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STEHLIN
à Toulouse

1805

"M. STEHLIN DEZINNER, artiste de Londres et de Paris, facteur de piano et de harpe, nouvellement arrivé à Toulouse, prévient les amateurs de cette ville qu'il répare avec beaucoup d'art lesdits instrumens et rectifie les défauts de construction ; il égalise sensible ment les proportions de l'harmonie, comme celles du mécanisme, ajoute des jeux et change méthodiquement les pédales à volonté, moyennant une rétribution proportionnée à ses soins et à l'importance des ouvrages qui lui sont confiés, il rend un piano de 15 à 20 ans de service meilleur qu'il n'ait jamais été, ne travaillant que dans le genre d'Erard.

Il invite les possesseurs de ces instrumens qui sont interessés à les conserver en bon état et bien d'accord, de s'adresser à lui, on peut se reposer sur son exactitude, et comme il ne craint pas la concurrence, pour bannir de l'opinion publique tout soupçon de charlatanisme, il travaille sous les yeux du particulier, moyennant une rétribution et la nourriture.

Il loge provisoirement place de la Mairie, maison Sirven, section 8, n.° 31, au second étage." Journal politique et littéraire de Toulouse et de la Haut-Garonne, 25/04/1805, p. 4 (Rosalis)

"STEHLIN DEZINNER, artiste expert, facteur de pianos et de harpes, qui avoit annoncé le précédent mois d'avril, son arrivée dans cette ville, était bien éloigné de s'attendre à une agréable surprise, dans la rencontre d'un rival aussi éloquent, que celui qui s'est affiché dans les numéros 25, 27 et 28 de ce journal, charmé de trouver un champion assez hardi, pour entrer en lice avec lui ; car se savant politique lui donne une occasion admirable pour se faire connoître au grand jour, et qui sans ce généreux procédé, présidoit au fonds des abîmes.

M. Stehlin trouve agréable cependant de réfuter l'assertion présomptueuse de son adversaire, qui se dit (être le seul dans Toulouse, qui exerce la partie de pianos et harpes); son esprit élevé ne doit pas douter que le soleil luit pour les savans, comme pour les sois.

Il est aussi étonnant qu'une réputation comme la sienne, connue à ce qu'il dit, depuis 60 ans, de père en fils, sous des auspices brillans, s'expose aujourd'hui à publier son éminente généalogie, crainte qu'on ne l'oublie, il a fait comme le charlatan qui s'empoisonne lui-même pour débiter sa drogue; un artiste expert ne craint jamais la concurrence de son semblable, l'égalité physique du ressort sympatique, les fait agir de concert, et bien loin de se nuire l'un à l'autre par les torches de la discorde, l'intelligente harmonie de leurs accords, les unit mutuellement par les liens d'une étroite amitié.

Il n'y a que le médiocre et rampant incertain de lui même qui s'effraie à l'aspect du génie, M. Stehlin répond une fois pour toutes à ses antagonistes qui n'ont cessé depuis trois ans de vomir contre lui le fiel de la calomnie, ou n'ont pas fait mention à ceux qui l'ignoroient, qu'il existoit dans cette ville un artiste supérieur à tous les prétendus facteurs qui ont habité Toulouse jusqu'à ce jour, et qui depuis son retour de Bordeaux, font accroire aux amateurs, pour lui enlever la confiance publique, qu'il n'est ici que passagèrement ; mais il déclare ouvertement qu'il est déterminé de se fixer en ce lieu et que rien ne pourra l'écarter de sa résolution ; il continuera de répondre à la médisance de ces vils plagiaires par le silence et le mépris.

M. Stehlin, n'a pas 60 ans de service dans l'art de son ministère, car dans ces temps reculés, il y avoit plus de Midas que d'Appollons ; l'on étoit borné au gothique usage des clavecins, des épinettes et des timpanons.

Mais il offre en échange au public un titre bien glorieux, qui est le témoignage authentique de 22 années de voyages, d'études et d'expérience, ayant vu d'autres climats que les bords de la Garonne.

Il a travaillé chez les premiers artistes de l'Europe, dans les villes capitales de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la Hollande et de la France ; d'ailleurs la solidité de ses opérations, la constance soutenue de l'harmonie, la correction et la précision de sa main d'œuvre est connue à Toulouse, depuis trois ans; Ses propres ennemis sont obligés de rendre hommage à cette verité.

Bien loin de vouloir tout accaparer, comme l'apréhende son craintif adversaire, il ne veut se borner qu'au petit cercle des connoisseurs, qui savent apprécier les vrais talens d'un artiste consommé dans sa profession ; il ne doute pas que lorsque les favoris d'Apollon, auront ouvert les yeux, qu'il n'obtienne la préférence sur tous les visionnaires dépourvus de génie dont les prétendus talens n'existent que dans leurs ridicules préventions.

L'art de créer des sons serrait plus révéré,
S'il était du public un peu moins ignoré ;
L'oreille délicate est un juge sévère,
On s'aperçoit d'abord d'une faute légère ;
Il l'ofense, il l'irrite et veut que dans l'oubli
Le facteur ignorant demeure enseveli,
La médiocrité produit la jalousie ;
Ses dénigremens vont jusqu'à la frénésie.
Le marchand de pianos, par la même raison,
Sait de la calomnie inventer le poison,
L'un et l'autre toujours vantent leurs marchandises,
Et souvent, pour donner du poids à leurs sottises,
Par le tour de bâton gagnant l’entremeteur,
Trompent la bonne foi du crédule acheteur.

M. STEHLIN DEZINNER, n'ayant d'autre ambition que celle de se rendre utile à la société, continue de perfectionner les pianos d'Erard ; son ancien collaborateur au suprême degré ; il augmente la température des dessus qui se trouvent pour la plupart étouffés par la supériorité des basses qui les dominent ; par une troisième corde, qu'il ajoute a ceux qui n'en ont que deux ; opération des plus intéressantes, les dessus prennent un tiers de plus de force par cette addition, et l'harmonie devient généralement égale à tout le clavier.

Il leur donne l'éclat brillant d'un son moêleux et flutés et leur enlèvent le bruit détestable du bois, occasionné par la négligence et l'incapacité de ceux qui les accordent ; il a trouvé dans la plupart des pianos qui lui sont confiés, un grand désordre ; absorbés par la poussière et rongés des artes, tombant en vétusté, à la veille d'une chute inévitable succeptible à de grandes réparations; il les accorde et les entretient toute l'année avec le plus grand soin et toute l'exactitude qu'on peur exiger d'un homme laborieux et obligeant, il se transporte avec plaisir dans les campagnes: voisines à condition que le travail ne surpasse pas la quinzaine ; ou lui écrira librement à cet effet ; sa demeure est toujours place de la Mairie, Maison Sirven, n° 31, à Toulouse." Journal de la Hte - Garonne, 16/06/1805, p 4 (Rosalis) - Voir son rival CAMPARDON à Toulouse.

"Avis aux enfans d'Appollon. - M. Stehlin Dezinner, artiste expert, facteur de piano et de harpe, previent les amateurs du bon goût, qu'il tiendra sous sa garantie, à prix fixe, d'excellens pianos de Paris, à deux et à quatre pédales; depuis 18 jusqu'à 50 louis.

Observant que l'ignorance tient plus à l'étiquette qu'aux bonnes qualités, il se recommande au connoisseur impartial exempt de prejugés; l'expérience apprendra qu'il mérite la confiance sur tous les rapports.

Il enseigne aussi aux personnes des deux sexes assujettis aux habitations lointaines, la méthode d'accorder et d'entretenir leur piano avec soin. -- Sa demeure est toujours place de la Commune, maison Sirven, n.° 31, à Toulouse." Journal de la Hte-Garonne, 28/07/1805, p. 4 (Rosalis) et  Journal de la Hte-Garonne, 01/08/1805, p. 4 (Rosalis)

"Avis aux propriétaires de piano. M. Stehlin Dezinner, facteur de piano et de harpe, prévient le petit nombre des amateurs, qu'il va faire un voyage dans le Bearn, il est demandé.

Il sera de retour vers la Noël, ce journal annoncera son arrivée, ainsi que son changement de domicile ; les personnes qui voudront communiquer avec lui pourront dans son absence, laisser leurs adresses chez MM. Mast, luthier, rue des Balances, n.° 22., et Crosille rue de la Pomme, magasin de musique, à Toulouse." Journal de la Hte-Garonne, 13/10/1805, p. 4 (Rosalis)


1806

"PETITES AFFICHES. - M. STEHLIN de Zinner, artiste de Londres et de Paris facteur de piano et de harpe et professeur d'accords, prévient les amateurs de cette ville, qu'il répare, avec tout l'art susceptible à son ministère, lesdits instrumens, ex rectifie les défauts de construction ; il égalise sensiblement les proportions de l'harmonie comme celle du mécanisme, ajoute des jeux, et change méthodiquement les pédales à volonté ; il rend un piano de 15 à 20 ans de service, meilleur qu'il n'ait jamais été, ne travaillant que dans le genre d'Erard, son ancien collaborateur.

Il invite les amateurs qui sont intéressés d'avoir leurs pianos en bon état et bien d'accord, de s'adresser à un officier de l'art et consommé dans sa profession; pat cet encouragement, ils conserveront dans leur sein un sujet dont la privation leur occasionneroit plusieurs désagrémens. On le demandera par écrit. Sa demeure est rue des Couteliers, chez M. Gratien, n.° 595, à Toulouse." Journal de la Hte-Garonne, 07/12/1806, p. 4 (Rosalis)


1811

"Stehlin de Zinnez [Dezinner], artiste de Londres et de Paris, facteur de Forté-pianos, Harpe, et professeur d'accords, nouvellement fixé dans cette ville, prévient les amateurs qu'il répare, avec le plus grand succès, les pianos de leur vétusté, rertifie les défauts de construction, enlève tout bruit choquant l'oreille, et rend les claviers faciles aux doigtés; améliore principalement l‘harmonie, en donnant à l'instrument un son moelleux, flûte et bien égal.

Il régénère les anciens pianos dans le genre méthodique, et les rend meilleurs qu'ils n'ont jamais été. Ledit artiste perfectionne même les pianos sortant de la main-d'œuvre : il vient d'en donner une preuve authentique, en exerçant ses talens sur un piano à queue; le clavier est à six octaves, construit chez Erard frères, à Paris, dont la nouveauté du mécanisme lui a valu un brevet d'invention.

M. Stehlin de Zinnez accorde et entretient en bon état lesdits instrumens ; il se transporte à la campagne comme à la ville, et l'on peut compter sur son exactitude.

Il demeure provisoirement chez M. Billet, hôtel des Célestins, au troisième étage, par l'escalier des bains. On peut laisser par écrit les avis au Portier de l'hôtel." Petites affiches de Lyon, et annonces Indiciaires, 26/10/1811, p. 52 et Le Moniteur judiciaire de Lyon: organe des tribunaux et des annonces légales, 02/11/1811, p. 52


1821

"M. STEHLIN, suisse, artiste, facteur et régénérateur de piano et de harpe, auteur du jeu Céleste, qui a travaillé dans cette ville et dans le Midi de la France, il y a dix-huit ans, et qu'on avait fait passer pour mort, est de retour dans cette ville, et a le plaisir de pouvoir offrir aux amateurs de la Haute-Garonne, l'exercice des talens qui l'ont toujours distingué du vulgaire; il réunit dans ses opérations l'agrément à la solidité, il augmente les pianos à trois cordes qui n'ont que cinq octaves en Fa, des sept notes additionnelles et les met à la hauteur des pianos modernes, du fa en ut.

Il égalise, rectifie et perfectionne les nouveaux, accorde et entretient en bon état lesdits instruments, et se transporte à le campagne à vingt lieues à la ronde aux frais du demandeur. Sa demeure est rue du Collège-Royal, n° 11, chez mademoiselle Sanarens au deuxième étage, à Toulouse." Journal de Toulouse, 02/11/1821, p. 4 (Rosalis)


1822

"M. Stehlin de Genève, artiste, facteur de pianos et harpes, auteur du jeu céleste, venant de Bordeaux, connu avantageusement dans tout le midi de la France, offre aux amateurs de cette ville, les services de son géniet.

Il efface de l'instrument toutes ses mauvaises qualités, lui donnen une harmonie fort agréable. Ses heureuses métamorphoses ont par tout fait l'admiration des connaisseurs, il se transporte par tout ou on l'invite, par écrit franc de port, rue St-Jean, n. 12, au deuxième étage, place du gouvernement, à Lyon." Le Précurseur, 04/04/1822, p. 4

"Avis aux muses d'Apolon. Mr. Stehlin, artiste, facteur et régénérateur de pianos, auteur du jeu céleste, previent les amateurs que pour lever les difficultés et la gêne qu'il éprouve en travaillant chez particuliers, il a rapproché sa demeure pour la facilité du transport, et être plus à la portée de ceux qui sont intéressés à voir renaître leurs pianos dans le premier éclat.

Il a fait disparaître de l'instrument toutes les mauvaises qualités, et lui substitue une harmonie fort agréable. Il accorde au superlatif. Ceux qui voudront profiter de son court séjour dans cette ville, n'ont pas de tems à perdre. Il loge place du Plâtre, n.° 16, au 4me. L'artiste est visible de 7 jusqu'à 9 heures du matin. Son nom est sur la porte." Le Précurseur [Journal à Lyon], 04/05/1822, p. 4

Pour les références voyez la page
alphabétique S


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