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CROPET Philibert
à Toulouse (°1840)


1840

TOULOUSE - "Nous avons à rendre compte de notre jugement sur les pianos carrés à trois et à deux cordes, de MM. Boisselot, Rousselot, Cropet et Martin.  [...]

MM. Boisselot, Martin et Cropet ont exposé chacun un piano droit.  Le piano droit de M. Cropet est tout simplement un piano droit fort gracieux et surtout fort bon. Ce piano a lutté avec avantage contre ceux de M. Martin et Boisselot, qui sont cependant fort remarquables.

Le juri a trouvé l'instrument de M. Cropet supérieur, et lui a accordé une médaille d'argent en récompense du laient et des soins qu'il a déployés dans la confection de cet instrument." Exposition des Produits des Beaux-Arts et de l'Industrie : Dans les galeries du Capitole à Toulouse en 1840, p. 111 (Rosalis) - Voir ROUSSELOT de Nîmes (°1833) - MARTIN de Toulouse (°1810) et BOISSELOT de Marseille (°1827)


1845

 Pianos avec deux ou trois claviers !

TOULOUSE - "M. Cropet, aussi facteur à Toulouse, a exposé plusieurs pianos, dont un à queue, deux droits et un second piano à queue à deux claviers, plus un clavier de pédales.

Le premier est faible; les pianos droits, quoique de petite dimension, ont un beau son. Le principal mérite de M. Cropet est d'avoir fabriqué le piano à trois claviers, dont l'idée appartient, nous assure-t-on, à l'illustre Liszt.

Cet instrument se compose de deux tables d'harmonie distinctes, ayant chacune leurs cordes qui peuvent être frappées séparément, et de pédales servant à attaquer les grosses notes de la basse, quand les deux mains sont occupées.

Cet essai, car l'expérience peut seule démontrer l'excellence ou les défauts de cette invention, est de nature, s'il réussit, à changer complètement de face l'art du piano, et à mettre en quelque sorte au néant la musique composée jusqu'à ce jour pour cet instrument; les morceaux contemporains ne nous sembleraient pas plus compliqués que ne nous paraissent aujourd'hui les sonates de Viguerie." Journal de Toulouse, 23/07/1845, p. 4 (Solaris)

TOULOUSE - "A l'Exposition des produits de l'industrie qui a lieu en ce moment à Toulouse, M. Cropet, facteur de pianos établi dans cette ville, a présenté un piano avec clavier de pédales séparées.

Si celle innovation étail bien exécutée, elle serait fort utile aux personnes qui font une étude sérieuse de l'orgue; mais le clavier de M. Cropet n'a pas l'étendue nécessaire et n'est pas d'une forme convenable pour loucher, suivant la méthode allemande, avec le talon cl la pointe du pied.

La pensée de ce facteur est bonne, mais elle est mal rendue. Les anciens clavecins avaient souvent un clavier de pédales séparées, ce qui élail nécessaire pour jouer la musique de J.-S. Bach et des organistes allemands.

Nous connaissons plusieurs artistes et amateurs qui, pour se livrer à cette étude, ont fait adapter à leur piano un clavier de pédales en tirasse.

Les pédales séparées seiaient infiniment préférables, surtout si l'on pouvait faire sonner chaque note avec son octave, ainsi que l'a fait M. Boisselot dans son piano octaviant qui a paru à la grande Exposition de 1844; le clavier, pour ctre complet, doit renfermer vingt-neuf marches à partir de fut grave, ou au moins vingt-cinq.

Au moment où la grande musique classique et l'étude de l'orgue semblent reprendre quelque faveur, il est à désirer que les facteurs de pianos se préoccupent de cette amélioration importante." Revue de la musique religieuse, populaire et classique, Volume 1, 1845, p. 349

TOULOUSE - "Dix facteurs de pianos ont placé des instruments à l'exposition de Toulouse. Ce sont MM. Erard, Pleyel, Liegant, Panrelle [Paurelle aîné] de Paris, Rousselet de Nimes, Boisselot de Marseille, Cropet, Lalaste et Kœnigs de Toulouse. Je parlerai d'abord des facteurs locaux qui méritent spécialement d'étre encouragés. [...]

M. Cropet, également de Toulouse, a exposé un piano avec un clavier de pédales séparées. Si cette innovation était bien exécutée, elle serait fort utile aux personnes qui se proposent de jouer l'orgue, mais le clavier de M. Cropet n'a pas l'étendue nécessaire, n'est pas d'une forme convenable pour toucher, suivant la méthode allemande, avec le talon et la pointe du pied.

La pensée de ce facteur a été bonne, mais elle est mal rendue. Les anciens clavecins avaient souvent un clavier de pédales séparées, ce qui était nécessaire pour étudier la musique de Séb. Bach et des organistes allemands.

Nous désirons que quelque facteur exécute avec perfection cette amélioration si désirable." Revue et Gazette Musicale, 24/08/1845, p. 258

TOULOUSE - "270. Cropet, fabric. de pianos, à Toulouse.
Trois pianos divers modèles, divers genres, dont deux à la salle I." Exposition de Produits de Beaux-Arts et de l'Industrie, Toulouse, 1845, p. 108

TOULOUSE - "Nouvelle Médaille d'Argent. M. CROPET, à Toulouse, rue de la Pomme, 5, A exposé un piano à queue, à deux claviers de mains et à clavier de pédales, nouvelle invention ; un piano à queue grand format et deux pianos droits.

Le juri a signalé la supériorité de ces deux derniers instruments qui se recommandent, tant par la qualité du son, que par son égalité parfaite.

Avoir porté ces pianos à ce degré de perfection est unvéritable service rendu à l'art; et lorsque sur les lieux onpeut trouver des instruments solides qui unissent aux qualités les plus essentielles du son, la tenue dans l'accord et l'élégance dans la forme, ces avantages méritent une récompense.

Le piano à queue à deux claviers n'est qu'un essai que M. Cropet a tenté d'après l'idée que lui en a donné Listz lui-même. Ce piano est composé de deux tables d'harmonie superposées; les sommiers sont distincts l'un de l'autre. 

Les cordes du piano supérieur sont attaquées par les marteaux en dessous, comme les pianos ordinaires; le second a les cordes tournées vers le sol et porte un mécanisme particulier parfaitement combiné; le son de celui-ci est faible; mais il n'en pouvait être autrement, puisque le piano supérieur en absorbe une partie; mais au moyen de découpures établies à la caisse inférieure, on pourrait en augmenter l'intensité.

Cette faiblesse de son n'est peut-être pas un mal, parce que l'exécutant pourrait varier ses effets bien plus facilement en ayant sous lesmains deux claviers dont les résultats ne seraient pas les mêmes.

M. Cropet a encore ajouté à cet instrument un clavier de pédales comme ceux adaptés aux orgues, de manière à pouvoir attaquer avec le pied une note de basse alors que les deuxmains sont occupées au médium et à la partie aiguë de l'instrument.

L'accouplement des deux pianos, tout en ne touchant qu'un seul clavier, est le complément de cet instrument qui est appelé, en le perfectionnant, à faire une révolution dans le piano.

La musique de nos grandsmaîtres, si difficile aujourd'hui, le deviendrait bien moins; les mains ne s'entre-choqueraient plus, leur indépendance serait complète.

M. Cropet avait obtenu une médaille d'argent à l'exposition de 1840. Le juri, voulant le récompenser de l'essai de son piano à deux claviers et de la parfaite exécution de ses pianos droits, lui décerne, par exception, une nouvelle médaille d'argent. [...]

M. CROPET, facteur de pianos. LAMOTRE (J.-M.), ouvrier pour pianos, médaille de bronze. LABAT (Pierre), ouvrier pour pianos, médaille de bronze." Exposition des Produits des Beaux-Arts et de l'industrie : A Toulouse dans les galeries du Capitole, 1845, p. 173 et 312

TOULOUSE - "Nous sommes heureux d'avoir ici l'occasion de livrer à la pu blicité les noms des hommes habiles et laborieux dont les mains ont façonné les beaux produits qui ont orné notre dernière exposition.

Dans le tableau qui suit, noirs avons cru devoir désigner les directeurs des établissements dans lesquels les ouvriers sont employés; tous les ouvriers d'un même atelier se trouvent groupés ensemble : [...]

M. Cropet, facteur de pianos. - MM. J.-M. Lamothe, ouvrier pour pianos, méd. de bronze ; Pierre Labat, ouvrier pour pianos, id." Journal de Toulouse, 11/11/1845, p. 4 (Rosalis)

1850

TOULOUSE - "M. Cropet, de Toulouse, a exposé trois pianos droits, bien exécutés et munis d'un mécanisme nouveau qui semble posséder une supériorité marquée sur l'ancien.

Ces pianos sont d'un travail soigné et solide; leur qualité de son est très agréable. Toutes les pièces qui entrent dans la fabrication de ces instruments sont, dit-on, sorties des ateliers de M. Cropet." Journal de Toulouse, 17/09/1850, p. 1

TOULOUSE - "Cropet, facteur de Pianos, à Toulouse, rue de Pomme.
160. Quatre pianos droits, divers modèles. [A]" Exposition de Produits de Beaux-Arts et de l'Industrie, Toulouse, 1850, p. 50

TOULOUSE - "Rappel de Médailles d'Argent avec éloges. M. CROPET, facteur, à Toulouse. S'est présenté cette année avec quatre pianos droits.

Trois de ces instruments sont munis d'un mécanisme nouveau qui possède une supérioritémarquée sur l'ancien.

Dans le mécanisme ordinaire des pianos, dit mécanisme anglais, il existe un ressort quimet enmouvement le marteau qui frappe les cordes.

Ce ressort donne plus ou moins de rapidité à l'échappement, selon sa force; mais, s'il vient à se rompre, ce qui arrive souvent, l'échappement n'a plus lieu, et le marteau ne pouvant agir, la corde reste muette.

M. Cropet a voulu obvier à cet inconvénient : il a imaginé une mécanique combinée sur d'autres bases, et, quoique le ressort y joue également un rôle, la disposition des pièces est telle qu'il peut se rompre sans que l'échappement perde ses moyens d'action ; le marteau n'étant pas privé de sonmoteur agit toujours, peut-être avec un peu moins de promptitude, mais avec la même intensité, et le ressort brisé n'arrête pas le son, ce qui avait lieu avec l'ancienne mécanique.

Le jury a signalé ce perfectionnement : il a reconnu un mécanisme des mieux établis, un travail soigné et solide, une qualité de son très-agréable dans tous les registres du clavier et une égalité fort remarquable.

M. Cropet est un véritable facteur; il fait tout par lui même; il n'est pas de pièces dans un piano, quelles qu'elles soient, qui n'aient été construites par lui. C'est un ouvrier dans toute l'acception du mot, mais un ouvrier recommandable qui doit à son talent et à son labeur seuls la vogue dont il jouit.

Le jury, tout en rendant pleine et entière justice à la perfectionnes pianos droits de M. Cropet, regrette bien vivement que son exposition n'ait pas été complétée par un piano à queue ; nul doute que cet instrument n'eût soutenu la comparaison avec ceux de ses concurrents.

Le jury lui aurait décerné une récompense plus élevée que le rappel avec éloges des médailles d'argent qu'il a obtenues aux expositions de 1840 et de 1845." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse dans les galeries du musée : Année 1850, p. 180-181

1851

LONDRES - "M. Cropet, de Toulouse, a exposé un piano droit d'une simplicité primitive." La France Musicale, 1851

LONDRES - "CROPET, Toulouse (Haute-Garonne).-Manufacturer. Cottage pianoforte. Small mahogany model, with two pedals and eighty-two notes." Official descriptive and illustrated catalogue of the Great exhibition of the works of industry of all nations, 1851

LONDRES - "Il signor Cropet, di Tolosa, espose un pianoforte verticale della primitiva semplicità; [...]" L'Italia musicale, Volume 3, 1851, p. 172

1854

TOULOUSE - "Cropet, Toulouse, médaille de bronze, pour la bonne exécution de ses pianos et la modération de ses prix." Journal de Toulouse, 16/11/1854, p. 4 (Rosalis)

1858

TOULOUSE - "Médaille d'Argent de 1re classe. M. CROPET, facteur àToulouse, rue de la Pomme, 25, S'est présenté avec un piano oblique et deux pianos droits.

La Commission n'a que des éloges à donner à M. Cropet pour la fabrication de ses pianos, qui révèlent une bonne facture.

Elle a justement apprécié les qualités qui les distinguent, soit dans la partie matérielle, soit sous le rapport harmonique.

Si elle a trouvé dans les pianos obliques de l'un de ses concurrents plus de rondeur et de brillant, les siens ont, peut-être, plus de délicatesse.

Comme nous l'avons déjà dit, à l'occasion de l'Exposition de 1850, M. Cropet est unvéritable facteur ; il fait tout par lui-méme; c'est un ouvrier recommandable dans toute l'acception du mot; on voit dans ses ateliers que ses moyens d'action, relativement à l'importance de sa Maison, sont parfaitement bien entendus, et que l'ordre et la régularité y règnent d'une manière remarquable.

Le Jury récompense M. Cropet, par la médaille d'argent de 1er classe." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse : Année 1858, p. 300-301 (Rosalis)

1864

TOULOUSE - "[...] des pianos en thuya et en olivier. Notons en passant, à l'adresse des musiciens, que le thuya, plus que tout autre bois, est favorable à l'émission des sons.

Un habile fabricant, de pianos de Toulouse, M. Cropet, exposant, a employé les essences d'Algérie et s'en est fort bien trouvé." La France en Afrique et l'Orient à Paris, 1864, p. 60 (Gallica)

1865

TOULOUSE - "Cropet, à Toulouse, allée Louis-Napoléon, 62, pianos. - Médaille d'or de 2e classe." VIIIe Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse en 1865 : Liste des récompenses, 1865, p. 39

TOULOUSE - "Médaille d'Or de 2e classe. M. CROPET, à Toulouse, allée Louis-Napoléon, 62. — Fidèle à nos Expositions, ce fabricant a présenté un piano oblique et trois pianos droits, dont un qualifié de sourd-et-muet.

Les éloges qu'a déjà reçus cet habile facteur peuvent à bondroit s'appliquer à ses pianos actuels. On retrouve en eux les principes de la bonne facture, qu'il tend chaque jour à perfectionner.

Dans les épreuves des concours, son piano droit àmécanisme ordinaire a soutenu dignement la comparaison avec celui de son concurrent.

La différence a été si peu sensible, qu'il a fallu renouveler plusieurs fois les épreuves. Le piano sourd-muet exposé par M. Cropet a un objet qui est bien loin d'être sans utilité.

On sait, en effet, dans combiende circonstances les sons d'un piano, dans une maison habitée par plusieurs locataires, provoquent de légitimes plaintes, surtout quand cet instrument sert à l'étude.

Au moyen d'un mécanisme fort simple, M. Cropet lui enlève sa sonorité, qui dans ce cas ne devient sensible que pour l'exécutant.

L'exposant fonde de grandes espérances sur le succès de son oeuvre.

Le Jury les partage sincèrement, et lui accorde pour l'ensemble de son exposition une médaille d'or de 2e classe." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse, dans les bâtiments de l'ancien monastère des Jacobins : Année 1865, p. 266-267

Pour les références voyez la page  
Pianos français 1840 - 1849


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