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SCHMID-OBERDOERFFER
Manufacture de pianos à Strasbourg
 

par Jean-Marc STUSSI

 

 
Strasbourg a connu plusieurs fabricants de pianos au cours du 19° siècle. Parmi ceux-ci, les SCHMID-OBERDOERFFER ont créé leur manufacture en 1846 à l’initiative de Georges Frédéric SCHMID (1815-1904) et de Philippe Jacques OBERDOERFFER (1815-1892).

Installée au 22 Grand’Rue, elle a produit des pianos droits sous cette raison sociale, à partir de 1905 sous celle de « SCHMID-OBERDOERFFER – SCHMID-DUBIED Succr  », puis « SCHMID-DUBIED » jusque dans les années 1930.

Cette maison a surtout été tenue, après 1892, par la famille SCHMID en particulier par Frédéric Guillaume (1844-1908) qui assure seul, puis avec un cousin, l’affaire de « facture instrumentale » entre 1892 et 1905. En 1906, elle a créé une deuxième enseigne au 3 rue du Vieux-aux-Vins, avec annexe au 9 Quai Desaix, spécialisée dans la vente de musique et d’instruments de musique. Devenue à la même date « SCHMID-DUBIED », elle a cessé son activité en 1951.

Les événements de 1870 ont amené une dispersion de plusieurs membres des deux familles vers Paris et la province (Macon, Le Mans).

LES SCHMID
Menuisiers, ébénistes,
accordeurs, facteurs et fabricants de pianos,
marchands de musique à Strasbourg et Paris

Bien que né à Strasbourg le 19 août 1815, le fabricant de pianos strasbourgeois Georges Frédéric SCHMID est issu d’une famille originaire de Baden-Württemberg. Son père Georges Frédéric SCHMID (1783-1838) ést né à Neubulach (ca 40 km NE Freudenstadt) le 6/8/1783, et sa mère Julienne Wollenbaer née à Lahr (Bade) le 14/12/1784.

Ce couple est installé, à Strasbourg au 51 Grand’Rue avant 1814, année de son mariage en cette ville le 22 juin, Georges Frédéric exerçant le métier de menuisier. Il est sans doute à l’origine de la formation de menuisier de son fils prénommé également Georges Frédéric, sauf à admettre que celui-ci l’ait suivie très tôt chez un fabricant de pianos local où aurait déjà pu travailler son père.

Georges Frédéric (fils) passe ensuite à l’ébénisterie qu’il a peut-être pratiquée chez le fabricant de pianos Allinger où il a pu rencontrer son futur associé G.F. OBERDOERFFER. En effet, à la naissance, en 1844, de son fils aîné Frédéric Guillaume, Georges Frédéric, menuisier résidant 24 rue des Drapiers, avait pris comme témoins Théodore Heiering, 26 ans, menuisier, et Jean Jacques Heller 26 ans, facteur de pianos, bon indice qu’il travaillait chez un fabricant de pianos strasbourgeois.

Georges Frédéric a épousé, le 15 juillet 1844 à Strasbourg, Salomé Frédérique Christiani (1821 Strasbourg – 1884 Paris), fille de Jean Frédéric Christiani, Tanneur, et de Salomé Wolff, dont il aura plusieurs enfants (1). Trois fils seront actifs en facture de pianos à Strasbourg et à Paris.

Georges Frédéric SCHMID est, avec Philippe Jacques OBERDOERFFER (1815-1892), le fondateur, en 1846, de l’atelier de fabrication de pianos SCHMID-OBERDOERFFER installé au 22 Grand’Rue. De cet atelier sortiront des instruments sous le nom de « SCHMID-OBERDOERFFER – Strasbourg » dont il subsiste des exemplaires datables surtout d’après 1870 (2). Cette enseigne était en concurrence avec les maisons S. Wolf (rue de la Mésange, avec des succursales à Mulhouse et Nancy dans les années 1900-1914), Steegmuller (rue des Jeu des Enfants), Prestel (rue des Juifs), Allinger (31, Quai des Bateliers), les successeurs de Bauer et Vogelweith (2 ; 3).

Les événements de 1870 et l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne, amèneront quelques perturbations dans cette maison. Optant pour la France (4), Georges Frédéric SCHMID quittera Strasbourg et s’installera comme ébéniste à Paris avec ses fils, travaillant chez l’un ou l’autre des fabricants de pianos des 9° et 18° arrondissements où ils résidaient. Ils n’ont pas été eux-mêmes fabricants de pianos à Paris.

Ils suivent ainsi une destinée très semblable à celle des fils OBERDOERFFER. Ont également rejoint Paris : son épouse Salomé Frédérique Christiani, ses fils Frédéric Guillaume et son épouse Julie Frédérique OBERDOERFFER, Emile Edouard et Auguste Charles, ses filles Amélie Frédérique et Julie Emma. La famille résidait d’abord au 8 Cité de la Chapelle, par la suite pour les seuls parents au 32 Rue Stephensson (18°).

Le choix de l’« exil » vers Paris a pu être motivé, outre l’aspect politique, par la présence en région parisienne, bien avant 1870, d’Edouard Emile, frère de Georges Frédéric, facteur de pianos à Pantin avant 1859, et d’Amélie Frédérique, couturière à Paris 18°, sa fille. Lors de la déclaration d’événements familiaux (naissances, mariages) (5), les SCHMID font appel, comme témoins, non seulement aux membres de la famille résidant en région parisienne, mais également à leurs collègues de travail.

On note ainsi Edouard Emile SCHMID, 56 ans, « pianiste » (il faut sans doute lire facteur de pianos, celui de Pantin), oncle d’Auguste Charles (1881) ; Emile SCHMID, 32 ans, « pianiste », frère de Julie Emma (1881) ; Eugène SCHMID, 25 ans, tapissier, cousin de Auguste Charles (1881) ; Sébastien Lux, 30 ans, mécanicien en pianos (1876) ; Emile Chenu, 38 ans, menuisier ; Jacques Leser, 39 ans, menuisier ; Michel Rothbach, 31 ans, ébéniste ; Louis Devineau, élève au Conservatoire (1881).

Ayant peut-être continué à suivre l’affaire strasbourgeoise depuis Paris, Georges Frédéric SCHMID ne reviendra à Strasbourg à une date indéterminée qu’après le décès, en 1884, de son épouse Salomé Christiani. Il décèdera le 29 avril 1904 à Strasbourg, au domicile de son fils 17 avenue des Vosges (1).

Frédéric Guillaume SCHMID, est né le 17 novembre 1844. Il deviendra accordeur de pianos puis fabricant de pianos, qualité qu’il déclare, ainsi que son domicile parisien, lors de son mariage, le 8/10/1874 à Strasbourg, avec Julie Frédérique OBERDOERFFER, fille de Philippe Jacques OBERDOERFFER l’associé de G.F. SCHMID (1). A cette date ou peu après, Frédéric Guillaume revient définitivement à Strasbourg, prenant la succession ou du moins assurant la gestion locale de l’affaire créée par son père.

Il est certainement amené à prendre davantage la gestion de l’affaire après le départ en retraite en 1884 de G.F. OBERDOERFFER. La raison sociale « SCHMID-OBERDOERFFER » reste cependant inchangée. L’épouse de Frédéric Guillaume, Julie Frédérique OBERDOERFFER, décèdera à Strasbourg le 13 juin 1890 à Strasbourg. Frédéric Guillaume se remariera l’année suivante, le 4 juillet 1891, avec Julie Caroline Boehm, née le 9 mars 1850 à Strasbourg (1). A ce mariage, un des témoins est Charles SCHMID, 47 ans, son cousin, d’abord serrurier comme son père, puis « fabricant » : mais de quoi ? fabricant de pianos ? Dans ce cas, il aurait intégré l’affaire de Frédéric Guillaume, ce qui semble se confirmer par la suite.

Emile Edouard SCHMID, né le 25/5/1849 à Strasbourg, frère de Frédéric Guillaume, se dit tantôt ébéniste, tantôt facteur de pianos, se disant aussi pianiste (1). Il épousera Marie Julie Plessis à Paris dont il aura deux enfants Emilie Léonie (09/8/1874) et Charles Maurice (o28/3/1876) nés au 167 Fbg Poissonnière (9°, artère réputée pour ses fabricants de pianos) (5). Il reviendra également à Strasbourg où il sera « négociant » (1905) et continuera l’affaire avec DUBIED après 1908.

Auguste Charles, autre frère de Frédéric Guillaume, est né le 10/10/1853 à Strasbourg et épousera le 16/4/1881 à Paris (18°), Marie Rousset, fleuriste. Il sera ouvrier en pianos et « ébéniste en pianos », spécification exceptionnellement utilisée qui enlève toute ambigüité sur sa spécialité.

Julie Emma, née le 30/4/1851 à Strasbourg, deviendra l’épouse, en 1885, de l’artiste lyrique Louis Stanislas Devineau (o1/11/1854 à Celles, Loir-et-Cher). Celui-ci fréquentait sans doute déjà la famille auparavant car, encore élève au Conservatoire de Paris, il était témoin au mariage d’Auguste Charles en 1881 (5). On est tenté de rapprocher la profession de limonadier de Louis Stanislas Devineau, le père de l’artiste lyrique, de celle de limonadier, à Vincennes, de Jean Frédéric OBERDOERFFER pendant son séjour en région parisienne (1872-1880) et de Jean OBERDOERFFER (brasseur).

Edouard Emile SCHMID. Né le 14 février 1825 à Strasbourg, il est le frère de Georges Frédéric (1). Il deviendra « pianiste » (1881), en fait sans doute facteur de pianos à Paris, mais se dira aussi fabricant de pianos (1891). Il épousera Caroline Lobstein le 10 mai 1856 à Paris 3° (ancien) et aura au moins un fils, Emile Charles, né le 12 octobre 1859 à Paris (6° ancien) (5). Cette naissance parisienne suppose une installation assez précoce d’Edouard Emile dans la capitale, indépendante des événements de 1870, mais qui a pu orienter l’« exil » parisien du reste de la famille en 1872.

Emile Charles SCHMID, fils de Edouard Emile SCHMID et Caroline Lobstein, est né le 12 octobre 1859 à Paris (ancien 6°) (5). On peut présumer qu’il y est resté jusque vers 1887, année de son mariage, le 16 juillet à Strasbourg où il réside, avec Amélie Julie Mathilde Meckert, fille de Charles Frédéric Meckert, fondeur en cuivre, et Caroline Heintz. Serait-il revenu à Strasbourg après le départ en retraite de P.J. OBERDOERFFER en 1884, pour seconder son cousin Frédéric Guillaume ?

Charles Théodore SCHMID. Un autre cousin de Frédéric Guillaume, né le 28 mai 1844 à Strasbourg, deviendra serrurier comme son père (Charles Théodore SCHMID, o1817, marié à Christine Dorothée Erb), mais se dira « fabricant » (sans spécification) en 1891 au second mariage de Frédéric Guillaume (1). Cette qualité signifierait-elle qu’il est également dans l’affaire de pianos ?

Le départ en retraite de P.J. OBERDOERFFER en 1884, puis le décès de celui-ci en 1892, suivi de ceux de Georges Frédéric SCHMID en 1904 et de Frédéric Guillaume en 1908, ont modifié les raisons sociales de l’affaire (1).

En prenant sa retraite en 1884, P.J. OBERDOERFFER pourrait avoir conservé sa participation dans l’affaire, la raison sociale « SCHMID-OBERDOERFFER » restant inchangée jusqu’en 1904, année du décès de G.F. SCHMID. En fait, dès 1895, il n’y a plus d’OBERDOERFFER dans l’affaire du 22 Grand’Rue seul un Frédéric SCHMID paraît en être le seul tenant : est-ce Georges Frédéric ou plutôt son fils Frédéric Guillaume ?

Ce n’est qu’en 1905, après le décès en 1904 de G.F. SCHMID, qu’arrive Paul Victor DUBIED, les propriétaires de l’affaire étant désormais « SCHMID-DUBIED ». Ils maintiennent quelques temps, sur les instruments produits, le label « SCHMID-OBERDOERFFER – SCHMID-DUBIED Succr. Strasbourg » ou – « SCHMID-DUBIED – Strassburg Inh.» (traduction allemande à partir du moment où la pression de la germanisation de l’Alsace s’est accentuée).

Après le décès, en 1908, de Frédéric Guillaume SCHMID, les sociétaires sont Paul Victor DUBIED, Emile Charles SCHMID et son cousin Charles SCHMID. Pendant toutes ces années, l’affaire se consacre essentiellement à la facture et à la vente de pianos au 22 Grand’Rue. Son activité va cependant s’élargir avec l’ouverture fin 1906 début 1907 (existence attestée en 1907 mais non en 1906), d’un nouveau magasin de l’autre côté de la place Saint-Pierre-le-Vieux, au 3 rue du Vieux-Marché-aux-Vins, destiné à la vente de musique et d’autres instruments de musique.

Ce magasin a une annexe sur le 9 Quai Desaix, voie parallèle située derrière le Vieux-Marché-aux-Vins. Il est probable que les deux magasins pouvaient communiquer par l’arrière. Leur nouvelle installation s’effectue semble-t-il dans des immeubles neufs du style de l’époque. Selon R. Pierre, P.V. DUBIED tiendra seul l’affaire entre 1926 et 1951, année de fermeture des magasins (3).

Paul Victor DUBIED. Paul Victor DUBIED est né le 6 octobre 1878 à Strasbourg, fils de Strohecker décédé avant la naissance de Paul Victor et de Marguerite Caroline DUBIED originaire de Boveresse (NE, CH) (1). A-t-il été formé chez les SCHMID-OBERDOERFFER ? Le 9 décembre 1905, résidant 22 Grand’Rue, il se marie avec Jeanne Marguerite Barbe Treser (o29/6/1886, Schiltigheim).

La présence des témoins Fritz SCHMID, propriétaire, et Emile SCHMID, négociant, s’explique d’une part par les relations d’affaire, d’autre part par l’absence de famille du côté de sa mère décédée avant 1905. Fritz a tout lieu d’être Frédéric Guillaume, tandis que Emile (47 ans) ne peut être qu’Emile Charles, né le 12 octobre 1858 à Paris (ancien 6° arrondissement), fils de Edouard Emile SCHMID (1825- ?), fabricant (facteur ?) de pianos à Paris et Caroline Lobstein.

Frédéric Guillaume et Emile Charles sont cousins. Ce même Emile Charles SCHMID se disait fabricant de pianos lors de son mariage le 16 juillet 1887 à Strasbourg, avec Amélie Julie Mathilde Meckert (o15/7/1866, Graffenstaden). (Traduction littérale de la terminologie allemande de « Klavierfabrikant », en l’occurrence se serait plutôt facteur de pianos à Paris, mais fabricant à Strasbourg).

 

 

Esquisse généalogique des SCHMID, ébénistes, facteurs et fabricants de pianos à Strasbourg et Paris.

 

SCHMID Georges Frédéric, o le 6/8/1783 à Neubulach (Wurttemberg), Menuisier, † le 15/4/1838 à Strasbourg, x le 22/6/1814 à Strasbourg WOLLENBAER Julienne, o le 14/12/1784 à Lahr (D), † le 27/8/1850 à Strasbourg
 

. | SCHMID Georges Frédéric, o le 19/8/1815 à Strasbourg, Menuisier, ébéniste / Facteur de pianos / Fabricant de pianos, † le 29/4/1904 à Strasbourg, x le 15/7/1844 à Strasbourg CHRISTIANI Salomé Frédérique, o le 9/7/1821 à Strasbourg, † 18/3/1884 à Paris 18°
 

. | . | SCHMID Frédéric Guillaume, o le 17/11/1844 à Strasbourg, Fabricant de pianos / Accordeur de pianos, † le 27/1/1908 à Strasbourg, x le 8/10/1874 à Strasbourg OBERDOERFFER Julie Frédérique, o le 24/12/1842 à Strasbourg, † 13/6/1890 à Strasbourg
. | . | SCHMID Frédéric Guillaume, o le 17/11/1844 à Strasbourg, Fabricant de pianos / Accordeur de pianos, x le 4/7/1891 à Strasbourg BOEHM Julie Caroline, o le 9/3/1850 à Strasbourg, † à Strasbourg
. | . | SCHMID Amélie Frédérique, o le 9/9/1847 à Strasbourg, x le 20/11/1869 à Paris 18° KELLER Henri Charles, o le 21/8/1844 à Paris 5° ancien, †, Horloger
. | . | SCHMID Emile Edouard, o le 25/5/1849 à Strasbourg, Ouvrier en pianos / Facteur de pianos / Ebéniste x PLESSIS Marie Julie, o le 24/12/1853, †, Mercière / Plumassière
 

. | . | . | SCHMID Emilie Léonie, o le 8/8/1874 à Paris 18°, Comptable, x le 24/8/1898 à Paris 18° CUPILLARD Constant, o le 15/1/1866 à Bienne (SO, CH), †, Sous-Officier artillerie de marine
. | . | . | SCHMID Charles Maurice, o le 28/3/1876 à Paris 18°
 

. | . | SCHMID Julie Emma, o le 30/4/1851 à Strasbourg, x le 15/10/1885 à Paris 18° DEVINEAU Louis Stanislas, o le 1/11/1854 à Cellettes (Loir et Cher), †, Artiste lyrique
. | . | SCHMID Auguste Charles, o le 10/10/1853 à Strasbourg, Ouvrier en pianos / Ebéniste en pianos, x le 16/4/1881 à Paris 18° ROUSSET Marie, o le 13/9/1859 à Issoudun, †, Fleuriste
 

. | . | . | SCHMID Emma Charlotte, o le 1/2/1882 à Paris 18°, † le 24/9/1960 à Vimiont (Calvados)
. | SCHMID CharlesThéodore, o le 3/5/1817 à Strasbourg, Serrurier, x à Strasbourg ERB Christine Dorothée,
 

. | . | SCHMID Charles Théodore, o le 28/5/1844 à Strasbourg, Serrurier / Fabricant
. | . | SCHMID Eugène Camille, o le 3/1/1846 à Strasbourg
. | SCHMID Auguste, o le 10/9/1819 à Strasbourg, Tapissier, x KLEIN Barbe
. | . | SCHMID Eugène Albert, o le 4/8/1855 à Strasbourg
. | . | SCHMID Charles Auguste, o le 10/9/1857 à Strasbourg, Tapissier, x le 22/6/1901 à Paris 18° DUBOIS Juliette Félicie, o le 10/9/1857 à Reims, †, Couturière
 

. | SCHMID Edouard Emile, o le 14/2/1825 à Strasbourg, Facteur de pianos, x le 10/5/1856 à Paris 3° (ancien), x10/5/1856 Paris (3°) LOBSTEIN Caroline, †
. | . | SCHMID Emile Charles, o le 12/10/1859 à Paris, Facteur de pianos / Fabricant de pianos / Marchand de musique, x le 16/7/1887 à Strasbourg MECKERT Amélie Julie Mathilde, o le 15/7/1866 à Graffenstaden, † le 26/6/1908 à Strasbourg
 

. | . | . | SCHMID Emile Charles Auguste, o le 25/4/1888 à Strasbourg

Sur ce site : SCHMID

 

LES OBERDOERFFER
Facteurs-fabricants de pianos, Marchands de musique

Bien que ce patronyme ne soit pas très répandu en Alsace, il concerne cependant trois familles apparentées qui se sont destinées à la facture de pianos et/ou au commerce de la musique. Il s’agit des deux frères Philippe Jacques et Jean Frédéric OBERDOERFFER, le fils Frédéric Jean de ce dernier (Paris), enfin leur neveu Charles Frédéric Eugène et son fils Eugène, tous répertoriés par L. Verbeeck (2).

Philippe Jacques Auguste OBERDOERFFER est associé, à partir de 1846, à Georges Frédéric SCHMID sous la raison sociale « SCHMID-OBERDOERFFER », fabricants de pianos à Strasbourg, 22 Grand’rue. Il est né le 22 avril 1815 à Strasbourg au 27 Fbg des Pierres, fils de Philippe Jacques OBERDOERFFER (1790-1847), sergent de police puis brasseur dans le quartier Saint-Nicolas, et de Marie Madeleine Maechling (27.5.1791 Strasbourg – 12/6/1843 Strasbourg), fille du brasseur Jean Michel Maechling et Anne Marie Steinbach.

Le 25 juillet 1840, il épouse, à Strasbourg, Julie HIRTZ, née le 21 octobre 1815 à Strasbourg (+3 avril 1873), fille de Daniel Georges HIRTZ, tourneur, et de Christine Maechling. Parmi les témoins à son mariage, se trouve Jean Léonard ALLINGER, 36 ans, fabricant de pianos déjà bien implanté Strasbourg (1).

Ce choix semble devoir s’expliquer par le fait que Philippe Jacques travaille et a sans doute été formé chez lui à la facture de pianos. Cela explique aussi sa destinée de fabricant de pianos en association avec G.F. SCHMID, peut-être autre compagnon d’atelier.

Il réside successivement (sans doute en fonction du nombre d’enfants au foyer) 4 rue du Coin Brûlé (1842), 2 rue Thomann (1840), 131 Grand’rue (1845).

Dès 1850, il est facteur de pianos au 69 Grand’Rue. A partir de 1861, il est au 22 Grand’rue, à l’adresse de la maison SCHMID-OBERDOERFFER, puis fabricant de pianos en 1866. Son association avec Georges Frédéric SCHMID, fabricant de pianos, daterait de 1846 (2).

Aux déclarations de naissance de ses enfants, les témoins auxquels il fait appel sont menuisiers ou ébénistes, ce qui confirme ses relations précoces avec la facture de pianos : Henri Starck, ébéniste, 37 ans (1840), Jacques Leser, 34 ans, menuisier, Jacques Kerviel, 36 ans, ébéniste (1840); Xavier Pütz, 30 ans, menuisier (1842); Henri Klug, 34 ans, ébéniste (1842), Jacques Boettiger, 31 ans, menuisier (1845) ; Michel Moll, 44 ans, menuisier (1847); Charles Wohlhüter, 42 ans, menuisier (1851); Jean Hamm, 42, ans, ébéniste (1).

 

 

Le couple OBERDOERFFER-HIRTZ aura 12 enfants dont seulement quatre atteindront l’âge adulte (1). Parmi ces quatre, deux se trouveront dans le contexte de la musique :

 

Julie Frédérique (24 décembre 1842 - 13 juin 1890 Strasbourg) épousera le 8 octobre 1874 à Strasbourg, Frédéric Guillaume SCHMID, né le 17 novembre 1844, fils de Georges Frédéric SCHMID, fabricant de pianos. Le mariage a lieu à Strasbourg, mais lui, fabricant de pianos, ainsi que ses parents, facteurs de pianos, résident à Paris. Une partie de la famille SCHMID s’est donc installée dans la capitale après 1870.

Frédéric Auguste, né le 17 février 1850, décédé le 26 février 1930 à Strasbourg. Il deviendra professeur de musique et chef d’orchestre et sera promu Officier de l’Instruction publique.

Lors du Grand concours orphéonique du Havre en 1898, sont décernées les Palmes académiques à « notre excellent collaborateur qui remplissait les fonctions de membre du jury et qui est à Strasbourg le correspondant de plusieurs journaux parisiens » (3 ; 7).

Il a mené une brillante carrière musicale à Strasbourg ainsi qu’à Paris où il était très connu. Il était correspondant régional de l’Annuaire des Artistes et de l’Enseignement dramatique. En 1882, il prend la succession de M. Schwab au « Journal d’Alsace » et en 1892, il devient correspond de la revue « Le Ménestrel » en remplacement de M. Baldensperger. (7 ; 8). Le 5 août 1885, il a épousé à Strasbourg, Adèle Amélie Pfersdorf (1859- ?) fille du pharmacien Louis Frédéric Pfersdorf et Lucie Adèle Ehrmann.

A son mariage, Frédéric Auguste avait comme témoin Frédéric (Guillaume) SCHMID, accordeur de pianos (41 ans), le fils du fabricant de pianos.

On n’est pas renseigné sur le rôle précis tenu par P.J. OBERDOERFFER dans l’association SCHMID-OBERDOERFFER. Il a probablement conduit l’affaire après le départ pour Paris, en 1871-1872, de son associé SCHMID Frédéric SCHMID, et ce jusqu’au retour à Strasbourg de Frédéric Guillaume SCHMID. Il s’est retiré de celle-ci en 1884, car en 1886, il se déclare propriétaire, résidant 69 Grand’Rue ; il a alors 71 ans.

Bien qu’en retraite, et malgré les décès en 1890 de Julie Frédérique, la fille de P.J. OBERDOERFFER, et son propre décès en 1892 au 5 quai de Türckheim, à peu de distance du 22 Grand’Rue, les pianos continueront à sortir de l’affaire sous le nom de « SCHMID-OBERDOERFFER ». Entre 1893 et 1905, l’affaire sera tenue essentiellement par son gendre Frédéric Guillaume (cf. § SCHMID) et le cousin de celui-ci Charles Emile (1).

Jean Frédéric OBERDOERFFER, cadet de 10 ans de Philippe Jacques, est né le 29 avril 1825 à Strasbourg (1). Il est probable qu’il ait été formé à la facture de pianos dans le même atelier que son frère. En l’absence de mention de prénom, serait-ce lui qui était “ouvrier-tableur” et “finisseur” chez PLEYEL entre 1854 et avril 1858 ? (19).

Le 29 décembre 1863, il épouse, à Nancy, Victorine Rosine METZNER, née le 21 juillet 1837 à Lunéville, fabricante de corsets, fille de Frédéric Charles METZNER (3.4.1803 Mulsen Saxe – 2.5.1883 Lunéville), tisserand, fabricant de tissus, et Barbe Thérèse Bauret (28.6.1802 Nancy – 6.4.1865 Nancy) (9). Victorine est une cousine de Théophile Camille METZNER (6.10.1836 Nancy – 28.3.1884 Nancy), professeur de piano formé à Leipzig, qui a repris, vers 1876, l’affaire créée peu avant par J.B. FRANTZ de Metz, marchand de musique et d’instruments et éditeur de musique à Nancy 7 rue de la Poissonnerie/Gambetta) (10).

Camille METZNER s’est également déclaré fabricant de pianos car des pianos sont en effet sortis de son magasin sous la signature « METZNER Nancy Médaille à Sydney » (Premier Prix) et Melbourne en 1880 (médaille de bronze). Il a aussi obtenu une mention honorable à Reims dès 1876. Toutefois, Camille METZNER ne semble pas avoir disposé d’un atelier conséquent pour la fabrication et se procurait les instruments chez d’autres fabricants.

Jean Frédéric OBERDOERFFER s’installe comme facteur de pianos et marchand de musique au Mans autour de 1880 après avoir passé quelques années comme facteur de pianos à Colmar (18 rue du Nord, puis 2 rue des Juifs) où sont nés deux enfants (1865, 1866) (11), puis comme limonadier à Vincennes où sont nés deux autres enfants (1874, 1879) (12). Ce passage à Vincennes est consécutif à son option pour la France après l’annexion de 1870. En 1871-1872, il s’est réfugié, avec sa femme et deux enfants, à Malzéville (71 Grand’Rue), où il semble avoir été « ouvrier de la manufacture » (Archives Eglise réformée Nancy ; document inédit).

Ce passage par Nancy s’explique par les liens existant entre sa famille et les familles METZNER de Nancy dont était issue son épouse. Au Mans, Jean Frédéric OBERDOERFFER tiendra son affaire au 23 Courthardy jusqu’après 1891, puis au 26 rue Marchande entre ca1892 et 1898.

Fin 1898, il prend sa retraite et n’ayant pas de repreneur dans sa famille, cède son affaire à Joseph Legeay et Joseph Drouault (raison sociale Legeay-Drouault, marchands de musique, 26 rue Marchande Le Mans) (14).

Cette association commerciale, située peu après au 2 rue Marchande, semble avoir existé jusqu’autour de 1910, car en 1911 J. Drouault est comptable à la société Desclés, résidant 20 rue de l’Evêché puis rue 56 route d’Angers, Legeay tenant seul l’affaire.

Par la suite, Legeay est au 3 rue de la Barillerie au moins jusqu’en 1936, apparemment plus petite structure à laquelle on le trouve également un moment en 1911 (peut-être au moment de la dissolution de l’association) (13). Selon Lieve Verbeeck (2), des pianos sont sortis de son magasin ou de son atelier (de sa fabrication ?) sous le nom LEGEAY-DROUAULT, nécessairement avant 1910. LEGEAY-DROUAULT vendaient également des pianos ERARD (25 à 30 instruments entre 1901 et 1904).

J. F. OBERDOERFFER avait déposé un brevet de fabrication de siège à hauteur variable pour pianos, orgue et autre applications, pour lequel il a été cité à l’Exposition universelle d’Anvers en 1884 et obtient un diplôme de mention honorable à l’exposition de Lyon de 1894 (classe 23, meubles de luxe et à bon marché) (14). Un exemplaire de cette chaise, en place à l’église paroissiale Saint-Germain-d’Auxerre à Morlaàs (64160), est classé depuis 17.12.1993 à l’Inventaire général du patrimoine culturel (Aquitaine).

Au Mans, J.F. OBERDOERFFER était en concurrence avec la maison Jacques STAUB, originaire de Sainte-Marie-aux-Mines, momentanément fabricant de pianos à Paris (STAUB et Cie ; 1871-1875), puis installé au Mans (1876-1898 ; maison continuée par son gendre Manceau). Il n’a aucun rapport avec Jean Joseph STAUB de Nancy. La maison OBERDOERFFER était également en concurrence avec la maison Gouge-Dolmetsch 9-11 rue de la Préfecture, successeur de Guillouard, devenu Guillouard-Dolmetsch fabricants de pianos et marchands de musique, et Gamichon (13 ; 15 ; 16). J.F. OBERDOERFFER est décédé entre 1901 et 1906 au Mans.

Frédéric Jean, le fils ainé de Jean Frédéric, est né à Colmar le 21 février 1865. Il deviendra accordeur de pianos établi en 1893 à Paris au 111 Boulevard Voltaire, puis au 162 et 14-16 rue de la Tour d’Auvergne (9°). Il ne semble pas avoir fabriqué d’instruments. Il s’agit sans doute également de lui, cité comme cor d’un orchestre (1897, 115 Fbg Poissonnière 9°), chef d’orchestre, pianiste ou timbalier, Officier d’Académie, à Paris demeurant 17 rue du Delta 9° (8). Celui-ci, a épousé, en novembre 1891 à Paris (11°), Henriette Marguerite Passama (5).

Le second fils de Jean Frédéric, Auguste Paul (1.10.1874 Vincennes – 1941 Paris probablement), a épousé le 23 avril 1902 à Angers Jeanne Louis Léonie METZNER (19.1.1880 Reims – 16.3.1967 Paris 17°) fille de Maurice Arthur METZNER (1857 Mulsen - ?) et Caroline Eugénie Leblanc, commis de marchand de musique à Reims, puis marchand de musique et luthier à Angers, frère de Théophile Camille METZNER.

Après avoir bénéficié d’une aide financière du Conseil général de la Sarthe pour poursuivre ses études au Conservatoire de Paris, Il deviendra 1° et 2° violon d’abord au concert Colonne, puis à l’Opéra et à l’Opéra-comique de Paris entre au moins 1899 et 1918, car pendant la guerre il remplace Firmin Touche mobilisé (8).

Il a été promu Officier de l’Instruction publique. Il résidait 119 rue de Rome. Très curieusement, il est répertorié comme juif par Lafont de Savines (17), ce qui est erroné, car aussi bien lui que ses parents sont protestants de longue date. Les relations entre les familles OBERDOERFFER et METZNER (également protestante) paraissent donc avoir été très suivies. On ne connaît pas la destinée de son fils cadet Pierre Edouard et de sa fille Julie Eugénie.

Charles Frédéric est le neveu de Philippe Jacques et Jean Frédéric OBERDOERFFER, né le 17 septembre 1858 à Strasbourg, fils de Jean OBERDOERFFER (1818- ?; brasseur) et Anne Marie Diedrichs (1). Il a certainement été amené à la facture de pianos par ses oncles. Ayant opté, il quitte Strasbourg sans doute pour Vincennes puis pour Paris lors de sa formation (en 1872, il n’a que 14 ans).

Il s’est installé à Mâcon comme facteur de pianos et marchand de musique entre 1881 et 1886, 41 rue Saint-Brice puis 41 rue Victor Hugo (18). De son mariage, vers 1885, avec Antoinette Brunet (née en 1864 en Alsace) naîtra, le 14 avril 1886 à Macon, Eugène, qui deviendra facteur de pianos puis marchand de musique et tiendra l’affaire au moins jusqu’en 1931. Celui-ci se marie le 22 novembre 1917 à Mâcon avec Renée Laurence Reissier (née en 1895 à Castelnaudary), professeur de piano, couple qui aura un fils Robert Frédéric né à Nancy en 1919.

Eugène, et/ou son père Charles Frédéric, ont probablement fabriqué eux-mêmes des pianos vendus sous leur nom « OBERDOERFFER » sans nom de localité. Sauf à supposer qu’ils ont apposé leur nom sur des instruments acquis ailleurs. Ils vendaient également d’autres instruments (Gaveau, Erard) dans lesquels ils apposaient des étiquettes à leur nom et adresse de vendeur à l’intérieur de l’instrument.

A Macon, la maison OBERDOERFFER a été en concurrence avec la maison CROSES-CHAVAN établie au 17 rue Victor Hugo (1905) non loin du magasin OBERDOERFFER, puis 11 rue Lamartine (1913) et 17 rue Sigorgne (1921), ainsi qu’à Paris. On connaît des plaques d’adresse « OURY – CROSES-CHAVAN Mâcon Paris » et « Croses – Chavan Paris Mâcon », attestant qu’il était associé à Oury avant peut-être de prendre son indépendance. La maison aurait existé entre 1840 et 1929 (2).

 

 

EXIL PARISIEN

Ainsi qu’une grande partie de la famille SCHMID, plusieurs membres de la famille OBERDOERFFER ont quitté Strasbourg en 1872 car ayant opté pour la France. (4).

Le transit via Nancy et Malzéville de Charles Frédéric, Jean, et de leurs sœurs Julie Frédérique, et Marie Julie peut s’expliquer par le mariage, en 1863, de Jean Frédéric avec Victorine METZNER, la nièce de Camille METZNER, marchande de musique et « fabricant de pianos » à Nancy. D’autres ont rejoint Paris (Marie Salomé, épouse Ostleitner), Tours (Pauline, sœur de Philippe Jacques), Tornens (Lot-et-Garonne ; Jean Eugène).

 

 

Généalogie sommaire de Philippe Jacques OBERDOERFFER,
fabricant de pianos à Strasbourg.

. | . | OBERDOERFFER Philippe Jacques, o le 3/12/1790 à Strasbourg, Sergent de Police. Brasseur, † le 24/4/1847 à Strasbourg, x le 21/11/1810 à Strasbourg MAECHLING Marie Madeleine, o le 27/5/1791 à Strasbourg, † le 12/6/1843 à Strasbourg
 

. | . | . | OBERDOERFFER Philippe Jacques Auguste, o le 22/4/1815 à Strasbourg, Menuisier, Ébéniste, Facteur de pianos, † le 19/2/1892 à Strasbourg, x le 25/7/1840 à Strasbourg HIRTZ Julie, o en 1816 à Strasbourg, † 3/4/1873 à Strasbourg
 

. | . | . | . | OBERDOERFFER Philippe Jacques, o le 3/12/1840 à Strasbourg, † le 27/10/1841 à Strasbourg
. | . | . | . | OBERDOERFFER Julie Frédérique, o le 24/12/1842 à Strasbourg, † le 13/6/1890 à Strasbourg, x le 8/10/1874 à Strasbourg SCHMID Frédéric Guillaume, o le 17/11/1844 à Strasbourg, † le 27/1/1908 à Strasbourg, Fabricant de pianos / Accordeur de pianos
. | . | . | . | OBERDOERFFER Charles Philippe, o le 19/7/1845 à Strasbourg, † le 16/3/1855 à Strasbourg
. | . | . | . | OBERDOERFFER Marie Emilie, o le 11/4/1847 à Strasbourg, † le 9/1/1909 à Strasbourg, x le 18/1/1873 à Strasbourg STERN Georges Frédéric, o le 14/8/1848 à Strasbourg, † à Strasbourg, Exjuditor, comptable
. | . | . | . | OBERDOERFFER Frédéric Auguste, o le 17/2/1850 à Strasbourg, Professeur de musique. Chef d'orchestre., † le 26/2/1930 à Strasbourg, x le 5/8/1885 à Strasbourg PFERSDORF Adèle Amélie, o le 1/6/1859 à Strasbourg, † à Strasbourg
. | . | . | . | OBERDOERFFER Pauline Augustine, o le 7/3/1853 à Strasbourg
. | . | . | OBERDOERFFER Jean, o le 11/4/1818 à Strasbourg, Brasseur à Strasbourg, x le 13/4/1846 à Strasbourg DIEDRICHS Anne Marie Julienne, o le 6/5/1816 à Lutringhausen (Rhénanie), †
. | . | . | . | OBERDOERFFER Jean Eugène, o le 21/12/1848 à Strasbourg, Contremaître (Le Mans en 1881)
. | . | . | . | OBERDOERFFER Charles Frédéric, o le 17/9/1858 à Strasbourg, Facteur de pianos / Marchand de musique, x BRUNET Antoinette, o en 1864, †
 

. | . | . | . | . | OBERDOERFFER Eugène, o le 14/4/1886 à Macon, Facteur de pianos / Marchand de musique, † le 13/12/1969 à Macon, x le 22/11/1917 à Mâcon REISSIER Renée Laurence Désirée, o le 1895 à Castelnaudary, †
 

. | . | . | . | . | . | OBERDOERFFER Robert Frédéric, o en 1919 à Mâcon . | . | . | . | . | . | OBERDOERFFER Monique Marcelle, o en 1925 à Mâcon . | . | . | OBERDOERFFER Marie Salomé, o le 19/1/1822 à Strasbourg, x le 31/8/1846 à Strasbourg OSTLEINTNER Emerik Aloys o à Presbourg (Bratislava), †
 

. | . | . | OBERDOERFFER Jean Frédéric, o le 29/4/1825 à Strasbourg, Facteur de pianos / Marchand de musique, † entre 1906 et 1911 à Le Mans, x le 29/12/1863 à Nancy METZNER Victorine, o le 21/7/1837 à Lunéville, † >1911 à Le Mans
 

. | . | . | . | OBERDOERFFER Jean Frédéric, o le 21/2/1865 à Colmar, Facteur de pianos, x le 5/12/1891 à Paris 11° PASSAMA Henriette Marguerite Pélagie, o le 4/10/1868 à Paris 10°, †
. | . | . | . | OBERDOERFFER Julie Eugénie, o le 5/10/1866 à Colmar, x le 13/12/1891 à Paris 9° DELATTRE Alfred Jean Louis à Les Herbiers (Vendée), †
. | . | . | . | OBERDOERFFER Auguste Paul, o le 1/10/1874 à Vincennes, Violoniste Opéra Paris, x le 23/4/1902 à Angers METZNER Jeanne Louise Léonie, o le 19/1/1880 à Reims, † à Paris 17°
. | . | . | . | OBERDOERFFER Pierre Edouard, o le 4/5/1879 à Vincennes

 

 

La production de pianos des maisons SCHMID-OBERDOERFFER et OBERDOERFFER

La production de pianos des OBERDOERFFER et SCHMID-OBERDOERFFER est documentée par Lieve Verbeeck (2) qui fournit plusieurs clichés de plaques d’adresse de leurs instruments. La maison « SCHMID-OBERDOERFFER » a produit des instruments pendant près de 80 ans, sous les raisons sociales mentionnées plus haut (2). Le nombre de pianos sortis de leur atelier n’est cependant pas connu.

Leur production a dépassé les frontières de l’Alsace. Annexion obligeant, l’Allemagne devait également être un terrain d’exportation privilégié. La maison SCHMID-OBERDOERFFER ne semble pas avoir participé à de nombreuses expositions car on ne lui connaît pas de récompenses, contrairement à leur ancien maître présumé Allinger (6).

René Pierre (3) signale une publicité de « SCHMID-OBERDOERFFER » installé au 22 Grand’Rue (résidence de P.J. Oberdoeffer) datant de 1878, et une photo, d’environ 1910, du magasin « SCHMID-DUBIED – Inh. SCHMID-OBERDOERFFER» 3 rue du Vieux-Marché-aux-Vins. Les enseignes du magasin sont en allemand.

Le marché strasbourgeois devait être très concurrentiel, la ville comptant plusieurs autres fabricants de pianos : Allinger, Steegmuller, Wolf, Riegel-Bauer, Brust, Prestel, Vogelweith…(3). Un J.F. OBERDOERFFER du Mans a obtenu une Mention honorable à l’exposition de Paris de 1889 pour son tabouret à hauteur réglable.

La production sous le nom « OBERDOERFFER » sans nom de localité d’origine, semble correspondre, selon certains indices, à celle des OBERDOERFFER de Macon. Considérant la rareté des pianos SCHMID-OBERDOERFFER et OBERDOERFFER proposés actuellement à la vente, il ne semble pas rester beaucoup d’instruments de ces fabricants.

D’après les instruments conservés, la qualité de la finition des meubles paraît très belle et soignée. Ils semblent surtout être des années postérieures à 1870, voire 1890. Le style des meubles suit l’évolution générale. Quelques modèles détectés sont à pieds droits, suggérant une fabrication antérieure à 1875 par analogie avec le style de l’époque. Il apparaît aussi des modèles à couvercle en double cylindre, caractéristiques des années 1880, tandis que des piètements plus massifs s’inspirent du style germanique d’après 1890.

Sur ce site : SCHMID-OBERDOERFFER  (°1846)

 

 

EPILOGUE


Les facteurs et fabricants de pianos SCHMID et OBERDOERFFER et leurs successeurs ont pris une part déterminante dans la facture de pianos strasbourgeoise entre 1846 et 1930.

Il est toutefois assez difficile de se faire une idée du nombre d’instruments fabriqués. Dès après 1870, divers membres de ces deux familles ont largement développé la facture de pianos et le commerce de la musique, chaque acteur opérant à sa façon, essaimant leur capacités vers d’autres villes (Paris, Le Mans, Macon).

Il ressort du parcours de ceux-ci, d’apparence quelquefois un peu chaotique, que la période 1875-1914, a été très favorable au développement de la facture et du commerce de la musique, celui-ci ne faisant que refléter l’importante activité musicale du pays au cours de cette période.

La guerre de 1914-1918 marquera un fort ralentissement voir un coup d’arrêt pour certains, suivie peu après par la crise des années 1930. Il est aussi intéressant de souligner que par le biais des contacts professionnels, de nombreux liens se sont créés entre familles de musiciens, fabricants et marchands d’instruments de musique.

 

 

RÉFÉRENCES


(1) - Archives départementales du Bas-Rhin, Etat civil numérisé et Listes nominatives (Recensements) de Strasbourg.
(2) - Verbeeck L. – Le piano français.  In : www.lieveverbeeck.eu
(3) - Dictionnaire des facteurs, luthiers et marchands de musique de l’Est de la France. In : eogy.blogspot.fr/2013/03/strasbourg-facteurs-luthiers-et.html
(4) - Déclarations de Citoyenneté, Alsace-Lorraine, 1872 (Collection des Optants). In: ancestry.fr.
(5) - Paris Etat civil numérisé.
(6) - M. Haine, 2008, Tableaux des Expo. De 1798 à 1900, CNRS
(7) - Le Ménestrel, 1922/12*08- p.499. Le Ménestrel, 1898/16/12 p.192. In : Gallica.bnf 
(8. Annuaire des Artistes et de l’Enseignement dramatique, 1870-1935). In : Gallica.bnf 
(9) - Archives départementales Meurthe-et-Moselle, Etat civil numérisé de Nancy.
(10) - Stussi J.M. (2012). - Les facteurs et fabricants de pianos nancéiens entre 1800 et 1936. Eléments biographiques. In : <Musica et Memoria>.
(11) - Archives départementales Haut-Rhin, Etat civil numérisé de Colmar.
(12) - Archives municipales Vincennes, Etat civil numérisé.
(13) - Archives départementales de la Sarthe, Etat civil numérisé et Listes nominatives (alphabétiques) du Mans.
(14) - Archives commerciales de France, 1898/11/09, p.1419.
(15) - Stussi J.M. (2012). – Les facteurs de pianos Guillouard, Dolmetsch-Guillouard et Gouge-Dolmetsch de Le Mans.
(16) - Stussi J.M. (2012). – Jacques STAUB, fabricant et facteur de pianos à Paris et Le Mans.
(17) - Lafont de Savines (1914) . Etat statistique des juifs en France en 1914 sans l‘armée, la magistrature et les diverses administrations.
(18) - Archives Saône et Loire, Etat civil et Listes Nominatives numérisés de Macon.
(19) - Archives PLEYEL. In : archivesmusee.citedelamusique.fr