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MARTIN
à Toulouse (°1810)


1838

"Industrie. — L'industrie prend de jour en jour de nouveaux développemeus dans nos provinces, et chaque année voit éclore quelqu'un de ces grands établissemens, de ces vastes usines que jusqu'aujourd'hui la capitale seule avec ses immenses ressources avait su créer.

Toulouse s'ébranle peu à peu, et prend part, quoique lentement il est vrai, à ce mouvement, qui bientôt l'entraînera tout à fait comme les grands centres industriels, et fera d'elle l'une des premières villes manufacturières de la province. La belle manufacture de pianos de MM. Casimir Martin et comp. en est une preuve.

Déjà le Journal des Pyrénées-Orientales, du 14 janvier 1837, rendait compte de cet établissement en ces termes :

« La manufacture de pianos de MM. Casimir Martin et Comp., est une des plus remarquables de Toulouse. Plus de trente ouvriers allemands, prussiens, anglais et français, y sont constamment occupés, et livrent chaque année près de cent pianos carrés, droits, verticaux ou longs dits à queue, qui se distinguent tous par l'élégance des formes, la puissance et la volonté des sons. »

La supériorité du mécanisme anglais perfectionné, adopté par M. Casimir Martin, rend les sons d'une égalité parfaite, et facilite, par la douceur du clavier, l'exécution de la difficulté. Fabriques dans le midi avec des bois éprouvés, ces pianos n'ont pas l'inconvénient de redouter l'effet de ces vents violens qui régnent si fréquemment dans nos contrées méridionales, et qui causent tant de dommages aux pianos transportés du nord.

Je ne pouvais me lasser d'admirer ces pianinos ( pianos droits ), réduits à leur plus simple expression par M. Casimir Martin, sans préjudice d'intensité de son.

Cet instrument, ainsi perfectionné, devient aussi portatif qu'une harpe. C'est tout ce que l'ou peut voir de plus confortable. M. Casimir Martin a concouru à, l'exposition des produits de l'industrie en 1835. Le jury a fait preuve d'impartialité, eu lui accordant une médaille de bronze à titre de second prix.

Ces quelques lignes du Journal des Pyrénées-Orientales nous avaient assez vivement intéressés, pour que nous ayions voulu juger des faits par nous-même.

A côté de nous, à Toulouse, se trouvait un de ces établissemens comme la capitale seule en possède, et nous ne nous en doutions seulement pas. Nous nous sommes donc transportés chez M. Casimir Martin, et nous lui avons demandé à visiter ses ateliers, dans lesquels il a eu l'obligeance de nous introduire avec empressement, nous servant lui-même de cicerone.

Cette visite n'a nullement été au-dessous de l'effet que nous en attendions.

Au lieu de trente ouvriers, nous en avons trouvé prés du double (car depuis 1837 l'établissement a plus que doublé), tous à leur spécialité, chacun à l'œuvre d'une façon différente: ceux-ci fabriquant les caisses qui doivent envelopper le mécanisme, d'ou plus tard, sous une main habile, les modulations s'échapperont; ceux-là posant et garnissant les touches; d'autres ajustant les claviers sous les tables d'harmonie; d'autres encore incrustant l'ivoire et l'ébène, qui doivent, non seulement tirer de l'instrument des notes harmonieuses, mais encore en faire un meuble de luxe et de bon goût.

Car, ébénisterie, tablage, vernissage, mécanisme, finissage, tout se traita dans les ateliers de M. Casimir Martin; et le piano ne sort de chez lui que vérifié, égalisé par lui avec les soins les plus minutieux, et prêt à être livré à l'acheteur avec une garantie de 4 années. Nous avons parlé de spécialité. C'est par là que se distinguent surtout les ateliers de M. Casimir Martin.

C'est en spécialisant les travaux, qu'il est arrivé au degré de perfection qu'il a atteint aujourd'hui. Dans le grand ensemble des opérations de détail qui constituent la fabrique du piano, M. Casimir Martin a su donner à chaque série d'ouvriers sa tâche; chaque partie de la facture d'un piano est confiée à une main différente, et l'ensemble s'en trouve mieux fait, parce que chaque détail est traité avec une plus grande perfection.

Nous sommes heureux d'avoir vu à Toulouse un établissement organisé sur une aussi grande échelle, et nous félicitons sincèrement M. Casimir Martin d'avoir eu assez de patience, assez de persévérance et assez d'amour pour son art, pour être parvenu à établir une manufacture qui, dans son genre, est la première du midi, si elle n'est pas la première de la province." Revue de Toulouse, 1838, p. 186 (rosalis.bibliotheque.toulouse.fr)

 

1843

"Le Chirogymnaste, tel est le, nom donné par M. Casimir Martin, facteur de pianos, rue Vivienne, 24, à un instrument privé de sons, qui sert à l'exercice des doigts sans fatiguer l'oreille.

Il est léger et portatif, et le seul inventé jusqu'à ce jour pour l'enseignement, dont on puisse se servir sans le secours d'un piano. Il est composé de neuf appareils destinés à donner de l'extension à la main et de l'écart aux doigts, à augmenter et a égaliser leur force, à leur procurer de la souplesse et de l'agilité en les rendant indépendants les uns des autres.

Le chirogymnaste a été adopté par le Conservatoire de Musique et approuvé par MM. Adam, Alkan, Bénédict, de Bériot, Burgmuller, Cramer, Chaulieu, Danjou, Fessy, Goria, Herz, Hunten, Kalkbrenner, de Kontsky, Labarre, Lefébure-Wély, Lemoine, Listz, Moscheles, Prudent, Ravina, Rosellen, Thalberg, Thomas, Tulou, Wolff, Zimmermann, etc., etc., et par mesdames L. Anderson, L. Dulcken, L. Farenc, E. Jupin, C. Pfeiffer, etc, etc. A tous ces témoignages vient de s'en joindre encore un bien précieux pour cet instrument, c'est celui de M. Sivori, qui s'exprime ainsi dans une lettre adressée à M. Martin :

« Je m'empresse de vous exprimer tonte la satisfaction que j'ai éprouvée en examinant votre ingénieux appareil (le chirogymnaste) ; j'en emporterai un dans mes voyages pour mon utilité personnelle, et puis pour le recommander à toutes les personnes qui pourraient me consulter sur votre invention.  Les exercices du chirogymnaste peuvent servir non seulement à développer les doigts des jeunes élèves, mais encore à entretenir les mains des maîtres eux-mêmes sur quelque instrument que ce soit où les mains sont employées comme principal ou comme accessoire, L'enseignement mécanique du violon fera certainement de très-rapides progrès au moyen de votre appareil sagement appliqué. »

 Le Voyageur : journal de l'Office universel de la navigation et du commerce, 15/05/1843, p. 3 (Gallica)

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