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MARTIN
à Toulouse (°1810)


1835

TOULOUSE - "M. MARTIN frères, de Toulouse. Un des premiers produits sortis des ateliers nouvellement établis à Toulouse, par MM. Martin frères, a été exposé dans nos salles, c'est un piano vertical en bois de palissandre et à trois cordes, d'une excellente exécution.

Le juri, voulant encourager une entreprise dont la réussite aurait pour Toulouse l'avantage de favoriser les dispositions naturelles de nos habitans pour l'art musical, en popularisant parmi nous un instrument qui rend plus facile l'étude de l'harmonie, et qui se prête merveilleusement à presque tous les caprices de la mélodie." Exposition des Produits des Beaux-Arts et de l'Industrie : Dans les Galeries du Capitole à Toulouse en 1835, p. 140

TOULOUSE - "51. Martin frères, facteurs de pianos, Rue de la Pomme, à Toulouse.
Un piano carré, caisse en palissandre, à six octaves et demie, 3 cordes, sommiers détachés en fer, lyre et pieds sculptés.
Un piano droit, ornemens en marqueterie, bois de palissandre, à six octaves et demie, 3 cordes, sommier de chevilles en cuivre.
Un piano carré, acajou, petit format, six octaves, à 2 cordes, pieds à x et à bascule, sommier de chevilles en cuivre.
Un piano droit, bois d'acajou."
Exposition produit de Beaux Arts de l'industrie à Toulouse, 1835, p. 91-92 (num.bibl.toulouse.fr)

1840

TOULOUSE - "Le juri a d'abord examiné les mécanismes des pianos exposés; il a reconnu que plusieurs facteurs avaient des procédés nouveaux dans la facture de leurs instrumens.

Ainsi, M. Martin, de Toulouse, a inventé un sommier suspendu en fer, sommier qui offre de grandes garanties pour la solidité de ses pianos et la conservation de leur accord. Ce facteur est breveté pour cette invention.

Il a également exposé un piano à système de pression, pour rendre le clavier dur au toucher, à la volonté de l'exécutant. Cette force peut se donner graduellement.

Ce procédé est ingénieusement appliqué, et peut être fort utile aux jeunes élèves qui auraient besoin d'acquérir de la force dans les doigts.

M. Martin a encore inventé un gymnase digital, ou machine orthopédique des doigts.

Ce gymnase peut offrir de grands avantages aux enfans qui commencent le piano, parce qu'il aidera à leur délier les doigts et à leur faire acquérir cette souplesse si nécessaire, et sans equelle un talent sur le piano devient impossible.

Ces différens essais ont prouvé au juri que M. Martin s'occupait, non seulement de la partiemécanique des pianos,mais qu'il s'intéressait aussi à l'avenir et au talent des pianistes.

Le juri ne saurait trop louer les constans efforts que fait ce facteur pour marcher dans la voie du progrès; et en cherchant à aplanir les difficultés du doigté, il rend à l'art un bien grand service. [...]

Celui de M. Martin est un secrétaire-piano qui sert à la fois de bureau ; l'invention en est fort ingénieuse et le meuble aussi des plus élégans et des plus riches." Exposition des Produits des Beaux-Arts et de l'Industrie : Dans les galeries du Capitole à Toulouse en 1840, p. 106 et 111 - Voir ROUSSELOT de Nîmes (°1833) -  et CROPET de Toulouse (°1840) et BOISSELOT de Marseille (°1827)

 

1844

PIANO-SECRÉTAIRE

 

Images du piano-boudoir de MARTIN
et la commentaire dans "L'Exposition. Journal de l'industrie et des arts utiles." 1844, il l'a déjà exposé sur l'Exposition à Toulouse en 1840. (Voir ci-dessus)

PARIS - "Piano de boudoir, de M. Casimir Martin. - M. Casimir Martin est l'ingénieux inventeur du chirogymnaste, appareil mécanique destiné à rendre moins pénible et moins longue l'élude du piano.

Cet instrument à la fois élégant, léger et portatif, ne s'adapte pas nécessairement au piano; il peut être convenablement placé sur toute surface plane, sur une table, une console ou tout autre meuble.

Le chirogymnaste est une découverte trop utile pour qu'il ne soit pas, de notre part, l'objet d'une appréciation particulière; bornons-nous donc aujourd'hui à constater le grand succès qu'il a obtenu à l'exposition. M. C. Martin a aussi exposé de charmants pianos de boudoir, pouvant servir à la fois de piano et de secrétaire : écritoire, bureau, caisse, tiroirs, tout s'y trouve réuni.

Ce nouveau format, dont nous reproduisons le modèle sons toutes ses faces, fera certainement fortune dans le boudoir et le cabinet de travail de nos dames où, en raison de l'exiguïté de nos apartements, l'économie de la place est chose si urgente.

Il faut ajouter que les pianos de boudoir de M. Casimir Martin ne sont pas seulement de jolis meubles en palissandre, à balustres ou colonnes lorses, mais qu'ils sont aussi d'excellents instruments, réunissant toutes les qualités de solidité et de sonorité désirables. Nous en reparlerons avec plus de détails à propos du chirogymnaste." L'Exposition. Journal de l'industrie et des arts utiles, 1844, p. 8 (Gallica)

CHIROGYMNASTE

PARIS - "CHIROGYMNASTE et PIANO-SECRÉTAIRE de Casimir Martin. Le piano est à l'ordre du jour. Il n'est point de famille qui ne cultive l'étude de cet instrument. Déjà depuis nombre d'années, l'esprit a cherché des moyens matériels propres à simplifier l'étude mécanisme du piano.

C'est ainsi que se sont présentés : successivement à notre examen, le Guide-Mains et le Clavier muet de M. Kalkbrenner, le Dactylion de M. Herz, les Bagues de plomb de Liszt et plusieurs autres inventions qui n'ont jamais complètement atteint le but. La cause en résultait surtout de l'absence totale de science anatomique de la main, sans laquelle il était impossible d'arriver à rien de bon.

Aussi le Ghirogymnaste procede-t-il par des moyens totalement étrangers à ceux connus jusqu'à ce jour. Bien qu'à ce titre, il mériterait déjà l'attention la plus sérieuse, si nous n'en étions déjà à constater des milliers de résultats aux effets plus heureux les uns que les autres, et qui se sont effectués en présence de nos plus hautes sommités statistiques.

Thalberg, Liszt, Dohler, Prudent, Zimmermann, Adam, Cramer, Hunten, Henri Lemoine, Kalkbrenner, Herz ; enfin tout ce qui tient au piano de près comme de loin, a vu et approuvé le Chirogymnaste de M. Casimir Martin.

Chacun a dû se rendre à l'évidence de faits positifs et matériels, et il est aujourd'hui dans la conviction de tous que la gymnastique des doigts de M. Martin est une précieuse découverte. Grâce aux nombreux exercices du Chirogymnaste, les doigts acquerront bientôt cette agilité, cette extension, enfin cette force et cette égalité qui n'étaient autrefois que le résultat de bien des années de labeur.

Et qu'on ne croie pas qu'il s'agisse ici d'une invention exclusivement utile aux jeunes élèves, mais bien aussi aux pianistes d'une certaine force. Nous dirons mieux : tous nos grands artistes ont cet instrument sur leur piano, et Dohler, en approuvant le chirogymnaste, n'a pas manqué de dire :

« Par suite de votre ingénieuse invention, vous aurez rendu un service signalé aux personnes qui se destinent au piano comme à celles qui ont déjà acquis sur cet instrument un certain degré de perfection. »

Nous n'entrerons point ici dans le détail et l'analyse des articulations de la main, trouvant une à une leur théorie et leur pratique d'extension et de souplesse naturelles, d'après les procédés de M. Martin ; nous ne vous dirons pas combien un mécanisme ingénieux a su créer de ressources variées pour arriver à combattre toutes les faiblesses articulaires ou vices de conformation de la main, sans lui ôter en rien de son élégance; bien au contraire.

Pour tous ces renseignemens qui nous prendraient trop de temps et de place, permettez que nous vous renvoyions à la notice de l'inventeur qui résume tous ces détails avec une merveilleuse clarté.

D'ailleurs vous y trouverez, à l'appui de nos assertions, le rapport flatteur de l'Institut de France, l'adoption du chirogymnaste dans les classes des Conservatoires de Paris et de Londres ; enfin toutes les approbations raisonnées des grands artistes et professeurs que nous avons nommés plus haut.

Et pour n'en citer qu'une, dont l'importance ne fera doute aux yeux de personne, enregistrons ici les quelques lignes de M. Zimmermann, adressées à l'inventeur du Chirogymnaste,

"Paris, 24 novembre 1841. Monsieur,  Jusqu'à ce jour, je me suis refusé à faire emploi de toute espèce d'appareil mécanique destiné à l'étude du piano; mais votre Chirogymnaste est tellement ingénieux et me paraît si efficace pour arriver au but que vous vous proposez, que je me promets, aussitôt que votre appareil sera livré au public, d'en faire usage non seulement pour mes enfans et mes élèves, mais encore d'en exiger l'emploi dans ma classe du Conservatoire. Veuillez recevoir, Monsieur, avec mes sincères complimens pour votre utile invention, l'assurance de mes sentimens distingués, ZIMMERMANN, Professeur de piano au Conservatoire."

Du reste, l'invention de M. Martin a non seulement trouvé appui et protection parmi nos pianistes, mais MM. de Bériot, Labarre, Sivori, Tulou, enfin tous ceux qui cultivent des instrumens à doigtés, ont déjà, ou auront prochainement, à remercier l'inventeur, de cette précieuse découverte qui s'applique aussi bien à la flûte, au violon, à la harpe qu'au piano, etc., etc.

Il n'est pas inutile d'ajouter que cet instrument, d'un prix modéré, constitue un appareil à la fois élégant, léger et portatif, qui ne s'adapte pas nécessairement au piano, mais qui peut se placer sur toute surface plane, sur une table, une console, ou tout aiitrer meuble.

L'étude approfondie du piano qu'a dû faire M. Casimir Martin pour arriver si bien à son but, devait naturellement le porter vers la fabrication de cet instrument qu'on améliore sans cesse et avec tant de réussite.

Aussi, avons-nous vu et examiné dans ses ateliers, de délicieux de pianos-boudoirs que l'on peut appeler, à juste titre, pianos-secrétaires, car ceux-ci peuvent effectivement servir à la fois de piano et de secrétaire: écritoire, bureau, caisse, tiroirs, tout s'y trouve réuni et comme par enchantement.

Ce nouveau format fera certainement fortune dans nos boudoirs et dans nos cabinets de travail, où l'économie de la place est chose si urgente.

D'ailleurs, les pianos-secrétaires de M. Martin ne sont pas seulement de ravissans petits meubles en palissandre, à balustres ou colonnes torses, ce sont aussi d'excellens instrumens réunissant toutes les qualilités de solidité et de sonorité désirables.

On y trouve les avantages de la fabrication anglaise modifiés par les améliorations de notre facture française. N'appartenant à aucune école, M. Casimir Martin n'a voulu en adopter aucune exclusivement, et s'est approprié, par contre, les ressources de l'une et de l'autre, ce qu'il a fait avec une habileté et un bonheur incontestables.

Nous publierons prochainement, à l'appui de nos éloges, une gravure sur acier représentant les nouveaux pianos-boudoirs de M. Casimir Martin, admis à l'exposition de cette année et brevetés du roi." Le Ménestrel, 07/07/1844, p. 1-2

PARIS - "Un mot, en finissant, sur une mécanique ingénieuse inventée par M. Casimir Martin, afin de préparer les doigts, le quatrième et le cinquième surtout, naturellement paresseux, à l'exécution des instrumens en général, et spécialement du piano.

L'auteur du chyrogymnaste ou gymnase des doigts a réuni, sur une planchette d'acajou, neuf appareils qui, en exerçant les doigts en sens divers, facilitent leurs mouvemensd'écartement, d'extension, d'élévation, et par suite leur procure la liberté, la grâce et la légèreté d'exécution.

Ces exercices gradués devront singulièrement abréger l'étude des instrumens. Cette opinion a été adoptée par les professeurs les plus célèbres des divers instrumens; l'Institut l'a sanctionnée de ses savans suffrages, et le Conservatoire lui a donné l'assentiment le plus concluant en adoptant le chyrogymnasle pour l'usage de ses classes de piano.

Nous croyons que cette machine est appelée à faire une révolution dans l'étude instrumentale. Il va sans dire qu'elle n'a aucun rapport avec les divers appareils inventés par des professeurs de piano, et imposés le plus souvent par eux à leurs élèves comme supplément aux prix de leurs cours.

M. Casimir Martin est d'ailleurs un facteur de pianos fort distingué. A la case de son exposition, l'on remarquait une nouvelle disposition du meuble de cet instrument très-curieux et très-utile.

Le clavier mobile, en se fermant, développe la planchette d'un bureau très-commode. Cet instrument est très-élégant. Dans ce cas, cette dissimulation de la nature de l'instrument a un but digne d'approbation, mais le plus souvent ces métamorphoses sont puériles. Quel intérêt à déguiser la nature du meuble?

Un piano, même à queue, malgré sa disgracieuse disposition, ne peut que recommander à la sympathie des gens de goût le propriétaire du salon où il se trouve place." Archives du Commerce, Volume 36, 1845, p. 398

PARIS - "M. MARTIN, à Paris, place de la Bourse, 13, - Pour l'appareil auquel il a donné le nom de chirogymnaste, qui sert à exercer les doigts du pianiste, sans fatiguer son oreille et sans user le mécanisme du piano." Rapport du Jury central ..., Paris Jury central, Imprimerie de Fain et Thunot, 1844, p. 545

1858

TOULOUSE - "M. Martin de Toulouse, se présente avec les caractères qui dénotent un industriel habile et intelligent.

Ce fabricant occupe un personnel très-considérable d'ouvriers; il prend les précautions les plus minutieuses pour donner à ses instruments une solidité parfaite.

Le bois est bien travaillé, et préparé longtemps à l'avance. Les pièces rapportées avec une exactitude admirable mettent les pianos à l'abri des différences de climats et de température et leur permettent de supporter de longs voyages sans éprouver la plus petite altération.

On sait que M. Martin envoie jusque dans l'Amérique méridionale un grand nombre des produits de sa manufacture et ce nombre s'accroît tous les ans, ce qui est la meilleure preuve de la bonne qualité des ces produits.

Mais la solidité n'est pas l'unique but auquel M. Martin s'est efforce d'atteindre: par d'ingénieuses combinaisons, par des études suivies, il est arrivé à une étonnante égalité de son. Le grave, le médium, l'aigu, ne cherchent pas à se contrarier et à briller l'un aux dépens de l'autre.

Toutes les notes semblent vibrer avec une cordiale déférence pour leurs voisines, aussi les morceaux joués sur ces instruments sont remarquables par leur ensemble, et par une netteté d'expression qui permet à l'auditeur de ne laisser échapper aucun trait, aucun détail, aucune intention de l'auteur.

M. Martin fabrique des pianos de sept formats différents. Quatre ou cinq des ces formats figuraient à l'Exposition. Le public a pu apprécier leur mérite, car il lui était donné d'assister à de petits concerts destinés à faire ressortir la valeur, la supériorité ou les différences des pianos exposés." Journal de Toulouse, 12/09/1858, p. 2

TOULOUSE - "C'est à cette exposition toulousaine que la maison Martin a obtenu la médaille d'or unique, pour la fabrication supérieure de ses pianos droits qui jouissent d'une réputation méritée, non seulement dans le midi de la France, mais à Paris, où ils peuvent lutter avec les instruments des meilleures factures." Expo Toulouse 1858, Le Ménestrel, 02/01/1859, p. 39

TOULOUSE - "Médaille d'Or de 2e classe. M. Paul MARTIN, facteur à Toulouse, rue de la Pomme, 72, A exposé un piano vertical, un piano oblique, un piano mi-oblique en chêne sculpté, et deux pianos mi-obliques grand format, dont un avec clavier à pivot, et avec mécanique à double échappement.

C'est avec quatre formats queM.Martin est entré en lice; il a donc dû concourir successivement avec tous les autres Exposants, qui n'avaient individuellement présenté qu'un, deux ou trois formats au plus.

Dans toutes les épreuves qu'ont subies les pianos de M.Martin, le premier rang lui est resté, ainsi que nous l'avons dit.

Cette décision de la Commission se justifie par les soins qu'apporte ce facteur, non-seulement à la partie matérielle de ses instruments, mais encore à la partie harmonique.

Entre ses mains, la facture ne cesse de progresser, comme le témoigne l'introduction de plusieurs perfectionnements dont le détail excéderait les bornes de ce rapport. Il faut aussi savoir gré à M. Martin d'avoir employé dans un de ses pianos exposés, une mécanique à double échappement; c'est une excellente chose qui pourtant n'est pas indispensable.

Dans la visite des ateliers, faite par la Commission, la maison Martin a été reconnue comme la plus importante.

De vastes locaux, un personnel d'ouvriers nombreux, de grands approvisionnements de toute nature, un classement méthodique de tous les objets qui constituent la facture du piano, et par-dessus tout, la division du travail, lui donnent la preuve qu'il existe en province peu de manufactures de ce genre qui puissent lui être comparées.

Envoyant le rang obtenu par M. Martin dans le concours des pianos, le Jury n'a pas hésité à lui décerner, comme juste récompense, la médaille d'or de 2° classe." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse : Année 1858, p. 299-300 (rosalis.bibliotheque.toulouse.fr)

TOULOUSE - "Martin (Paul), facteur de pianos, à Toulouse, rue de la Pomme, 72; ateliers, rue Caraman, 15. —

Il faut remonter à 1790 pour trouver l’origine de la maison Martin ; mais ce n’est qu’en 1832 quelle s’est occupée de la fabrication des pianos. Les récompenses quelle a obtenues en 1835, une médaille de bronze, et, en 1840, une médaille d’argent, prouvent assez en sa faveur.

En 1842, cette maison a cessé de fabriquer, pour ne s’occuper que de la vente des pianos de Paris; par conséquent, elle n’a pu présenter de ses produits aux Expositions de 1845 et de 1850.

Ce n’est qu’en 1851, après des études spéciales sur la fabrication des pianos, que cette maison a ouvert ses ateliers à un grand nombre d’ouvriers d’élite. Dans les ateliers de la maison Martin, l’on fabrique des pianos droits et obliques sur huit formats différents, chacun d’eux variant par ses qualités et son prix.

La maison Martin a exposé en 1858 :
1° un superbe piano, en vieux bois de chêne sculpté, demi-oblique, style enaissance;
2° un piano en bois de rose marqueté en palissandre, demi-oblique, grand format dit de concert; 3° un piano palissandre, marqueté en bois de rose, demi-oblique, grand format dit de concert;
4° un piano droit à cordes verticales, en palissandre; et
5° un piano entièrement oblique, en palissandre.

Ces différents instruments ont été journellement touchés, dans les salles du Palais de l’Industrie, par les artistes les plus éminents. Tout le monde a pu juger de leur sonorité et de leur accord. Ils sont d’un fini irréprochable. La fabrication de la maison Martin est, à juste titre, réputée bonne; aussi ses relations d’affaires s’étendent au loin. Cette maison a pour spécialité la vente des partitions et instruments de musique; son assortiment est des plus complets.

Nous extrayons l’article suivant du Journal de Toulouse, afin de faire connaître l’opinion de la presse sur les produits de cette maison :

« M. Martin, de Toulouse, se présente avec les caractères qui dénotent un industriel habile et intelligent. Ce fabricant occupe un personnel très considérable d’ouvriers ; il prend les précautions les plus minutieuses pour donnera ses instruments une solidité parfaite.

Le bois est bien travaillé et préparé long temps à l’avance. Les pièces, rapportées avec une exactitude admirable, mettent les pianos à l’abri des différences de climats et de température et leur permettent de supporter de longs voyages sans éprouver la plus petite altération.

On sait que M. Martin envoie jusque dans l’Amérique méridionale un grand nombre des produits de sa manufacture, et ce nombre s’accroît tous les ans, ce qui est la meilleure preuve de la bonne qualité de ses produits.

Mais la solidité n’est pas l’unique but auquel M. Martin s’est efforcé d’atteindre : par d’ingénieuses combinaisons, par des études suivies, il est arrivé à une étonnante égalité de son.

Le grave, le médium, l’aigu, ne cherchent pas à se contrarier et à briller l’un aux dépens de l’autre. Toutes les notes semblent vibrer avec une cordiale déférence pour leurs voisines; aussi les morceaux joués sur ces instruments sont remarquables par leur ensemble et par une netteté d’expression qui permet à l’auditeur de ne laisser échapper aucun trait, aucun détail, aucune intention de l’auteur. M. Martin fabrique des pianos de sept formats différents.

Quatre ou cinq de ces formats figuraient à l’Exposition. Le publier a pu apprécier leur mérite, car il lui était donné d'assister à de petits concerts destinés à faire ressortir la valeur, la supériorité ou les différences des pianos exposés. » A. Pujol." Histoire de l'exposition des beaux-arts et de l'industrie de Toulouse en 1858, 1858, p. 209-210 (rosalis.bibliotheque.toulouse.fr)

1860

MONTPELLIER - "Remarqué surtout un piano de MM. MARTIN, demi-oblique, riche, bois d'ébène, consoles sculptées. Ce piano possède une bonne sonorité, un timbre doux; sa répétition et son égalité sont bonnes." Annuaire administratif et commercial de Lyon et du département du Rhône, 1860

MONTPELLIER - "A la brillante exposition de Montpellier, plusieurs médailles ont été accordées à l'industrie des pianos, c'était justice.

M. Paul Martin fils aîné, de Toulouse, l'un des plus importants facteurs de la province, a obtenu le rappel de la médaille d'or. Les instruments de cette maison ont une réputation bien méritée, tant pour leur solidité que pour leur éclat et la beauté des sons d'une égalité parfaite.

Les instruments de la maison Paul Martin, fils aîné de Toulouse, rivalisent partout aujourd'hui avec les premières maisons de Paris, et obtiennent souvent la préférence, notamment dans les expéditions du Chili, de l'Italie et de l'Espagne." Le Ménestrel, 26/08/1860, p. 311 - Voir Paul MARTIN Fils

1861

MARSEILLE - "Nous avons encore les pianos de MM. Maury et Dumas, de Nîmes; Martin, de Toulouse; Aucher, de Paris; Bideler et Schultz, instruments établis dans d'excellentes conditions, et qui font le plus grand honneur à ces fabricants, dont les noms trouvent encore une place honorable à côté de ceux des maîtres de la facture." Expo Marseille - Le Ménestrel, 18/08/1861, p. 2 (298)

MARSEILLE - "Les pianos de M. Martin, de Toulouse, ont été mis comme excellence de fabrication, sur le même rang que ceux de M. Lété. C'était justice." Exposition de l'Industrie à Nantes, 1861, p. 146

1862

LONDRES - "Je ne sais si vous vous rappelez avoir vu en 1844, figurer à l'Exposition un jeune facteur de Toulouse, nommé Casimir Martin, qui était venu se fixer à Paris; il exposa un piano-secrétaire qui renfermait tout, même le son qu'il ne laissait pas échapper; il présenta également un système de gymnastique pour les doigts, nommé chirogymnaste, qui fit longtemps concurrence au Dactylion, autre mécanique à ressort, imaginée par M. Henri Herz.

Ce facteur est allé s'établir à Madrid, et son frère, M. Martin fils aîné, a fondé, à Toulouse, une fabrique de pianos, qui a pris, depuis deux ou trois ans, de l'importance, à en juger par les récompenses de premier ordre que M. Martin a obtenues dans les grands concours de nos départements.

M. Martin fils aîné, a exposé ses produits à Londres, et il a obtenu une médaille comme ses confrères MM. Pleyel, Wolff, Henri Herz, Boisselot, etc., avec cette annotation officielle : pour la bonne construction et les bas prix de ses produits. Faire bien et à bon marché, c'est le chemin de la fortune.

Ajoutons que les artistes qui ont joué à l'Exposition les pianos de M. Martin, ont ratifié le jugement du jury." Répertoire des travaux‎, Société de statistique, d'histoire et d'archéologie de Marseille et de Provence, 1862

LONDRES - "Nous ne pouvons laisser passer le nom de M. Martin sans rappeler le titre honorifique dont il vient d'être gratifié par le jury de l'Exposition universelle de Londres.

C'est une idée grande et féconde en résultats de toute espèce d'avoir imaginé de rassembler, de tous les points du globe, les produits industriels, artistiques et agricoles de tous les peuples, et de les avoir placés face à face dans un pacifique champ de bataille ; notre siècle seul pouvait la réaliser avec ses prodigieux moyens de communication, devant lesquels il n'existe ni mers, ni montagnes, ni distances.

Il y avait à ce rendez-vous général beaucoup d'appelés, mais relativement peu d'élus. C'était un honneur que d'être admis à présenter son nom au grand Palais de l'Exposition ; mais y être récompensé était encore une gloire bien plus grande ; car le jury s'est montré avare de faveurs, sans doute afin d'en rehausser le prix. Quoi qu'il en soit, notre compatriote, M. Martin, a obtenu la médaille d'honneur.

Le jury a voulu reconnaître le mérite indiscutable de ses pianos, en même temps que leur bon marché, qui les rend accessibles à toutes les bourses.

Good workmanship and cheapness of piano, excellence des produits de la manufacture combinée avec le bon marché ; c'est ainsi que s'exprime la décision du jury.

Voilà donc la maison Martin placée dorénavant, par droit de glorieuse conquête, au premier rang, à côté des grandes maisons Broadwood (Angleterre), Sternberg (Belgique), Plumer (Autriche), Pleyel-Wolff, Kriegelstein (Paris).

Ce succès ne nous surprend pas. Déjà depuis longtemps nous avons acquis la certitude de l'excellence des instruments sortis de cette maison, et nous étions d'avance convaincu qu'admise à l'exposition, elle y ferait bonne figure. La manufacture de M. Martin a une importance considérable.

Ses vastes ateliers de la rue Garaman et de la rue de la Pomme sont combinés de manière à produire tous les détails divers et infinis réclamés pour la construction de cet instrument compliqué qui s'appelle pano.

Dans les séchoirs, on aperçoit du bois de toute espèce soumis aux dures épreuves de la température ; plus loin, on confectionne les pièces qui composent le mécanisme intérieur. Ici, on fabrique les caisses, on plaque le meuble ; là, on dispose la table d'harmonie ; dans un autre atelier, on file les cordes et on les place.

Autant d'œuvres diverses, autant de spécialités. — Les cordes posées, c'est le tour des finisseurs, pour la pose du clavier et des pédales ; et enfin des égaliseurs, qui sont chargés de donner au piano cette égalité de son qui est une des principales qualités et l'une des plus difficiles à acquérir." Revue de Toulouse et du Midi de la France, 1862, p. 455-456

LONDRES - "Je dois citer aussi M. Martin, de Toulouse, de qui il y a aussi un bon piano droit, bien construit dans son mécanisme, et qui a un contre-tirage en fer pour assurer sa solidité." Le Guide Musical, 31/07/1862, p. 91

1865

TOULOUSE - "Martin, à Toulouse, rue de la Pomme, 70, pianos. - Médaille d'or de 1re classe." VIIIe Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse en 1865 : Liste des récompenses, 1865, p. 29

TOULOUSE - "M. PAUL MARTIN, à Toulouse, rue de la Pomme, 70, - a exposé six pianos, savoir : deux pianos demi-oblique à 7 octaves, en poirier teint sculpté et mouluré; trois pianos droits plaqués palissandre; un piano demi-oblique.

Tous ces pianos sont pris parmi les formats au nombre de huit qui entrent dans la fabrication de cette maison, qui ne présente pas d'invention, et se borne à perfectionner les mécanismes connus, et dont une longue expérience a consacré la supériorité.

Ses relations au dehors ont pris une extension considérable depuis la dernière Exposition, et lui assignent un rang honorable parmi les plus importantes manufactures de province.

M. Martin a obtenu à l'Exposition de Londres, en 1862, une distinction flatteuse motivée sur la bonté et le bon marché de ses pianos. Le Jury de Toulouse se plaît à reconnaître les qualités essentielles des produits de cette maison, et lui accorde avec satisfaction la plus haute récompense dont il puisse disposer une médaille d'or de 1re classe. [...]

Chez M. Paul MARTIN, Fabricant de Pianos. Médailles d'Argent : M. MÉRIC, contre-maître. M. TISSANDIER, égaliseur. M. ANTIC, finisseur. M. MOURET, caissier." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse, dans les bâtiments de l'ancien monastère des Jacobins : Année 1865, p. 266 et 817

TOULOUSE - "PIANOS. - Le piano est aujourd'hui un meuble indispensable.

Ce n'est pas seulement un instrument de musique d'une extrême délicatesse, c'est encore un ornement obligé d'un salon comme il faut.

Le fabricant ne doit pas seulement s'occuper de la solidité de l'instrument, de sa sonorité et de sa justesse qui en sont les qualités indispensables, mais aussi de la beauté, de l'élégance et même de la richesse de cet objet comme meuble de salon.

A tous ces points de vue, nous avons admiré ceux qui ont été exposés par MM. Martin et Lagèze, de Toulouse, et ceux que nous ont envoyés M. Gruner, de Lyon, et M. Remy, fabricant à Mirecourt (Vosges)." Expo 1863 ? Journal illustré de l'Exposition toulousaine, 18/03/1866, p. 1

LONDRES - "Messrs. Mangeot and M. M. Martin both exhibit uprights, and have both Medals awarded to them for excellence of workmanship combined with cheapness." Reports by the Juries on the subjects in the thirty-six classes into which ..., 1862, p. 149

1867

PARIS - "M. MARTIN (de Toulouse). - M. Martin est un des bons facteurs du midi, sa spécialité paraît être les pianos droits. Ce facteur est un de ceux établis en province, dont l'établissement annonce le plus de prospérité ; il fabrique environ cent vingt pianos par année.

Le nom de ce facteur rappelle celui de son père, je crois, qui, à l'exposition de 1844, présenta un piano-secrétaire dans lequel se trouvait réuni tout ce qui était nécessaire. Ce même facteur imagina un appareil gymnastique des doigts qu'il nommait chirogymnaste, qui fit concurrence au dactyléon de M. Henri Hertz. [sic]

Le piano exposé est charmant de forme, cependant je trouve la couleur de la caisse trop pâle, c'est colifichet. Le son de l'instrument est agréable et fort égal.

1844. Citation Favorable pour le chirogymnaste. / 1862. A Londres la Prize Médal. Bonne facture et bon marché de pianos. / 1867. Le jury lui accorde une Médaille D'argent." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, p. 172

PARIS - "Martín Pablo, de Tolosa (Francia). Ha presentado tres escelentes pianos.

Uno de ellos cuya parte exterior y como mueble es de mucho gusto, representa el estilo griego, chapeado de madera de fresno, matizado de ondulaciones rizadas que es necesario mucha atencion para llegar á comprender la clase de la madera : es de color muy blanca y acompañada con los dibujos, grabados y refundidos pintados al rojo fuerte, le dan un aspecto muy agradable; esta concluido con suma perfeccion y delicadeza.

Este piano es sin duda el mejor de la Exposicion tanto por sus potentes y agradables voces y su buena pulsacion como por lo buena y solida que es su máquina; pero sin ánimo de equivocarme, es el que figuró ya en la Exposicion de París en 1867.

Un objeto que ya ha figurado en una exposicíon no debe figurar en otra, y monos cuando ha obtenido premios.

El segundo, negro, con talla de bastante relieve y muy bien ejecutada, tambien es buen piano, aunque sus voces no sean tan potentes como las del primero. Y lo mismo diremos del tercero, que es liso, de palisandro y bien concluido." Suplemento á la Memoria descriptiva de la fabricacion de la mesa de billar, 1868, p. 13-14

1872

LYON - "Les pianos de M. Martin de Toulouse sont très-estimés dans le midi de la France ; leur solidité et leur belle qualité de sons nous ont paru justifier cette réputation déjà ancienne." Journal officiel de la République française, 18/11/1872, p. 7091 - Voir MARTIN & Cie à Toulouse.

1873

MARSEILLE - "Le jury de l'exposition de la ville de Marseille vient de décerner à la maison Martin, de Toulouse, le 1er prix (diplôme d'honneur) pour la perfection de ses pianos.

La maison Martin, dont les instruments ont partout obtenu des médailles (Paris, Londres, New-York, Lyon, Nantes, Bordeaux, etc., etc.), n'a pas été moins heureuse à Vienne (Autriche), où le jury, à l'unanimité, a reconnu l'excellence de ses pianos obliques, en ayant soin d'en faire mention dans le diplôme de progrès décerné à cet habile manufacturier." Le Ménestrel,  23/08/1874, p. 303

VIENNE - "3. Martin in Toulouse: ein halbschrägsaitiges mittelhohes Pianino und ein hohes halbschrägsaitiges Pianino." Musikalische Instrumente, [Expo Vienne], Oscar Paul, 1874, p. 70

1878

PARIS - "MARTIN ET Cie, de Toulouse. France. - Pianos construits avec soin." Chouquet, Rapport sur les instruments de musiques à l'exposition universelle de 1878

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Pianos français 1800 - 1829


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