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CÔTE
à Lyon (°1820)

1824

Brevet de 1824 : "Pour un nouveau mécanisme à échappement qui s'adapte aux forté-pianos." Bibliographie de la France', Volume 19, 1830


1827

Brevet de 1827 : "Le sieur Côte (Charles), facteur de pianos, demeurant rue Saint-Corne, n.° 3, à Lyon, département du Rhône, auquel il a été délivré, le 23 mars dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention et de perfectionnement de cinq ans, pour un piano à clavier placé sur les cordes et pour la garniture des marteaux dans toute espèce de pianos;" Bulletin des lois. Partie principale, 1827, p. 408

"Cote, en 1827, plaça le clavier au-dessus de la table d'harmonie; la caisse était fixée plus bas que celle des pianos ordinaires, pour que le clavier se trouvât sur les cordes. Malgré cette disposition, la position des cordes était la même, mais la table d'harmonie était différente : elle occupait toute l'étendue du piano. La caisse était montée sur un châssis à jour; le piano avait trois cordes et six octaves." Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, 1861

N° 1088. 23 mars 1827. - BREVET D'INVENTION ET DE PERFECTIONNEMENT DE CINQ ANS.

"Pour un piano à clavier placé sur les cordes, et pour la garniture des marteaux dans toute espèce de pianos,

Au sieur Côte (Charles), facteur de pianos, à Lyon, département du Rhône.

Explication des figures.

Pl. 6e., fig. 1re., Le piano fermé, vu de face.

Fig. 2e., Plan de l'intérieur.

Fig. 3e., Vue du côté des bosses, sur une échelle plus grande.

La fig. 1re. montre que la caisse est placée plus bas que celle des pianos ordinaires, par la double raison que le clavier se trouve sur les cordes et à la même hauteur de terre que celui des autres pianos. La gorge a est pratiquée pour placer les genoux.

Dans les pianos ordinaires, le clavier se trouve sous la table d'harmonie; ici, au contraire, il est placé dessus, et par conséquent au dessus des cordes à la distance de quatre lignes, comme le montre la fig. 3r. : maigré cela, la position des cordes n'est pas changée, elle est toujours la même que celle des pianos ordinaires mars la table d'harmonie est différente : elle est de toute l'étendue du piano, ce qui produit des sons beaucoup plus sonores et plus harmonieux.

La caisse, an lieu d'être montée sur un fond de trois pouces d'épaisseur, comme dans les pianos ordinaires, l'est sur un châssis à jour: ce qui fait que le piano, quoique fermé, produit encore autant de son que les autres pianos lorsqu'ils sont duverts.

Pour remplacer la solidité de ce fond épais des pianos en usage, des traverses de bois sont placées dans l'intérieur de la caisse, du sommier b au sommier c, dans la direction des cordes.

Ce piano est à trois cordes, c'est à dire trois cordes à l'unisson pour chaque note, et à six octaves. Pour éviter la confusion, on a indiqué seulement, dans ce plan, la première corde de chaque octave;

Les lignes nos. 1, 2 et 3, placées sur le sommier b, n'ont d'autre but que celui de recevoir les pointes pour accrocher les cordes.

La ligne n°. 4 est destinée à recevoir et fixer la longueur de la corde.

Les lignes nos 1. 2, 3, 4, 5 et 6, placées sur le sommier c, reçoivent les chevilles qui tiennent les cordes.

La pièce n°. 7 est une tringle dé bois sur laquelle est collée une bande de drap; cette pièce fixe la hauteur des cordes.

d, Chevalet sur lequel reposent les cordes sur la table d'harmonie.

e, f, Deux coulisses sur lesquelles glisse le clavier.

g, Ligne indiquant Fextrémité des étouffoirs.

h, Ligne indiquapt l'extrémité du clavier.

i, k, Lignes marquant le point de bascule des touches.

Les touches sont tordues à leur extrémité de derrière, parce que l'étoirffoir ne pouvant frapper à la même place que le marteau, on lui fait prendre une route détournée pour venir frapper à côté.

l, Barre du clavier.

m, Châssis du clavier.

n, Marteau.

o, Étouffoirs.

La barre du clavier et son châssis, aussi bien que tout ce qui est compris entre les pièces g, e, f, ne sont pas fixés à la caisse et peuvent être enlevés à volonté sans le secours d'aucun outil. Il est de toute nécessité de pouvoir enlever le clavier facilement, parce que, si une corde venait à se casser, il faudrait lever le clavier pour, la remettre.

Explication de la fig. 3e., qui représente le mécanisme sur une plus grande échelle.

p, Ligne indiquant ia surface des cordes.
q, Pièces formant, par leur assemblage, le châssis du clavier représenté par la lettre m dans la fig. 2e.
r, Touche.
s, Guides de la touche r.
t, Garniture en feutre.
u, Garniture en molleton sur laquelle pose la touche.
v, Bascule fixée par la vis x; elle sert à régler la hauteur des échappemens au moyen d'une seconde vis y, qu'on peut serrer ou desserrer à volonté. Sur le bout de cette bascule est fixée, par le moyen d'une charnière en parchemin, une équerre z, servant à chasser le marteau, afin de le faire frapper sur la corde. Après cette même bascule est fixé uu ressort qui renvoie constamment l'équerre contre le marteau, pour lui faire reprendre l'échappement.

a', Tringle après laquelle sont fixées des vis b', servant à faire échapper le marteau plus ou moins loin de la corde, en serrant ou en desserrant ces vis.

c', Charnières des marteaux fixées à la tringle a' au moyen de vis.

d', Marteau sur lequel est fixé un ressort e', servant à le faire remonter quand il a frappé la corde.

f', Baguette fixée aussi à la tringle a', à l'aide de six pitons en cuivre g',elle sert à recevoir le ressort" .'

h', Autre tringle garnie, en dessous, d'un coussin i' en molleton, sur lequel repose le marteau.

À ', Pièce servant à retenir le marteau en l'air au moyen d'un faible ressort pour que ce marteau, après avoir frappé fortement contre les cordes, ne se trouve pas sujet à être renvoyé une seconde fois par le contrecoup du molleton. . .'

m', Étouffoir fixé, par une charnière en parchemin, au châssis q du clavier.

n', Tringle fixée par une vis et servant à recouvrir les charnières des étouffoirs.

o', Tète des étouffoirs ; elle est garnie d'une double espagnolette servant à étouffer le son; cette pièce est retenue par une vis en cuivre qui la fait avancer ou reculer.

A l'extrémité de derrière de la touche r est un enfourcheraent que l'on voit en p', fig. 2e dans lequel passe la vis q' fig. 3e., qui sert à faire lever l'étouffoir et en même temps à fixer sa hauteur.

Les pièces r' et s', que l'on aperçoit à gauche de la fig. 3e., sont des marteaux perfectionnés vus de face, remplissant les mêmes fonctions que celui que l'on voit en t' fig. 3e.

Le perfectionnement des marteaux r', s' consiste dans une garniture en feutre très épais; cette garniture, qui est d'un seul morceau de feutre, remplace sept ou huit peaux qui forment la tête du marteau; ce procédé est pour la durée de l'instrument.

Les peaux, après avoir servi quelques années, deviennent dures et sèches: ce qui occasione cette sécheresse, c'est que la première peau étant usée, le marteau se trouve endurci par la colle qui tenait cette première peau. Le feutre ne peut avoir cet inconvénient, étant d'une seule épaisseur.

Les pédales sont : basson, grand jeu, jeu céleste et sourdine. La sourdine n'étouffe, dans ce nouveau piano, qu'une seule corde de chaque note et sert à faciliter l'accord du piano, attendu qu'on ne peut pas mettre d'étouffoir entre les cordes quand on veut accorder, par la raison que le clavier est dessus.

Pour ne pas trop surcharger la fig. 2e., on n'y a pas figuré les pédales, qui produisent le même effet que dans les autres pianos, excepté la sourdine."
Description des machines et procédés spécifiés ..., Volume 23, 1832, p. 245-248


1834

   "Nouveau piano; par M. COTE. - Dans ce nouveau piano, le clavier est placé au-dessus de la table d'harmonie, et par conséquent au-dessus des cordes. Cette table règne dans toute l'étendue du piano, ce qui augmente la qualité du son. Les marteaux frappent les cordes en dessus; ils sont garnis d'un feutre très épais.

La sourdine n'étouffe qu'une seule corde de chaque note et sert à faciliter l'accord du piano. Le mécanisme du piano présente quatre pièces en mouvement. Les sons de cet instrument sont doux et agréables." Archives des découvertes et des inventions nouvelles: faites dans les ..., 1836, p. 241

"Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un forté-piano de M. Côte, facteur d'instrumens de musique, à Lyon.

L'instrument que M. Côte a présenté est renfermé dans une caisse de bois de paiixandre, fort belle et bien marquetée. Les événemens funestes qui ont désolé la ville de Lyon ont empêché M. CoVedese trouver en mesure de participer à la dernière exposition des produits de l'industrie, et il n'a pu soumettre son piano au jugement du jury : c'est au vôtre, Messieurs, qu'il le présente.

Ce qui rend cet instrument remarquable, c'est le système moteur des marteaux; ils frappent les cordes en dessus, à la manière de celui de M. Pape, mais avec un procédé d'échappement différent et nouveau. Je n'entreprendrai pas de vous expliquer ce mécanisme, qui a besoin d'une figure pour être compris; c'est ce que le Bulletin pourra mettre sous les yeux du lecteur.

Le Comité des arts mécaniques s'est aidé des lumières de M. Savart, si bon juge en ces matières, et le sentiment général a été que ce piano fonctionnait très bien, que les sons en étaient doux et agréables, mais qu'il manquait d'une certaine énergie, surtout dans les basses, inconvénient aux yeux de quelques artistes, avantages selon d'autres, qui préfèrent les sons propres à ménager la voix et à soutenir le chant.

La table d'harmonie est un peu voilée, ce qui annonce que la force de tirage des cordes n'est point suffisamment contre-balancée par celle du bois; mais on peut remédier facilement à ce défaut, sans même recourir aux barres de fer qu'un est forcé d'employer dans les pianos où les marteaux frappent les cordes en dessous, et où il faut laisser un fossé longitudinal pour leur passage.

Nous avons trouvé aussi que, dans l'échappement de M. Côte, on voit deux fils de soie à chaque levier de touche, destinés à faire fonctionner, l'un le marteau, l'autre l'étouffoir, et ces fils nous ont paru présenter des inconvéniens, à raison de leur qualité hygrométrique et de l'extension qu'ils peuvent prendre par une traction réitérée.

Il est vrai que des vis, qu'on fait tourner, tendent ces fils au degré voulu, et que la réparation est facile ; cependant il paraît vraisemblable que l'usage, en rendant cette réparation fréquente et minutieuse, fera reconnaître comme un défaut cette espèce de mécanisme. Le temps seul fera décider cette question ; il est d'ailleurs facile d'y suppléer.

En résumé, le piano de M. Côte est remarquable par un mécanisme nouveau, et parce qu'il a été fait à Lyon, ville où jusqu'ici ce genre l'industrie n'avait pas été entrepris. Nous pensons, Messieurs, qu'à ces titres l'artiste mérite encouragement, et nous vous proposons

1°. De graver et de décrire au Bllletin l'échappement de M. Côte.

2°. De remercier cet artiste de la communication qu'il vous a faite.

Le brevet de M. Côte étant expiré et méritant d'être rendu public, votre témoignage sera propre à le faire connaître avantageusement, sans nuire à l'auteur.

Approuvé en séance, le 17 septembre 1834.

Signé Francoeor, rapporteur.

Description du nouveau mécanisme de piano, imaginé par M. Cote fils.

M. Cote a obtenu, le 23 mars 1827, un brevet d'invention de cinq ans, pour la construction d'un piano à clavier placé sur les cordes.

L'auteur fait observer que, dans les pianos ordinaires, le clavier se trouve sous la table d'harmonie, tandis que dans le sien il est placé au dessus, et, par conséquent, au dessus des cordes. La table d'harmonie règne dans toute l'étendue du piano, ce qui augmente la qualité du son.

La position des cordes, qui sont au nombre de trois à l'unisson pour chaque note, est la même que dans les pianos ordinaires.

Trente-troisième année. Octobre 1834.

Les marteaux frappent les cordes en dessus; ils sont garnis d'un feutre très épais, préférable à la peau, qui s'use et se durcit promptement.

La sourdine n'étouffe qu'une seule corde de chaque note, et sert à faciliter l'accord du piano.

La caisse étant montée sur un châssis à jour, il en résulte que le piano, quoique fermé, produit autant de son que les autres pianos lorsqu'ils sont ouverts.

Le mécanisme du piano breveté présentait cinq pièces en mouvement; ces pièces, par leur frottement, laissaient entendre un bruit désagréable à l'oreille, indépendamment de celui qui est produit par la charnière de l'étouffoir; cette charnière, quoique garnie en drap, n'empêchait pas que ce bruit n'augmentât à mesure qu'elle prenait du jeu par le frottement.

M. Côte a remedié à cet inconvénient en construisant les charnières en parchemin comme dans les autres pianos.

Dans le nouveau mécanisme qu'il a présenté à la Société d'Encouragement, et dont la fïg. 1, Pl. 599, montre la coupe, M. Côte n'a conservé que quatre pièces en mouvement; il a retranché une bascule qui non seulement causait de l'embarras et augmentait les frottemens, mais qui, à raison de son poids, rendait le toucher extrêmement dur.

Le mécanisme du piano de M. Côte est donc composé aujourd'hui des pièces suivantes, savoir: a, La touche, c, L'étouffoir f, Tringle garnie en dessous de molleton, et servant à fixer la hauteur du marteau.g, Tringle portant les marteaux, h, Couvercle formant la charnière du marteau, i, Tringle portant les vis d'échappement, mais qui peut, sans démonter la mécanique, s'enlever à volonté pour faciliter le règlement des marteaux et des attrapes, y, Vis d'échappement, k, Marteau qui frappe sur la corde s. Bascule portant la pilote m, ou pièce d'échappement qui sert à chasser le marteau contre la corde, n, Pièce nommée attrape sur laquelle repose le marteau. p, Tringle qui empêche les étouffoirs de sauter, o, Chasse du clavier, r, Crochet en fil de fer, auquel est attaché un fil de soie, dont l'autre extrémité est fixée à l'étouffoir e; comme il entte à vis dans la touche a, on peut l'allonger ou le raccourcir, suivant qu'il est nécessaire de. faire lever plus ou moins l'étouffoir.

Dans la plupart des pianos, lorsque la touche est abaissée de moitié, elle offre une certaine résistance qui provient de l'échappement ; quand, elle est entièrement enfoncée, on sent.une autre secousse qui est produite par le repos du marteau sur l'attrape : ces défauts se font sentir lorsqu'on enfonce la touche douceujent il est facile de concevoir que la touche r s'en fonçant par secousses et par arrêt, doit nécessairement puire à la modification dés sous et empêcher de tirer du piano ces sons doux qui charment l'oreille.

Pour obvier à ces inconvéniens, M. Côte a calculé le poids de bascule de la touche de telle manière que le marteau n'échappe qu'an moment où cette touche repose sur le tapis; la pilote m, butant continuellement contre la vis d'échappement/, ne peut point produire cette secousse qui a lieu lorsqu'elle en est éloignée, comme cela arrive dans un grand nombre de pianos où la pilote est toujours à une certaine distance de la vis d'échappement. (D.)"
Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, Volume 33, 1834, p. 370-373

Pour voir le brevet original
voyez le site
INPI
(13)

CÔTE
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Pour les références voyez la page
pianos français 1800 - 1829


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