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HERZ Henri

(Vienne, 6 janvier 1803 - Paris, 5 janvier 1888)
à Paris (°1825)

1840

"M. Herz n'en est pas seulement on excellent maître, mais aussi un facteur habile. Frappé, comme tous les exécutants, des défauts qui existaient dans la fabrication des anciens pianos, il avait résolu d'y mettre un terme et s'était associé pour cela avec un facteur intelligent, M. Klepfer. Ensemble, ils firent de nombreux essais, et, à l'exposition de l'industrie française de 1839, la fabrique de M. Herz se fit remarquer par ses pianos à queues, plus chantants, plus pleins que les autres.

Il perfectionna aussi le clavier en adoptant le système anglais, afin de rendre les attaques plus promptes et plus sures. Il ne s'en tint pas là, et donna de l'extension au clavier ordinaire en lui faisant comporter sept octaves complètes." Encyclopédie des gens du monde: répertoire universel des sciences ..., Volume 13, 1840, p. 780

1858

HENRI HERZ
MEMBRE DU CONSERVATOIRE IMPÉRIAL DE MUSIQUE.

"Les artistes de la valeur de M. Henri Herz sont des espèces de météores qui apparaissent de loin en loin dans le ciel de l'Art, afin d'y répandre leur lumière divine et civilisatrice tout à la fois.

A peine adolescent, ce grand artiste, qui possède au même degré le génie de l'art et celui des affaires, comprit que la fabrication du piano avait besoin d'une direction plus artistique, et, abandonnant à l'empirisme des procédés usés, il se mit résolument à l'œuvre.

Mais, aussi circonspect en affaires qu'impétueux devant le clavier, l'artiste, que son amour pour le progrès allait transformer en l'un de nos plus habiles facteurs, marcha avec prudence de perfectionnements en perfectionnements ; aussi, remporta-t-il deux fois la médaille d'or, à l'Exposition de 1844 (rapport du célèbre Savart), et, enfin, la grande médaille dhonneur à l'Exposition universelle de 1855 ; Fétis, rapporteur ).

Mais n'anticipons pas; voyons l'ordre chronologique des faits.

Né à Vienne (Autriche), en 1807, d'un riche négociant de cette ville, M. Henri Herz dut à la bonne et intelligente direction que son père donna à ses études, d'être déjà cité avec éloge à l'âge où tant d'enfants riches sont encore confiés aux soins des femmes.

A huit ans, M. Henri Herz, qui avait reçu les premières leçons de Hünten, habile organiste de Coblentz, se fit entendre avec succès dans cette jolie ville rhénane.

Contrairement à la plupart des enfants prodiges, le jeune artiste, grâce à l'exquis bon sens de son père, continua ses études avec beaucoup de soin; et Beethoven, qui l'entendit à cette époque, prédit ce qu'il serait un jour.

M. Herz père, qui venait de doter l'Allemagne de la création des sociétés d'assurances mutuelles contre l'incendie, et qui, avec le bronze des canons devenus muets en Europe, après 1815, avait fait circuler un nombreux numéraire dans l'Autriche épuisée, désirait que son fils Henri fût admis au Conservatoire de Paris, à cette première école du monde dont il est de bon goût de médire lorsqu'on n'a pas l'honneur d'y avoir étudié; ou, ce qui est encore plus envié, d'y asseoir une réputation de grand professeur.

M. Herz désirait donc cette faveur qu'il obtint pour son fils, malgré sa qualité d'étranger.

Ce fut dans la classe de piano du célèbre Pradher que H. Herz fut admis en 1818, et, au bout d'une année d'études, il remporta, quoique très souffrant d'une cruelle maladie, le premier prix à l'unanimité ! Un jour lui avait suffi pour étudier le concerto mis au concours.

En 1825, M. Henri Herz se fit entendre dans un concert public à Paris, et justifia la brillante réputation que son récent succès au concours du Conservatoire lui avait si bien commencée.

Ce fut également à cette époque qu'il fonda, dans la capitale, une manufacture de pianos. L'étude de l'harmonie, du contrepoint, de la fugue et de la composition idéale, qu'il fit sous la direction de M. Dourlen et du fameux Reicha, l'initia aux secrets de l'art d'écrire.

Ses débuts, comme compositeur, furent des coups de maître. Il faudrait écrire un volume si l'on voulait analyser les innombrables productions de sa féconde imagination.

Ses brillantes fantaisies — genre dont il est le créateur — de la Violette et de Ma Fanchette est charmante, ont fait le tour du monde musical ; et sa méthode de piano est le seul ouvrage de ce genre qui ait balancé, en le complétant, celui de Louis Adam, le patriarche de l'école du piano en France.

Tout se réunissait pour faire de M. Henri Herz le pianiste à la mode : ses manières aristocratiques, son jeu brillant, chaleureux, la forme si neuve et si mélodique de ses compositions, empreintes de toutes les splendeurs d'une science qui se cache sous les fleurs de l'inspiration. Ce premier rang conquis par notre grand artiste, il a su s'y maintenir depuis plus de trente ans !

Après avoir parcouru en triomphateur les principales villes de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique, M. Henri Herz revint à Paris ; et, en 1839, il fit construire, rue de la Victoire, la belle salle de concert qui porte son nom. Cette salle est le splendide sanctuaire que l'éminent artiste a élevé en l'honneur du piano. Elle abrite l'une des plus grandes manufactures que possède la capitale.

Après la tourmente de 1848, M. Herz s'exila encore une fois volontairement, et alla demander au Nouveau-Monde des applaudissements que la vieille Europe, trop distraite par l'émeute, ne pouvait plus accorder à sa muse.

L'honorable et habile professeur M. Marmontel, fut chargé de l'intérim de sa classe de piano, au Conservatoire de musique. De retour à Paris en 1851, M. Henri Herz donna une nouvelle impulsion à sa manufacture de pianos, puis, il entreprit de nouveaux voyages dans le midi de la France, en Espagne, en Hollande et en Belgique.

Quelque temps après, le Roi des Belges, S. M. Léopold Ier, ayant entendu M. H. Herz à Bruxelles, se rappela que le grand artiste avait été le professeur de son épouse bien-aimée, la Reine Louise, et il lui conféra le titre de chevalier de son ordre royal.

M. Henri Herz se propose de visiter de nouveau la Russie, où il a laissé de glorieux souvenirs.

Si, dans la force de l'âge et du talent, il travaille comme s'il avait encore à faire sa réputation, c'est que les véritables artistes savent qu'il faut toujours marcher en avant pour n'être pas dépassé.

Dans le concert annuel qu'il a donné cet hiver, M. Henri Herz a prouvé, en faisant entendre son magistral 6e concerto, dont le finale est enrichi d'un chœur vocal très pittoresque, qu'il était toujours le Herz de 1825, le grand pianiste-compositeur et facteur, qui, en 1855, avait obtenu la grande médaille d'honneur avec l'instrument même qui vibrait sous ses étreintes passionnées !

C'est à l'initiative de M. H. Herz, que les contrefaçons étrangères indignaient, que les compositeurs et les éditeurs de la France doivent la publication et la mise en vente simultanées, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en Italie, d'une œuvre publiée originairement en France.

C'est aussi à son génie inventif que les pianistes doivent le dactylion, petit instrument d'une très grande utilité pour le déliement et la fortification des doigts.

Plusieurs morceaux des œuvres du grand artiste ont été composés en société des célèbres violonistes Lafont et de Bériot, mais la plupart sont originaux.

10 Œuvres didactiques et pratiques ;
20 Œuvres originales ;
30 Arrangements, fantaisies, variations, caprices, etc., sur des thèmes de grands maîtres ou d'opéras à la mode.

On doit diviser en trois parties les nombreuses productions de M. Henri Herz.

M. Henri Herz -, qui, depuis 1832, - est membre de l'ordre impérial de la Légion-d'Honneur, pourraient présenter un catalogue musical aussi complet que le sien.

Plein de bienveillance pour tous ceux qui ont le bonheur de l'approcher, M. Henri Herz n'a jamais refusé ni ses conseils, ni sa bourse aux artistes qui se montraient dignes d'intérêt par leurs dispositions ou leur talent déjà formé.

Que de fois il a offert l'hospitalité de sa belle salle de concert à des œuvres qui, sans cet abri tutélaire, seraient encore inconnues !

Ecrivain ingénieux, M. Henri Herz a publié, dans la France musicale, sous forme de lettres, une relation de ses voyages d'outre-mer ; ces lettres sont un modèle d'éloquence et d'atticisme.

Pianiste, il a fait école; compositeur, il a créé un genre et un style nouveau pour le piano ; professeur, il a, depuis plus de vingt ans, doté la haute société et le monde artiste d'une foule d'amateurs et de professeurs distingués ; facteur de pianos, il s'est placé à côté des Erard et des Pleyel ; enfin, par la grande médaille d'honneur si loyalement méritée, - ainsi que nous l'avons dit précédemment, M. Henri Herz a mis le comble à la réputation de la manufacture qu'il a fondée à Paris, en 1825.

Au moment où nous écrivons ces lignes, il envoie ses splendides produits dans les cinq parties du monde, où ils ont été précédés par les œuvres musicales de M. Henri Herz, ces brillants et mélodieux éclaireurs. - A. ELWART, Professeur au Conservatoire impérial de Musique." Archives biographiques et nécrologiques, 1858, p. 33-40 (Gallica)

"HERZ (Henri), pianiste allemand, facteur à Paris, né à Vienne vers 1803, de parents Israélites, commença, sous la direction de son père, l'étude du piano. Doué de ces dispositions précoces si communes chez les musiciens, il exécutait, à huit ans, en public, les variations de Humniel.

Pour corriger la faiblesse relative de sa main gauche, ilétudiale violon. En 1816, il entra au Conservatoire de Paris, et après une année d'études sous Pradher, il obtint le premier prix de piano.

Il eut pour professeurs Dourlen et Reicha, et écrivit dès 1818 son Air tyrolien varié et son Rondo alla cosacca, qui eurent du succès.

L'arrivée de Moschelès a Paris eut sur lui une grande influence. Il dut à ce maître plus d'élégance, de légèreté et d'éclat. Pendant douze ans ses compositions pour le piano, chèrement payées par les éditeurs, eurent une vogue immense. Ses fantaisies sur Otello, Guillaume Tell, la Norma, le Pré-aux-Clercs, Euryante, etc., etc., ont été gravées dans toute l'Europe.

En 1831, M. Herz parcourut l'Allemagne avec le violoniste Lafont; en 1834, il alla en Angleterre, et l'accueil qu'il y reçut l'engagea à y retourner dans la suite chaque année.

Il a fait aussi un voyage en Amérique, où il a rencontré la même laveur. Plus récemment, il s'est fait applaudir en Espagne. M. Herz est professeur au Conservatoire. Comme pianiste, il si; fait remarquer par un jeu habile et délitât : comme compositeur, il a plus de mélodie et de fraîcheur que d'originalité.

Lorsqu'au milieu de ses succès d'artiste M. Herz voulut devenir facteur de pianos, il eut de grands efforts à faire pour y parvenir, et apporta une extrême ardeur à son tardif apprentissage.

Il fonda d'abord avec Klepfer la fabrique de pianos à sept octaves, dont il prit seul ensuite la direction. Il a ouvert à Paris une grande salle de concerts qui porte son nom." Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les ..., 1858, p. 874

1862

"HERZ (Henri), né à Vienne, en Autriche, le 6 janvier 1806 (suivant les renseignements qui m'ont été fournis par cet artiste, ou en 1803, d'après les registres du Conservatoire de Paris), commença ses études musicales à Coblence, sous la direction de son père, et à l'aide de quelques livres élémentaires. Ses progrès furent si rapides, qu'à l'âge de huit ans il put exécuter dans un concert public les variations de Hummel (op. 8), et se faire applaudir.

A cette époque, sa main gauche, plus faible que la droite, semblait devoir opposer des obstacles au développement complet de son talent; son père, homme de sens, bien que médiocre musicien, imagina de corriger ce défaut par l'étude du violon, et son expédient eut un plein succès.

L'organiste Hunten, qui était à 1a fois et son maître de piano et son professeur de composition, l'exerça de bonne heure à écrire ses idées, et le jeune Henri Herz avait à peine huit ans et demi lorsqu'il composa sa première sonatine pour le piano : il n'avait pas alors reçu plus de trois mois les leçons de Hunten.

Le père de Herz, prévoyant dès lors l'avenir de son fils, ne songea plus qu'à le placer dans les conditions les plus favorables au développement de ses heureuses dispositions.

Il le conduisit à Paris, et obtint son admission au Conservatoire de cette ville, le 19 avril 1816. Pradher y devint son maître, et dès les premiers jours il s'attacha à son élève, dont il aperçut toute la portée. Déjà, il le considérait comme l'espoir du premier concours de piano, lorsque la petite vérole vint, au moment décisif, interrompre les études du jeune virtuose.

Cependant quatre jours avant le concours le malade quitte son lit pour aller au piano, et après une préparation si courte, il obtient le premier prix dans l'exécution du 12e concerto de Dussek et d'une étude de démenti. A dater de ce moment son talent prit de l'essor, sa réputation se forma et son nom devint bientôt populaire.

Pendant le cours de ses études de piano, il apprit la théorie de l'harmonie sous la direction de Donrlen, et plus tard il devint l'élève de Reiclia pour la composition.

Ses deux premières productions furent l'Air tyrolien varié, op. 1, qui eut deux éditions, et le Rondo alla Cosacca; elles plurent en 1818; le public les accueillit avec faveur, malgré la grande jeunesse de l'auteur.

L'arrivée de Moscheles à Paris, et les concerts qu'il y donna, exercèrent beaucoup d'influence sur le talent de Herz, qui s'attacha a la manière de ce maître et changea la sienne. Son jeu acquit dès ce moment plus d'élégance, plus de légèreté et de brillant. Les plus grands succès du jeune artiste datent de cette époque.

Il est assez remarquable que tandia que Herx s'appropriait la manière de Moscheles, celui-ci changeait la sienne ; car peu de temps après son arrivée à Londres, c'est-à-dire dans la même année où il s'était fait entendre à Paris, son jeu prit un caractère plus large, un style plus élevé.

Le succès des œuvres de Herz pour le piano a surpassé celui de toute la musique du même genre pendant douze ans environ, et ce succès fut tel, que les éditeurs payèrent ses manuscrits trois ou quatre fois plus cher que ceux des meilleurs compositeurs pour le piano.

On en fit de nombreuses réimpressions en Belgique, en Allemagne, en Angleterre et même en Italie. Le nombre des œuvres de cet artiste célèbre s'élève en ce moment (1861) à deux cents.

En 1831, Herz et le célèbre violoniste Lafan firent un voyage en Allemagne, y donnèrent plusieurs concerts et y tirent admirer leur lubileU et le fini de leur ensemble dans de brillante duos pour piano et violon. En 1838 et 1839 ils visitèrent ensemble la Hollande et la France méndionale, mais leur dernier voyage se termina t d'une manière funeste, Lafont ayant été tué dans la chute d'une voiture publique.

En 1834 Herz visita l'Angleterre, et y obtint un succès d'enthousiasme. A Dublin il donna onze concerts, où le public se pressait en foule; à Édimbourg il ne fut pas moins bien accueilli.

Entré dans une association pour la fabrication de pianos avec Klepfer, ancien facteur de Lyon établi depuis quelque temps à Paris, Henri Herz y perdit de l'argent, parce que les instruments de ce facteur n'eurent pas de succès.

Il rompit bientôt cette association, et fonda lui même une manufacture de pianos, établie dans un hôtel qu'il avait fait construire et dans lequel il y avait une salle de concert, qui est encore la plus jolie et la plus recherchée par les artistes.

Occupé de son art, et forcé de confier ses intérêts à des mains étrangères, il vit dissiper la plus grande partie de ses économies. Voulant réparer le désordre qu'on avait mis dans ses affaires, Herz prit la résolution de se rendre en Amérique, où déjà sa musique lui avait fait une grande célébrité : il partit dans l'été de 1845.

Trois fois il parcourut les États-Unis dans tous les sens, et le nombre de concerts qu'il donna à New-York, Boston, Philadelphie, Baltimore, Chailestown, la Nouvelle-Orléans, la Jamaïque, dépassa quatre cents. Ensuite il se rendit à la Havane, à la Vera-Cruz et enfin à Mexico, où il donna aussi beaucoup de concerts.

A la demande au général Herrera, alors président de la république mexicaine, il composa un hymne dont la poésie avait été mise au concours et qui depuis lors est devenu le chant national. Après avoir parcouru le Mexique, traversé les Cordillères à dos de mulet et visité le Pérou et le Chili dans toute leur étendue, il s'embarqua à San-Blas pour la Californie, qui depuis une année environ avait été envahie par la multitude des chercheurs d'or.

Il y arriva en 1849, et y trouva une population peu occupée des beautés de la musique : néanmoins ses concerts eurent de nombreux auditeurs. Le premier qu'il y donna fut marqué par des circonstances singulières et presque grotesques.

Au moment de se faire entendre, Herz s'aperçut que l'instrument indispensable, le piano, n'était pas dans la salle. Personne n'y avait songé, et il n'y en avait pas un seul dans la ville naissante de Sacramento. Que faire ?

— Chantez-nous une romance française !

s'écrièrent plusieurs personnes: et Herz les satisfit... sans accompagnement. Pendant ce temps, quelques auditeurs s'étaient décidés à aller chercher, a un ou deux milles de là, une espèce de clavecin qu'ils apportèrent sur leurs épaules. Une seule octave de l'instrument avait des cordes passablement accordées : ce fut sur cette octave que l'artiste dut s'escrimer.

Tout le monde, y compris le pianiste, avait allumé des cigares, et la soirée se termina à la satisfaction générale, avec la demande d'un second concert, pour lequel Herz lit venir un piano de San-Francisco. De cette ville il retourna à Valparaiso et à Lima, où il donna une nouvelle série de concerts, et enfin, après une absence de plus de cinq années, il arriva à Paris, au commencement de 1851.

La fabrique de pianos de M. Herz n'avait pas prospéré pendant sa longue absence : à peine de retour chez lui, il y donna tous ses soins, et par des recherches persévérantes, par des essais multipliés, il parvint, à l'aide d'un très-bon chef d'atelier, à la réalisation de ses vues pour la construction des instruments les plus parfaits possibles, au point de vue de la qualité des sons.

A l'Exposition universelle des produits de l'industrie, en 1855, les grands pianos sortis de sa fabrique ont produit une vive impression sur le jury, qui leur a décerné la plus haute récompense.

La manufacture de pianos de M. Herz est aujourd'hui une des trois premières de la France. Toutefois ses succès dans la lai turc des instruments ne lui onl pas fait négliger l'art auquel il est redevable de sa renommée populaire.

Dans les dernières années, il a fait plusieurs excursions en Espagne; il a visité la Belgique, la Hollande, les provinces Rhénanes, la Russie, la Pologne, et dans ses concerts à Madrid, à Bruxelles, à Pétersbourg, à Moscou, à Varsovie, il a retrouvé les succès de sa jeunesse.

Parmi les compositions de M. Herz pour le piano, on compte :

1° Six Concertos avec orchestre, œuvres 34 (en la majeur), 74 (en ut mineur), 87 (en ré mineur), 131 (en mi majeur), 180 (en fa mineur ), 192 (en la mineur); Quatorze Rondos, avec ou sans orchestre, œuvres 2, 11, 14, 27, 33, 37, 44, 61, 69, 73, 103 ; Études, œuvres 119, en 2 livres, 151, 152, 153, 179 ; Grande Sonate de bravoure, op. 200; Grand Trio pour piano, violon et violoncelle, op. 54 ; Duos pour 2 pianos, op. 72 et 104; une multitude de Fantaisies et de Variations sur des thèmes d'opéras; Duos pour piano et violon, en collaboration avec Lafont, sur des thèmes d'opéras, op. 73, 75, 96, 110; Caprices, Nocturnes, Divertissements, Morceaux de salon, Marches, Valses, Contredanses variées, Galops, Mazurkas; Thèmes originaux variés : Méthode complète de piano, 2me édition, œuvre 100." Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de ..., Volume 3, François Joseph Fétis, 1862, p. 316-317

1888

HENRI HERZ
(D'après une photographie de M. Van Bosch), Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 22/01/1888, p. 9 (Gallica)

- HENRI HERZ -

"TOUS nos lecteurs, sans exception, se rappellent l'impression causée récemment par la mort d'un de nos virtuoses les plus populaires et les plus justement admirés, et tous ceux qui portent un intérêt quelconque aux questions musicales ont applaudi aux paroles émues prononcées par Oscar Commettant sur la tombe de notre regretté Henri Herz.

Nous avions, en effet, pour nous associer aux regrets inspirés par la perte de ce grand talent, de nombreuses raisons, qui nous sont fournies par les multiples aptitudes du défunt, et aussi par les très remarquables qualités de l'homme, qui fut un des artistes les plus sociables et les plus honnêtes que Paris ait connus.

Le moins contesté peut-être de tous nos artistes, il n'a connu, comme artiste, que des admirateurs. Comme homme, il n'a compté que des amis sympathiques, parmi les personnes qui ont eu l'heureuse chance d'avoir avec lui des relations suivies.

Henri Herz, que nous venons de classer au nombre de nos virtuoses, très légitimement du reste, puisqu'il a obtenu d'emblée, en 1865, ses lettres de grande naturalisation, ne nous appartient point par ses origines, car il est né à Vienne, en Autriehe, en 1802.

Cette date, qui nous a été fournie par sa digne veuve, devra être résolument substituée aux dates variées (1803, 1804 et même 1806) qui sont fournies par les dictionnaires biographiques.

Il fit ses premières études musicales sous la direction de son père, qui n'était pas, au dire de Fétis, un musicien des plus remarquables, mais qui trouva d'ingénieux moyens pour corriger la main gauche de son élève d'une faiblesse dont la nature l'avait affligée.

Henri Herz s'est-il souvenu du service que lui avait rendu son père, quand il a inventé ce dactylon si utile aujourd'hui aux jeunes pianistes, en favorisant puissamment la liberté et l'agilité de leurs doigts ?

Quoi qu'il en soit, les efforts tentés par son père pour développer un talent qui s'était montré si miraculeusement précoce ne demeurèrent pas longtemps stériles, car dès l'âge de huit ans, l'enfant était en état de se montrer dans les concerts donnés au public et s'y faisait applaudir.

A la même époque, il recevait de l'organiste Hunten des leçons de piano et de composition, et quelques mois plus tard, il composait sa première œuvre musicale, une sonatine pour piano.

Depuis cette époque si lointaine jusqu'à sa mort, il n'a plus quitté, pour ainsi dire, la plume du compositeur.

Ses œuvres, en partie éditées par lui-même, dépassent en nombre, à cette heure, le chiffre de 250. Elles sont partout devenues classiques et sont admirées du monde entier.

Elles comprennent des duos, des caprices, des variations, des valses, parmi lesquelles nous rappellerons la Vaporeuse, dernier morceau qu'il art écrit, trois magnifiques concertos, une sonate dédiée à son ami Aubee, des études complètes comprenant six à sept degrés pour l'enseignement du Conservatoire, où sont ingénieusement résolues toutes les difficultés de doigté, de mécanisme et de style que doit vaincre tout élève pour s'élever au rang des artistes, une grande et une petite méthodes pour piano, qui resteront classiques et qui, par la solution approfondie de toutes les difficultés que présente l'instrument et par leur, parfaite clarté, deviendront la base de toute bonne éducation musicale, etc., etc.

Mais ceci nous éloigne étrangement de l'ordre chronologique et nous avons hâte d'y rentrer.

Vers l'âge de dix ans, le père de Henri Herz, ne trouvant plus autour de lui l'aliment nécessaire pour un talent si prodigieusement avide de nouveaux moyens, résolut de l'amener à Paris, et réussit, le 19 avril 1816, à le faire admettre dans la classe de Praclher, au Conservatoire.

A la fin de la même année, malgré une maladie grave dont il se relevait à peine au moment des concours, le jeune artiste remportait le premier prix.

Il devenait, aussitôt après, élève de Dourlen pour l'harmonie, de Pveicha pour la composition et, dès 1818, commençait à se faire connaître du public parisien par un Air tyrolien et un Rondo alla cosaca qui sont restés classés parmi ses œuvres et qui obtinrent alors un très grand succès.

L'arrivée d'un artiste très original, Moscheles, dont les amateurs parisiens assez âgés pour se souvenir de cette époque lointaine célèbrent encore aujourd'hui le très grand talent, causa, dans l'esprit d'Henri Herz, une impression des plus vives.

Sans rien perdre de son originalité de virtuose, il puisa, dans les concerts de l'illustre pianiste, de nouvelles inspirations qui modifièrent profondément son jeu et qui contribuèrent grandement à étendre la réputation qu'il avait déjà conquise dans la société parisienne, réputation, du reste, que le compositeur partageait, dès lors, avec l'exécutant.

En 1825, il créa une importante manufacture de pianos, avec l'idée bien arrêtée de réaliser de grands progrès dans la construction de son instrument favori.

Mais il vint un jour où la notoriété conquise par le jeune artiste lui interdit de limiter plus longtemps les auditions de sa musique aux amateurs parisiens.

Il fit avec le violoniste Lafont, en 1831, une première excursion en Allemagne et une autre en Hollande en 1838 et 1839, visita, dans l'intervalle, les diverses parties de la Grande-Bretagne, et fut partout accueilli avec un véritable enthousiasme.

En 1839, il fit construire, rue de la Victoire, cette magnifique salle de concerts qui devint bientôt le rendez-vous obligé de tous les artistes.

Il fut nommé, l'année suivante, professeur de piano au Conservatoire de Paris, où il forma d'excellents élèves jusqu'en 1874, époque où il crut devoir donner sa démission, pour se consacrer tout entier à la direction de sa manufacture.

En 1845, il entreprit une immense expédition musicale en Amérique.

Nous ne referons pas ici le récit qu'il a donné lui-même, en 1866, dans les voyages en Amérique, de ses excursions à travers toutes les villes des Etats-Unis, à Mexico, à la Vera-Cruz ; nous sommes même contraint, pour ne pas allonger au delà de toute mesure cette notice biographique, de passer sous silence les aventures liuinouristiques du pianiste à travers un pays comme la Californie, qui ne possédait pas alors un piano, et de nous taire sur la promptitude de l'artiste à forcer l'enthousiasme, en promenant ses doigts sur un vieux clavecin où les ravages du temps ne lui laissaient que l'usage d'une gamme unique.

Nous ne dirons rien non plus de son retour en Europe promptement suivi de nouveaux voyages en Espagne, en Belgique, en Russie, etc., etc., qui furent une suite ininterrompue d'ovations.

Rappelons seulement que sa manufacture de Paris, classée aujourd'hui parmi les trois premières de la France, obtenait, dans toutes les grandes expositions, des récompenses de premier ordre, prenait des développements incessants qui nécessitaient la création d'une importante succursale à Bruxelles, conquérait, enfin une réputation littéralement universelle, par l'élégance, la solidité, lé parfait mécanisme de ses instruments.

On sait que les claviers de ces instruments n'ont, de l'aveu unanime des amateurs, ni cette dureté qui donne tant de sécheresse à certains pianos, ni cette mollesse exagérée qui supprime toute spontanéité, toute variété, toute nuance dans le jeu de l'artiste.

Définitivement installé à Paris, arrivé à la fortune et à la gloire, honoré de la croix d'officier de la Légion d'honneur, Henri Herz ne paraît jamais avoir connu cette sorte d'inertie que produisent, dans les esprits vulgaires, les succès définitifs et les progrès de l'âge.

En vieillissant, il s'attachait avec une ardeur toujours nouvelle au progrès de l'industrie du piano et y réalisait sans cesse de nouvelles améliorations ; il ne se lassait pas, en même temps, de produire de nouvelles compositions musicales, fraîches comme les inspirations d'un artiste de vingt-cinq ans ; il continuait à toucher ses propres instruments, avec cette pureté, cette élégance d'interprétation, ce bon goût qui fuit les mouvements excentriques, trop à la mode de nos jours et qui transforment le pianiste en acrobate et compromettent à la fois les cordes du piano et le tympan des auditeurs.

C'est au milieu de ces occupations multiples, toutes inspirées par un amour éclairé de son art, que la mort est venue nous le ravir, à l'âge de quatre-vingt-six ans.

Regrettons la perte d'un homme si parfaitement aimable, et qui réunissait, dans sa seule personnalité, l'habileté du constructeur, le talent du musicien, le génie du compositeur, la grâce et la correction des bons écrivains et tout l'attrait sympathique de l'homme de bien.

Regrettons sa perte, qui est pour l'art une perte sérieuse, mais n'éprouvons aucune crainte pour l'avenir de la maison qu'il avait fondée sur des bases étonnamment solides.

Mme Herz, née Seignette, appartenant à une ancienne et honorable famille de la Rochelle, a compris l'œuvre de son époux, l'a admirée, l'a étudiée dans tous ses détails, et l'on peut se tenir pour assuré qu'avec l'aide des habiles collaborateurs que son mari avait formés et dont elle reste pieusement entourée, elle est en mesure de continuer cette œuvre avec un plein succès, que, sous son intelligente et active direction, la maison Herz restera digne de l'homme éminent qui l'a fondée. - PILLOT." Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 22/01/1888, p. 9-10 (Gallica)

NÉCROLOGIE

"HENRI HERZ - Nous avons le vif regret d'enregistrer la mort d'un, artiste remarquable, qui a occupé chez nous, pendant près d'un demi-siècle, une situation importante et presque exceptionnelle.

Henri Herz, le pianiste distingué, le virtuose élégant, le compositeur fécond qui fut, à partir de 1830, le lion des concerts parisiens, est mort jeudi dernier, à l'âge de 84 ans, laissant, un excellent souvenir à tous ceux qui ont pu le connaître et l'approcher. Herz était né à Vienne en 1803. Élève de son père et de Hunten dans sa patrie, de Pradher au Conservatoire de Paris, sa carrière, on le sait, fut brillante et constamment heureuse.

Nous n'entreprendrons pas de la retracer ici, de rappeler ses voyages, ses triomphes, les ovations dont il fut partout l'objet, non seulement en France, non seulement par toute l'Europe, mais jusqu'en Amérique, où il excita un enthousiasme indescriptible. Artiste distingué sous tous les rapports, Herz fut aussi un professeur recherché, et l'on sait que sa classe au Conservatoire de Paris a produit un grand nombre d'élèves remarquables.

Il avait, depuis 1874, renoncé à cet enseignement, après avoir, quelques années auparavant, publié sous ce titre : Mes Voyages en Amérique (Paris, Faure, 1866, in-12), un récit assez curieux de ses impressions de voyage, récit qui avait, paru précédemment dans les colonnes du Moniteur universel.

On sait que cet artiste, très actif, très laborieux, avait fondé naguère une manufacture de pianos qui prit aussitôt une grande extension et porta son nom dans les deux mondes.

Comme compositeur, il ne laisse pas moins de deux cents oeuvres de tout genre, consistant en concertos, airs variés, fantaisies, transcriptions, études, etc. dont le succès en un temps fut vraiment prodigieux.

Sous divers rapports, Herz a été l'un des artistes les plus remarquables et les plus remarqués des deux premiers tiers de ce siècle. — Les obsèques ont été célébrées hier samedi, à l'église Notre-Dame-de-Lorette, où notre grand chanteur Faure a chanté le Pie Jesu. Grande affluence de notabilités musicales." Le Ménestrel, 08/01/1888, p. 6 (Gallica)

"Nous apprenons la mort de M. Henri Herz, le célèbre pianiste, devenu plus tard fabricant de pianos. M. Herz avait quatre-vingt-six ans.

Né à Vienne au commencement du siècle, de parents Israélites, il étudia le piano et le violon de bonne heure et entra, en 1816, au Conservatoire de Paris, où il obtint le premier prix de piano en 1818. Il devint bientôt célèbre à Paris et dans l'Europe entière par une série de compositions originales qui eurent une vogue retentissante.

De 1830 à 1840, Henri Herz voyagea dans les deux mondes et obtint partout de grands succès. Nommé professeur au Conservatoire en 1842, il n'a pris sa retraite qu'en 1874. Il s'était fait naturaliser Français en 1835 [?].

Grand artiste exécutant, il fut nommé chevalier, puis officier de la Léglon-d'Hoiîneur pour son talent.Il a fondé à Paris la saile de concerts de la rue de la Victoire qui porte son nom.

Les obsèques de M. Herz auront lieu aujourd'hui samedi, à midi précis, rue de la Victoire, 48. Le grand drame inédit qui sera prochainement créé au Théâtre de Belleville et dont le titre provisoire était Pro Patria, s'appellera définitivement.

Pour la Patrie. Les répétitions sont poussées avec la plus grande activité et la première représentation reste fixée au samedi 14 courant." Le Petit Parisien, 08/01/1888, p. 4 (Gallica)

1899

"Herz Henri, né à Vienne, le 6 janv. 1803, m. à Paris le 5 janv. 1888, frère du précédent [Jacques Simon HERZ], d'abord élève de Hünten (père), à Coblentz, entra en 1816 au Conservatoire de Paris (Pradher, Reicha), se perfectionna encore plus tard auprès de Moscheles, et fut, de 1825 à 1835, le pianiste et le compositeur de piano le plus en vogue du monde entier.

Sa participation l'établissement d'une fabrique de pianos (Klepfer) l'entraina dans des pertes financieres ; il se retira de ('association, mais l'établissement d'une propre fabrique, avec salle de concerts (« Salle Herz »), ne suftlt pas pour le remettre flots.

Il entreprit alors, en 1845, une grande tournée de concerts à travers les deux Ameriques, et, à son retour (1851), s'occupa avec tant de zele de sa fabrique qu'il la rendit très prospere. Ses pianos remporterent à l'Exposition universelle de 1855 le premier prix et la maison H. devint, à côté de celles d'Erard et de Pleyel, la plus renommée de Paris.

En 1842, H. avait été nommé professeur de piano au Conservatoire ; il abandonna ce poste en 1874.

Ses oeuvres sont : 8 concertos de piano, une quantity de thèmes varies (qui, à l'en croire, étaient un régal pour le public parisien), des sonates, rondos, sonates de violon, nocturnes, danses, marches, fantaisies, etc. (le tout écrit d'une plume brillante et facile, mais sans fonds sérieux, et pour cette raison déjà aujourd'hui entièrement oublié), une Méthode complète de piano (op. 100), beaucoup d'études, d'exercices, etc.

Il a décrit son voyage en Amérique, dans le Moniteur universel » (tirage à part sous le titre : Mes voyages en Amérique, 1866)." Riemann Humbert Dictionnaire de musique 1899, p. 352 (Archive.org)


HERZ Henri
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pianos français 1800 - 1829


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