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THIBOUT
à Paris (°1840)


1867 - 1878

1844

PARIS - "1708. Thibout (Amédée) et Compagnie, facteurs de pianos, rue des Filles-du-Calvaire, au Marais, 6, à Paris. Echange, location et réparations de pianos." Catalogue explicatif et raisonné des produits admis à l'exposition quinquennale de 1844, p. 222 (Gallica)

1867

PARIS - "M. Amédée THIBOUT (Paris). - Voici encore un emplacement devant lequel j'aime à m'arrêter; il est occupé par un homme qui, seul, à force de persévérance, a pu s'élever à une belle position, et dont le travail a rendu à l'art musical de très-grands services, puisqu'on lui doit, en grande partie, la popularisation du piano par le bon marché de ses instruments.

M. Amédée Thibout, fils d'un luthier qui a joui de son vivant d'un belle réputation comme fabricant de violons, entra en apprentissage à l'âge de douze ans, chez un facteur de pianos de la rue Barbette, nommé, je crois Mussard.

Deux ans plus tard, il fut reçu comme ouvrier chez Pape, rue des Bons-Enfants ; il y resta quatre ans. Être ouvrier chez Pape était alors un certificat de capacité, car ce chef s'y connaissait et il n'occupait que les gens habiles dans la partie.

A l'âge de dix-huit ans, ayant amassé, à force d'économie et de privations, une somme de 200 fr., le jeune Amédée, fatigué de travailler chez autrui, se décida à travailler pour lui-même, et il s'établit dans cette rue Coquenard [?? Il semble qu' Aimé THIBOUT a eu cette adresse, et non Amable THIBOUT] que nous nommons aujourd'hui rue Lamartine.

Mais au bout de deux ans d'un travail fructueux, le logement devenant Filles-du-Calvaire, où il 'occupa vingt à vingt-cinq ouvriers à fabriquer soixante-quinze à quatre-vingt-dix pianos par année.

Plus tard, voyant sa clientèle augmenter, M. Amédée Thibout vint se fixer, en 1843, rue du Faubourg-Montmartre, où il demeure encore aujourd'hui; et puis, toujours pressé par les clients nouveaux, et pour satisfaire aux nombreuses commandes qui lui arrivaient journellement, il joignit à l'établissement de la rue du Faubourg-Montmartre de vastes ateliers situés rue Laval.

Aujourd'hui M. Amédée Thibout occupe environ cent cinquante ouvriers, dont cent dans ses ateliers et cinquante au dehors; sa fabrication annuelle est d'environ cinq cents instruments de tout format, de tout genre et de prix divers.

C'est déjà un grand mérite que d'avoir pu, avec rien ou presque rien (200 fr.), atteindre en vingt-huit ans une position assez élevée pour avoir été appelé à faire partie cette année des notables commerçants de la ville de Paris.

Mais là n'est pas le seul mérite de M. Amédée Thibout, il en possède encore un autre sans lequel il fût resté, sans doute, Gros-Jean comme devant: C'est de Faire Beau, Bon, et de Vendre A Bon Marché.

Ce problème si ardu de joindre la modération du prix à la bonne qualité de l'instrument, M. Amédée Thibout est parvenu à le résoudre.

Le piano que vous achetez chez lui 1600 fr. et celui que vous ne payez que 650 fr. sont également bons. Ce n'est jamais dans la construction intérieure que le facteur fait des économies,, mais bien par une sage entente du plus ou du moins de luxe dans les accessoires.

D'un beau modèle un peintre sait faire une reine ou une grisette, selon les ornements dont il la couvre, mais le modèle ne change pas : il est toujours beau.

Il en est de même des pianos de M. Thibout, c'est toujours un bon instrument; seulement à l'un il donne une mécanique en acajou, à l'autre une mécanique en bois moins cher. Ici les poignées et les flambeaux sont en cuivre ciselé, là ils sont simplement fondus; les uns sont dorés au bouchon, les autres ne sont que vernis.

Ici le clavier a des touches en ivoire ordinaire; là, les touches du clavier sont plus fines, plus blanches. La caisse de l'un est ornée de moulures, celle de l'autre est tout unie. Voilà les seules choses sur lesquelles M. Amédée Thibout base ses différences de prix.

Mais ce qui fait surtout que le facteur peut modérer ses prix, c'est l'attention excessive, l'ordre minutieux qui règne dans ses ateliers, où chaque ouvrier travaille à ses pièces.

Rien ne s'y trouve perdu : les plus petits morceaux de bois y sont utilisés. On les assemble, on les réunit au moyen de la colle; on les découpe pour en faire des consoles, que l'on plaque ensuite; c'est ainsi que nous avons vu opérer dans une visite que nous avons faite rue Laval.

M. Amédée Thibout achetant au comptant tout ce qui est nécessaire à sa manufacture, et par quantités considérables, il obtient ainsi de forts escomptes. La plus petite différence dans les prix des marchandises est appréciée par M. Amédée Thibout. Ainsi, pour des boulons dont à Paris on voulait un certain prix, il les a commandés à Saint-Étienne à un bien moindre compte.

Je lui ai vu faire venir de loin des vis parce qu'il y avait un centime, de différence avec Paris. Voilà de l'économie bien entendue, et c'est ainsi qu'on parvient à vendre à des prix excessivement bas, tout en vendant bon; c'est également le moyen d'arriver à la fortune, car il vaut mieux opérer une vente annuelle de cinq cents instruments avec un léger bénéfice, que faire quelques rares placements à un prix élevé.

M. Amédée Thibout s'est principalement occupé de l'exportation au point de vue de la solidité à donner à ses instruments, et il y est parvenu par un système de barrage en fer et de boulonnement, qui maintient l'accord et évite la dislocation auxquels ils ne sont que trop sujets par suite des diverses manutentions qu'ils ont à subir avant d'arriver à leur destination.

Les instruments exposés par M. Thibout sont très-bons ; il y a dont le son a beaucoup d'ampleur, et dont le clavier facile répète avec vivacité.

Le second est un piano de commerce, réalisant par son travail et sa bonté, tout ce que l'on peut désirer de mieux en ce genre; Il me paraît impossible, à pareil prix, non-seulement de faire mieux, mais même de faire aussi bien.

M. Amédée Thibout a obtenu une médaille de bronze en 1844. La même récompense est venue le trouver en 1849. En 1867 une médaille d'argent lui a été décernée." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, p. 26-29

1873

VIENNE - "Un de nos plus habiles facteurs, M. Amédée Thibout, avait réuni dernièrement un grand nombre d'amis, pour l'audition doses pianos nouveau modèle, qui vont représenter l'industrie française à l'exposition de Vienne.

Ce sont MM. Lavignac et Lack qui ont servi de parrains à ces excellents instruments et qui en ont fait valoir les ressources et les qualités." Le Ménestrel, 13/04/1873, p. 159

VIENNE - "Parmi les facteurs de pianos français qui ont exposé à Vienne, nous devons citer la maison Amédée THIBOUT ET Gie, 28, rue Laval, à Paris, qui a obtenu la MÉDAILLE DE MÉRITE.

Le jury international, en lui accordant cette haute distinction, a voulu récompenser les efforts constants que cette maison ne cesse de poursuivre en réunissant dans sa fabrication la solidité, l'élégance, la qualité des sons et le bon marché.

Cet établissement, fondé en 1840, dont le nom est honorablement connu dans le monde musical, avait déjà obtenu des récompenses aux Expositions 1844 et 1849 et la médaille de 1re classe à l'Exposition universelle 1867.

M. Amédée Thibout, à son retour de Vieune, où il remplissait les fonctions de délégué des exposants français, est heureux d'avoir pu constater que, malgré la bonne facture allemande, l'industrie des pianos français conserve toujours la suprématie qui lui est acquise depuis tant d'années." L'Exposition universelle de Vienne: journal illustré, 1873, p. 631

VIENNE - "1. Amedeé Thibout & Co. in Paris: ein kleines geradsaitiges Pianino, ein kleines geradsaitiges Pianino mit Eisenplatte, ein mittelhohes halbschrägsaitiges Pianino mit Eisenplatte, ein mittelhohes schrägsaitiges mit Eisenplatte." Musikalische Instrumente, [Expo Vienne], Oscar Paul, 1874, p. 70

1878

PARIS - "THIBOUT (A.) et Cie. - France. - Piano à queue, moyen modèle, d’un plan bien tracé et d’une main-d’œuvre fort soignée; bons pianos droits d’un prix modéré." Chouquet, Rapport sur les instruments de musiques à l'exposition universelle de 1878

PARIS - "LA MAISON THIBOUT - Parmi les nombreux pianos exposés nous signalerons seulement aujourd'hui ceux de la maison Thibout, parce qu'ils réalisent, sous le rapport du fond et de la forme, une amélioration qui faisait depuis longtemps l'objet des recherches de la plupart des facteurs. Cette maison fabrique, en effet, des pianos à queue, petit format, d'un modèle charmant, ̃d'une qualité exquise et d'un prix abori'dable pour les fortunes les plus modestes.

Par leur dimension, ils peuvent prendre place dans les appartements les plus exigus et, par leur puissance, ils ne le cèdent en rien aux grands pianos à queue des meilleures fabriques. Ce qui distingue les instruments de cette maison, ce ne sont ni les inventions bizarres, ni les folles excentricités, mais uniquement les qualitésles plus simples, et aussi pourtant les plus rares: la puissance et la qualité du son.

Construits dans les meilleures conditions de solidité possibles, ces instruments révèlent dans toutes leurs parties les soins les plus attentifs et les plus minutieux.

C'est à l'école d'un des plus ingénieux facteurs qu'ait possédés la France, que s'est formé M. Thibout. Il sortait des ateliers de M. Pape, lorsque, en 1840, il fonda la maison devenue, progressivement, une des plus importantes de notre pays.

Il a puisé à l'école de ce facteur éminent les principes qui ont tant contribué au développement d'une industrie devenue une source féconde de progrès pour l'art musical.

Le piano a rendu, en effet, à la cause de l'art des services incontestables.

Sans le piano, le peuple le plus spirituel de la terre en serait peut-être encore à. l'heure qu'il est le moins artiste et le moins musical sans le piano, Auber, Halévy, Thomas, Massé n'auraient peut-être jamais trouvé les charmantes inspirations qui nous ravissent au théâtre. Bien des génies en germe eussent à jamais dormi dans le silence, qu'une note de l'harmonieux instrument a réveillés.

La découverte de l'échappement donna une grande impulsion à la facture; M. Pape eut le mérite de perfectionner cet important procédé, et M. Thibout, en suivant les traces de son maître, s'est attaché à faire faire un pas nouveau à cette partie de la facture instrumentale; actuellement ses produits peuvent rivaliser avec ceux des plus célèbres et des plus anciennes maisons.

Les instruments qu'elle a envoyés à l'Exposition sont au nombre de trois deux pianos à queue petit format et un piano droit. Parmi ces instruments, sur les qualités desquels nous n'ayons pas besoin d'insister, on a particulièrement remarqué un piano à queue, petit format, dont la construction intérieure et extérieure est parfaite de tous points.

Sa puissance de son égale celle d'un bon piano du plus grand format en outre, il est d'un toucher égal, facile, et la répétition des notes s'y exerce aisément, sans trouble aucun, avec toute la netteté et la précision désirables.

Quant aux ornements extérieurs, on nous permettra de ne point nous y arrêter; nous dirons seulement que les pianos exposés par la maison Thibout se distinguent par la. simplicité et le bon goût de leur décoration.

Et ce n'est pas peu dire, si l'on songe aux étonnantes fantaisies aux-quelles, à propos d'exposition, se'sont livrés quelques facteurs, sous prétexte d'agréments et d'ornementation." Le Figaro, 29/05/1878, p. 2

1889

PARIS - "143. THIBOUT (Amédée et Cie), à Paris, rue Victor Massé, 28. — Pianos droits et à queue, auto-pianiste universel et auto-organiste universel." Catalogue général officiel de l'exposition universelle de 1889, p. 10 (Gallica)

1900

PARIS - "127 . Thibout (Amédée) & Cie, à Paris, 27, rue des Petits-Hôtels (place Lafayette). — Pianos droits et à queue. Manufacture de pianos, maison fondée en 1840.

Paris 1867, Médaille d’argent de 1re classe ; Paris 1878, Rappel de Médaille d’argent ; Vienne 1878, Médaille de Mérite ; Melbourne 1880 ; 2 Médailles d’argent ; Amsterdam 1883, Médaille d’or ; Anvers 1885, Médaille d'or ; Chicago 1893, Hors Concours." Catalogue général officiel. Tome troisième, Groupe III : instruments et procédés généraux des lettres, des sciences et des arts : classes 11 à 18, 1900, p. 528 (archive.org)

Pour les références voyez la page
pianos français 1840 - 1849


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