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ERARD Pierre Orphée
à Paris (°1775)


1855 – 1885

ERARD vers 1855

1855

Erard, Queen Victoria, 1856

PARIS - "Des trois pianos exposés par la maison Érard, deux peuvent être considérés comme fabriqués au point de vue que je viens d'indiquer.

L'un est un piano droit en bois de rose, revêtu de place en place de plaquettes en lapis-lazuli et en vert antique, dont les dispositions sont d'excellent goût : c'est un véritable bijou, un piano de boudoir, digne de figurer au milieu de tout ce que l'on peut imaginer de plus opulent et de plus gracieux sans avoir rien à y perdre.

Quant au second piano, ce n'est plus la richesse et la magnificence qu'il faut y admirer, c'est l'art de la peinture dans ce qu'il offrait au siècle passé de plus séduisant, de plus élégant, de plus heureusement conçu, de plus agréablement disposé.

L'usage de peindre les éclisses des clavecins, ainsi que la partie extérieure et intérieure de leur couvercle, est fort ancien; mais un grand nombre d'instruments ornés de la sorte, souvent par le pinceau de maîtres habiles, a depuis longtemps péri.

Un couvercle de ce genre, conservé dans la galerie Pitti, à Florence, et qui appartient à ce que l'école de Raphaël offre de plus achevé, donne une idée des pertes qui ont dû être faites.

Quoique les clavecins peints en France pendant les deux derniers siècles n'aient sans doute été que d'ordre inférieur, on doit regretter que quelques-uns du moins ne nous soient pas parvenus. Le piano d'Érard aura un meilleur sort.

Comme œuvre d'art, il est impossible de rien imaginer de plus agréable et de mieux fait que tous les médaillons peints qui ornent les éclisses; rien de plus délicieusement varié que toutes ces petites scènes musicales auxquelles parfois se joint la danse : personnages réels, esprits aériens, amours, sylphes et sylphides, tout est si gai, si tendre, si voluptueux, si aérien, que l'on éprouve autant dé plaisir à contempler qu'à entendre.

C'est un chef-d'œuvre d'art et d'industrie, recevant à la fois deux applications. L'intérieur est en dorure mate; la surface du couvercle offre un portrait de Sébastien Érard, soutenu par une quantité de petits génies aux formes charmantes, prodiguées également à ceux qui, sur le devant, au-dessus des touches, sont représentés travaillant à la fabrication.

Peut-être les pieds de l'instrument n'échapperaient-ils pas à une critique sévère; mais comment y prendre garde quand l'œil s'est porté sur le reste, et ne s'en détache qu'avec tant de peine?

N'oublions pas de dire que, dans les entourages des médaillons, des bandelettes élégamment jetées portent le nom des principaux compositeurs et des plus célèbres pianistes et harpistes, dont quelques-uns auront la consolation de penser que leur souvenir se conservera là, si ce n'est ailleurs.

Tout l'ensemble de cette aimable composition est de M. Guichard, aidé de M. Lanfan pour les figures, et de M. Lemmens pour le paysage.

Le troisième piano exposé par la maison Érard est celui que MM. Alkan et Lemmens, l'organiste belge de grande réputation, autre que le paysagiste qui vient d'être nommé, nous ont fait entendre il y a un an; il se distingue par le pédalier qui l'accompagne, ce qui le rend apte à l'exécution de la musique d'orgue, ou du moins à une grande partie de celle-ci.

J'ai toujours regretté que cette pédale ne fût pas autre chose qu'une tirasse qui fait parler, au moyen du pied, les touches que la main de l'exécutant ne saurait atteindre.

Un pédalier, dans les conditions exigées par la musique des anciens maîtres allemands, doit avoir un système de cordes indépendant de celui du clavier des mains, de même que la partie musicale est indépendante en ce sens qu'elle a un dessin spécial, et fait souvent entendre pour son propre compte des notes exprimées aussi par la main pour le sien.

Le mécanisme à établir à cet effet me semble assez peu de chose, et lorsque l'on ajoute un pédalier au piano, je ne vois pas pourquoi l'on n 'en tirerait pas tout le résultat qu'il peut produire." Nouveau dictionnaire de musique illustré, Charles Soulier, 1855

PARIS - "M. ÉRARD, ET LA FABRICATION DES PIANOS EN FRANCE.

Le piano est le plus populaire de tous les instruments. Il règne dans les salons aristocratiques, dans les magasins du marchand, et jusque dans l'humble demeure du prolétaire. Il interprète, avec la même facilité, les plus larges inspirations, les plus brillantes mélodies, les compositions les plus légères.

A la ville, à la campagne, au milieu des causeries du grand monde, dans le silence de la solitude, partout, le piano a le privilége de dissiper nos ennuis, de charmer nos loisirs et d'éveiller en notre âme de douces émotions.

Le piano est devenu une puissance. Mais en raison, même de la haute position qu'il a conquise, les critiques ne lui ont pas été épargnées. Il a trouvé des détracteurs dont l'acharnement s'est révélé par toutes sortes d'attaques malveillantes. A en croire ses adversaires systématiques, le piano offre des imperfections nombreuses, et sa réputation est tout à fait usurpée.

Nous n'examinerons pas la valeur de ces allégations.

Il nous suffira de constater qu'elles ont été complètement impuissantes à diminuer les sympathies du public pour son instrument favori.

Par suite de cette popularité toujours croissante, la fabrication des pianos a pris un grand essor. Quelques facteurs, d'une incontestable habileté, ont vu s'accroître, dans d'énormes proportions, le chiffre de leurs affaires : M. Érard est de ce nombre.

Sa maison a été longtemps une des plus importantes et des plus considérées.

M. Érard est un des facteurs privilégiés admis à l'Exposition universelle. A ce titre, nous lui devions un examen spécial. Et, d'abord, rappelons succinctement les diverses phases de sa carrière.

M. Pierre Érard est le neveu de Sébastien Érard, qui jouit d'une grande célébrité dans la facture instrumentale, et dont les découvertes ont contribué aux progrès de cet art.

Il est né à Paris en 1796. Ses études artistiques furent dirigées, dès son enfance, dans le but de lui faire continuer la fabrication des instruments inventés ou perfectionnés par ses parents.

On lui fit apprendre la musique les mathématiques et le dessin linéaire. Il était fort jeune encore, lorsqu'il fut envoyé à Londres pour y diriger la fabrique de harpes que Sébastien Érard y avait fondée. Il passa plusieurs années en Angleterre.

En 1821, il publia une description de la harpe à double mouvement, inventée par son oncle, et des progrès de la construction de cet instrument.

Après la mort de Sébastien, M. Pierre Érard, institué son héritier, s'établit à Paris pour donner une activité nouvelle à la fabrique de pianos, et, en 1834, il mit à l'exposition des produits de l'industrie plusieurs instruments nouveaux, pour lesquels la décoration de la Légion-d'Honneur lui fut accordée.

Il publia, à cette époque, une description historique de tous les pianos qui avaient été inventés ou perfectionnés par son oncle et par son père. Cet ouvrage a paru sous ce titre : Perfectionnements apportés dans le mécanisme du piano par les Érard.

Dans les expositions suivantes, les instruments sortis des ateliers de M. Érard ont été toujours placés au premier rang par le jury, et ont obtenu des médailles d'or en 1819, 1823, 1834, 1839, 1844 et 1849.

M. Érard a exposé, cette année, sous le n° 9,511, des pianos et des harpes. Il est certain que M. Pierre Érard a conservé fidèlement les traditions de sa famille.

Toutefois, nous croyons devoir faire quelques observations dont on appréciera l'opportunité et la justesse.

MM. Roller et Blanchet sont les premiers facteurs qui ont construit, en France, des pianos droits ; ils en exposèrent les premiers modèles en 1827. Leur piano avait les cordes obliques.

Vers 1830, ils y ajoutèrent le mécanisme de la transposition. On recherchait surtout, dès cette époque, les petits modèles qui mettaient à découvert les exécutants. Ces formats étaient, pour la plupart, montés à cordes droites.

A partir de ce moment, les bons pianos se multiplièrent. Au bout de quelques années, la facture de ces instruments ne fut plus concentrée dans quelques mains habiles et dans quelques maisons. Les fabriques de second ordre améliorèrent successivement leurs produits, au point qu'il leur devint possible d'entrer en lutte avec les-premières.

En 1830, quand on avait nommé les établissements de MM. Érard, Pape, Pleyel, Roller et Blanchet, on ne trouvait plus, dans la facture des pianos, que des noms obscurs et des instruments défectueux. Maintenant, les produits de vingt facteurs, que nous pourrions nommer et que nous nommerons dans nos prochains articles, peuvent rivaliser avec ceux des plus célèbres et des plus anciennes maisons.

- Quant aux pianos à queue, on sait que, jusqu'ici, les établissements Érard, Blanchet et Pleyel sont ceux qui ont le plus fourni à la consommation des instruments de ce format. Avec de pareils adversaires, la concurrence était dangereuse. On l'a essayée, néanmoins, et on l'essaie encore avec succès.

En résumé, M. Érard et ses illustres confrères n'ont plus le monopole exclusif d'une fabrication supérieure. Il y a à Paris, et même dans les départements, des facteurs d'une haute intelligence, qui les égalent par l'excellence et le bon marché de leurs produits.

A propos de l'Exposition, il convient de constater ces heureuses tentatives et de signaler au public des hommes encore peu connus et tout à fait dignes de ses sympathies.

Nous ne faillirons pas à ce devoir. Il est temps de réduire à sa juste valeur le prestige qu'exercent certains noms dans la facture instrumentale. Que les réputations consacrées par de longs succès aient une large part de l'estime publique, rien de plus juste ; mais il ne faut pas qu'elles jouissent d'un privilège qui tendrait à décourager les autres talents.

DH SAINTE-VALLIÈRE, avocat." Biographie des exposants de 1855, contenant des notices détaillées sur les inventions, les travaux... de ceux qui sont les gloires manufacturières, industrielles, agricoles et artistiques de la France et de l'étrange, 1855, p. 37-41 (Gallica)

PARIS - "Il en doit être ainsi d'un instrument sorti de tels ateliers que la mort du chef ne fera pas déchoir ?

La volonté formelle de Pierre Érard mourant avait été que sa veuve prît la direction de la maison, et elle a déclaré vouloir conserver intact le précieux dépôt à elle confié l'annonçant en même temps que ce même esprit de libéralité et de loyauté continuerait de présider à toutes les transactions de la maison Érard, dont le nom et même la raison commerciale ne seront point changés." Nouveau dictionnaire de musique illustré, Charles Soulier, 1855

PARIS - "MAISON ERARD. - La maison Erard a puissamment contribué à l'extension et aux progrès du piano en France. On sait que son fondateur, Sébastien Erard, a laissé un nom immortel dans les annales de la facture instrumentale, qu'il enrichit de précieuses découvertes. — Après sa mort, son neveu, Pierre Erard, institué son héritier, donna une impulsion nouvelle à la fabrication des pianos.

Un fait à constater, c'est que, depuis la première exposition de l'industrie française, en 1806, jusqu'à l'Exposition universelle de 1855, les récompenses les plus brillantes ont été décernées à cette maison.

Parmi les chefs-d'œuvre de Pierre Erard, il faut signaler le piano de très-grande dimension avec un clavier de pédales, qui a figuré à l'Exposition universelle. Cet instrument, dont on a pu apprécier la majestueuse beauté, a été conçu pour donner aux pianistes la possibilité d exécuter la musique d'orgue.

En récompense de ses grands travaux et de ses ingénieuses découvertes, Pierre Erard avait été élevé au rang d'officier de la Légion-d'Honneur. Sa mort a produit dans le monde des arts, où il comptait de nombreux amis, une sensation profonde et douloureuse.

Ses traditions vivent toujours dans l'établissement modèle qu'il sut élever à un si haut point de prospérité, et que sa veuve dirige aujourd'hui avec une intelligence remarquable." Annuaire musical : institut, conservatoires, théâtres lyriques, associations des artistes, 1857, p. 185-186 (Gallica)

PARIS - "C'est de l'arrivée à Paris de Sébastien Érard que date la création, en France, de la facture de pianos; car, avant lui, le petit nombre de ces instruments que l'on voyait chez nous était tiré d'Allemagne ou d'Angleterre.

Il fut donc le fondateur d'une industrie qui occupe aujourd'hui l'un des premiers rangs dans l'industrie parisienne.

L'utilité du piano comme instrument d'accompagnement et d'exécution était trop évidente pour qu'il restât longtemps stationnaire.

La préoccupation des facteurs se porta d'abord sur les moyens de donner à ces instruments des sons puissants et aussi purs que possible, et de leur assurer une bonne tenue de l'accord, élément indispensable d'un bon piano.

Ils y parvinrent par le développement de la table d'harmonie ou corps sonore, par les barrages métalliques dans le sens du tirage des cordes, et venant résister d'une manière efficace à la pression que celles-ci exerçaient sur les deux extrémités de la caisse, et qui n'est pas moindre de 22,000 kil. dans les pianos d'Érard, par des agrafes ou sillets, au travers desquels la corde passe en faisant un angle vertical relativement au plan de la partie vibrante de la corde, de manière à ce que celle-ci soit supportée au-dessus du coup de marteau.

Si le barrage consolidait la caisse et permettait d'augmenter le volume du son par l'usage de cordes d'un plus gros diamètre, l'agrafe donnait à la corde une assiette ferme et solide, surtout dans les notes aiguës, où le marteau frappe la corde tout près de son point d'appui. Aussi cette belle invention a-t-elle fini par être adoptée par les facteurs même qui l'avaient le plus décriée.

Mais ces perfectionnements importants ne contribuèrent en rien à améliorer une partie capitale du piano, celle dont les exécutants se plaignaient le plus, parce qu'ils en sentaient mieux que personne les défauts.

Nous voulons parler du mécanisme par lequel seul ils pouvaient essayer de faire goûter à leurs auditeurs les beautés de leurs compositions ou la pureté et l'éclat de leur exécution.

Deux systèmes de mécanisme étaient en présence. L'un adopté par les facteurs allemands et l'autre par les facteurs anglais. Le premier était remarquable par la légèreté du toucher et la grande facilité d'expression qu'il donnait à l'exécutant.

Le second se distinguait par la richesse de son produit, par sa supériorité dans le frappé du marteau.

Les inconvénients du mécanisme de Vienne provenaient d'un manque de fixité dans le centre du marteau, qui, monté sur la touche elle-même, à une certaine distance de son centre, au moyen d'une fourche, devient vacillant dès que le centre de la touche s'use par le frottement, et par là, perd la précision nécessaire pour produire un coup net. Ensuite le marteau était exposé à rebondir sur la corde après l'avoir frappée.

On reprochait au mécanisme anglais beaucoup de lourdeur, une difficulté à répéter presque insurmontable, défauts à peine compensés par un coup de marteau net, vigoureux et précis. Aussi les grands artistes se faisaient-ils généralement entendre sur les premiers, dont les inconvénients leur paraissaient devoir moins affecter leur talent.

Si nous examinons le rôle important que joue le mécanisme dans les instruments à clavier, nous comprendrons bien vite les tribulations des grands artistes de l'époque. C'est au mécanisme qu'il faut s'adresser pour arriver à produire ces nuances d'expression que l'artiste produit lui-même avec d'autres instruments.

Entre l'âme du compositeur qui crée et la corde qui traduit sa création, il existe une double action mécanique, celle produite d'abord par les doigts du joueur et l'autre par les parties du piano qui mettent le marteau en mouvement.

Plus on parviendra à rendre intime la liaison qui doit exister entre ces deux actions, plus on se sera rapproché du but à atteindre, plus on aura donné à l'exécutant les moyens de faire rendre avec exactitude à l'instrument les sensations qu'il veut faire passer de son âme dans celle de son auditoire.

Il s'agissait donc de trouver un mécanisme qui eût la netteté et la force du frappé du marteau, et la richesse de son du système anglais, et en même temps la légèreté du toucher et la facilité de répétition du système viennois.

C'est à la solution de ce problème que Sébastien Érard dévoua toute son énergie, et c'est à lui que nous devons enfin le mécanisme à double échappement qui ne lui coûta pas moins de trente années de recherches et d'expériences de toutes sortes qui produisirent les résultats que nous allons décrire.

A l'aide de ce mécanisme, le marteau est constamment sous le contrôle de la touche, de sorte que la plus légère pression imprimée à celle-ci est instantanément suivie d'un effet correspondant du marteau sur la corde.

Dans l'ancien mécanisme, dès que l'enfoncement de la touche avait fait monter le marteau à la corde, pour répéter le coup il fallait d'abord laisser la touche se relever au niveau des autres; dans le nouveau système, la touche fait parler la corde, quel que soit le degré d'enfoncement qu'on lui donne.

C'est cet effet qui permet aux artistes d'exprimer toutes les nuances intermédiaires entre le forte et le fortissimo, le piano et le pianissimo Le piano d'Érard se pénètre du génie du compositeur et de l'exécutant et rend leurs impressions comme ils les ressentent.

Ce fut en 1821 qu'Érard prit un brevet en Angleterre pour cette belle découverte, qui peut être mise en regard de son double mouvement pour la harpe et de son jeu expressif au doigt pour l'orgue.

Ce fut à M. P. Érard, son neveu et successeur, que fut dévolue la tâche de perfectionner les détails de ce mécanisme, afin qu'il pût donner tous les résultats dont son principe était susceptible. A force de soins il est arrivé à faire de son grand piano un instrument parfait, ne laissant rien à désirer et recherché avec empressement par les artistes et amateurs de tous les pays.

Lorsque son brevet d'Angleterre expira en 1835, M. Pierre Érard, qui n'avait encore recueilli aucun fruit de cette belle découverte, adressa une pétition au conseil privé de S. M. pour obtenir sa prorogation.

Une commission composée des noms les plus éminents de l'Angleterre et présidée par lord Lyndhurst fut nommée, et après un examen minutieux auquel prirent part des artistes et des savants, les juges accordèrent à M. Érard la prolongation qu'il demandait, et lord Lyndhurst ajouta que dans tous les cas où des demandes semblables seraient adressées au conseil privé.

Leurs Seigneuries exigeraient la preuve la plus complète, non-seulement que le pétitionnaire n'avait retiré aucun fruit de son brevet, mais encore que l'utilité de l'invention était incontestable.

Depuis cette époque, le jugement de cette commission a été ratifié par le public d'une manière irréfragable. Le piano d'Érard a été adopté par tous les grands artistes et les amateurs de tous les pays, et enfin, le jury de l'Exposition de Londres lui a décerné la seule grande médaille attribuée à cette industrie. (The Council Medal.)

M. P. Érard, que la mort vient de frapper, n'avait rien négligé pour que son exposition de Paris fût au niveau de celle de Londres. Elle se compose de :


Un grand piano à queue, style Louis XV, décoré de peintures dans le genre de Wateau par M. Guichard et orné de bronzes par Victor Paillard ;

La caisse de ce piano est d'une solidité extraordinaire. Elle a un barrage en bois debout au-dessous de la table d'harmonie, un barrage en métal parallèlement et au-dessus du plan des cordes, et appuyé sur des butés en fer. Le côté cintré de la caisse est formé de cinq planches collées ensemble dans un moule, afin de lui donner une solidité plus grande.

La table d'harmonie placée sous les cordes couvre toute l'étendue comprise entre les côtés extérieurs de la caisse, sauf l'espace nécessaire pour le passage des marteaux. Les cordes sont en acier et d'un diamètre tel que le poids total de leur tension, lorsqu'elles sont au ton, ne s'élève pas à moins de 22.000 kil.

Elles traversent des agrafes taillées dans un sommier en bronze, en faisant un angle vertical relativement au plan de la partie vibrante de la corde, de manière à prévenir le plus léger déplacement de celui-ci, quelle que soit la force du coup de marteau qui la met en vibration.

Ce sommier de bronze forme avec le sommier d'attache un châssis en métal pour supporter le tirage des cordes. Le clavier a 7 octaves du la au la.

A l'aide de cet instrument et de son mécanisme, chef-d'œuvre de précision, le point du clavier sur lequel agit le doigt transmet à la partie du mécanisme qui fait agir le marteau sur la corde, toutes les nuances de sentiment de toucher, de sorte que l'instrument participe jusqu'à un certain point de cette sensibilité de jeu que l'on remarque dans la harpe où le doigt agit sans intermédiaire sur la corde.

Un piano oblique du grand modèle ayant 7 octaves du la au la, avec barrage en fer parallèle au plan des cordes, sommier boulonné ;

Un oblique ordinaire en bois de rose orné de bronzes dorés, style Louis XVI, à 3 cordes, de ut au la, avec sommier d'attache en métal ;

Un piano oblique à 3 cordes de Yut au la, mêmes perfectionnements que le précédent, orné dans le style renaissance ;

Une harpe à double mouvement, ornée dans le style gothique." 'Histoire illustrée de l'exposition universelle, Charles-Joseph-Nicolas Robin, Furne, 1855, p. 90–94

PARIS - "La maison Erard, grand nom qui a dominé la facture depuis plus d'un demi-siècle, expose un piano à queue de grand format. Cet instrument est, depuis l'ouverture de l'Exposition, l'objet d'une attention non interrompue de la part du public attiré par l'antique célébrité de cette manufacture.

Que dire qui n'ait déjà été répété sur la maison Erard, cette métropole de l'art d'où rayonnent depuis si longtemps tant de découvertes, tant de perfectionnemens !

Le piano situé dans la nef renferme, comme tous les pianos à queue d'Erard, les richesses que le génie de Sébastien Erard avait conquises à la facture, richesses fertilisées encore par son neveu Pierre Erard, qu'une mort prématurée vient d'enlever aux arts.

La beauté du son, l'égalité du clavier, la facilité de répétition de la note, grâce à l'invention du double échappement toutes les qualités enfin qui ont illustré les produits de cette maison brillent de tout leur éclat dans le piano exposé.

Le meuble de cet instrument est exceptionnel et affecte la forme Pompadour. Ceci est un goût particulier dont l'appréciation est en dehors de la question musicale.

Un autre piano à queue d'Erard est exposé dans la section des instrumens anglais.

Ce piano, construit dans la manufacture d'Erard à Londres, ne le cède en rien, pour les qualités les plus parfaites, à celui dont il vient d'être question.

Ce qui prouve que sous l'influence heureuse du même maître, les produits des deux nations ont rivalisé à succès égal." Le travail universel : revue complète des oeuvres de l'art et de l'industrie exposées à Paris en 1855, p. 600 (Gallica)

PARIS - "Les journaux de Rio ne parlent en ce moment que des succès extraordinaire de nôtre célèbre Thalberg. Son nom fait fureur.

Nous lisons dans une lettre adressée à la maison Erard, dont les pianos sont les seuls joués par cet éminent artiste, qu'à son dernier concert, où toute la cour assistait, l'empereur l'a fait demander, et l'a prié de vouloir bien jouer une deuxième fois son étude en la mineur.

Ses deux premiers concerts ont produit plus de cinquante mille francs, et toutes les places étaient retenues pour les deux autres qui étaient annoncés.

M. A. Quidant ne jouera pas cette semaine l'Exposition sur le magnifique piano d'Érard." La Presse, 16/09/1855, p. 3 (Gallica)

PARIS - "S. A. I. le prince Napoléon continue à recevoir de la part des exposants des dons de toute espèce en faveur de l'armée d'orient. La maison Pleyel, de Paris, a offert un piano droit en bois de rose, richement ornementé, et Mme veuve Erard le beau piano à queue, style Louis xv, qui figure à son exposition dans la nef du palais de l'industrie, et qui a une valeur d'environ 25,000 fr."  Revue et gazette musicale de Paris: journal des artistes, des amateurs et ..., 23/09/1855, p. 294 (Gallica)

PARIS - "A propos de l'Exposition et des donations faites par les exposants à l'armée d'Orient, on lit ; ce qui suit dans le Moniteur : S. A. I., le prince Napoléon continue à recevoir de la part des exposants des dons de toute espèce en faveur de l'armée d'Orient. M. Pleyel, à Paris, vient d'offrir un piano droit en bois de rose richement ornementé.

Enfin, Mme veuve Érard a offert le beau piano à queue style Louis XV, qui figure à son exposition dans la nef du Palais de l'Industrie, et qui a une valeur d'environ 25,000 fr.
Mme veuve Erard a adressé à ce sujet au Prince la lettre suivante :
«Paris, 18 septembre 1855.
« A S. A. I. le Prince Napoléon.
« Monseigneur,
« Pour contribuer au soulagement dé l'armée d'Orient; je viens vous prier de vouloir bien accepter lé piano à queue style Louis XV, orné de peintures et de bronze doré qui figure à mori exposition dans la nef. Quelque beau que soit cet instrument, là dernière pensée de mon mari, je regrette; Monseigneur, qu'il ne le soit pas davantage pour une si noble destination !" Le Ménestrel, 23/09/1855, p. 2 (Gallica)

PARIS - "Le piano d'Érard, style Louis XV, décoré par M. Guichard et tout couvert de peintures genre Boucher, est une oeuvre charmante." Essai sur l'art industriel : comprenant l'étude des produits les plus célèbres de l'industrie, à toutes les époques, et des oeuvres les plus remarquées à l'Exposition universelle de Londres, en 1851, et à l'Exposition de Paris, en 1855, Ch. Laboulaye, 1855, p. 108 (Gallica)

PARIS - "Pierre Érard - Pianos. - Cette grande année de 1855 aura chèrement payé son éclat et sa gloire. Nous nous prenons parfois à résummer par la pensée ses brillantes éphémérides, et nous le disons avec le regret et la tristesse que ressent tout homme de coeur, sans sortir même du monde qui est le notre, nous comptons bien des pertes auprès des succès, bien des vides auprès du triomphe.

Où sont, à ne citer que quelques noms des plus chers, pris au hasard parmi ceux que rapproche la fraternité du génie, où sont ces artisans célèbres, ces puissants artistes qui s'appelaient Pradier, Froment-Motrice, Pleyel, Érard ?

Leurs œuvres seules nous répondent, voilées du crêpe de deuil mais comme le corps du Cid ou le glaive de Doguesdin, elles gagnent encore des victoires et gardent cette auréole qui ne peut s'éteindre.

Nous ne serons certainement pas les premiers à dire ce que la mort de Pierre Érard a causé de troubles, d'étonnement, de stupeur.

C'est à peine si nous sommes revenus de l'impression que produisent toujours ces coups inattendus, surtout quand ils rompent un lien et brisent une anection. Pierre Érard eut pour admirateurs tous ceux qui l'avaient étudié, pour amis tous ceux qui l'ont connu.

Ainsi que Sébastien Érard, dont la génération présente n'a vu que les dernières années, il réunissait tout ce qui peut faire l'homme heureux autant qu'utile, et le bonheur n'était même pour lui que dans le plaisir qu'il trouvait à le répandre.

Nous aimons beaucoup, quant à nous, et cela avec toute la sympathie que méritent ces nobles humanitaires, ces vrais patriotes, les générations qui se transmettent ainsi l'une à l'autre le bel héritage du travail et du génie.

C'est avec un véritable orgueil que nous les voyons poursuivre la même carrière, étudier les mêmes causes, approfondir les mêmes secrets, agrandir, en un mot, le même horizon, et former enfin, de l'ensemble des récompenses légitimes, un de ces riches médaillers qui constituent le plus pur des blasons.

La noblesse individuelle des Érard est des plus belles et des plus vieilles. Elle remonte sans interruption à 1760, à Sébastien Érard, esprit merveilleusement organisé, « du petit nombre de ceux qui ont commencé et fini leur art, » comme disait si bien l'un de ses juges.

Dès les premiers pas, il signale son apparition par le clavecin mécanique, que Louis XVI paye royalement d'un brevet spécial, en affranchissant le talent des chicanes que lui suscitent les métiers et les corporations, il aborde en même temps la rénovation de la harpe, longtemps ballottée entre les conseils divers de Krumpholz et de Beaumarchais, t'nn la science, l'autre la célébrité du temps.

Il fonde une succursale à Londres, au cœur du pays qui fournissait alors tous les autres, et détruit par ià le préjugé, aussi bien que l'apparente supériorité dont l'Angleterre retenait le monopole.

A son retour à Paris, il fait fabriquer dans sa maison, dirigée en son absence par son frère, les premiers grands pianos à queue en forme de clavecins et à échappement que l'on a vus en France.

Et depuis, en traversant les concours industriels jusqu'à la grande Exposition de 1851, c'est toujours le même nom proclamé par tous les jurys avec le rappel des médailles qui précèdent la dernière, et les décorations qui mettent la persévérance au niveau des gloires.

C'est donc une réputation populaire que celle à laquelle nous voulons consacrer ici quelques lignes; c'est une vie toute faite, et vraiment des pins simples. Elle se résume encore dans les deux mots étemels qu'on retrouve toujours unis, car ils se complètent et ne vont jamais l'un sans l'autre le travail et le génie.

Voilà pour la mise en œuvre et les résultats, c'est-à-dire ce qui suffirait au commun des fabricants, et même à beaucoup des artistes modernes. Mais aux natures d'élite, aux intelligences rares et choisies qui voient un but au delà du présent, et une œuvre dans la tache de tous les jours, il faut encore une triple et même condition trop souvent oubliée la conscience, Je désintéressement, l'honorabilité.

Sans elles, il arrivera bien qu'une maison jette un éclat passager, frivole, comme le caprice qui l'a fait nattre, et de faux aloi, comme les produits qu'elle débite; maison ne verra jamais surgir et s'accroître, avec la tranquille extension des grandes choses, les grandes fabriques qui relient tout à leur existence la vie de cinq cents familles par le travail incessant de leurs chefs, la marche du commerce par l'importance et le débouché des travaux, l'intérêt même des douanes et du revenu public par les droits qu'elles payent à l'impôt légal.

Tel est le pied sur lequel Sébastien Érard, et, plus que lui encore, Pierre Érard ont posé leur précieuse manufacture. Que ce soit là leur plus belle oraison funèbre, c'est d'ailleurs la plus humble et la plus éloquente ils ont en tout temps bien mérité de tous.

Il serait difficile, en mettant à part les banalités de découragements et do spécieuses défaites, d'énumérer une à une les inventions de Pierre Érard, continuant celles de Sébastien, et les perfectionnements qu'il apporta dans la double fabrication de la harpe et du piano.

Beaucoup de ses procédés, tour à tour donnés à la France et a l'Angleterre, ont été, comme d'habitude, exploités sous d'autres noms, et rajeunis par la contrefaçon, c'est une nomenclature intéressante et curieuse que nous laissons un peu de coté, et pour laquelle nous renvoyons le lecteur à une belle brochure qui donnera sous pou la liste de ces travaux.

Nous dirons seulement que, pénétré d'admiration pour le génie de son oncle, Pierre Érard sut en perfectionner les découvertes sans s'écarter de ses idées.

C'est ainsi que son attention se dirigea presque tout d'abord sur les améliorations de détail à apporter à la mécanique à double échappement de Sébastien Érard, dont ce dernier avait bien arrêté le principe, mais qu'il n'avait pas eu le temps de développer complètement, il devenait nécessaire de lui donner une assiette plus solide, d'étudier les bois qui devaient en composer les différentes parties, de mettre enfin toutes les parties du piano en harmonie avec ce nouveau moyen d'action; tache laborieuse et difficile, à laquelle l'habile facteur dévoua tous ses instants.

Il y réussit merveilleusement, et, dès l'Exposition de 1834, le jury déclare les pianos à queue de la fabrique Érard « de beaucoup supérieurs à tous les instruments du même genre. C'est à la suite de cette exposition que le roi Louis-Philippe nomma Pierre Érard chevalier de la Légion d'honneur.

Ainsi parvenu au plus haut degré de perfection, le mécanisme à double échappement devait obtenir en Angleterre une faveur précieuse et rarement accordée.

Un brevet avait été pris à Londres en 1825 pour cette invention; or, en 1835, au moment où il allait expirer, la fabrique Érard n'avait pas encore retiré le moindre fruit de ses travaux.

Une enquête fut ordonnée, à la suite de laquelle une commission, composée de lord Lyndhurst, lord Brougham, M. Peet, baron Parke, etc., s'assembla le 15 novembre 1835.

Elle entendit des professeurs de musique et des ingénieurs célèbres appelés à apprécier les mérites de l'invention, et après les informations les plus minutieuses, etio accorda la prorogation du brevet, « en considération du service que M. Érard rendait à l'industrie, en créant une nouvelle branche de fabrication supérieure à l'ancienne. »

On doit en outre à Pierre Érard la substitution des cordes filées sur acier aux cordes de cuivre, qui avaient l'inconvénient de se discorder et de se casser par suite des influences atmosphériques.

L'introduction de la barre harmonique les grands pianos vint compléter cette amélioration, en donnant aux dessus de l'instrument un degré de pureté et d'intensité qui leur manquait, et en mettant leur sonorité en parfait rapport avec les basses et le médium.

Un peu plus tard, Pierre Érard perfectionna le sillet de cuivre ou agrafe, inventé par son oncle pour soutenir la corde, et lui communiqua, avec une forme nouvelle, la plus grande force de résistance qu'il puisse opposer.

Enfin, en 1850, il prend un nouveau brevet pour un système de barrage en métal. Il consistait en un sommier de bronze parallèle aux chevilles, et formant avec le sommier d'attache en fer un châssis en métal, maintenu par un barrage longitudinal dans le sens dos cordes et destiné à supporter leur tirage.

On voit, par ce simple aperçu, que Pierre Érard a porté surtout son attention sur les parties fondamentales du piano à queue, et qu'il n'a négligé aucun des mille détails qui en assurent non-seulement les qualités sonores, mais de plus la solidité.

Aussi devons-nous signaler ce fait, non sans valeur et sans portée, que de tous les pianos, disons mieux, de tous les instruments sortis de ces ateliers à la vogue européenne, pas un n'a souffert des épreuves, soit du temps, soit du voyage, soit de mainte autre cause dont les effets déprécient parfois les meilleurs.

L'expérience, ce juge lent et impartial des nouveautés n'a jamais démontré le moindre errement dans l'initiative; elle n'a fait que dissiper les doutes et assurer le succès.

C'est également la maison Érard qui a donné la première un modèle d'ordre et de classement du travail relatif à la fabrication des pianos. Le travail, organisé dans la manufacture sur une ëchette des plus vastes, a éM sagement reparti entre les ouvriers divers, avec une régularité, une entente et une précision que certaines maisons n'ont fait qu'imiter de loin, sans y atteindre.

C'est au milieu de cette carrière, au milieu de cette distinction et surtout au sein de l'auection qu'il inspirait à tous, que Pierre Érard est mort, presque le même jour et dans la même retraite que Sébastien, son oncle.

Il avait fourni, à son exemple, une vie pleine et complète, et laissait comme adieu à l'occupation de tous ses instants un superbe piano qui semble résumer sa dernière pensée.

Qui sait même si dans cet instrument de forme primitive, dans cette sorte de clavecin Pompadour, Pierre Erard n'a pas obéi à une idée sainte, à un sentiment pieux ?

Lui qui avait consacré une année à rétablir religieusement, avec les seuls changements d'amélioration, l'orgue de la chapelle des Tuileries, brisé en 1830, il se souvenait sans doute que le premier piano des Érard remontait à cette époque Louis XV, que la duchesse de Villeroy l'avait désire dans ce goût de fleurs et de guirlandes, et qu'enfin un autre piano du même style, fait quelques années plus tard pour l'infortunée Marie-Antoinette, avait seul retenu la populace ameutée, sous les doigts d'un officier qui lui joua la Carmagnole.

Comme œuvre d'art, il est impossible de rien imaginer de plus délicat et de mieux fait que les paysages souriants et les adorables figures qui ornent les édisses de ce magnifique instrument. La peinture est un chef-d'œuvre de grâce et de fantaisie.

La décoration est en dorure mate; sur le couvercle on voit un portrait de Sébastien Erard, soutenu par de petits génies vaporeusement touchés et qui semblent nager dans l'azur.

Les médaillons représentent des couples charmants, les plus jolies femmes et les plus aimables galants se livrant au plaisir de la danse et de la musique.

Ce sont partout des roses, du feuillage, des chansons; le vent semble secouer des parfums, la fontaine répand son cristal sur la mousse, la colombe bat des ailes, la tourterelle roucoule au voisinage. C'est, en un mot, l'oeuvre tout entière de Watteau entrevue dans un rêve charmant.

Tout l'ensemble de cette ravissante composition est de M. Guichard, aidé de M. Lanfan pour les figures, et de M. Lemmens pour le paysage (On sait que Mme Erard a offert ce somptuex instrument, dont le prix de revient est de 25,000 francs, à le prince Napoléon, pour le soulagement des veuves et des blessés de l'armée d'Orient.).

Quant à la sonorité, aux qualités de l'instrument, avons-nous besoin d'en parler ? Il est d'Érard, c'est tout dire.

Deux pianos droits, l'un orné dans le style sévère de Louis XIII, l'autre on bois de rose, orné de plaquettes en lapis-lazuli et en vert antique, complètent cette splendide exposition, et se font remarquer autant par leur excellente sonorité que par le bon goût et la richesse de leur décoration.

Voilà pour la maison de Paris. Celle de Londres devait avoir naturellement sa place au Palais de l'Industrie elle a envoyé un magnifique piano à queue dit de concert, où l'on trouve réunis toutes les hautes qualités et tous les perfectionnements obtenus jusqu'à ce jour dans les deux établissements, lesquels d'ailleurs ont toujours marché parallèlement dans la voie du progrès et de la perfection. A. GIACOMELLI." La France Musicale, 07/01/1855, p. 329-330 (Gallica)

PARIS - "1989 Erard, S. et P., à Londres, A. — Pianos, harpe. 1989 Erard S. and P., 18 Great Marlborough-street, London. Pianofortes and Harpes." Paris universal exhibition, 1855, p. 70

1861

MARSEILLE - "Quoi qu'il en soit de l'invention du piano, dans la première partie du xvme siècle, il est notoire que cet instrument, encore à l'état d'ébauche au sortir des mains de Silbermann et de Cristofori, n'a pris une forme régulière et offert une perfection incontestable, du côté du mécanisme, qu'à l'époque où les frères Érard vinrent fonder à Paris cet établissement de la rue du Mail, où se sont accomplies tant d'améliorations au profit du forte, notamment celle de 1823 qui consiste dans le mécanisme à double échappement, au moyen duquel on peut modifier le son sans que le doigt abandonne la touche.

Aujourd'hui ces instruments sont aussi recherchés qu'aux premiers jours de leur apparition, avantage qu'ils justifient du reste par leur éclat et leur qualité de son d'un volume très-considérable. Dans ses voyages, Listz joue toujours les pianos d'Érard, dont le représentant à Marseille est M. Roubaud." Expo Marseille - Le Ménestrel, 18/08/1861, p. 1-2 (Gallica) - Voir ROUBAUD à Marseille.

1862

LONDRES - "A piano (the interior by Messrs. Erard), the case of Amboyna wood, richly inlaid in various ornamental devices, musical trophies, and flowers in marqueterie work; the front, above the fall, of very finely perforated purple wood, in wich are framed three highly finished paintings, on porcelain, that in the centre representing a group of children playing upon musical instruments, upon the left of wich is a medallion, with a boy playing the pandean pipes, and on the right another medallion, with a boy playing cymbals." The international Exhibition of 1862, p. 23

LONDRES - "[...] Seit 25 Jahren herrschte das Erard'sche System) bestehend in der Construktion eines Flügels mit Eisenstangen und Anhängeplatten) nebst der fogenannten Repetitionsmechanik) den Klaviermarkt.

Alle europiischen Pianomacher sowohl, als die amerikanischen copirten mit mehr oder minder verständiger Veränderung die Erard'schen Flügel, und mit Recht; denn das bei diesen Instrumenten befolgte Prinzip war gegen die ältern englischen Flügel mit ihren primitiren Mechaniken) wie gegen die deutschen Flügel mit auf den Tasten beweglichen Hämmern, ein wirklicher Fortschritt) und sehr bald wurde diese Bauart allgemein mustergiltig bis 1859, bis wohin jedoch Niemand Erard selbst übertroffen hat.

Im Jahre 1859 wurde indeß der Firma Steinway & Sons in Neu-York eine neue Construktion der Flügel patentirt, welche 1860 von Theodor Steinweg in Braunschweig in Deutschland gebaut und 1861 bereits von den berühmten Virtuosen Hans v. Bülow in seinen Conzerten mit großem Erfolg benutzt wurden. Daß bei der Londoner Ausstellung die betreffenden Instrumente gewaltige Sensation erregten) haben wir schon erwähnt. [...]" Urania: Musik-Zeitschrift für Orgelbau, Orgel- und Harmoniumspiel, 1862, p. 54

1865

PORTO - "129. Erard (Sébastien et Pierre), r. du Mail, 13 e 21, Paris. - 2 pianos de cauda. - 3 verticaes ou de bufete, de cordas obliquas. - CM. 1851 - MH. 1855. - Fóra de concurso." Catalogo official da exposição internacional de Porto em 1865, p. 17

1867

PARIS - "M. Erard s'élève incontestablement au-dessus de tous ses concurrents pour les pianos à queue; le jury a mis cette maison en dehors de tout concours. Il est vrai que ses instruments possèdent toutes les qualités désirables : puissance de son, douceur, plénitude, délicatesse; perfection du mécanisme des marteaux et du clavier.

On ne peut trouver rien de mieux dans tout ce que l'Exposition offre de meilleur, et les pianos américains, dont on s'est tant occupé, non sans raison pourtant, ne peuvent rivaliser néanmoins, à notre avis, avec ceux d'Erard, quant à la douceur et au moelleux.

(Il est regrettable cependant que la position des cordes au-dessus des marteaux ne permette pas l'emploi de la sourdine à bande de feutre usitée dans le piano droit.

Avec le système qui transporte le clavier de gauche à droite, le marteau n'attaquant plus que deux cordes au lieu de trois, le son est affaibli, mais il n'est pas possible de produire la douceur de son et les effets de demi-teinte avec la même perfection qu'au moyen de la sourdine de feutre.)" Etudes sur l'exposition de 1867 ou les Archives de l'industrie au ..., Volume 3, Eugène Lacroix, p. 224

PARIS - "Avant de quitter les grands meubles de cette chère France, mauvaise à ses fils, saluons encore quelques beautés omises ou trop tard apportées, et que nous ne connaissions pas d'abord.

Deux pianos, entre autres, de la maison Erard, la noble fabrique toujours soigneuse en toutes choses. L'un droit, en divine marqueterie louis-seize, avec ivoires gravés, bronzes dorés et camée sur fond turquoise.

Comment s'appellent l'ébéniste et le ciseleur qui ont produit ce chef-d'œuvre ?

L'autre piano, à queue, en ébène, dans le style large de Louis XIV, porte singulièrement des peintures enflammées sur fond d'or se mirant dans un vernis de glace. Des bronzes qui rappellent Boulle le garnissent." L'art industriel à l'Exposition universelle de 1867, p. 197 (Gallica)

  PARIS - "Maison ÉRARD. - Après avoir visité et étudié tous les pianos exposés au Champde-Mars, je suis forcé de reconnaître une grande supériorité à la maison Erard, aussi je m'incline devant ce nom qui rappelle ceux qui ont été et qui sont encore aujourd'hui nos maîtres dans l'art de la facture.

La maison Erard a su donner à ses instruments un tel degré d'excellence, que le nom du producteur remplace aujourd'hui dans le langage ordinaire, celui du produit. Ainsi on dit un Erard pour désigner un piano sortant des magasins de cet établissement, comme on dit un Stradivarius, un Amati, pour les violons de ces auteurs.

Un Erard est l'instrument désiré par l'artiste exécutant; un Erard fait partie de l'ameublement rêvé par la jeune fille au moment de son mariage; imiter un Erard, voilà le travail auquel se livrent presque tous les facteurs.

La réputation de la maison Erard est trop étendue, trop justement méritée et trop incontestée pour que l'Exposition universelle de 1867 pût ni amoindrir ni ajouter à sa gloire et à sa prospérité. Conviée à y prendre part, elle a accepté et n'a d'abord présenté à cette exhibition que les produits de son travail quotidien.

« Voilà, a-t-elle semblé dire, ce que nous faisons journellement; nous vous montrons ces instruments dans leur plus simple appareil, jugez.

Nous n'avons pas la prétention de faire mieux que par le passé, mais nous mettons notre orgueil à faire aussi bien. Le progrès ne peut naître du changement: il s'agit seulement pour nous d'entretenir et d'élargir la voie dans laquelle nous sommes entrés depuis si longtemps. »

Le Directeur de la maison suit en modestie comme en toutes autres choses, les errements de Pierre Erard, grand mécanicien, grand industriel et grand artiste, qui cependant parlait fort peu de lui-même.

Qui de nous ne se rappelle avec quel plaisir il rappelait toute la série des travaux entrepris par son oncle, lui reportant toute la gloire des inventions et ne s'attribuant d'autre mérite que celui d'avoir fait apprécier ces beaux ouvrages ?

Il en est encore de même aujourd'hui rue du Mail ; dans cette maison on n'innove pas, on y conserve. On semble y pratiquer le culte des ancêtres.

Sachant que les premières récompenses étaient en très-petit nombre, la maison Erard a profité de l'appel de son directeur comme juré dans un autre groupe pour se déclarer hors de concours, afin de ne pas enlever, au préjudice d'une autre, une de ces récompenses qui ne pouvaient lui manquer dans cette occurence, car elle est habituée aux médailles d'or depuis de longues années.

Il eût été de bon gout à une vielle et haute maison anglaise de suivre le même exemple et de dire, comme la maison Erard: Faisons placé aux jeunes.

Il serait vraiment oiseux de ma part d'entrer dans quelques détails sur la fabrication de la maison Erard: qui ne connaît ses instruments? quel est celui des facteurs qui n'emploie pas ses procédés?

Contemplez un piano d'Erard, que voyez-vous? Une table sonore sur laquelle se trouvent tendues des cordes métalliques mises en vibration par des marteaux.

Cet appareil vous paraît bien simple; il a demandé cependant bien des années d'études, de tâtonnements, de travail à la maison Erard pour arriver à cette élégante simplicité.

Pas un des morceaux, pas un des accessoires qui n'ait été fait et refait non pas une, mais mille fois avant de satisfaire son auteur. Sébastien Erard s'est approprié chaque partie, dont il a su faire autant de chefs-d'œuvre : échappement double d'Erard, agrafes d'Erard, barres harmoniques d'Erard, cordes filées d'Erard, tout enfin porte le cachet de la maison.

Chose assez remarquable, tant que ces moyens mécaniques furent la propriété exclusive de cette maison, ils furent critiqués, honnis, méprisés par les facteurs, qui prétendirent faire mieux, et leur intelligence n'aboutit souvent qu'à mal imiter pour voiler la contrefaçon.

Mais aussitôt que le domaine public se fût successivement emparé de toutes les idées et de tous les moyens de la maison Erard, chacun se jeta dessus et appliqua ce qu'il avait auparavant déclaré mauvais, ce qu'il avait conspué, et alors on s'empressa, en en faisant l'application, d'en prôner pour son compte la supériorité.

Donner une description de tous les instruments qui se construisent aujourd'hui dans la maison Erard nous entraînerait trop loin, surtout si j'étais forcé de dire combien de précautions, de soins, de prévisions, de calculs, de goût même, exige une si parfaite combinaison, à laquelle il semble difficile de rien ajouter.

Presque tous les facteurs imitent, soit en France, soit à l'étranger, les pianos Erard, et nous voyons les premières récompenses accordées aux meilleures imitations des produits de cette maison. Mais de toutes ces imitations, auxquelles nous avons nous-même applaudi, bien peu cependant sont parfaites, il leur manque ce je ne sais quoi que l'on ne saurait définir, que Pierre Érard avait su imposer à sa maison :

Ensemble de distinction, de bon goût, d'élégance, que son rencontre dans tous les instruments et dans tout le personnel de la maison ; sorte de cachet aristocratique que rien ne saurait détruire et que personne ne saurait contrefaire.

Il existe toujours une différence bien appréciable entre la copie et l'original: le clavier de la maison Érard est facile, égal et agréable au toucher; mais dans les imitations l'égalité n'est plus aussi parfaite, le clavier est parfois lourd et fatigue souvent l'exécutant; les sons pèchent par un manque d'homogénéité.

Après avoir soumis au jugement du public ses produits ordinaires, la maison Érard a voulu prouver, sans doute, qu'elle sait se maintenir à la hauteur où l'avait fait parvenir Pierre Érard, et que depuis sa perte elle n'a pas déchu. Elle a donc exposé trois instruments qui, sous le rapport des accessoires dont ils sont ornés, resteront dans l'avenir comme de précieux monuments de l'art et du goût en 1867.

Dans cette nouvelle exposition de la maison Érard, nous remarquons d'abord sur l'estrade réservée un charmant modèle de piano vertical à cordes obliques, caisse en ébène sans gravure ni moulure, style grec, heureuse réminiscence, pour la pureté du style, des dessins de meubles provenant de Pompei ou d'Herculanum.

Il faut admirer surtout dans toutes ses parties un autre joli petit modèle d'un piano oblique. Que de goût dans le dessin de M. Ahrens! que de talent dans l'exécution ! C'est vraiment un spécimen précieux du style Louis XVI; comme la marqueterie de bois d'essences si différentes est savamment combinée! quelle délicatesse dans les teintes et dans les nuances! comme les dorures et les ciselures des bronzes sont légères et gracieuses!

Mais le morceau capital dans cette précieuse réunion d'instruments est un grand piano à queue dont la décoration a été confiée à M. Guichard, architecte décorateur, qui a décelé un grand talent dans les compositions d'ensemble et de détail de ce bel instrument. Le style est sévère et délicat à la fois.

Les sujets, paysages charmants, sont fort habilement peints en camaïeu, par M. Burette, et recouverts d'un vernis formant comme un glacis général, vernis dont l'emploi semble avoir cessé avec le dix-septième siècle ; les sculptures sont de feu Klagman, c'est tout dire.

Le temps n'a pas permis d'appliquer encore à cet instrument la troisième couche de vernis, qui, en remplissant les interstices qui existent entre les coups de pinceau et en égalisant les surfaces, fera disparaître les aspérités que les couches raboteuses de la peinture laissent apercevoir.

On doit remarquer également, parmi les produits de la maison Erard, un piano vertical destiné aux contrées intertropicales. La construction de cet instrument doit faire renoncer certains facteurs étrangers à la prétention d'être sinon les inventeurs du cadre en fer, du moins les premiers à user de ce moyen.

Dans le piano de la maison Erard, vous pouvez apercevoir l'emploi d'un cadre en fer avec boulons du même métal ; le sommier de cheville est en bois, mais, pour en augmenter la force, il se trouve encastré dans un sommier en fer.

Tout l'appareil métallique n'est pas fondu d'une seule pièce comme dans les pianos américains, où il forme, il est vrai, un cadre d'une grande solidité mais d'une solidité plus grande, je crois, qu'il n'est nécessaire pour résister à la tension des cordes.

Rejetant donc ce luxe de fer inutile, la maison Érard évite ainsi cette sonorité métallique qu'on perçoit dans la plupart des pianos des États-Unis.

L'utilité de l'appareil américain pourrait même être contestée, car les facteurs d'outremer conservant le sommier en bois, n'est-on pas en droit de leur demander à quoi sert l'emploi d'une surabondance de force d'un côté, unie à tant de faiblesse de l'autre?

Je n'ai encore parlé que de l'enveloppe des instruments exposés, et je n'ai rien dit de leur sonorité. Je crois qu'il serait superflu de vous désigner une à une toutes leurs précieuses qualités.

Si ces instruments n'avaient seulement été que bons et beaux, la maison Érard ne les eût sans doute pas fait sortir de ses magasins; ce n'est qu'après les avoir reconnus excellents qu'elle les a fait transporter dans les galeries de l'Exposition.

Chacun peut d'ailleurs se convaincre de la vérité de ce que j'avance en écoutant M. Alfred Quidant jouer ces divers instruments. Que dire à la louange de cet artiste?

Qu'il est à la hauteur du piano Érard, dont il sait faire ressortir avec talent toutes les belles qualités. Nul autre ne pourrait faire valoir avec autant de savoir, de sagesse et de dextérité les ressources d'un instrument. Nous félicitons la maison Erard d'avoir su s'attacher un artiste d'un si beau talent et d'un mérite si spécial.

Faut-il parler des harpes ? La maison Érard est la seule qui en construise, et tout le monde connaît la valeur artistique d'une harpe d'Érard, à laquelle nul facteur, jusqu'à ce jour, n'a pu atteindre.

Admirez les deux spécimens présentés au public à côté du piano en ébène, et dites s'il est donné à quelqu'un de faire mieux et même aussi bien.

Quelle élégance dans ses formes! Où trouver un sculpteur pour fouiller avec plus de délicatesse cette colonne massive de bois de palissandre ?

Quelle précision, quelle justesse dansîe coup de ciseau, quelle délicatesse, quel fini dans les moindres détails! Je voudrais voir et entendre cet instrument dans les mains de notre ami Godefroy; ce serait alors en doubler la valeur.

Voilà les instruments présentés au public par la maison Érard : ce sont autant de chefs-d'œuvre qui prouvent que la mort de son chef ne l'a pas fait déchoir et que Mme veuve Érard, en s'associant les talents administratifs de M. Schaeffer, a su conserver intact le précieux dépôt qui lui était confié.

Honneur donc à la maison Érard ! Honneur surtout aux ouvriers, à leurs travaux! Ils n'ont pas oublié le serment qu'ils ont fait sur la tombe de leur chef, de ne pas laisser périr l'œuvre, de conserver au nom d'Érard cette auréole d'honneur, de probité et de gloire dont il brille depuis près d'un siècle.

L'Empereur a récompensé dignement les travaux dela maison Érard. En nommant membre de la Légion d'honneur M. Schaeffer, récompense personnelle pour son habile, intelligente et loyale direction, il a accordé à la maison Érard une palme nouvelle." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, p. 74-79

PARIS - "Les Erard sont toujours grands ; ces pianos-là ont une âme quand le pianiste qui les joue veut bien leur prêter la sienne, car ils grondent, ils pleurent, ou ils murmurent au gré de ses désirs.

Selon l'attaque de la touche on fait le son, et selon la pression du doigt on le prolonge à volonté, sans qu'il perde jamais de sa rondeur. Les basses sont superbes, et les sourdines sont devenues charmantes.

Erard est en progrès du reste, puisqu'il a inventé le piano cuirassé, pour les colonies, qui peut braver les intempéries des saisons, grâce à son revêtement métallique." Moniteur des pianistes, 20/06/1867, p. 27 (Gallica)

1872

LONDRES - "La plus riche partie de l'exposition des instruments de musique était, selon la coutume, celle des pianos.

Là, autant qu'on en a pu juger par des auditions séparées, la supériorité appartenait aux exposants français.

Trois pianos de modeste apparence, mais d'une exécution finie et d'une grande perfection artistique, se présentaient sous le patronage des grands noms Sébastien et Pierre Erard.

La haute perfection donnée à ces instruments par les améliorations et les inventions de ces deux grands facteurs se maintient sans faiblir.

Il y a là une grande industrie qui se soutient de la façon la plus heureuse au point de vue commercial sans que l'art y perde rien." Expositions internationales, Londres 1872 ; France, Commission supérieure, édité en 1873, p. 112 (Gallica)

LONDRES - "M. Erard s'élève incontestablement au-dessus de tous ses concurrents pour les pianos à queue; le jury a mis cette maison en dehors de tout concours. Il est vrai que ses instruments possèdent toutes les qualités désirables : puissance de son, douceur, plénitude, délicatesse, perfection du mécanisme des marteaux et du clavier.

On ne peut trouver rien de mieux dans tout ce que l'Exposition offre le meilleur, et les pianos américains, dont on s'est tant occupé, non sans raison pourtant, ne peuvent rivaliser néanmoins, à notre avis, avec ceux d'Erard, quant à la douceur et au moelleux.

(Il est regrettable cependant que la position des cordes au-dessus des marteaux ne permette pas l'emploi de la sourdine à bande de feutre usitée dans le piano droit.

Avec le système qui transporte le clavier de gauche à droite, le marteau n'attaquant plus que deux cordes au lieu de trois, le son est affaibli, mais il n'est pas possible de produire la douceur de son et les effets de demi-teinte avec la même perfection qu'au moyen de la sourdine de feutre.)" Nouvelle technologie des arts et métiers des manufactures, des mines, de l'agriculture etc. : annales et archives de l'industrie au XIXe siècle description générale, encyclopédique, méthodique et raisonnée de l'état actuel des arts, des sciences, de l'industrie et de l'agriculture chez toutes les Nations, 1872, p. 223 (Gallica)

LONDRES - "Messrs Erard's most remarkable instrument is a fine grand pianoforte, placed in the French Fine Arts Gallery. The tone is brilliant, and the touch is irreproachable.

The decoration of the case is gorgeous, and was carried out under the direction of Monsieur E. Guichard, of the Union Centrale of Paris. Other pianos by this celebrated firm are shown in the annexe.

They are cottage pianos, of an expensive character, but present no novelties in construction. The marqueterie work of one of the cases is intricate and beautifully executed." Journal of the Royal Society of Arts, 1872, p. 890-891

1873

VIENNE - "[...] A Vienne, les instruments exposés par la maison Erard étaient au nombre de huit trois grands pianos à queue de concert, deux pianos droits à cordes obliques et trois harpes.

Sans entrer dans les détails de la fabrication, je puis dire que j'ai retrouvé dans ces pianos, qui sont tout un orchestre, cette puissance et cette noblesse de son qui paraît être le secret de la maison Erard.

Je cite un petit piano obliqué en marqueterie, style Louis XVI, véritable chef-d'œuvre d'ébénisterie, qui a excité l'admiration de tous.

La maison Erard est la seule qui continue, dans ses deux manufactures de Paris et de Londres, la fabrication de la Harpe.

Elle s'impose de généreux sacrifices pour conserver à l'art ce bel instrument, qui, sans elle, aurait fatalement disparu.

En entendant à Vienne ses accords si harmonieux et si sympathiques, je me réjouissais de lui voir reprendre le rang auquel il a droit.

Sur les trois harpes que j'ai vues, deux étaient d'une richesse et d'une beauté incomparables, et pouvaient à juste titre être comptées parmi, les merveilles de l'Exposition." Le Figaro, 29/11/1873, p. 2 (Gallica)

VIENNE - "Nous remarquâmes ensuite un petit piano carré, qui date de 1790, avec un mécanisme à marteaux et des pédales, ayant été autrefois la propriété de Joseph Haydn. Nous vîmes aussi un piano a queue d'Érard, dont la ville de Paris avait fait cadeau à Beethoven, et enfin un piano qui a appartenu a Schubert.

Ces instruments nous représentent les différentes phases principales de la construction du piano, jusqu'aux temps modernes, l'épinette de Mozart démontre l'état primitif de l'instrument; le son est produit au moyen de petites plaques en cuivre jaune, ou à l'aide de petits tuyaux de plumes qui sont attachés aux claviers et qui, par une ouverture dans la table de résonnance, frappent les cordes, quand on presse les touches.

La différence entre le son grêle, tout à fait mince, qu'on obtient ainsi, et celui que produit le piano Érard, de Beethoven, est aussi grand qu’entre le piano de Beethoven et le piano à queue avec table de résonnance voûtee.

Après la découverte de la mécanique des marteaux, on travailla ardemment à la perfection de cette importante conquête, et ce sont surtout Jean Andréa Stein, Streicher, l'ami intime de Schiller, Becker ct les Anglais Broadwood et Stodart qui ont le plus fait pour en obtenir le perfectionnement.

Mais nous devons citer, en première ligne, dans l'histoire des progrès du piano, la célèbre fabrique Érard, de Paris, qui a fait une des plus importantes inventions, c'est-à-dire la mécanique à répétition, le double échappement, un procédé ayant cet avantage que le marteau, après avoir été mis en mouvement, ne retombe pas dans la position qu'il vient de quitter, et qu'il frappe de nouveau la corde par la pression des doigts la plus légère.

Et pour se convaincre que ce système d'Érard prédomine partout, on n'avait qu'à examiner les pianos exposés par tous les pays. Pour ce qui concerne le son doux, sympathique et puissant à la fois, les pianos français ne peuvent être surpassés; mais quant à la force du son, à la puissance et au brillant de la sonorité, ce sont les pianos à queue américains de Steinway qui ont le plus de renom.

[...]

Les trois facteurs de pianos français les plus célèbres, dont les produits sont universellement appréciés, ont mis leurs instruments exposés « hors concours » : ce sont les maisons ERARD, HERZ et PLEYEL.

La première de ces maisons, celle qui possède encore aujourd'hui le prestige de sa brillante gloire universelle, n'aurait guère augmenté sa renommée par une nouvelle distinction honorifique.

Cette maison se repose, du reste, tranquillement sur ses lauriers. les pianos à queue qu'elle expose ont toujours les mêmes qualités brillantes qu'on admirait déjà il y a 25 ans ; ils sont, en un mot, d'une beauté extraordinaire.

Il n'y a, à l'Exposition, que deux exemplaires de cet instrument royal, la harpe : ce sont deux harpes à pédales, que le premier maître du monde dans l'art de la construction des harpes, Érard, de Paris, a exposées. Ces deux instruments se distinguent, autant par leur son plein, que par leur grande facilité d'expression.

Mais, jusqu'à présent, on n'avait pu se rendre compte des qualités extraordinaires de ces deux instruments, car, à côté des légions de pianistes qui ont fait irruption à l'Exposition, il n'était pas encore venu de harpiste à qui Érard aurait confié ces deux harpes ; les artistes sont rares pour ce noble instrument.

Cependant, le public a eu le plaisir ineffable d'entendre M. Félix Godefroy, de Paris, qui est actuellement le premier harpiste du monde et qui est venu, sur l'invitation d'Érard, pour donner des auditions dans la section Française." L'Exposition universelle de Vienne: journal illustré, 1873, p. 551-552

VIENNE - "Mme. Rosa Escudier-Kastner, qui, raconte le Figaro, se trouve en ce moment en visite chez sa mère, à Vienne, voulu voir l'Exposition universelle; il n'y à là rien que de très naturel.

Mais voilà qu'en traversant la galerie française, consacrée à l'exposition des pianos la célèbre pianiste de l'empereur d'Autriche-Hongrie, qu'on n'avait pas entendue depuis plusieurs années dans son pays, ayant été reconnue par le préposé à la garde des pianos de la maison Erard, ce serviteur dévoué est aile à sa rencontre et l'a suppliée d'essayer un de ces instruments-rois, admirés du monde entier.

Mme Escudier-Kastner s'est rendue à ce désir de la meilleure grâce du monde, et à peine avait-elle fait entendre le prélude de la Marche hongroise, de F. Liszt, qu'une foule énorme s'est groupée autour d'elle, et cette foule, grossissant de minute en minute, a fini par former un véritable auditoire de concert.

La reine des pianistes a été saluée par des applaudissements enthousiastes qui l'ont obligée à jouer plusieurs autres morceaux. Puis, quand elle a voulu se retirer, elle a dn traverser une foule compacte, qui l'a suivie jusqu'à la porte de sortie du palais de l'Exposition." La Presse, 28/10/1873, p. 3 (Gallica)

 VIENNE - "Lettres de Vienne [...] Je n'ai pas songé à voua dire que la plupart des nations que je viens d'énumérer ont expédié des cargaisons de pianos.

C'est inouï, ce qu'il y à, dans lo,palais de l'Exposition de pianos de toutes les former, de toutes les dimensions, de toutes les essences de bois.

Les Américains semblent particulièrement fiers de cette branche d'industrie; entre nous, je vous avouerai quo je préfère les instruments d'Erard." L'Univers illustré, 06/09/1873, p. 567 (Gallica)

 VIENNE - "Croyez-vous que, de là part de certaines maisons que leur importance et leur réputation et les récompenses qu'elles ont obtenues, mettent hors concours, croyez-vous que pour elles ce n'est pas un véritable acte de patriotisme que de transporter leurs produits à quatre cents lieues de distance, que d'y envoyer des représentants, que de faire des frais considérables pour tenir dignement leur place dans ce congrès universel, où elles n'ont rien à gagner ?

Je n'en citerai qu'une seule pour exemple la maison Erard, que dirige si habilement aujourd'hui le neveu de Mme Erard, M. Schaeffer.

Tous les membres du jury international ont admiré, à Vienne, les splendidés instruments de Mme Erard, ses pianos inimitables, ses harpes, véritables merveilles d'art et d'élégance, puis ces messieurs ont passé.

Ils savaient qu'ils avaient affaire à un établissement vingt fois récompensé et pour la plupart d'entre eux, M. Pierre Schaeffer reste l'inconnu qu'il aurait cessé d'être depuis long-temps, si, au lieu de continuer l'œuvre du premier facteur d'instruments de notre, époque, il était tout simplement à la tête d'une maison de deuxième ou de troisième ordre." La Presse, 06/08/1873, p. 2 (Gallica)

 VIENNE - "Les trois facteurs de pianos français les plus célèbres, dont les produits sont universellement appréciés, ont mis leurs instruments exposés « hors concours » : ce sont les maisons ERARD, HERZ et PLEYEL.

La première de ces maisons, celle qui possède encore aujourd'hui le prestige de sa brillante gloire universelle, n'aurait guère augmenté sa renommée par une nouvelle distinction honorifique.

Cette maison se repose, du reste, tranquillement sur ses lauriers. les pianos à queue qu'elle expose ont toujours les mêmes qualités brillantes qu'on admirait déjà il y a 25 ans ; ils sont, en un mot, d'une beauté extraordinaire.

Il n'y a, à l'Exposition, que deux exemplaires de cet instrument royal, la harpe : ce sont deux harpes à pédales, que le premier maître du monde dans l'art de la construction des harpes, Érard, de Paris, a exposées.

Ces deux instruments se distinguent, autant par leur son plein, que par leur grande facilité d'expression.

Mais, jusqu'à présent, on n'avait pu se rendre compte des qualités extraordinaires de ces deux instruments, car, à côté des légions de pianistes qui ont fait irruption à l'Exposition, il n'était pas encore venu de harpiste à qui Érard aurait confié ces deux harpes ; les artistes sont rares pour ce noble instrument." L'Exposition universelle de Vienne : journal illustré, 1873, p. 553-554

1874

PARIS - "PIANOS. — « Quoique la maison Érard, dit-il, tienne à honneur de rester fidèle aux traditions qui ont fait son succès, notre plus ancienne maison française n'a pas hésité à entrer prudemment dans la voie des innovations ; et elle n'a pas à s'en repentir, puisque ce changement de construction n'a rien enlevé aux qualités caractéristiques et à la sonorité magistrale de ses instruments. 

S'il est toujours ridicule de voir un piano médiocre enveloppé dans un meuble dont la richesse jure avec la pauvreté de l'instrument, en revanche on ne peut reprocher à un grand facteur d'user des ressources de l'art décoratif pour mettre un excellent instrument en harmonie avec l'élégance d'un riche ameublement.

Aussi ne pouvons-nous donner que des éloges à l'ornementation des pianos de luxe que la maison Érard a exposés.

L'un d'eux, un piano droit, a déjà figuré à l'Exposition de 1867; il réunit à la pureté des formes le fini des détails; c'est une œuvre d'art d'une grande richesse et d'un goût exquis." Bulletin de l'Union centrale. Revue mensuelle des beaux-arts appliqués à l'industrie, 01/08/1874, p. 57 (Gallica)

1878

Pianoforte Exposition Paris 1878

PARIS - "La maison Érard, tout en adoptant le châssis et le barrage métalliques, tient à rester fidèle au système des cordes parallèles. Nous l’en félicitons.

Le jury a fort admiré ses pianos à queue, qui ont des qualités vraiment exceptionnelles : puissance et rondeur du son, ampleur des basses, homogénéité des registres, clavier docile et parfaitement réglé.

Dans un excellent piano de concert, d’une étendue de huit octaves, MM. Érard ont introduit une duplex scala. Le rapporteur ne pense pas que ce procédé, importé d’Allemagne, soit appelé à devenir d’un usage courant.

Il trouve que cette façon de prolonger la corde, afin d’en obtenir plus de résonance, donne un résultat bien faible pour la grave complication qu’elle apporte dans la construction de l’instrument.

Puis, l’effet de sonorité que procure la duplex scala, quand un piano est neuf et tout à fait bien accordé, ne risque-t-il point de disparaître dès que l’instrument aura perdu l’unisson parfait entre la longueur de corde utilisée pour l’attaque et la longueur de corde destinée à ne vibrer que par influence ? Selon nous, ce désaccord ne peut manquer de se manifester, et même assez promptement." Chouquet, Rapport sur les instruments de musiques à l'exposition universelle de 1878

 

Pianoforte Exposition Paris 1878

PARIS - "PIANOS ERARD - La noblesse industrielle des Erard est des plus belles et des plus vieilles.

Elle remonte sans interruption à 1760, à Sébastien Erard, esprit merveilleusement organisé, du petit nombre de ceux qui ont commencé et fini leur art, comme disait si bien M. Fétis.

Dès les premiers pas il signale son apparition par le clavecin mécanique, que Louis XVI paye royalement d'un brevet spécial, en affranchissant le talent des chicanes que lui suscitent les métiers et les corporations.

Il aborde en même-temps la rénovation de la harpe, longtemps ballottée entre les conseils divers de Krumpholtz et de Beaumarchais, l'un la science l'autre la célébrité du temps.

Puis il fait fabriquer les premiers grands pianos à queue en forme de clavecins et à échappement que l'on a vus en France.

En traversant les concours industriels jusqu'à la grande Exposition de 1867, c'est toujours le même nom proclamé par tous Jes jurys avec le rappel des médailles, et les décorations qui mettent la persévérance au niveau des gloires.

Tel est le pied sur lequel Sébastien Erard, et plus tard Pierre Erard, qu'ont suivi de près les Schaeffer, père et fils, ses parents, ont posé leur précieuse manufacture. Que ce soit là leur plus éloquent panégyrique !

Au Champ-de-Mars, la maison Erard a exposé:

deux grands pianos à queue de concert, l'un à-sept octaves et demi, l'autre à huit octaves, une véritable merveille

un grand piano à queue richement décoré.

Il est impossible de rien imaginer de plus délicat et de mieux fait que les paysages souriants et adorables qui ornent les éclisses de ce magnifique instrument.

La peinture est un chef-d'œuvre de grâce et de finesse. Les médaillons représentent des couples charmants, les plus jolies femmes et les plus aimables galants se livrant aux plaisirs de la danse et de la musique.

Ce sont partout des roses, des feuillages, des chansons le vent semble secouer des parfums, la fontaine répand son cristal sur la mousse, la colombe bat des ailes, la tourterelle- roucoule au voisinage. C'est, en un mot, l'œuvre tout entière de Watteau, entrevue dans un rêve charmant.

Quant à la sonorité, aux qualités de l'instrument, avons-nous besoin d'en parler? Quidant, ce prince des préludeurs, s'est chargé de les faire Valoir, c'est tout dire.

Je répéterai, à propos des, pianos d'Erard ce que Voltaire disait des pièces de Racine admirable, parfait.

La maison Erard a exposé encore un piano oblique petit modèle, style Louis XVI, orné de marqueteries et de bronzes ciselés et dorés, et trois harpes à double mouvement, à six octaves et demi, richement ornées de sculptures.

La maison Erard n'a pas oublié qu'elle doit une partie de sa réputation aux perfectionnements de ses harpes, et elle est restée fidèle au culte de cette fabrication, dans laquelle, pas plus que pour celle des pianos, elle n'a été ni surpassée ni même égalée." M. Escudièr. Le Figaro, 04/07/1878, p. 2 (Gallica)

Piano à queue, model réduit, avec mécanique à double échappement d'Erard, barre harmonique, nouveau système d'agrafes et sommiers métalliques, Longueur, 1m80. - Largeur, 1m40 - Catalogue de 1878

PARIS - "[...] Cette différence dans la charte (nous parlons des instruments de prix.) s'explique par la recherche perpétuelle de l'accroissement du son.

Pour l'obtenir, ou augmenta le nombre des cordes par chaque note; d'abord deux. puis trois ; -puis on les fit plus grosses et il fallut encore les tendre de plus en plus.

Il fallut un mécanisme plus puissant pour les mettre en vibration et enfin des assemblages capables de soutenir la somme de tous ces efforts qui feraient éclater en morceaux le petit piano de Cristofori qui est à l'exposition rétrospective.

Un grand piano à queue d'Erard supporte aujourd'hui un tirage de 44,625 kilogrammes, produit par la tension des 247 cordes qui font entendre les 85 sons d'une gamme chromatique de 7 octaves. Les instruments des autres facteurs doivent peu s'éloigner de ces chiffres.

Les pianos construits dans ces conditions ont une sonorité énorme et magnifique qu'il est certainement inutile de dépasser. On peut même ajouter que dans les morceaux de musique où les pianos concertent avec les instruments à archets, comme dans la musique de chambre, la puissance qu'ils ont acquise n' est plus en équilibre avec ceux-ci.

Leur timbre même, en se purifiant de plus en plus, s'est un peu isolé, et la fusion des sons n'a plus la même harmonie. Pour supporter cette tension, il faut nécessairement des assemblages très-puissants, et c'est ainsi qu'on a été amené peu à peu à l'usage du fer dahs le barrage des pianos.

Si on ajoute à cela la parfaite dbcilité du mécanisme, les recherches sur la place où le marteau doit frapper la corde et beaucoup d'autres détails, on reste convaincu qu'on a tiré tout le parti possible de l'invention de Cristofori.

Quand une chose ne peut plus progresser, elle cherche à se transformer. Le piano nous semble s'engager dans cette voie. Ce qui peut confirmer cette manière de voir, c'est que cette année, à l'Exposition universelle, on remarque un assez grand nombre d'essais tendant à modifier le caractère et l'usage du piano.

On paraît s'être arrêté depuis quelque temps dans la recherche de la quantité du son et les efforts tendent plutôt à faire du piano un instrument à sons aussi prolongés que possible et réunissant à ses qualités spéciales celles des instruments à sons tenus comme l'orgue.

On peut observer dans les pianos modernes plusieurs mécanismes qui. sans altérer le son de l'instrument, lui donnent une résonnance plus étendue." Journal officiel de la République française, 30/10/1878, p. 1005 (Gallica)

Pied d'un piano à queue d'Erard,
Louis style XIV - Catalogue de 1878

1880

Photo de l'exposition à Melbourne Australie en 1880, section pianos français

SYDNEY - "Any notice of French, pianos must of necessity commence with a reference to the maker of the first pianoforte constructed in France.

This was Sebastien Erard, a native of Strasburg, who, at 16, on the death of his father, went to Paris and worked with a harpsichord maker.

Nine years afterwards ho had attracted the notice of the Duchess of Villeroi, who allotted him a workshop on her own chateau, whore, in 1777, he made the instrument to which reference has been made.

Fetis says this was a square with two unisons and, five octaves, similar to the English and German imported pianos.

Soon afterwards Sebastien, with his brother, Jean Baptiste, having established themselves in business, were so successful that the Parisian instrument makers, members of, the Fanmakers' Guild, seized Erards' workshop ; the brothers wore saved by the intervention of Louis XVI, who, in 1875, granted Sebastian a brevet, permitting him to make "forte-pianos" independent of the Guild, but compelling him to employ workmen approved by the Guild.

Driven from Paris by the Revolution Sebastien went to London, and in 1794 he took; out an English patent for improvements in harps and pianofortes.

In 1796, on his return to Paris, he made1 his first grand piano, using the English action whick Fetis asserts he continued until 1808.

In 1809 he patented a repetition grand piano action. In that patent one feature was the inverted or upward bearing at the wrist plank bridge, since universally adopted.

In 1821, Pierre Erard, the nephew and partner, introduced Sebastien's perfected repetition action, and patented it in London. Sebastien died in 1831.

In 1835 this patent was extended for seven years on the plea of its great value, and of the losses sustained in working it. Dr. Oscar Paul, in his Geschichte des Claviers, claims for Pierre Erard the invention of the harmonic bar.

Pierre Erard died in 1855, at the age of 59. His widow, Mdme. Erard, succeeded him, and has maintained the reputation of the house.

The fame of Erard's house is due as much to improvements in the harp as in the pianoforte, those in the former instrument being of equal importance with those of the famous Cremona makers for perfecting the violin.

Of Erard's pianos, two are exhibited, one a full concert grand cased in ebony, ornamented with an engraved scroll in the wood, relieved, by small gilt interleavings.

The compass of this instrument 7 1/4 octaves ; the metal frame ia not cast, but formed of bars connected by bolts. In this Erard's old double-repeating action is used, the agraffes of metal have a bar of metal resting upon them which greatly increases the reverberation; the hammer-butts are of brass instead of wood, lined with peculiar ailkon [?] cord. Patent used by Erard only.

The butt bas a regulating screw, also a patent ; the hammers have two leather and three felt coverings, and the arrangement of the underlying dampers, which is peculiar to Erard, gives great crispness to the touch, and increases the resonance.

There is very great length of string in the bass, the touch is light, the tone brilliant, and the workmanship, whether in detail or as a whole, is excellent throughout.

The other exhibit is a cottage of marvellous beauty in the case or frame, which consists in the most varied and elaborate inlaying of woods which the most ingenious artist could design, it is really a series of pictures set in elegant gilt moulding, and only suitable for the boudoir of a lady which was furnished with rarest specimens of choice artistic marqueterie.

The tone is good, but the merits of the jewel are lost in the superlative gorgeousness of the setting." Pianofortes in the exhibition, The Sydney Morning Herald, 12/01/1880, p. 5-6

1885

ANVERS - "189 — Erard et Cie, 13, rue du Mail, Paris, et 4, rue Latérale, Bruxelles. Facteurs de pianos et de harpes. Maison fondée en 1779.

Piano à queue de concert, extra grand modèle, 7 octaves ½, en palissandre.

Piano à queue de concert, grand modèle, 7 octaves 1/4, style Louis XVI, orné de bronzes. Piano à queue, 7 octaves, en bois noir.

Piano demi-queue, 7 octaves, style Louis XVI, en palissandre sculpté.

Piano à cordes obliques grand modèle, 7 octaves 1/4, en palissandre. [voir image catalogue 1884]

Piano à cordes obliques moyen modèle, 7 octaves, style Louis XVI, en acajou orné de bronzes.

Piano à cordes obliques moyen modèle, 7 octaves, style Henri II en bois noir.

Pianos à cordes demi-obliques, 7 octaves, en palissandre. [voir image catalogue 1884]

Harpe de concert grand modèle, style Louis XVI.

Harpe de concert grand modèle, style grec.

Harpe de concert grand modèle, style gothique.

Seule grande médaille d'honneur. Exposition de Londres, 1851 ; hors concours, 1867, Médailles d'or aux Expositions universelles de 1819, 1823, 1827, 1834, 1839, 1844, 1855, et 1878." Exposition d'Anvers 1885, p. 19

ANVERS - "Erard a une magnifique collection de pianos on raconte que le vieux Listz, voûté, courbé, se promenant dans l'Exposition, fut tenté par les merveilleux instruments du grand fabricant français; quittant sa lévite, il ouvrit un piano et se mit à jouer, rassemblant autour de lui un cercle de dilettantes." La Nouvelle revue, 09/1885, art. 'Anvers et son exposition internationale, p. 163 (Gallica)

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