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PRUVOST Henri
à Paris (°1850)

1888

 MANUFACTURE DE PIANOS DE H. PRUVOST, À PARIS

"Parmi les instruments de musique, le piano est aujourd'hui le plus universellement répandu ; il doit ses succès à l'avantage qu'il a de former une harmonie complète et de permettre à un seul exécutant de réduire toutes les parties d'un orchestre.

Le piano, sur lequel tous les sons de l'échelle musicale, fixés à l'avance, n'attendent que la pression de mains habiles pour vibrer en gerbes d'accords harmonieux ou pour éclater en gammes et arpèges rapides,

« serait le premier des instruments, a dit l'illustre Halévy, si l'orgue n'existait pas. »

L'industrie des pianos est incontestablement l'une des plus importantes et des plus productives. Le nombre des fabricants est devenu considérable.

Malheureusement, chez beaucoup d'entre eux il n'y a plus de facteurs proprement dits, il n'y a plus d'art, il n'y a plus que du métier consistant simplement à faire l' assemblage des diverses parties de cet instrument.

Dans des ateliers spéciaux du faubourg Saint-Antoine se fabrique, en grande industrie, des meubles de pianos de toutes dimensions ; d'autres fabricants confectionnent les mécaniques, claviers, marteaux, touches d'ivoire et d'ébène, etc., etc.

Après avoir travaillé dans les ateliers d'un facteur, l'ouvrier s'établit, achète tous ces éléments disparates, les assemble avec plus ou moins d'habileté, et de tout cela sort un piano, mais quel piano !

La pensée de produire un bon instrument n'existe même pas : faire aIl meilleur marché possible afin de trouver un débit facile est la seule préoccupation.

D'autre part les grands facteurs, ceux qui ont créé, il y a quarante, cinquante ou soixante ans, un type de piano qui a fait leur réputation et leur fortune, se refusent à introduire dans leur fabrication aucune modification et ne songent même pas à étudier les découvertes et inventions récentes pour les perfectionner et en faire profiter leur clientèle.

Cet état de choses aurait pour conséquence, dans un avenir prochain, la décadence complète de la fabrication française des pianos, si quelques facteurs, réellement épris de leur art et pénétrés de l'excellence des principes et des procédés qui ont donné à nos grandes manufactures leur vogue et leur réputation, n'étaient en même temps des hommes de progrès dans le sens philosophique du mot, et ne cherchaient constamment à développer et à perfectionner leur industrie.

C'est à cette catégorie de facteurs véritablement consciencieux et en même temps artistes habiles qu'appartient M. Henri Pruvost, et si nous présentons aujourd'hui sa maison à nos lecteurs, c'est qu'il nous paraît avoir réalisé un progrès des plus importants dont chacun pourra aisément apprécier la haute valeur artistique et pratique.

Cadre en fer pour piano,
nouveau système de la maison Henri Pruvost,
Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 29/04/1888, p. 116 (Gallica)

La construction d'un bon piano est un des problèmes les plus difficiles à résoudre.

Puissance de son, éclat sans sécheresse, égalité dans toute l'étendue du clavier, articulation prompte du mécanisme, telles sont les principales qualités que l'on doit rechercher et que l'on trouve rarement réunies. Les uns ont l'éclat et le timbre incisifs, mais ce timbre métallique est sans charme. D'autres ont le moelleux, la délicatesse des nuances, mais le son est sans portée. Dans un grand nombre de pianos, les octaves du médium sont très faibles, d'autres ont les notes aiguës, sans sonorité.

Une grande expérience et les soins les plus minutieux sont donc nécessaires pour la fabrication d'excellents pianos. La nécessité d'augmenter la puissance sonore du piano a été si bien sentie, même depuis les derniers perfectionnements de l'instrument, que la recherche des moyens de la réaliser a préoccupé les acousticiens et les facteurs les plus habiles.

L'Amérique a résolu le problème, mais au détriment d'autres qualités indispensables. Le secret du grand son des pianos américains consiste dans la solidité de leur construction due à un cadre en fer fondu d'une seule pièce sur lequel s'opère la traction des cordes.

Ce système a reçu en Europe, et notamment à Paris, divers perfectionnements, mais on n'était parvenu jusqu'ici ni à éviter la sonorité métallique absolument désagréable, ni à donner au son le moelleux, les nuances délicates et la clarté.

De plus, le cadre en fer augmentait le poids de l'instrument dans des proportions considérables et le rendait d'un transport très difficile.

M. Henri Pruvost a réussi à construire un cadre en fer d'un modèle spécial qui obvie à tous les inconvénients du cadre tel qu'il est construit par les autres facteurs.

Au moyen d'évidements et de nervures habilement pratiqués et appliqués, M. Henri Pruvost a diminué considérablement le poids, de telle sorte que les pianos fabriqués dans ses ateliers, 77, rue St-Maur, à Paris, ne dépassent pas le poids d'un piano ordinaire. C'est là un premier avantage incontestable, le poids augmentant le coût du transport et la difficulté de manutention, surtout pour la location.

En second lieu, ces évidements et ces nervures, donnant une force de résistance trois fois plus grande, ont pour effet de supprimer totalement la vibration métallique si désagréable dans las autres pianos et incompatible avec le sentiment musical français. Des expériences comparatives ont prouvé d'une façon irréfutable que tout en obtenant ce résultat le système de M. Henri Pruvost donne à ses pianos une sonorité extrèmement puissante.

En outre, grâce aux nervures, il a pu adopter un mode d'attache tout particulier et des plus ingénieux : les cordes au lieu d'exercer une traction hors du point d'appui, sont tendus très exactement dans le centre de ce point d'appui, ce qui donne à l'accord une fixité presque inaltérable.

Enfin, la table d'harmonie est absolument indépendante du cadre, de telle sorte que les sons, au lieu d'être sourds à certaines octaves, comme cela arrive trop souvent, sont d'une clarté et d'une homogénéité parfaites.

Si maintenant nous nous plaçons au point de vue purement artistique, nous devons dire que les pianos construits d'après ce système produisent de gradns effets. L'auditeur est saisi par l'ampleur et le volume auparavant inconnus d'une sonorité brillante dans les dessus, chantante dans le médium, considérable dans la basse.

La continuité de son obtenue par la façon mathématique avec laquelle toutes les parties de l'instrument ont été établies est telle, qu'elle donne presque l'illusion des sons les plus doux de l'ogue.

Et maintenant terminons en disant que nous avons visité avec le plus vif intérêt les ateliers, machines, chantiers et magasins de la maison Henri Pruvost, guidés par son habile et dévoué représentant,
M. Louis Hury, qui a été pendant de longues années, accordeur chez Erard, et que nous avons pu constater par nous même que toutes les pièces qui constituent le piano sont fabriquées, sans exception, dans le maison.

Inutile d'ajouter que M. Henri Pruvost, qui garde les saines traditions des facteurs français, n'emploie chez lui que des ouvriers français, et n'utilise comme matières premières que celles qui sont de provenances françaises. Sa maison d'ailleurs, fondée en 1850, par M. Henri Pruvost père, précédemment chef ouvrier chez Ignace Pleyel, est une des rares maisons parisiennes qui soient arrivées à contrebalancer l'industrie allemande du piano en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Italie et en Espagne.

Cette remarque a sa valeur au moment actuel. N'oublions pas de mentionner que M. Henri Pruvost, qui vient d'être reçu membre de l'Académie Nationale Industrielle, présentera à l'Exposition Universelle de 1889, des modèles qui feront l'admiration des amateurs."
Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 29/04/1888, p. 116-117 (Gallica) - Voir aussi Louis HURY

1894

"La chasse aux anarchistes. Vingt-deux arrestations dans la matinée. Les agents de la troisième brigade de recherches ont procédé ce matin à vingt-deux nouvelles arrestations d'individus signalés comme anarchistes militants.

Voici la liste des arrestations opérées ce matin, telle que nous l'a communiquée la Préfecture de police : [...] Grégoire (Aimé-Léopold), né le 17 juin 1857 à Bruxelles, ouvrier en pianos, chez M. Provost [Pruvost], 17, rus Saint-Maur, veuf avec trois enfants, demeurant 28, boulevard de Charonne." La Presse, 03/03/1894, p. 1 (Gallica) - Voir GREGOIRE Aimé-Léopold

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pianos français 1850 - 1874


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