out his whole soul, full of love for his family, of patriotism for the land of his birth, of enthusiasm for his Art, and admiration for all that is beautiful and noble.

Extremely interesting, and of value for the historian of culture, would have been the letters which he wrote from Paris at the time he was daily receiving laurel wreaths as an artist, and came into close contact with the highest persons, as well as with the Coryphoei of Art in the French capital; for he described all those experiences most vividly and truly.

It is also to be lamented that the lively spirit and sparkling wit of these communications are lost to the world. In fact, a single stroke of Chopin's pen often depicted the most interesting and important of his contemporaries, more strikingly than the long, elaborate descriptions of many other writers."

We cannot help thinking that the Governor, Count von Berg himself, who, by the way, was not hurt, would, had he known what was going on, have hastened to save from destruction the relics of one of Poland's most distinguished sons." The Musical World, 15/09/1877, p. 620 - Dwight's Journal of Music, 09/06/1877, p. 33

1878

"Si M. Marmontel est justement sévère pour M. Liszt, dont le plus grand défaut consiste en l'absence de poésie et d'imagination musicale, il est justement élogieux pour un autre romantique du piano, d'un tempérament bien supérieur et bien différent.

Je veux parler du doux et mélancolique Chopin :

«Comme égalité de doigts, délicatesse, indépendance parfaite des deux mains, dit-il, Chopin procédait évidamment de l'école de Clémenti, maître dont il a toujours recommandé et apprécié les excellentes études. Mais où Chopin était tout à fait lui-même, c'était dans l'art merveilleux de conduire et de moduler le son, dans la manière expressive, mélancoliqne de le nuancer.

Chopin avait une façon toute personnelle d'attaquer le clavier, un toucher souple, moelleux, des effets de sonorité d'une fluidité vaporeuse dont lui seul connaissait le secret.

Nul pianiste avant lui n'a employé les pédales alternativement ou réunies avec autant de tact et d'habileté. Chez la plupart des virtuoses modernes, l'usage immodéré, permanent des pédales est un défaut capital, un effet de sonorité qui produit sur les oreillee délicates la fatigue pu l'énervement. Chopin, au contraire, en se servant constamment de la pédale, obtenait des harmonies ravissantes, des bruissements mélodiques qui étonnaient et charmaient.

Poète merveilleux du piano, il avait une manière de comprendre, de sentir et d'exprimer sa pensée que, à de rares exceptions près, on a souvent essayé d'imiter sans réaliser autre chose que de maladroits pastiches.»

En résumé, le livre de M. Marmontel est d'une lecture aimable et utile. Sans récuser toujours son sujet à fond, l'écrivain en dit toujours suffisamment pour faire comprendre sa pensée, et les notions qu'il donne sont celles d'un art honnête, sain, peut-être un peu circonscrit, mais respectueux du moins des nobles traditions et des maîtres immortels." Journal officiel de la République, 01/10/1878, p. 9520 (Gallica) - Voir aussi
Les Pianistes célèbres, silhouettes et médaillons, par A. Marmontel,..., 1878, p. 1-13 (Gallica)

1885

« Si je n'ai pas la libre disposition de mes moyens, si mes doigts sont moins souples, moins agiles, si je n'ai pas la force de pétrir le clavier à ma volonté, de conduire et modifier l'action des touches et des marteaux comme je le comprends, je préfère un piano d'Erard, le son se produit tout fait dans son éclat limpide; mais si je me sens vaillant, disposé à faire agir mes doigts sans fatigue, sans énervement, je préfère les pianos Pleyel.

La transmission intime de ma pensée, de mon sentiment, est plus directe, plus personnelle. Je sens mes doigts plus en communication immédiate avec les marteaux qui traduisent exactement et fidèlement, la sensation que je désire produire, l'effet que je veux obtenir." Histoire du piano et de ses origines. Influence de la facture sur le style des compositeurs et des virtuoses, par A. Marmontel,... 1885, p. 256 (Gallica)

Partie du peinture, celui de Chopin,
appartient à M. Marmontel dès 1874,
L'oeuvre complet de Eugène Delacroix : peintures, dessins, gravures, ..., 1885, p. 180 (Gallica)

"N° 665 : George Sand et Chopin

Toile. – H. 1m50, L. 1m00. – Ces deux portraits sont aujourd'hui séparés. – Chopin seul, lithographié à la plume par A. Robaut, dans les dimensions de : H. 0m100, L. 0m084. – Cat. A. Moreau, pp. 237, 282 bis.

Simple ébauche. La tête de Chopin est bien construite, par larges plans. L'oeuvre n'a jamais été achevée. Delacroix avait représenté madame Sand jusqu'aux genoux et de grandeur nature, debout auprès du grand musicien assis.

La toile demeura dans l'atelier du peintre jusqu'à sa mort, et, à cette époque, passa dans la famille Dutilleux : elle a, depuis lors, été coupée en deux parties et forme aujourd'hui deux portraits distincts.

– Celui de George Sand mesure : H. 0m80, L. 0m57 ;

celui de Chopin, assis au piano : H. 0m45, L. 0m37. – Vente C. Dutilleux, mars 1874 : 820 fr. à M. Brame. - Appartient à M. Marmontel." L'oeuvre complet de Eugène Delacroix : peintures, dessins, gravures, ..., 1885, p. 180 (Gallica)

1890

"Je me rappelle toujours qu'après un morceau où Liszt, emporté par sa fougue, avait très fort tapé sur les touches, le cher et charmant Pleyel, s'approcha de l'instrument et regarda les cordes avec une expression de pitié ! [...]

[...] En écoutant Thalberg, il me semblait nager en pleine lumière.
Le contraste entre les deux caractères n'était pas moins saillant qu'entre les deux talents. J'en eus la preuve à propos de Chopin.

Il ne faut comparer personne à Chopin, attendu qu'il ne ressemble à personne. Tout en lui n'était qu'à lui. Il avait un son à lui, un toucher à lui, un jeu à lui.

Tous les artistes ont exécuté et exécutent encore avec un grand talent les oeuvres de Chopin, mais en réalité, il n'y a que Chopin qui ait joué Chopin.

Seulement, il n'avait jamais été l'homme ni des grands concerts ni des grandes salles. Il n'aimait que les auditoires d'élite, et les salons restreints, comme il ne voulait pour instrument qu'un Pleyel, et pour accordeur que Frédéric.

Nous, les fanatiques, nous nous indignions de ses réserves, nous réclamions pour lui le grand public, et un jour, dans une de ces belles envolées d'enthousiasme qui m'ont fait faire plus d'une maladresse, j'écrivis dans la Gazette musicale de Schlesinger :

« Que Chopin se jette donc bravement à l'eau !... Qu'il annonce une grande soirée musicale ! Et que, le lendemain, quand reviendra l'éternelle question : Quel est le plus grand pianiste aujourd'hui, Liszt ou Thalberg ? le public réponde comme nous, c'est Chopin ! »

Soyons francs, j'aurais mieux fait de ne pas écrire ce mot-là. J'aurais dû me rappeler mes relations amicales avec les deux autres. Liszt m'en voulut pendant plus de deux mois.

Le lendemain du jour où parut l'article, Thalberg était chez moi à dix heures du matin ; il entra en me tendant la main et en me disant : « Bravo! votre article n'est que juste. »" Legouvé dans Le Ménestrel, 11/05/1890, p. 146 (Gallica)

1926

"[...] En 1838, Delacroix nous donna de George Sand une nouvelle image en l'associant à celle de Chopin qui était depuis peu le compagnon de sa vie.

Chopin et Delacroix, dès leur première rencontre, s'étaient pris l'un pour l'autre d'une vive sympathie.

« L'atelier de Delacroix a abrité quelque temps un piano de Pleyel que Chopin y avait fait transporter », dit M. Moreau-Nélaton, « et l'hôte du lieu a goûté le régal d'entendre le génial virtuose tirer de l'instrument ses étonnantes improvisations, tout en posant les mains sur le clavier, son amie assise derrière lui. Un des possesseurs de la suggestive ébauche sortie alors du pinceau du peintre, méconnaissant son puissant intérêt, aura l'impiété d'y porter la main et d'en l'aire deux morceaux, séparant ainsi les deux visages que l'artiste avait pensé réunir pour toujours ».

Une tradition orale, d'ailleurs erronée, veut que M. Marmontel, le célèbre professeur de piano au Conservatoire de Paris, qui, en 1885 (catalogue de Robaut) était en possession du portrait de Chopin, ait été l'auteur de cette mutilation ; le portrait du grand musicien l'intéressant plus particulièrement, il l'aurait détaché du reste de la toile. La vérité est autre.

Le premier catalogue général des oeuvres de Delacroix, celui de M. A. Moreau (1873) où elles sont classées par genres, donne, dans la liste des portraits, en 1838 : Mme George Sand et Chopin. H. 1m x L. 1m50.

« Dans cette oeuvre restée inachevée », dit M. Moreau, « Delacroix avait représenté Madame Sand debout jusqu'aux genoux, grandeur nature, ayant près d'elle, assis, le grand artiste Chopin. La toile demeurée dans l'atelier jusqu'à la mort du peintre, est passée à cette époque dans la famille Dutilleux ; elle a, depuis lors, été coupée en deux parties el l'orme aujourd'hui deux portraits distincts ».

On voit donc qu'en 1873 déjà, les deux portraits étaient séparés et c'est évidemment dans la famille Dutilleux même que la séparation a été opérée : à la vente Dutilleux, — 26 mars 1874, — on vit passer le portrait de Chopin seul, qui fut adjugé pour 820 francs à un marchand de tableaux, M. Brame. Le numéro 7 du catalogue de cette venté :

Portrait de Frédéric Chopin, est accompagné, en guisé de notice, d'un extrait de l'Histoire de ma vie de George Sand, destiné à expliquer l'expression tourmentée du modèle.

Le catalogue donne les dimensions de la toile : H. 0m45 x L. 0m37, et ajoute: n'a jamais passé en vente.

Ce portrait de Chopin, que M. Marmontel a légué au Musée du Louvre où.., on peut l'admirer aujourd'hui, est une magistrale ébauche, d'un beau ton doré ; le visage, construit par larges plans, est d'une expression saisissante : on croit y lire l'effort inquiet de l'inspiration qui se cherche." Gazette des beaux-arts : courrier européen de l'art et de la curiosité, 07/1926, p. 73-75 (Gallica)

Piano à queue n° 7267 de 1839,
problablement on parle de cet instrument, maintenant dans la collection de Cité de la Musique à Paris, France. Il semble que le piano a perdu ses pieds originaux pendant la guerre de 1940-45. Une photo de piano avec autres pieds dans le livre de Eigeldinger.

LE PIANO DE CHOPIN

"Le Pleyel sur lequel l'auteur des Ballades a composé, ses impérissables Préludes, le Nocturne en sol mineur, la Marche funèbre, les trois Etudes pour la méthode de Moscheles, la Mazurka en la mineur, le Scherzo en si mineur, vient d'être envoyé à la Maison Chikering, de New-York, pour être exposé et présenté en Amérique au profit de la propagande française.

Pour remercier la Société Pleyel à laquelle appartient le piano de Chopin de son geste amical, la Maison Chikéring a fait parvenir à M. Gustave Lyon un chèque important qui a été versé à la caisse de l'Association des Anciens Elèves du Conservatoire de Paris.

Ajoutons que le précieux instrument, daté de 1839, est assuré pour la somme de 2 millions de francs." Le Radical, 21/11/1926, p. 4 (Gallica)

1930

Souvenirs et pianos de Chopin Varsovie, décembre.

"Pour le voyageur français qui pénètre pour la première fois en Pologne et qui se trouve encore dans un milieu fermé pour lui par la langue, seuls parlent d'abord le décor extérieur et les souvenirs qu'il apporte avec lui.

L'église Sainte-Croix est, au centre de Varsovie, l'une de celles qui attirent tout de suite l'attention.

C'est, bien entendu, une église de style baroque, mais, à tout prendre, elle n'est pas tout à fait banale, extérieurement du moins; ses hauts clochers, est-ce une illusion, ont quelque chose d'un peu oriental.

On s'y arrête surtout, sans même songer à son architecture, parce qu'elle évoque de grands souvenirs.

Elle est située sur le faubourg de Cracovie le boulevard de Varsovie un fleuve humain coule sans cesse devant elle hiver comme été, les Varsoviens se promènent volontiers, d'un pas tranquille, sans impatience; l'hiver, la neige relevée de la chaussée et des trottoirs réduit la largeur de ces derniers, et l'on prend patiemment la fille.

Or, la plupart des hommes, en passant devant Sainte-Croix, saluent, se découvrent. On s'enquiert.

Assurément, on remarque vite qu'à Varsovie assurément la capitale de l'Europe où la pratique religieuse catholique est la plus extérieure beaucoup de passants saluent les sanctuaires, tous les sanctuaires, en passant; mais ici, c'est un rite, une quasi-unanimité; le cocher Satue sur son siège lorsqu'il passe seulement en vue de l'église; le juif seul s'abstient.

L'église est précédée d'un vaste perron à double degré; vis-à-vis de la porte centrale de l'église, sur l'appui du balcon ainsi formé, un Christ de pierre noire se dresse portant sa croix, levant le bras en .un geste d'exhortation surmum corda.

Sous les pieds de ce Christ s'ouvrent deux battants sur une crypte obscure, vaguement éclairée au fond, et c'est cette crypte et ce Christ que chacun salue.

Pendant des'générations, il fut dressé là à la suite d'une des. grandes insurrections manquées, comme te témoignage secret de la douleur et de l'espoir d'un peuple.

Les Russes pouvaient bannir les signes patriotiques ils ne pouvaient chasser te Christ, témoin muet et plein de promesses dans sa douleur.

On continue à saluer !e Christ et la crypte. A quelque cent mètres de là, il ne reste que des cailloux sur l'emplacement du grand sanctuaire orthodoxe.

La vie est encore ardente dans cet Est de l'Europe. On entre dans Sainte-Croix et les yeux s'arrêtent sur le premier pilier à gauche une haute plaque de marbre surmontée d'un buste reproduisant les traits anguleux et névreux de Chopin; c'est ici, dans ce pilier, que se trouve muré son cœur; ses cendres reposent toujours à Paris, dans notre Père-Lachaise, sous une pelletée de terre, natale.

Sur une autre face du même pilier est, depuis peu, la plaque commémorative du grand romancier de l'âme paysanne Ladislas Reymont : Un bel orgue résonne souvent dans cette église. Improvisée ou écrite, des qu'elle s'écarte des chants liturgiques, la musique, ici, évoque pour nous indiciblement Chopin.

Même mélange de virtuosité et de sentiment, d'éclat et de douceur, de force sondaine et continue, de rêve et d'ardeur; avec en moins la précision des rythmes, la forme achevée qui fait le génie de Chopin; qui nous doit peut-être quelque chose de cette mesure et de cet achèvement, précisément.

Varsovie a depuis peu d'années un Musée national, encore modeste à vrai dire, mais ennn qui est un programme.

Un Français s'y trouve de suite en pays de connaissance. Il rencontre dans ces salles toute une série de portraits historiques qui lui rappellent les liens étroits des deux pays à la fois par la personnalité de plusieurs reines polonaises ou françaises et par le style de ces toiles.

Le Musée national conserve deux reliques de Frédéric Chopin le piano et le tabouret, et le masque mortuaire de l'artiste.

Tous ceux qui s'intéressent à ces choses de musique savent que la maison Pleyel conserve à Paris un piano de Chopin; plusieurs sans doute ont pu l'entendre vibrer sous les doigts privilégiés de quelque virtuose.

Nous avons trouvé l'histoire du piano de Varsovie et de celui de Paris dans un article publié il y a quelques années dans la revue musicale polonaise Bulletin de la Société des amis de la musique ancienne de Varsovie, par un de nos compatriotes, M. Paul Brunola, article qui nous fut aimablement traduit ... en français.

Il résulte de l'enquêté laquelle s'est livré M. Brunola que le piano de la maison Pleyel, vendu par elle, en 1841, à M. d'Obriskoff, servit plusieurs années à Chopin, et que c'est sur cet instrument qu'il composa quelques-unes de ses œuvres les plus célèbres Préludes, Fantaisie, Scherzos, Nocturnes, la Marche Funèbre.

En revanche, celui du Musée de Varsovie est le dernier piano de Chopin, -ainsi que le rappelle une plaque en bronze posée dans le couvercle.

Ce piano à été pendant deux ans en la possession de Frédéric Chopin à Paris, d'abord cour d'Orléans n° 9, rue Saint-Lazare, ensuite rue de Chaillot, 74, et en la place Vendôme n° 12, jusqu'au jour de sa mort (17 octobre 1849).

C'est le dernier instrument qu'il a touché et sur lequel il a composé. 

Ce piano était alors prêté à Chopin par son ami Pleyel sans doute, car il ne fut acheté que le 11 décembre 1849, après la mort de l'artiste. C'est Mlle Stirling qui, avec sa sœur, Mme Erskine, avait été la dernière amie maternelle du poète, qui le paya et qui l'offrit à la sœur de Chopin, Mme Jedrzeiewicz.

L'instrument fut envoyé par mer en Pologne avec le tabouret. Il fut vendu par les descendants de Chopin (1926) et acheté par le Musée.

Le masque mortuaire du poète avait été envoyé par Mlle Stirling à Mme Jedrzeiewicz. Auparavant par terre, il est aujourd'hui placé sur le piano, sous un verre.

On l'interroge avec émotion dans la petite pièce si calme, si étroite du musée.

Aucun bruit ne pénètre jusqu'à vous. Il est d'une beauté féminine et presque frémissante, voluptueuse et extatique à la fois. Les lèvres closes restent en quelque manière éloquentes les vibrations qui s'élevèrent de ce cœur, sur cet instrument, les dernières, celles qui ne furent jamais notées, ne sont pas près de s'éteindre dans le souvenir des deux nations.  PIERRE FRANCASTEL." Journal des débats politiques et littéraires, 28/12/1930, p. 1 (Gallica)

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