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CLUESMAN Jean Baptiste
à Paris (°1823)

1827

Brevet de 1827 : "M. CLUESMAN, fabricant de Pianos, rue des Fossés-Montmartre, n° 5 et rue de la Grande-Truanderie n° 48 a trouvé le moyen de poser les étouffoirs anglais dans les pianos carrés à table prolongée; il vient d'être breveté cette année par S. M. Charles X.

Il y a dans ces pianos, un assemblage en fer argenté en forme de harpe sur lequel les cordes se trouvent tendues, ce qui fait très bien conserver l'accord, et les garantit de l'humidité et de la chaleur.

La solidité des pianos ordinaires ne s'obtient qu'au moyen de grosses masses de bois, qui les rendent sourds et pesans, inconvénient que n'ont pas les pianos pour lesquels il est bréveté, dont le son est aussi fort que celui des pianos à queue." Journal des débats politiques et littéraires, 13/12/1827, p. 4 (Gallica) 

"Cluesmann, en 1827, fit éprouver au piano un changement dans la position des chevilles et des étouffoirs.

Ses instruments avaient à peu près la même forme que les pianos ordinaires, mais ils n'avaient pas de châssis d'étouffoir, et les chevilles étaient posées sur le sommier.

Après chaque étouffoir se trouvait une tringle en cuivre qui passait entre les cordes. Sur la table d'harmonie étaient adaptés des petits morceaux de bois garnis de drap, à travers lesquels passait chaque tringle, qui était vissée dans une espèce de châssis que chaque touche faisait lever." Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, 1861


1833

Brevet de 1833 : "Cluesman imagina un moyen pour tendre les cordes du piano : cette invention consistait dans une vis de pression faisant agir une bascule sur laquelle la corde était fixée et qui donnait la facilité, sans aucun effort, de hausser ou baisser la corde que l'on voulait mettre d'accord.

N'étant pas obligé de tourner et de détourner la cheville même sur laquelle la corde était roulée, l'on obtenait un accord plus solide, parce que les trous dans lesquels les chevilles étaient fichées ne pouvaient plus s'élargir, et les cordes étant moins pelotonnées étaient moins sujettes à se casser. (B. F.)" Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, 1861

"Remplacer les chevilles d'un côté pour les replacer de l'autre, et puis venir nous vanter l'avantage de ce changement qui consiste a empêcher les cordes de se relâcher, inconvénient inséparable du système de chevilles employé jusqu'ici : c'est, il faut en convenir, une singulière contradiction.

Nous craignons que le système de M. Cluesmann ne soit pas si favorable au maintien de l'accord qu'il voudrait le faire croire. Car, dans les pianos ordinaires, les cordes sont invariablement fixées d'un côté, tandis que dans les siens, elles peuvent se relâcher des deux côtés.

M. Cluesmann a pris un brevet d'invention. Nous croyons qu'il aurait pu se dispenser d'en faire les frais, car nous doutons fort que ses confrères se fussent emparés de son invention. Il en sera comme de tant d'autres qui ont été abandonnées par les inventeurs eux-mêmes avant l'expiration du brevet." Gazette Musicale de Paris, 1834


1835

Piano Avec Nouveau Système Pour Accorder

Brevet de 1835 : "1835. — Piano Avec Nouveau Système Pour Accorder. Cluesman offre un procédé nouveau pour la tension des cordes par le moyen de vis de pression, (B. F.)" Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, 1861 

"Cluesman, breveté d'Invention pour les pianos à vis de pression, rue Favart, 4." Agenda musical pour l'année 1836 : contenant tous les renseignements utiles aux amateurs de musique et aux artistes, Volume 3, 1836

"Nouveau mode de tension des cordes de piano; par M. CLUESMAN. - L'invention de M. Cluesman a pour objet de ne produire la tension de la corde du piano que par des degrés si faibles qu'on atteint très facilement le son qu'on demande.

Au lieu de fixer l'extrémité extérieure de la corde par une goupille qui accroche une bouclette, l'auteur accroche le bout de cette corde autour d'une broche d'acier qui est carrée à sa base inférieure, et entre assez librement dans un trou carre pratiqué à la table.

Cet enroulement se fait sur la partie inférieure de la broche, et, pour faciliter l'adhérence, la broche est percée d'un trou où l'on entre le bout de la corde.

A l'extrémité supérieure de la broche est disposée une vis horizontale en cuivre, dont le bout vient butter contre la broche; cette vis est entrée jusqu'à son milieu dans un écrou immobile fixé sur une tige de hauteur convenable : la tête de la vis est carrée, et on la saisit par une clef; en faisant agir cette clef, on fait tourner la vis dans son écrou, et on pousse plus ou moins le bout de la broche d'acier.

Ce mouvement, en changeant l'inclinaison de la broche sur la table, se transmet à la corde dont on fait ainsi varier la tension par quantités aussi petites qu'on veut; bien entendu que le fabricant a soin que le coude que fait la corde sur son appui ou sillet soit peu prononcé, pour que le mouvement de la corde soit assez libre. 

Quant à l'autre bout de la corde, il est à l'ordinaire enroulé sur une cheville d'acier, mais celle-ci ne sert plus qu'à produire les grands mouvemens.

Ainsi, pour monter une corde au ton voulu, quand ses deux extrémités ont été enroulées d'une part sur la broche et de l'autre sur la cheville, on fair tourner la cheville avec sa clé jusqu'à ce que la tension que ce mouvement lui fait prendre l'amène à peu près au ton désiré; on achève ensuite l'opération en manoeuvrant la vis avec le clé." Archives des découvertes et des inventions nouvelles: faites dans les ..., 1836, p. 223-224

 Un nouveau moyen de tendre les cordes d'un forté-piano

"Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un nouveau moyen de tendre les cordes d'un forté-piano, inventé par M. Cluesmann, facteur d'instrumens de musique, rue Favart, n° 4, à Paris.

On sait que les cordes d'un forté-piano sont tendues, d'une part, en accrochant une bouclette de la corde à une goupille fixée près du sillet, et tirant graduellement cette corde, qui est enroulée, d'une autre part, autour d'une cheville d'acier entrée dans un trou de la table au delà du chevalet: on fait tourner cette cheville avec une clef à carré qui en saisit la tête aussi carrée, et la corde, en s'enroulant à la surface de la cheville, est tendue au degré désiré.

L'inconvénient de ce mode de tension est que le plus petit mouvement donné à la cheville d'acier agit tellement sur le degré diatonique du. son que rend la corde, qu'il est assez difficile de proportionner la torsion de la clef à l'intervalle du ton qui reste à obtenir, sans compter qu'il arrive aussi qu'une trop forte tension fait quelquefois casser la corde.

On a paré, du moins en partie, à cet inconvénient en donnant à la clef la forme d'une manivelle à long bras; il faut alors des mouvemens plus étendus pour produire un effet sur la tension ; mais comme la cheville tourne sur son axe d'autant de degrés que le bras de la manivelle, que, d'ailleurs, la longueur de ce bras est gênante à manœuvrer, ce mode de tension n'est pas d'un usage général.

L'invention de M. Cluesmann a pour objet de ne produire la tension de la corde que par des degrés si faibles qu'on atteint très facilement le sou qu'on demande, ce qui offre une très grande commodité pour obtenir l'accord des pianos.

Il convient d'ajouter que cet instrument de musique ayant deux cent seize cordes, quand il est à six octaves, le temps qu'on ménage sur l'accord de chacune se trouve répété deux cent seize fois, ce qui est, comme on voit, une chose importante.

Les cordes qui cassent rendent encore cette opération plus longue, et il n'est pas rare qu'un bon accordeur emploie'jusqu'à deux heures pour accorder l'instrument.

Le mécanisme de M. Cluesmann abrégera beaucoup cette opération, et en outre les amateurs pourront eux-mêmes rétablir l'accord qui se dérangera, ce qui est d'une grande utilité à la campagne et dans tous les lieux où il est difficile de se procurer un accordeur.

Du reste, il faut nous empresser d'ajouter que les exigences de ce qu'on appelle le tempérament en musique, qui forcent d'altérer les accords, en affaiblissant les quintes et en augmentant les quartes, rendent très difficile l'accord des forté-pianos.

C'est un art qui exige de l'étude et du soin, et il ne faut pas espérer en venir à bout sans une habitude particulière et une oreille très exercée ; mais l'invention de M. Cluesmann sera appréciée non seulement des accordeurs de profession, mais aussi des amateurs, qui ne seront plus obligés- de recourir à ceux-ci, quand les discordances ne frapperont que sur un petit nombre de cordes, parce qu'il sera toujours facile de les faire disparaître chaque fois qu'elles se feront remarquer.

Au lieu de fixer l'extrémi'é antérieure de la corde par une goupille qai accroche une bouclette, M. Cluesmann enroule le bout de cette corde autour d'une broche d'acier a, fig. 1, Pl. 643, qui est carrée à sa base inférieure et entre assez librement dans un trou carré pratiqué à la table b.

Cet enroulement se fait sur la partie inférieure de la broche; et, pour faciliter l'adhérence, la broche est percée d'un trou où l'on entre le bout de la corde, pratique observée pour les chevilles de l'instrument, comme pour celjes du violon, de la guitare, etc.

A l'extrémité supérieure de la broche, est disposée une vis horizontale en cuivre c. dont le bout vient buter contre la broche; cette vis, longue d'environ 5 centimètres, est entrée, jusqu'en son milieu, dans un écrou immobile d, fixé sur une tige de hauteur convenable : la tète de la vis est carrée, et on la saisit par une clef aussi à carré, qui est fixée au bout d'un manche: on la présente horizontalement à la tête de la vis.

En faisant pirouetter cette tige, on fait tourner la vis dans son écrou, et on pousse plus ou moins le bout de la broche d'acier : ce mouvement, en changeant l'inclinaison de la broche sur la table, se transmet à la corde, dont on fait ainsi varier la tension par quantités aussi petites qu'on veutj bien entendu que le fabricant a soin que le coude que fait la corde sur son appui au sillet soit peu prononcé, pour que le mouvement de la corde soit assez libre.

Quant à l'autre bout de la corde, il est, à l'ordinaire, enroulé sur une cheville d'acier ; mais celle-ci ne sert plus qu'à produire les grands mouvemens : ainsi, pour monter une corde au ton voulu, quand ses deux-extrémités ont été enroulées, d'une part, sur la broche, de l'autre sur la cheville, on fait tourner la cheville avec sa clef, jusqu'à ce que la tension que ce mouvement lui fait prendre l'amène à peu près au ton désiré; on achève ensuite l'opération, en manœuvrant la vis avec sa clef : c'est ce qu'il est si facile de faire, qu'il faut qu'un léger exercice pour réussir.

Les pianos que fabrique M. Cluesmann ne diffèrent que. par cet appareil de ceux qui sont en usage; et, comme ce mécanisme ne peut en rien altérer les sons de l'instrument, on en conclura que cette invention ne lui donnera ni ôtera rien des qualités qui sont propres à sa construction.

Si la Société d'encouragement ne résistait pas, avec raison, à étendre ses travaux jusqu'à embrasser les beaux-arts, nous dirions que les pianos de la fabrique de M. Cluesmann nous ont paru avoir une belle qualité de sons et mériter, sous ce rapport, l'accueil que leur fait le public; mais, pour nous renfermer dans nos attributions spéciales, nous nous bornerons à affirmer que l'ébénisterie en est très belle et très bien composée, et surtout que le mécanisme nouveau est extrêmement commode pour remplir son objet.

Nous avons vu un de ces pianos, qui n'a pas eu besoin du secours de l'accordeur depuis environ un an, à ce qui nous a été assuré, et nous sommes d'autant plus portés à ajouter foi à cette assertion, que, chaque fois qu'une corde s'écarte du ton de son diapason par l'effet des influences atmosphériques, on l'y ramène de suite sans aucun embarras, en sorte que l'accord se conserve ainsi presque indéfiniment.

Cet appareil peut, avec des frais très modiques ( environ 35 à 40 francs), être adapté à toute espèce de pianos; et nous avons vu chez M. Cluesmann un vieux piano à queue, qu'il a rajeuni, en y adaptant le mécanisme de son invention, qui fonctionne très bien.

D'après ces considérations, Messieurs, le Comité des arts mécaniques a l'honneur de vous proposer de donner votre approbation à l'appareil imaginé par M. Cluesmann, et d'insérer le présent rapport dans le Bulletin, avec la figure explicative.

Approuvé en séance, le 25 novembre 1835.

Signé Francceur, rapporteur." Bulletin de la Société d'encouragement pour l'Industrie Nationale, 1835, p. 513-515


1841

Brevet de 1841 : "148° M. Cluesman (Jean-Baptiste), facteur de pianos, demeurant à Paris, rue Favart, n° 4, auquel il a été délivré, le 31 juillet dernier, le certificat de sa demande d'un brevet d'invention et de perfectionnement de cinq ans, pour un piano en fer à levier." Bulletin des lois de la République française, 01/1841, p. 40 (Gallica)

Pour voir le brevet original
voyez le site
INPI
(13)

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pianos français 1800 - 1829


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