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MONTAL Claude
à Paris (°1835)


1839 - 1867

1839

PARIS - "M. Montal, who is blind, exhibited some excellent instruments of his own special manufacturing." Niles' National Register: Containing Political, Historical, Geographical ..., 1840, p. 89

PARIS - "MONTAL (CLAUDE), breveté d'invention et de perfectionnement pour roulettes et chevalet à trois pointes, nouveau sommier prolongé, etc., etc.; facteur et accordeur de pianos, professeur d'accord, élève aveugle et ancien professeur de musique et de mathématiques à l'Institution royale des jeunes aveugles de Paris, auteur de l'Art d'accorder soi-même son piano ; à Paris, 36, rue Dauphine, passage Dauphine. — Pianos. 

Par ses études en musique, en mathématiques, en mécanique et en physique, M. Montal, alors qu'il était professeur à l'Institution des jeunes aveugles, s'est vu conduit à faire des recherches sur le tempérament des instrumens à sons fixes, tels que l'orgue, le piano, etc., etc., dans l'espoir de concilier la pratique avec la théorie ; tous les savans, depuis Mersenne, s'étaient occupés de cette question, mais en physiciens seulement, n'étant pas accordeurs.

Ceux-ci se déclaraient pour le tempérament inégal, on ne décidait rien et ces dissertations savantes ne jetaient aucune lumière sur la pratique.

Les accordeurs n'avaient pas les connaissances suffisantes et spéciales pour lire avec profit ces théories et s'en tenaient souvent à des traditions dont les principes s'entredétruisaient mutuellement, et cela dans la même partition ou opération de l'acord.

M. Montal a tranché la question jusqu'à ce jour indécise, en publiant, sous le titre de l'Art d'accorder soi-même son piano, un ouvrage dans lequel la pratique se trouve enfin unie à la théorie ; il a même rendu fort accessible aux amateurs, à la condition de quelques études pratiques, l'accord du piano, considéré jusqu'à ce jour comme un enseignement impraticable.

M. Montal ne s'en est pas tenu là. Malgré la cécité complète dont il est frappé, ses connaissances théoriques et pratiques l'on mis à même d'établir une fabrique de pianos, et dans cet instrument il vient d'introduire des perfectionnemens notoires, appréciés par les gens de l'art.

Trois pianos, un piano à queue à bascule et à table renversée, un piano droit à cordes obliques, et un pianino à cordes verticales ont été préparés pour l'exposition, mais ils n'ont pu y figurer que l'un après l'autre, vu l'exiguité de l'emplacement accordé à M. Montal.

Le piano à queue à sept octaves est construit dans les conditions les plus favorables pour la sonorité et la propagation du son. L'expérience prouve que lorsqu'un corps mince, comme une table d'harmonie, est interposé entre les cordes vibrantes et l'oreille de l'auditeur, le son prend beaucoup plus de volume.

On remarque généralement ce résultat à l'occasion 'd'un piano droit quand le public est en face de l'exécutant, c'est-à-dire quand le piano est entendu par derrière; le piano, retourné, fait entendre le son dans sa plénitude. M. Montal a dû spéculer sur l'emploi de ces conditions harmoniques.

A cet effet, il a construit son piano à queue tout à l'opposé des pianos à queue ordinaires.

La table d'harmonie, les cordes et la mécanique se trouvent placées dessous l'instrument.

Par cette disposition le marteau pousse la corde sur le sillet et contre la table d'harmonie, lance le son de bas eh haut par l'intermédiaire de la table d'harmonie, qui se trouve en contact avec la colonne d'air supérieure, et par là l'exécution obtient une qualité de son meilleure, plus-forte, se propageant avec plus d'extension.

De la sorte il obtient les avantages des pianos à frappemens en dessus, sans avoir l'inconvénient de leur mécanisme, plus-sujet à se déranger que dans les pianos ordinaires ; ici le marteau retombant par son propre poids au lieu d'être relevé par un ressort. [...]" Lucas Al. Panorama de l'industrie française publié par une société d'artistes et d'industriels sous la direction de M. Al. Lucas, 1839, p. 111 (Gallica)

PARIS - "Mardi dernier le duc et la duchesse d'Orléans se sont arrêtés à l'exposition devant les pianos de M. Montal, élève de l'institution des jeunes aveugles et aveugle lui même; la position spéciale de ce fabricant auteur du livre sur la théorie de l'accord, inventeur de procédés nouveaux et professeur de hautes mathématiques méritait de l’intérêt.

M. Montal montrait lui-même les diverses innovations introduites dans ses instruments, et avec tant d'habileté que l'on pouvait douter qu'il fût privé de la vue. Cette scène curieuse avait groupé beaucoup de monde autour des visiteurs."  Revue et Gazette Musicale, 1839, p.  208

PARIS - "M. Montal s'est présenté cette année à l'exposition pour la première fois. Il y débute d'une manière qui lui fait honneur, et qui doit étonner davantage quand on considère sa position défavorable à l'exercice de son art.

Si la facture des pianos est un art difficile pour ceux qui jouissent de la plénitude de leurs organes, et qui peuvent voir les détails minutieux d'un instrument aussi compliqué, que dira-t-on d'un facteur, qui, frappé d'une cécité complète, se hasarde dans une carrière où tous ne réussissent pas, bien que disposant du secours de la vue?

C'est cependant ici le cas. M. Montal est aveugle; malgré celle infirmité il a entrepris de faire des pianos, et ce qui est plus remarquable encore, il y a réussi. Disons quelques mots sur cet artiste avant de parler de ses instruments.

Ce fut à l'âge de cinq ans et demi que M. Montal perdit la vue par suite d'une maladie. Entré plus tard dans l'institution des jeunes aveugles, à Paris il y passa quelques années, et se livra principalement à l'étude des mathématiques et de la musique.

Il s'exerça d'abord sur le violon, puis sur le hautbois, qu'il changea enfin contre le piano. Sa curiosité le porta naturellement à connaître tous les détails de cet instrument, et il y parvint, grâce à cette patience qui est le partage ordinaire de ses confrères en malheur. 

Ce serait trop long ici de raconter comment il se procura un vieux piano qui lui permit de satisfaire ce désir, et dont il démonta et remonta toutes les parties. Une parfaite connaissance de la structure de cet instrument fut le résultat de ces pénibles recherches.

En 1830 M. Montal sortit de l'institution, et choisit l'état d'accordeur. L'habileté qu'il montra dans cette branche difficile de l'art ne tarda pas à lui attirer de nombreuses pratiques, parmi lesquelles se trouvaient même quelques facteurs.

[M. Montal a publié, en 1834, un petit Traite sur l'art d'accorder le piano. Cette brochure, qui eut les honneurs d'une traduction allemande, ne fut que l'avant-coureur d'un grand ouvrage dont l'auteur s'était occupé depuis long-temps, et qui parut sous le litre de : l'Art d'accorder soi-même son piano. C'est sans contredit le meilleur ouvrage qui existe sur cette matière.]

De cette manière, une grande quantité de pianos de toutes espèces lui passèrent par les mains; il eut l'occasion de se familiariser avec les divers mécanismes, soit français, anglais ou allemands, et d'en examiner tous les détails, ce qu'il fit avec une adresse étonnante; car à le voir démonter un instrument, prendre et remettre les moindres pièces, on ne se doutait guère d'avoir devant soi un homme privé de l'organe qu'on dirait indispensable à cette sorte de travail.

Ce n'est, du reste, qu'un exemple de plus à citer dans l'histoire des aveugles qui se sont distingués par une merveilleuse habileté, et nous reviendrons à cet intéressant sujet dans un article que nous consacrerons à quelques aveugles qui sont parvenus à construire des instruments de musique.

Après avoir ainsi acquis une connaissance parfaite de la construction des pianos, M. Montal résolut d'en fabriquer lui-même.

Il commença en 1833, aidé d'un seul ouvrier, car ses moyens ne lui permetaient pas d'aller trop vite. Bientôt il s'adjoignit un second ouvrier; aujourd'hui il en occupe jusqu'à treize ou quatorze, et le nombre des pianos sortis de son atelier dans l'espace de cinq ans s'élève à 172.

Nul doute que son établissement ne prenne une plus grande extension, car il est en bonne voie, et les obstacles contre lesquels il avait à lutter dans l'origine sont vaincus par le succès.

Un des plus grands de ces obstacles a dû être sans doute la prévention du public, car un aveugle est peu fait pour inspirer de la confiance au vulgaire lorsqu'il s'agit de la confection d'objets qui demandent de la justesse et de la précision. On devait se métier des pianos construits par un facteur qui n'en pouvait examiner la disposition et le mécanisme qu'en les tâtant du bout de ses doigts.

Mais cette prévention s'est évanouie devant les bons résultats que M. Montal a obtenus, et qu'il doit à son intelligence rare, jointe aux soins plus minutieux encore que sa position même lui fait un devoir d'apporter à ses travaux.

Tous ses instruments se sont rapidement vendus, et il a trouvé dans l'accueil des amateurs les encouragements que méritaient sa persévérance et son talent.

En commençant à fabriquer des pianos, M. Montal pouvait choisir l'un des systèmes existants et se contenter de l'imiter scrupuleusement.

Il a mieux aimé faire de l'éclectisme en prenant ce que chacun lui semblait avoir de préférable et en y ajoutant des perfectionnements de son invention pour lesquels il s'est fait breveter.

Plusieurs essais dont il s'occupe en ce moment n'étant pas achevés, nous ne pouvons parler ici que des trois instruments qui ont figuré à l'exposition. Ce sont un piano à queue, un piano droit à cordes obliques, et un pianino à cordes verticales.

Le piano à queue à bascule et à table renversée, présente une différence remarquable avec les pianos à queue ordinaires. La table d'harmonie se trouve placée au-dessus des cordes; elle est, de même que les cordes, située sous une carcasse mobile par des charnières et qui sort de l'enveloppe de l'instrument comme d'un étui, lorsqu'on veut mettre les cordes à découvert.

La mécanique seule, logée dans le bas de l'instrument, occupe sa place ordinaire. D'après cette disposition, le marteau, bien que frappant la corde de bas en haut, la pousse contre le sillet et contre la table comme dans les pianos verticaux ou ceux à mécanisme en dessus ; il en résulte un avantage réel pour la sonorité.

C'est en considérant la belle qualité de son des pianos verticaux que M. Montal a adopté ce système, inventé par un facteur suisse nommé Kohl.

L'expérience prouve, dit M. Montal, que lorsqu'un corps mince, comme une table d'harmonie, est interposé entre les cordes vibrantes et l'oreille de l'auditeur, le son prend beaucoup plus de volume. On remarque généralement ce résultat à l'occasion d'un piano droit, quand le public est en face de l'exécutant, c'est-à-dire quand le piano est entendu par derrière; le piano retourné fait entendre le son dans sa plénitude.

La construction du nouveau piano à queue présente les mêmes conditions favorables à la sonorité et la propagation du son ; car le marteau frappant la corde sur le sillet et contre la table d'harmonie, lance le son de bas en haut par l'intermédiaire de cette table, qui se trouve en contact avec la colonne d'air supérieure.

La qualité de son devient meilleure, plus forte, et se propage avec plus d'extension. Quant au mécanisme, M. Montal la tâché d'éviter autant que possible les frottements par la suspension du ressort et l'interposition de petites roulettes ou cylindres entre les points de contact.

Il a pris un brevet pour cette invention, destinée à rendre le clavier plus facile et le mécanisme plus durable; car les frottements y sont presque annulés. On peut en outre régler toute la mécanique et déplacer les touches sans retirer le clavier.

Nous avons parlé plus haut de l'inconvénient qui résulte de la disposition ordinaire des étouffoirs et qui consiste à ne pas étouffer suffisamment le son lorsqu'on lève le doigt. Pour remédier à ce défaut, M. Montal emploie un second étouffoir qui se meut en sens contraire du premier et dans la petite partie de la corde, en sorte que celle-ci se trouve saisie à la fois par-dessus et par-dessous, par-devant et par-derrière le marteau.

Ce mouvement simultané produit son effet d'une manière complète, en faisant cesser immédiatement les vibrations de la corde. Une autre amélioration a été introduite dans cet instrument pour en assurer la solidité.

M. Montal a mis pour chaque corde trois pointes sur le chevalet, ce qui permet de laisser les cordes droites dans toute leur longueur, et par là de supprimer la charge considérable ainsi que le tiraillement énorme qu'elles font éprouver à la table d'harmonie dans les pianos où l'on n'emploie que deux pointes.

La table étant ainsi soulagée de la presque totalité de son travail, le bois ne perd plus de son neuf, et l'instrument doit se conserver plus long-temps.

Enfin M. Montal a supprimé dans le dessus de ce piano l'inutile portion de corde ordinairement située derrière le chevalet.

A cet effet, une verge de fer se trouve vissée sur sur le sommier pour chaque note; celle verge de ver vient aboutir presque jusqu'au chevalet et recevoir les trois cordes de chaque unisson, ce qui remplace avantageusement le sommier prolongé.

M. Montal a soigné dans tous les détails la confection de cet instrument qui, à une belle qualité du son, réunit l'avantage d'un clavier prompt et facile, et dont la solidité est garantie.

Le piano droit exposé par M. Montal se distingue d'abord par l'extérieur; il est décoré dans le genre de la renaissance, en bois d'ébène, avec des incrustations en nacre et en cuivre, gravé et orné de moulures guillochées, avec un clavier en nacre et en écaille.

Nous ne saurions approuver l'emploi de la nacre en place de l'ivoire, car un clavier ainsi construit éblouit et fatigue, surtout à la lumière, les yeux de l'exécutant.

Dans ce piano comme dans le précédent, M. Montal a tâché de rendre nuls les frottements de la mécanique en y adaptant des roulettes ou cylindres.

Le double étouffoir y a été appliqué également et le chevalet se trouve de même garni de trois pointes. On voit qu'en construisant un instrument qui pût être considéré comme un objet d'art, M. Montal n'a rien négligé pour que les qualités intérieures fussent en rapport avec l'élégance de l'enveloppe.

Le pianino, joli instrument à six octaves et demie, a participé aux mêmes perfectionnements. On y remarque une nouvelle mécanique à roulettes; les étouffoirs règnent tout du long par derrière la corde, et la saisissent au point de frappement du marteau; en outre une roulette appliquée au pilote de l'étouffoir rend le poids de cet étouffoir presque insensible au clavier, sans lui faire rien perdre de son action sur la corde.

C'est avec une vive satisfaction que nous avons examiné ces instruments et signalé les efforts d'un artiste qui, vu sa position, mérite doublement des éloges.

Nous souhaitons sincèrement à M. Montal la prospérité toujours croissante de l'établissement que son intelligence le rend si apte à diriger avec un plein succès. G.-E. Anders." Revue et Gazette Musicale, 1839, p.  274

PARIS - "MONTAL (n° 360). Le duc et la duchesse d’Orléans se sontaussi arrètés, le même jour, avec le plus vif intéret, dans les salles de l'Exposition de l'Industrie, devant les pianos de Montal, élève des institutions des jeunes aveugles, et aveugle lui-même.

La position spéciale et si intéressante de ce fabricant, auteur de livres sur la théorie de l'accord, inventeur de procédés nouveaux et professeur de hautes mathématiques, méritait à tous égards un suffrage aussi distingué.

M. Montal montrait lui-même les diverses innovations introduites dans ses pianos, et avec tant d'aplomb que l'on pouvait douter qu'il fût privé de la vue.

Cette scène curieuse avait groupé beaucoup de monde autour des nobles visiteurs. Nous reviendrons plus tard sur les perfectionnements apportés pars M. Montal dans les quatre pianos qu'il a exposés." La France Industrielle, 11/07/1839, p. 1


1844

PARIS - "M. MONTAL, à Paris, rue Dauphine, 36, - A exposé des pianos de tous genres, parmi lesquels un piano droit à cordes obliques s'est trouvé placé au cinquième rang, et un piano droit à cordes verticales au treizième rang.

Ce facteur distingué confectionne chaque année quatre-vingt-dix pianos. Le jury décerne une médaille de bronze à M. Montal." Rapport du Jury central, Paris Jury central, Imprimerie de Fain et Thunot, 1844, p. 543


1845

PARIS - "181. — MONTAL, facteur de PIANOS, rue Daupbine, 36.

Dans le cours dë cette exposition M. Montal présentera tour à tour au jugement du public quelques uns des sept pianos qui sont indiqués ici; quant aux autres, on pourra toujours les voir et les essayer dans ses magasins.

1° Un piano droit à trois et quatre cordes verticales, clavier à bascules, transpositeur d'ut en la.

2° Un piano de plos grand format, à trois et quatre cordes, sept octavés d'ut en ut.

3° Un piano droit, à trois et quatre cordes obliques, d'ut en la et à double échappement. -

4° Un piano à queue verticale ou piano droit de concert, à trois et quatre cordes, sept octaves de la en la, transpositeur, et à double échappement.

50 Un piano carré, à deux et trois cordes, et à double échap' pement, six octaves au sol.

6° Un grand piano carré, à trois cordes et à double échappement, six octaves trois quarts au la.

7° Un grand piano à queue, à trois et quatre cordes, sept octaves de la en la, -et à double échappement.

Ces pianos, de la plus grande solidité, sont construits avec des sommiers et barrages en fer d'une nouvelle disposition pour assurer la durée de l'accord et protéger la table d'harmonie.

L'emploi des quatre cordes dans la partie supérieure des pianos de M. Montal a pour objet de donner plus de force aux dessus, d'empêcher la rupture des cordes et de contribuer à la durée de l'accord.

Le soudage du trait dans les cordes filées de la basse empêche également la rupture des cordes, et leurs permet de se fixer avec plus de précision sur les points d'appui, leur donne de la flexibilité aux extrémités, ce qui augmente considérablement l'ampleur des vibrations, et procure par là plus de force, d'intensité et de rondeur, dans le son.

Les mécaniques à double échappement dans les pianos droits, carrés et à queue, inventées par M. Montal, permettent à la touche de produire un son fort ou faible, suivant qu'on laisse plus ou moins relever le doigt, avantage immense pour faciliter l'expression et augmenter les ressources de l'exécution.

De nouveaux étouffoirs appliqués aux pianos droits font cesser le son complètement lorsqu'on laisse relever la touche.

Tous les enfourchements des mécaniques sont en cuivre pour donner plus de précision et de sûreté dans le coup de marteau; ceux-ci sont garnis avec double feutre, ce qui leur procure plus d'élasticité, et donne à l'instrument plus de puissance et de rondeur dans le son.

Les claviers, garnis dans leurs mortaises, ne font plus de bruit; des pointes ovales, des vis de pression, y sont adaptées pour les régler avec facilité et simplifier les réparations.

Dans les pianos carrés et à queue, des agrafes en cuivre perfectionnées remplacent les pointes ordinaires du sillet, donnent plus d'e pureté au son et empêchent les cordes de casser.

M. Montal construit, comme on le voit, les différents genres de pianos avec tous les perfectionnements connus, et beaucoup d'améliorations qui lui appartiennent." 8e exposition des produits des membres de l'Académie de l'Industrie, à l'Orangerie des Tuileries en 1845, p. 82-83 (Gallica)


1846

  PARIS - "1° Une médaille d'argent à M. Montal, pour les notables perfectionnements que cet habile facteur a apportés aux pianos droits." Annales de la Société libre des beaux-arts, 1846, p. 3 (Gallica)

  PARIS - "18. — MONTAL, facteur de PIANOS, à Paris, rue Dauphine, 36.

M. Montal s'est livré à la construction et à l'amélioration de tous les genres de pianos; mais, le piano droit étant celui dont l'usage est devenu le plus général, il a depuis quelques années concentré tous ses efforts sur cette espèce d'instruments.

Ses travaux ont été couronnés d'un plein succès, et la confiance que le public accorde à ses produits prouve que les nombreux résultats qu'il a obtenus ont été justement appréciés.

M. Montal s'est appliqué à perfectionner toutes les parties du piano : la caisse, les sommiers et les barrages en fer, la table d'harmonie, le chevalet, le sillet, les cordes, la mecanique, les marteaux, les étouffoirs et le clavier.

Il s'est efforcé de renfermer tous les perfectionnements dans un petit espace, et il a enrichi les pianos des formes les plus gracieuses et les plus élégantes.

Il en fabrique néanmoins de différentes grandeurs, et ses pianos droits grand modèle sont, de l'aveu de tous les artistes qui les ont essayés, supérieurs aux pianos à queue les plus forts.

Un des principaux défauts des pianos qui ont été faits jusqu'ici est l'inégalité de son dans les différentes parties ; M. Montal y a remédié de la manière la plus satisfaisante en mettant deux cordes dans la basse, trois dans le médium, et quatre dans les dessus.

Ce procédé simple et naturel donne à ses instruments une puissance et une égalité de son remarquables; il empêche la rupture des cordes, assure la durée de l'accord et protége la garniture des marteaux.

De nouveaux étouffoirs adaptés aux pianos droits font cesser le son complètement lorsqu'on laisse relever la touche, et procurent aux marteaux plus de précision et de sûreté, en permettant d'en raccourcir la tête.

M. Montal a inventé un nouveau système de transposition pour lequel il est breveté (sans garantie du gouvernement). A l'aide de ce système, qui contribue à augmenter la durée de l'instrument, on peut facilement le baisser ou le hausser de un, deux, trois, quatre, cinq, six, ou même d'un plus grand nombre de demi-tons.

L'exposition des produits de l'industrie nationale a déjà donné à M. Montal l'occasion de faire connaître quelques uns de ses travaux; le jury a reconnu la supériorité de ses pianos, et la médaille qui lui a été décernée n'est que la confirmation de cette décision flatteuse."
9e exposition des produits des membres de l'Académie de l'Industrie, à l'Orangerie des Tuileries en 1846, p. 16-17 (Gallica)


1847

PARIS - "Depuis quelques années l'étude du piano s'est répandue dans toutes les classes de la société; il est peu de familles, même parmi les moins fortunées, chez lesquelles on ne rencontre un piano.

Ce qui a beaucoup contribué à populariser cet instrument est l'invention des pianos droits, dont les dimensions restreintes s'accordent avec l'exiguïté de nos appartements modernes.

Cependant, la faiblesse de leur son ne permet de les employer agréablement que pour accompagner le chant. M. Montal, auteur d'un excellent ouvrage enseignant l'art d'accorder soi-même les pianos, a cherché, par de savantes modifications, à douer les pianos droits d'une intensité de sons égale à celle obtenue par les meilleurs pianos carrés ou à queue.

Dans cette séance, vous entendrez un des instruments de M. Montal, et vous pourrez, Messieurs, juger avec quel bonheur il a résolu le problème qu'il se proposait.

Nous ajouterons que M. Montal est aveugle de naissance. Cette circonstance, si elle n'a pas influencé la décision de la Société, doit néanmoins augmenter l'intérêt excité par les travaux, de cet habile facteur.

Sur le rapport de M. Delaire, fait au nom de la commission, nous décernons à M. Montal notre plus haute récompense, la médaille d'argent." Expo 1847, Annales de la Société libre des beaux-arts, 1847, p. 26 (Gallica)

PARIS - "M. Montal dont nous avons eu plusieurs fois occasion d'enregistrer les succès, vient de recevoir de l'Athénée des Arts une médaille d'argent, maximum des récompenses que cette société accorde.

Cette médaille est accompagnée d'un brevet qui mérite d'être rapporté :

« L'Athenée des Arts, après avoir, suivant le désir de M. Montal, facteur de pianos, entendu le rapport qui lui a été fait au nom de sa classe des arts, connaissant que M. Montal a apporté un notable perfectionnement dans la facture de ses pianos droits, tant sous le rapport de la solidite de construction, que sous celui de la sonorité qui les rend supêrieurs aux pianos droits ou carrés d'autres facteurs, et que le nouveau système de transposition est entièrement de son invention, arrête qu'il lui sera décerné une médaille en sa séance publique. »

Le présent extrait a été délivré en séance publique, par nous, président et membres du bureau de l'Athénée, M. Laisné, président, Paillet (de Plombières), vice-président, — Taskin, secrétaire, — J. N. Raveaux, secrétaire général, — Durand, trésorier, — B. Lunel, archiviste adjoint. — (Séance publique du 30 août 1847.)" Le Ménestrel, 12/09/1847, p. 3 (Gallica)

PARIS - "La supériorité des pianos droits de M. Montal vient d'être reconnue par un brevet de l'Athénée des Arts. Une médaille d'argent (maximum de ses récompenses), a été accordée à cet habile facteur." La Presse, 01/12/1847, p. 3 (Gallica)


1849

PARIS - "M. Montal a exposé des pianos de tous les modèles. Son piano oblique a obtenu le septième rang au concours, et son piano droit le huitième; de plus, M. Montal a soumis à l'examen du jury :


Un piano à queue d'une construction particulière. Comme dans quelques pianos de forme horizontale, exposés par d'autres facteurs, le corps sonore de l'instrument est renversé sur la mécanique, placée, comme à l'ordinaire, sur le parquet du clavier.

M. Montal, connaissant par expérience la difficulté de remettre les cordes sur les pianos de ce genre de construction, a imaginé de monter le corps sonore en équilibre sur deux pivots qui lui servent de centre de mouvement, et sur lesquels on peut le faire balancer pour le relever dans une position verticale.

Ce moyen permet d'arriver librement au plan des cordes. Cette construction, toute ingénieuse et difficile qu'elle puisse être, n'a pas paru présenter au jury des résultats favorables sous le rapport de la sonorité.

M. Montal a présenté un piano droit de grande dimension, pouvant transposer d'un demi-ton dans les dessus, et de trois demi-tons dans les basses : la disposition de cette transposition a paru ingénieuse, en ce qu'elle n'affecte en rien la correspondance directe du clavier à la mécanique.

Un piano oblique, dont le corps sonore se développe derrière la caisse, au moyen d'une charnière, de la même manière que le clavier et la mécanique des anciens pianos obliques se développaient par devant.

Le jury a pensé que le défaut de stabilité que l'on a remarqué dans une application de ce principe devait nécessairement se reproduire dans une autre.

M. Montal introduit dans ses pianos droits un mécanisme de sa composition pour donner à ses claviers l'avantage du double échappement.

M. Montal, ainsi que plusieurs autres facteurs, fait usage dans ses pianos droits du système de contre-tirage métallique, appliqué derrière le fond ou châssis de l'instrument connu sous le nom de système Becquet.

Le jury, prenant en considération le rang qu'ont obtenu les pianos ordinaires de M. Montal dans deux catégories, lui décerne la médaille d'argent." Rapport du Jury Central sur les Produits de l'Agriculture et de l'Industrie ..., France Jury Central sur les Produits de l'Agriculture et de l'Industrie, 1849

PARIS - "M. Montal, à qui la Société libre des Beaux-Arts a décerné en 1847 une médaille de 1re classe pour les perfectionnements qu'il avait déjà à cette époque introduits dans la facture du piano droit, est arrivé cette année avec de nouvelles et notables améliorations.

Nous avons dit que l'attention des facteurs s'était portée sur un point très-important, la solidité, et qu'ils avaient cherché, par divers systèmes de construction, à paralyser la puissance du tirage des cordes, qui tend constamment à renverser les sommiers en les rapprochant l'un de l'autre.

Le remède à cette cause de destruction devait nécessairement appeler tous les soins de M. Montal, et ce facteur, poursuivant la voie que lui ont ouverte ses connaissances théoriques, combinées avec les études pratiques de son art, vient d'appliquer aux pianos droits un système de contre-tirage aussi simple qu'il est puissant.

Il consiste en des tringles de fer placées derrière le fond de la caisse et adaptées, au moyen d'écrous, aux parties postérieures des deux sommiers qui sont préparés pour les recevoir.

Ces tringles, disposées parallèlement aux cordes, ne sont pas continues; elles sont divisées en deux demi-tringles, placées vis-à-vis l'une de l'autre, et dont les extrémités, au milieu de la hauteur de l'instrument, sont taraudées, et réunies ensemble, sans se toucher, par une douille. Cette douille, suivant qu'on la fait tourner à droite ou à gauche, fait augmenter ou diminuer l'écartement des deux demi-tringles, et par conséquent opère un tirage, plus ou moins fort, opposé à celui des cordes.

Un piano droit, monté comme le sont ceux de M. Montal, de quatre cordes dans le dessus, de trois dans le médium et de deux dans les basses, combinaison qui égalise autant que possible les sons, présente une force de tirage d'environ 10,000 kilog.

On peut donc juger de la puissance du système de contre-tirage imaginé par M. Montal, puisque non-seulement il contre-balance parfaitement la force des cordes, mais encore, l'équilibre étant établi, il peut, si l'on resserre davantage les tringles, faire monter instantanément l'accord du piano d'un ou de plusieurs demi-tons.

Cette fonction des tringles, agissant par l'intermédiaire des sommiers sur les cordes pour les tendre, peut exactement se comparer à celle de la corde d'une scie agissant sur la lame par l'intermédiaire des bras pour la bander, car lès deux appareils sont une application du même principe.

Un autre perfectionnement, non moins important, est l'application faite par M. Montal aux pianos droits d'un mécanisme à double Échappement ou échappement continu.

Un inconvénient de là mécanique à échappement simple consiste en ce que l'exécutant est obligé de laisser relever entièrement la touche avant de reproduire un son; avec l'échappement continu cet inconvénient disparaît, et la note peut être répétée sans que la touche se relève entièrement et sans que le doigt l'abandonne.

On peut ainsi produire le son dans toutes ses nuances, suivant qu'on laisse plus ou moins relever la touche, avantage capital qu'on n'avait pu encore obtenir sur cette sorte de pianos.

Une foule d'autres améliorations de détail distinguent encore lès instruments de M. Montal : ils possèdent un appareil transpositeur extrêmement simple, fonctionnant avec la plus grande facilité et sans le moindre inconvénient pour la mécanique.

Nous engageons cet habile et ingénieux facteur à poursuivre la voie d'amélioration où il est entré depuis longtemps et qui place sa maison au rang le plus honorable."
La Tribune des artistes : journal publié sous les auspices de la Société libre des ..., 1849, p. 138-139 (Gallica)


1851

   

"Miniature Piano forte" on the Great Exhibition of 1851, The Crystal Palace, and its contents : being an illustrated cyclopaedia of the great exhibition of the industry of all nations, 1851, p. 368 (archive.org)

   

LONDRES - "MINIATURE PIANO FORTE. — MONTAL. We engrave a little cabinet piano-forte by Montal, as a model of exquisite taste in ornamental furniture. It is richly embellished in enamel painting, buhl, &c."  The Crystal Palace, and its contents : being an illustrated cyclopaedia of the great exhibition of the industry of all nations, 1851, p. 368 (archive.org)

LONDRES - "We may mention those of M. Montal, who also sent an elegant cottage, in tulip wood and marqueterie, with transposition mechanism." Crystal Palace, and its contents : being an illustrated cyclopaedia of the great exhibition of the industry of all nations, 1851, p. 202 (archive.org)

LONDRES - "M. Montal côtoye M. Jaulin, fier de ses quatre pianos droits-transpositeurs, dont un en marqueterie d'une richesse merveilleuse, et un autre, genre Boule, qui n'a pas d'égal pour le clinquant.

Tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il y a progrès dans la fabrication de ce facteur infatigable. Son mécanisme permet de modifier les sons à volonté par le rapprochement des touches et des marteaux; il y aura examiner par quel prodédé M. Montal a obtenu ce perfectionnement." La France Musicale, 1851, (Expo Londres, 1851)

LONDRES - "MONTAL, CLAUDE, 5 Boulevard Montmartre, Paris-Musical Instrument Maker. Three cottage pianofortes." Official descriptive and illustrated catalogue of the Great exhibition of the works of industry of all nations, 1851

LONDRES - "1665 Montal, C. Instrumens de musique, 5 Boulevart Montmartre, Paris. — Quatre pianos droits, avec transposition et peddle d'expression." Catalogue officiel de la grande Exposition des produits de l'industrie de toutes les nations, 1851, p. 298 (Gallica)

LONDRES - "[...] M. Montal, qui me paraît mériter une mention particulière.

Bien qu'aveugle depuis l'âge de cinq ans, il n'en a pas moins le génie des mécaniques et la main d'un habile ouvrier. Ce que les yeux lui refusent est racheté par la finesse du tact et de l'ouïe.

Longtemps il a dû lutter contre le préjugé soulevé contre ses instruments par son état de cécité ; mais sa modeste confiance en lui-même, soutenue par une inébranlable fermeté, ont triomphé des obstacles accumulés autour de lui par la malveillance.

A son début, M. Montal fut accordeur, et ce fut ainsi qu'il apprit à connaître tous les systèmes de construction des pianos. Devenu facteur lui-même, il commença par imiter; mais bientôt après, entraîné dans la carrière souvent dangereuse de l'invention, il imagina divers perfectionnements, parmi lesquels il en est trois qui ont été spécialement récompensés par les jurys des Expositions françaises et par les Sociétés d'encouragement. Huit médailles ont été décernées à M. Montal, à diverses époques.

Quatre pianos droits ont été placés par lui à l'Exposition de Londres; et dans chacun, il a fait usage des inventions par lesquelles les instruments sortis de ses ateliers se distinguent.

M. Montal est, je crois, le premier facteur français qui a fait l'application du mécanisme d'Érard, à double échappement, au piano droit, en le modifiant en raison du mode inverse de l'attaque de la corde par le marteau.

Ce mécanisme fonctionne très-bien, et la répétition de la note à tous les degrés de force s'exécute sans peine dans tous les instruments du facteur dont il s'agit.

Tous sont transpositeurs ; mais le système par lequel s'exécute la transposition appartient en propre à M. Montal.

Dans ce système, le mouvement de translation s'opère par un simple levier, et ce mouvement soulève les échappements pendant la moitié de la course, et les laisse redescendre sur la touche voisine pendant la seconde moitié, en sorte que le clavier ne peut accrocher ni détériorer les échappements pendant son mouvement latéral; la mécanique reste immobile, et les marteaux, ainsi que les étouffoirs, conservent leurs positions en face de leurs cordes respectives.

Par là se trouve résolu le problème dont M. Mercier avait cherché la solution par son système de touches brisées, auquel il a renoncé en le cédant à M. Adisson, de Londres.

Les pianos droits de M. Montal diffèrent aussi de ceux des autres facteurs par un système de contre-tirage, qui consiste en plusieurs tringles de fer armées d'écrous, lesquelles sont placées derrière l'instrument, en face des pièces verticales de la charpente et à une certaine distance de chacune d'elles.

Ces tringles traversent les sommiers supérieur et inférieur, agissent sur eux en s'allongeant ou se raccourcissant par l'eifet des écrous, et, maintenant la caisse dans ses conditions normales, opposent une résistance proportionnelle au tirage des cordes, conservent l'élasticité de la table d'harmonie, en la protégeant contre les fléchissements de la caisse, et enfin prolongent la durée de l'accord de l'instrument.

Nul doute que ce système, très-supérieur à la résistance passive du barrage ordinaire, ne soit destiné à passer dans l'usage général, après l'expiration du brevet de M. Montal.

Les instruments de ce facteur ingénieux se distinguent aussi par une pédale d'expression qui, agissant sur les marteaux, les approche progressivement des cordes et abaissent le clavier dans la même proportion, de manière à diminuer la puissance d'attaquer et à produire une sonorité douce qui se combine d'une manière heureuse avec l'effet produit par la pédale à lever les étouffoirs.

Cette pédale permet de nuancer les traits par un changement de sonorité sans que les mains quittent le clavier; ce qui ne peut se faire avec la pédale qui porte les marteaux sur une corde, parce que ceux-ci pourraient s'accrocher et se briser, si les doigts restaient sur les touches pendant le mouvement de translation.

Le premier piano droit, à cordes obliques, de M. Montal, est un très beau meuble dans le genre de Boule.

Le mécanisme est traité avec beaucoup de soin, mais les sons du médium sont un peu trop couverts, ce qui tient à la garniture des marteaux. Un autre instrument de grand format, à cordes verticales, en bois de rose avec des ornements très riches, est d'une sonorité plus brillante.

Le troisième, plus petit, est également à cordes verticales; et enfin, le quatrième est un véritable piano vertical de l'ancienne forme, à cordes longues.

Celui-ci se fait remarquer par une grande puissance sonore, par son égalité et par la légèreté du mécanisme. Tous ces instruments sont transpositeurs. - Fétis." Revue et gazette musicale de Paris: journal des artistes, des amateurs et ..., 1851, p. 337

 

LONDRES - "Chacun d'eux est monté recevoir sa décoration des mains du président, qui a adressé, à chaque nouveau décoré quelques mots de félicitation.

Mais on n'a pas pu voir sans émotion un aveugle, M. Montal, fabricant de pianos, qui, pour monter les gradins qui conduisaient à l'estrade, était guidé par un jeune enfant de sept à huit ans.

Le président a voulu lui-même attacher la croix de chevalier à la boutonnière de l'honorable industriel dont l'infirmité semblait encore relever le mérite.

M. Montal a été salué de plusieurs applaudissemens." La Presse, 26/11/1851, p. 1-2 (Gallica)

LONDRES - "On lit dans le Constitutionnel : «Quelques journaux ont annoncé, d'après une feuille anglaise, que Sa Majesté l'Empereur avait acheté, au prix de 40,000 fr., un piano de M. Erard que l'on faisait 25,000 fr à l'exposition de Londres; nous ignorons jusqu'à, quel point cette nouvelle mérite la confiance du public.

Tout ce que nous pouvons affirmer, c'est que depuis longtemps Sa Majesté a fixé son choix sur un magnifique piano exposé a Londres par M. Montal qui a mérité à ce facteur, avec médaille de prix, la croix de la Légion-d'Honneur.

Cet instrument est placé à l'Elysée, où il a fait l'admiration de tous connaisseurs, non seulement par sa richesse artistique, mais encore par la perfection de son mécanisme et sa sonorité, tout à la fois agréable et puissante." La Presse, 02/03/1853, p. 2 (Gallica)

LONDRES - "Il signor Montal va a fianco del signor Jaulin, superbo de' suoi quattro piano-forti, dei quali uno fu intarsiatura e di meravigliosa ricchezza, un altro del genere Boule, che non ha il suo pari per ornamenti.

Tutti s'accordano a riconoscere che questo infaticabile fabbricatore ha ottenuto dei miglioramenti: il suo meccanismo permette di modificare i suoni a volontà per il ravvicinamento dei tasti e dei martelli: resterà a vedersi per qual processo il signor Montal abbia ottenuto questo miglioramento." L'Italia musicale, Volume 3, 1851, p. 172

LONDRES - "C. Montal, aus Paris, hatte aufrecht stehende Instrumente gesendet, alle zum Transponieren eingerichtet, eine Semi Cottage von 4-chörigem Bezuge.

Eine Vorrichtung zum Spannen des Resonanzbodens und überhaupt zur Bilanzierung des Saitenzuges war gleichfalls angebracht, wobei der Ton wenigstens nichts gewann. Bei einem Cottage-Piano wurde das Piano dadurch bewirkt, daß die Hämmer den Saiten näher gerückt werden.

Ihr Weg zur Saite ist deshalb kürzer und der Fall der Taste geringer; die Kommission sprach ihm eine Preismedaille zu." Amtlicher Bericht Über Die Industrie-Austellung Aller Völker Zu London Im 1851 1852, p. 872



1855

   

PARIS - "MONTAL. Son système, dit à contre-tirage, a l'avantage d'empêcher le cintrage de la table d'harmonie des pianos, sans toutefois l'alléger suffisamment de la tension des cordes.

Il a de plus construit, d'après les principes de M. Boisselot, de Marseille, un piano à sons contenus." Album de l'Exposition universelle, Léon Brisse, 1855, p. 426

PARIS - "Arrivant aux pianos, nous vous citerons ceux de M. MONTAL, de M. KRIEGELSTEIN, fournisseurs l’un et l'autre de S. M. l’Empereur.

Sans rien enlever aux mérites et à la haute renommée bien acquise des facteurs de pianos que l'Europe proclame, et dont les instruments sont aussi chers que vuntés, nous dirons que ces deux facteurs ont été assez heureux pour fabriquer des pianos qui peuvent par leurs hautes qualités, résonner dans les palais impériaux, et meubler les appartements de la petite propriété." Guide général dans Paris pour 1855, suivi d'une visite à l'Exposition, 1855, p. 123

PARIS - "Quelques compositeurs, au moment où ils vont terminer une symphonie ou une ouverture, s'amusent à faire reparaître tout à coup un motif qu’ils ont déjà amplement traité, comme pour recommander à l'auditoire de ne pas l'oublier, parce qu'ils n'auront plus à y revenir. J'en vais faire autant, et j'espére qu'on ne m'en saura pas mauvais gré. Il s'agit de reparler encore un instant des pianos.

Un de nos plus habiles facteurs, et l’un de ceux qui ont toujours offert au public, non-seulement de bons pianos, mais des pianos d'une grande beauté et d'un excellent goût, a le malheur d'être aveugle. Assurément il aurait fallu l'être plus encore que lui pour ne pas remarquer cette année son exposition vraiment magnifique et aussi riche en nombre qu'en qualité.

Aussi l'avais je bien vue, quoique le nom de M. Montal fût omis dans le Catalogue à  la place où l'on aurait du le trouver; je voulais en parler avec étendue, et pour avoir attendu trop longtemps, je me vois aujourd'hui privé de cette satisfaction.

M. Montal est un de nos facteurs modernes qui ont le plus cherché les perfectionnements de tout genre et porté leurs soins leur à tour sur toutes les parties de l'instrument.

Les pianos droits étant devenus d'un usage général et s'adaptant mieux que tous les autres à des appartements réduits au plus extrême point de rétrécissement, tels que le sont les nôtres, c'est surtout à perfectionner leur construction que M. Montal s'est appliqué.

Il a d'abord cherché à remédier par divers moyens de contre-tirage à l'effet de tension des cordes, qui réagit sur les parties les plus essentielles de l'instrument.

Il s'appliquait en même temps à trouver l'égalité du son en adoptant pour les basses, l'usage des cordes enroulées, et il apportait à la construction de celles-ci des précautions de soudure d'une importance plus grande qu'on ne le pense.

C‘était déjà un moyen de suppléer au défaut de longueur; M.  Montal en a trouvé un autre dans la disposition des mêmes cordes en éventail. où, droites dans les dessus, les cordes vont en obliquant progressivement jusqu'à la basse, de manière a donner à la dernière la plus grande longueur possible.

A l'égard de la mécanique, M. Montal a modifié l'échappement simple et l'échappement double, de façon à diminuer le nombre des parties qui entrent dans la construction et il a employé le cuivre pour les enfourchements. Il a tâché aussi que ses pianos transpositeurs conservassent une parfaite solidité dars toutes leurs parties.

En somme. et comme résultat général, M. Montal atteignait déja le hutqu'il semblait poursuivre, à savoir: d'élever les qualités du piano droit au niveau de celles du piano demi-queue.

Il avait en même temps porté ses idées sur un autre point : il voulait donner aux cordes du piano toute l'expression dont elles sont susceptibles et en prolonger le son autant que possible. Une application nouvelle du système de M. Pape, qui consiste à diminuer le parcours des marteaux, et, par conséquent, à obtenir l'affaiblissement du son, a été obtenue au moyen d'une pédale d’expression.

En parlant, il y a quelque temps, de la pédale expressive de, M. Mercier, je m'étonnais qu’il n'eût pas préféré le système de jalousie usité dans l'orgue a l'ouverture entière et tout d'une pièce de la partie postérieure du piano; j'ignorais alors que M. Montal faisait précisément usage du moyen que j’indiquais, et qu'il avait construit des pianos accompagnés d'une pédale-jalousie.

A ces deux pédales M. Montal en ajoute une troisième pour obtenir le son prolongé sur une ou plusieurs notes, sans être obligé de laisser les doigts sur la touche.

Ainsi que je le disais en commençant, son exposition ne pouvoit être plus riche : il a offert a l'admiration des visiteurs dix pianos qui malheureusement sont dispersés, ce qui fait disparaître en partie ce qu'une telle réunion aurait en d’imposant.

J'ai vu avec un extrême plaisir que, parmi les instruments exposés par M. Montal. il s’en trouve en bois de diverses sortes non employés jusqu'à présent dans la fabrication des pianos; tels sont l'ébène vert de la Guadeloupe et la racine d’olivier d’Algérie, outre le thuya, qui a déjà fait quelques efforts pour faire concurrence au palissandre et à l’acajou.

Et franchement. je voudrais bien voir des couleurs un peu gaies devenir à la mode. Nos meubles sont aussi tristes que nos habits, et nos habits aussi tristes que nos personnes.

L'acajou n'était déjà pas trop éclatant; on lui a substitué le palissandre, qui est infiniment plus sombre; je le préfère cependant à ces placages de mauvais goût dans lesquels on veut faire revivre des formes usées, et surtout à certains ornements modernes qui annoncent des habitudes de servile adulation, et montrent, dans les pianos mêmes, jusqu'où peut aller la dégradation de l'espèce humaine." Quinze visites musicales à l'Exposition Universelle de 1855, Juste Adrien Lenoir de Lafage, 1855, p. 157-159  et dans Revue et gazette musicale de Paris: journal des artistes, des amateurs et ..., 1855, p. 359

PARIS - "M. Montal a exposé un piano à sons soutenus. Au moyen d'une pédale, une note attaquée séparément peut à volonté vibrer, quoique l'ensemble des étouffoirs agisse sur les autres notes." Le travail universel : revue complète des oeuvres de l'art et de l'industrie exposées à Paris en 1855, p. 602 (Gallica)

Médaille de 1855,
Collection Pierre DESMARAIS

PARIS - "Claude MONTAL. - Pianos. - Tu le sais, Anaïs, dit la Jeune Aveugle de Léo Lespès, lorsque le Créateur nous prive d'une de nos facultés, il semble, pour nous consoler, rendre plus précises toutes Jes autres. L'aveugle a l'ouïe plus exercée que celui dont les regards percent l'espace.

C'est en quelque sorte un vieil adage que répète ici le romancier.

Les aveugles ont été cités bien des fois pour la finesse du tact et la merveilleuse sensibilité de l'ouïe.

Quelques-uns même, comme Du Puizeaux, Saunderson, Paingeon, Gauthier, ont excellé à diverses époques dans les sciences, les mathématiques et la musique; mais il était réservé à notre siècle de voir deux aveugles, Sylvain Physmy et Montal, pratiquer l'horlogerie et la facture des pianos.

M. Montal, le seul dont nous puissions nous occuper ici, nous inspire en vérité tout l'intérêt qui s'attache à une vie aussi pénible, aussi pleine de travail, et couronnée d'aussi beaux résultats.

S'il est tant d'individus aujourd'hui qui se disent fils de leurs œuvres, et qui se targuent vaniteusement de quelques années de labeur et de patience, que sera-ce de cette lutte, on peut le dire, exceptionnelle, que sera-ce donc de toute cette existence consumée dans une veillée sans fin, au milieu de mille obstacles suscités par la nature d'abord, puis, qui le croirait 1 par de mesquines et tristes inimitiés !

Pour ceux pourtant qui se rappellent les débuts de M. Montal et qui remontent par la pensée à l'époque où ce nom commençait à se répandre, il y a toute une suite d'angoisses et de péripéties douloureuses, traversées par lui avec une constance et un succès qui font honneur à son caractère.

Qu'on se figure en effet un homme doué de toutes les heureuses dispositions dont une cécité subite vient arrêter l'essor, rejeté dès ce moment dans la nuit et l'obscurité éternelles, et réduit avec ces désavantages à se frayer seul la route que tant de privilégiés de la nature se frayent parfois si difficilement.

Là se développe, dans les premières années, une force, une énergie, une application étonnante depuis son entrée à l'institution des Jeunes Aveugles jusqu'à sa sortie, c'est-à-dire de 1817 à 1830, nous le voyons constamment poursuivre une idée fixe, qu'il poursuivra plus tard plus librement; ses études, ses méditations, ses lectures, les patientes lectures d'on aveugle! sont toujours dirigées vers l'art musical; il apprend à jouer le violon, le hautbois, le piano; Il devient bientôt maître et fait de très-bons élèves.

L'accord et la fabrication des instruments de musique ne tardent pas à le préoccuper vivement; et les pianos qu'il monte et remonte ne font que développer en lui l'instinct des idées nouvelles et des sûrs perfectionnements.

On se rappelle la sensation que produisirent à quelque intervalle l'Abrégé de l'accordeur et l'Art d'accorder son piano sownim, deux ouvrages qui ne furent que le complément l'un de l'autre, et qui placèrent M. Montal à la tête des plus habiles en la matière.

Toutefois, les accordeurs, un instant remplacés par cette méthode si simple et si économique, se liguèrent contre lui, et faillirent compromettre à tout jamais son avenir.

Ils l'attaquèrent comme l'avaient tout d'abord attaqué les facteurs, fort surpris et surtout fort inquiets de voir entrer dans leurs rangs ce nouveau venu qui, malgré son état de complète cécité, faisait des pianos aussi bien que les plus clairvoyants d'entre eux.

Mais tels étaient les titres que M. Montal avait acquis dès les commencements à la confiance et à l'estime générale tels étaient les témoignages des juges les plus compétents, c'est-à-dire presque les seuls désintéressés, que sa maison s'était accrue peu & peu comme d'elle-même et poussée par la seule garantie de ses produits.

M. Montal mettait du reste à profit, avec cette concentration forcée d'esprit qui lui donne tant de puissance, et les notions des sciences physiques, mathématiques et musicales qu'il avait longtemps étudiées, et l'expérience et la comparaison des meilleurs instruments de Paris et de Londres, tous passés entre les mains savantes et observatrices du célèbre accordeur.

Qu'ajouterons-nous que tout le monde ne sache ?

Après tant de déboires et, nous pourrions dire, de misère noblement supportée, la fortune, tout humble et toute modeste qu'elle soit encore, est venue visiter M. Montal.

La lutte, la concurrence, le rapprochement rival des expositions ont prouvé ses rares facultés théoriques et pratiques; la supériorité de ses produits est actuellement un fait notoire et désormais incontestable.

Les médailles nationales de l'industrie se sont réunies pour lui à celles de diverses sociétés particulières; la décoration de l'ordre de la Légion d'honneur, ainsi que le brevet de fournisseur impérial, ont suivi de près sa brillante exposition de Londres.

Cette année, son exposition se compose d'une série d'instruments qui résument toutes les études faites jusqu'à ce jour par M. Montal.

Ce qu'il y a de curieux dans cette exposition, c'est la suite de procédés ingénieux, d'inventions et de perfectionnements qu'on y voit avecétonnement, tantôt appliqués à la fois à un seul et menu; instrument, tantôt se divisant par des applications isolées sur des instruments de différents formats procèdes dont la plupart sont tombés dans le domaine public et qui reviennent presque de droit à cet atelier, qui, le premier, les a émis et popularisés.

C'est comme un répertoire où chaque invention se trouve classée, sinon par rang de date et d'origine, du moins selon l'ordre d'importance et le degré d'amélioration; c'est là,– nous pouvons le dire avec d'autant plus de franchise que nous ne dissimulons nullement nos sympathies pour cette personnalité intéressante, c'est là, ajoutons-nous, une somme de résultats qui attestent au plus haut point une intelligence véritablement privilégiée, en raison inverse des autres caprines de la nature; et nous la saluons avec tout le respect qu'inspire le talent, vainqueur de tout.

Il est difficile de faire un choix parmi ces magnifiques instruments qui se font remarquer presque tous au même titre, aussi bien par leur somptuosité et le goût de leur décoration extérieure, que par tune sonorité particulière, élégante et nourrie, dont M. Montal semble posséder le secret. A tout seigneur tout honneur.

Nous nous arrêterons d'abord devant deux pianos à queue le premier, de concert, lo second, de moyenne dimension, avec pédale d'expression et pédale de prolongement.

Ce que M. Montal entend par pédale d'expression n'est rien autre en effet qu'un moyen imaginé par lui pour obliger le piano à rendre en quelque sorte de lui-même les nuances les plus délicates, comme aussi les effets les plus vigoureusement accusés, depuis le pianissimo jusqu'au fortissimo, et vice versa.

L'ancienne pédale dite céleste, telle que beaucoup de facteurs l'appliquent encore, offre de graves inconvénients. Elle agit, comme on sait, soit en reculant les marteaux à droite ou à gauche, afin que chacun d'eux ne touche qu'une ou deux cordes, soit on faisant interposer de petites languettes de foutre entre les marteaux et les cordes.

Le premier procédé est vicieux, en ce qu'il fausse l'instrument et en altère le son, chaque marteau agissant sur une seule corde et à faux; le second n'est pas meilleur, car il est sujet à de fréquents dérangements et communiquo au piano un son désagréable. Ces moyens, d'ailleurs, ne permettent pas la répartition rationnelle et graduée de la nuance, ou ne l'établissent qu'imparfaitement.

Tout autre est la pédale d'expression de M. Montal. Elle modifie à volonté, et par la pression graduée du pied, la course des marteaux, et diminue dans les mêmes proportions l'enfoncement des touches et la résistance du clavier.

Ainsi, l'on peut graduellement, en partant du son naturel, arriver au dernier degré du pianissimo.

En outre, la dureté et l'enfoncement de la touche devenant moindres à mesure que l'on joue plus piano, il en résulte qu'on a moins besoin de modérer l'action musculaire des doigts : leur indépendance n'est plus alors la condition inséparable d'un jeu pur et égal.

La pédale d'expression, employée simultanément avec la pédale forte, modère l'effet de cette dernière dans la même proportion qu'elle modère le son naturel du piano.

Adroitement mise en œuvre, elle ouvre une voie toute nouvelle aux inspirations de l'artiste, elle le provoque pour ainsi dire, en écartant les mille obstacles inhérents à l'ancien système et qui arrêtaient les plus habiles.

En un mot, et à ne voir que le côté matériel de l'idée, elle substitue un système aussi ingénieux que simple et rationnel à un procédé certainement barbare, et si bien reconnu pour tel, que, ne trouvant pas le moyen d'y remédier, beauroup de facteurs ont renoncé à l'employer, tranchant ainsi la difficulté en supprimant totalement son objet.

La pédale de prolongement est en quelque sorte l'indispensable corollaire de la pédale d'expression. Elle doit également compter au nombre des plus remarquables inventions de M. Montal.

N'ayant pu suffisamment observer le mécanisme particulier qu'elle met en jeu, nous ne parlerons guère que du résultat obtenu. Il nous a paru toutefois que ce mécanisme fonctionne au moyen d'un échappement d'arrêt qui agit à volonté sur un seul ou sur plusieurs étouffoirs à la fois.

Nous serons plus explicite quant à l'effet de istte péJuIo, et nous ne croyons pas nous hasarder en assurant qu'elle est, sinon la solution complète et définitive du problème concernant la prolongation des sons du piano, du moins un grand pas on avant dans cette voie où commencent à s'aventurer les facteurs.

Ce problème, s'il faut dire toute notre pensée, nous semble de la nature de ceux que l'on pose, on ne sait pourquoi, mais qu'on ne résout jamais, parce qu'ils sont véritablement insolubles.

Il n'y aurait qu'un moyen, selon nous, de trancher les graves difficultés qu'il comporte, un moyen à peu près semblable a celui qu'ont imagine certains {acteurs pour obvier aux défectuosités de la pédale céleste ce serait de supprimer le piano.

Le système de M. Montal possède une grande valeur à nos yeux, en ce qu'il n'introduit dans la sonorité du piano aucun élément étranger à la nature de l'instrument.

Communiquer aux cordes une vibration plus longue, faire en sorte que ces vibrations puissent se produire isolément ou simultanément, au gré de l'exécutant, tel est le but qu'il s'est proposé, ot ce but il l'a atteint.

La seule action du pied sur la pédale, au même moment où l'on frappe,la note ou les accords que l'on veut prolonger, permet ces divers résultats.

La prolongation d'une seule note donnée peut même s'effectuer en frappant un accord, sans que la durée de la vibration se fasse sentir aux notes qu'il n'est point nécessaire de tenir.

Il suffit pour obtenir cet effet de relever les doigts de dessus les notes à détacher, et de presser dans le même instant sur la pédale. En ceci surtout le système de M. Montal l'emporte sur les tentatives avec lesquelles il pourrait offrir quelque analogie.

Tous les pianos droits exposés par M. Montal présentent l'application de ces deux pédales; ils sont de plus transpositeurs, à contre-tirage et agrafes en cuivre.

La transposition dans les instruments de cet habile facteur consiste dans le déplacement du clavier à l'aide d'un levier qui fait jouer chaque touche sous l'échappement de la touche voisine.

En même temps que ce déplacement a lieu, des plans inclinés adaptés au châssis du clavier font lever, au moyen d'une barre, tous les échappements, qui viennent se poser ensuite sur la touche de droite ou de gauche, suivant que la transposition se fait en montant ou en descendant.

Ce procédé est extrêmement ingénieux, et bien supérieur à l'ancien système, où tous les marteaux suivaient le mouvement du clavier.

Parmi ces pianos droits, on remarque principalement un magnifique instrument dit impérial, et dont la décoration, formée de violettes, d'hortensias et de ces charmantes petites clochettes bleues qu'on nomme impériales, présente en effet, avec les emblèmes héroïques représentés par l'aigle déployant ses ailes, une délicate allégorie à d'augustes et chers souvenirs.

Cet instrument, d'une excellente qualité de son, est à cordes obliques.

Un piano en bois d'ébène moucheté, orné d'attributs de musique et enrichi de ciselures en bronze; un piano en palissandre sculpté, d'une richesse extraordinaire et dont les ornements représentent les attributs des musiques champêtre, militaire, de salon et de théâtre un piano à queue, on palissandre, avec moulures dorées; voilà, ajoutés aux instruments dont nous venons de parler, pour l'exposition française de M. Montal.

Son exposition parmi les produits de l'Algérie et des colonies n'est pas moins remarquable.

Nous croyons inutile de redire ici en vertu de quelles considérations MM. les ministres de la guerre et de la marine ont fait une place spéciale aux facteurs de pianos dont les instruments sont construits en bois originaire de l'Algérie et des plus lointaines colonies françaises; mais nous insisterons sur la part exceptionnelle qui a été réservée à M. Montal dans cette catégorie.

L'ébène vert de la Guadeloupe et lo thuya ont été mis à sa disposition, et de ces matières, livrées brutes, il a extrait des meubles qu'on admirerait parmi les plus splendides produits de l'ébénisterie nationale.

Le piano en ébène vert, avec frise en bois de rose, est une véritable merveille d'élégance et de bon goût. C'est en outre un excellent instrument, ainsi que tous les pianos de la même exposition, et au nombre desquels nous devons encore citer un piano en bois d'olivier, un autre en thuya avec frise on ébène; un autre encore du même bois avec ornements en style arabe et mauresque.

Si l'on songe aux frais considérables, aux efforts de toutes sortes qu'ont entrainésces deux belles expositions, on ne peut s'empêcher de reconnattre, au facteur qui n'a pas reculé devant de pareils sacrifices, non-seulement les plus hautes qualités Industrielles, mais en outre le sincère amour de son art et le plus complet désintéressèment.

Sans faire ici de réclame on faveur de M. Montal, sans qu'il entre dans notre pensée de rien solliciter pour lui, ce qui deviendrait d'ailleurs inutile, puisque les opérations du jury sont terminées, il nous sera permis tout au moins de souhaiter que tant dataient et de travail trouvent, à la suite de l'Exposition universelle, leur juste récompense.

Nous nous reposons, au reste, de ce soi, sur la haute impartialité qui a présidé, dit-on, aux délibérations du jury.

Les titres qu'apportaient M. Montal au concours étaient nombreux, mais aucun d'eux n'a pu échapper à la perspicacité des juges. Nous les résumerons ici finalement.

M. Montal a modifié les tables d'harmonie en changeant leur épaisseur et leur barrage, et en perfectionnant les chevalets et les sillets. Il a imaginé des moyens simples, mais ingénieux, qui facilitent les réparations du clavier; perfectionné l'attache des cordes; inventé un mécanisme à double échappement à l'usage des pianos droits, et qui a pour objet d'assurer l'exacte répétition des notes dans toutes les nuances; changé le mode de garniture des marteaux, en perfectionnant leur effet et en les mettant à l'abri de toute altération.

Enfin, il est l'auteur de la pédale d'expression, de la pédale de prolongement et du nouveau système de transposition. Pour chacune de ces inventions, M. Montal a pris brevet à diverses époques.

Ses archives industrielles sont, à elles seules, presque toute l'histoire de la facture moderne des pianos, et le catalogue des progrès qu'elle a réalisés depuis vingt ans environ.

M. Montal a obtenu jusqu'ici une médaille de bronze à la suite de l'exposition de 1844 une médaille d'argent en 1849, puis un price-medal à l'exposition universelle de Londres, en 1851.

C'est à la suite de cette dernière, qu'il a reçu la croix de la Légion d'honneur, des mains de Son Altesse Impériale le Prince-Président, dans la séance solennelle de la distribution générale des récompenses accordées à l'industrie française, qui eut lieu au Cirque des Champs-Élysées, en novembre 1851. A. Giacomelli." La France Musicale, 1855, p. 281-283 (Gallica)

PARIS - "Montal, d'abord, par la seule habileté de ses mains, aidée ensuite d'un génie inventif, a laissé derrière lui la masse des facteurs de pianos. et s'est placé à la hauteur des plus renommés.

On n'arrive là par le chemin que Montal fut obligé de suivre c'est-à-dire en gravissant pas à pas le sentier qui, prenant au bas de la montagne, mène, d'escarpement en escarpement, jusqu'au sommet, qu'au moyen de travaux peu communs." L' Instituteur des Aveugles : journal mensuel, 1856, p. 102

PARIS - "CLAUDE MONTAL. - Le 28 juillet 1800 naissait à La Palisse, petite ville du Bourbonnais, un enfant qui souriait comme tous à la lumière, et qui ouvrait aux clartés du ciel des yeux que la maladie devait bientôt fermer pour toujours.

A cinq ans Claude Montal devenait aveugle : à cette heure de joie et de rayonnement pour l'insoucieuse enfance, commençait pour lui la nuit éternelle, c'est-à-dire une carrière de résignation, de maux et de souffrances.

Un de ses petits camarades de classe, son camarade et son cousin, lui avait appris l'alphabet et les chiffres, au moyen de cartes piquetées à l'épingle et figurant ces signaux de la pensée.

A sept ans, il aidait déjà son père, vieux soldat devenu bourrelier, et conditionnait à merveille une foule de petits jouets achetés par les clients de la maison paternelle.

Mais tout cela bien qu'assurément curieux et remarqué des gens du pays ou des passagers, n'offrait nulle garantie pour l'avenir.

La mère du jeune Montal, inquiète et prévoyante comme le sont surtout les mères de ces enfants déshérités, se demandait parfois avec terreur ce que deviendrait son fils, qu'un accident pouvait tout-à-cout rendre orphelin, c'est-à-dire sans ressources et réduit au plus terrible abandon. Les voyageurs qui passaient à Droiturier et dont peu poursuivaient leur route sans avoir vu le petit phénomène, avaient bien parlé plusieurs fois des Quinze-Vingts, et fait naître chez ses parents l'espoir d'obtenir son admission dans cette école.

L'arrivée des Alliés en 1815 détruisit en un instant le commerce et les économies du pauvre artisan; les démarches d'où dépendait lu. position, l'avenir de son enfant, furent forcément interrompues. Cependant l'année suivante le jeune Montal obtenait enfin son admission à l'Institution, des Aveugles.

Ses débuts dans cette école célèbre furent des plus brillants. En moins de deux ans il devenait bon musicien, versé dans l'histoire et dans les sciences ; au bout de la troisième année, il obtenait les prix d'excellence et de bonne conduite, et la Répétition des élèves, parmi lesquels il était encore le dernier arrivé. La Direction se l'adjoignit alors pour régler le professorat et l'organisation des études, telle qu'elle est encore, aujourd'hui.

A partir de ce moment, on le voit constamment poursuivre une idée fixe, que plus tard il complétera d'une façon plus large, plus libre et plus indépendante.

Ses études, ses méditations, ses lectures, les patientes lectures d'un aveugle, sont principalement dirigées vers l'art musical. Il apprend le violon, le piano, le hautbois, devient maître et fait de bons élèves.

L'accord et déjà même la fabrication des instruments de musique le préoccupent : il monte, démonte et remonte constamment des pianos, ce qui ne fait que développer en lui le germe d'idées nouvelles et l'instinct des perfectionnements.

Il avait eu l'occasion de se convaincre plus d'une fois que les accordeurs voyants ne procédaient que par routine, que peu d'entre eux étaient capables de raisonner la théorie de leur art.

Il comprit qu'il y avait une meilleure route à suivre, et il résolut de faire servir les connaissances qu'il avait en acoustique et en musique à l'étude méthodique du tempérament, ou système de tolérance dans l'accord des instruments à sons fixes.

Il se mit donc consulter les ouvrages qu'il pût se procurer sur la matière ; il appliqua toutes les théories et chercha à les concilier dans la pratique en imaginant une manière nouvelle de faire la partition.

C'était là, pour Claude Montal, qui cherchait à sortir de l'Institution, une idée neuve et un moyen d'existence. Presque au seuil de cette nouvelle phase laborieuse et pénible, une bien veillante protection s'étendit sur le jeune Montal. Mme de Saint-Aulaire, unie à l'ancien administrateur de la maison des Aveugles, confia immédiatement l'entretien de ses pianos au jeune accordeur et lui procura, dans ses nombreuses connaissances, une première clientèle.

Bientôt un cours public d'accord du piano, professé et suivi en 1832, des résultats pratiques couronnés d'un brillant succès, le mirent en rapport avec les principaux artistes de la capitale.

Les gens du monde et les facteurs en renom lui confièrent le soin de leurs instruments, et il sortit enfin de l'ornière où l'avaient d'abord jeté l'incrédulité des uns, la défiance des autres, et la jalousie du plus grand nombre.

Peu après, à l'Exposition de 1834, on remarqua une petite brochure intitulée : Abrégé, de l'art d'accorder soi-même son piano, qui se vendait dans le Palais de l'Industrie, sur les pianos des facteurs.

Elle était, disait-on, d'un aveugle, ce qui fit sensation : l'auteur, en effet, n'était autre que M. Montal. Deux ans après, il complétait ce remarquable travail par un Traité complet de Vaccord du piano, depuis édité maintes fois et traduit en plusieurs langues.

Enfin, car nous arrivons à la principale période de cette utile existence, M. Montal crut pouvoir monter un établissement, modeste et restreint sans doute, mais qui peu à peu devait s'accroître et prospérer.

En 1836, il s'adjoignit un ouvrier et fonda sa fabrique de pianos dans un petit appartement de la rue Poupée, qu'il quitta en 1850 pour les beaux magasins du boulevard Montmartre. Dans cet intervalle est renfermée presque toute sa vie industrielle ; entre ces deux dates se placent toutes les récompenses decernées à sa fabrication par les Jurys, les sociétés savantes et les Corps Académiques.

Ainsi pour ne relever que les dates, qui toutes ont leur importance, nous trouvons en 1844 une médaille de bronze à l'Exposition de l'lndustrie ; eu 1846, une médaille d'honneur (argent) a l'Académie de l'Industrie ; en 1847, deux médailles d'argent, maximum de l'Athénée des Arts et de la Société libre des Beaux-Arts; la médaille de platine et la médaille d'or de la société d'Encouragement ; en 1848, la médaille d'or de l'Académie de l'Industrie ; en 1849, une médaille d'argent à l'Exposition des Produits ; en 1851, à Londres, le Prize-medal; la décoration de l'ordre de la Légion d'Honneur, dans le cour de la même année ; et enfin une médaille de 1re classe à l'Exposition Universelle de 1855.

Il faut joindre à ses distinctions suffisamment éloquentes le titre de facteur de LL. MM. l'Empereur et l'Impératrice, et celui de fournisseur de la maison impériale du Brésil.

Pour qui voudrait rechercher la cause de ces succès, la tâche est facile. Cette cause est d'abord dans les travaux de M. Montal, et tels ont été a cet égard les témoignages des juges les plus compétents, c'est-à-dire les plus désintéressés, que sa maison s'est étendue peu à peu comme d'elle-même, poussée par la seule valeur et la seule garantie de ses produits.

En terminant nous éprouvons le besoin de dire aussi haut que possible toutes la sympathie que nous inspire cette nature, si courageuse et si puissante, dont la confiance et l'énergie ont surmonté tant d'obstacles placés sur sa route.

Privé de l'élément de réussite et de succès le plus nécessaire à l'homme, M. Montal est sorti d'un cercle étroit pour conquérir un rang élevé parmi les grands noms de l'art et de l'industrie.

Mais ce que nous voyons encore dans cette carrière si féconde et si bien remplie, c'est le service rendu à la société qui retrouve ainsi le concours de membres précieux et d'intelligences supérieures, jusqu'ici condamnées à l'isolement et à l'inactivité ; la ressource offerte à toute la classe des aveugles; la carrière nouvelle qui leur ouvre a tout jamais le domaine de la musique et les voies de l'industrie." Annuaire musical : institut, conservatoires, théâtres lyriques, associations des artistes, 1857, p. 190-196 (Gallica)

PARIS - "Le piano à sont soutenus, présenté par M. Montal de Paris, à l’Exposition universelle, est construit à peu près dans les mêmes conditions, et semble une imitation de l’idée réalisée par MM. Boisselot en 1844.

La même idée, reprise par M. Gaudonnet de Paris, est sensiblement modifiée, en ce que la pédale, après avoir produit son effet. est abandonnée par le pied, devenu libre comme la main pour agir sur une autre pédale à volonté, pendant que le son isolé ou les sons collectifs sont soutenus. Si l’effet doit cesser, le pied refrappe la même pédale, et ce mouvement, qui a fait lever les étouffoirs, les fait retomber.

Ce mécanisme est fort ingénieux; mais, en son état actuel. on peut lui reprocher un peu trop de complication. M. Gaudonnet a reconnu lui-même ce qu‘il y a de fondé dans cette objection et se livre en ce moment à de nouvelles recherches pour simplifier la combinaison des mouvements." Rapports du jury mixte international: Exposition Universelle de 1855, Volume 2, 1856, p. 700 - Voir BOISSELOT (Expositions) et GAUDONNET (Expositions)



1859

Médaille de 1859 ( Exposition de Bordeaux, organisée par la Sté Philomatique ) où C. MONTAL, fut le seul avec PLEYEL à recevoir le Diplôme d'Honneur, c'est à dire la plus haute récompense. Collection Pierre DESMARAIS

BORDEAUX - "On a remarqué pendant l'exposition de Bordeaux des pianos extraordinaires, tant pour leurs perfectionnemens que pour leur richesse artistique.

Ces pianos sur les grandes qualités desquelles la presse bordelaise a été unanime sortent des ateliers de M. MONTAL, facteur de pianos de LL. MM. l'Empereur et l'Impératrice, 31, boulevart Bonne-Nouvelle, à Paris." Journal du Loiret, 09/11/1859, p. 3 (Aurelia.Orleans.fr)



1862

LONDRES - "Mais voici ici le plus clairvoyant des facteurs, M. Montal (n° 1,678) auquel, malgré sa cécité, rien n'échappe quand il s'agit de la construction du piano : il voit les défauts de ses instruments avec les yeux de ses doigts et sait les corriger avec les yeux de son esprit.

Je ne saurais donner un nom à ce sixième sens dont est éminemment doué M. Montal. Son instrument aétéappécié, mais aussi il le mérite.

On remarquait surtout son clavier qui, par une ingénieuse combinaison de la pédale, s'abaisse à volonté pour modifier la force de la sonorité. Sonorité, je le dis à regret, qui ne me charme pas; elle pêche par un point que je sens, mais que je ne saurais définir." Douze jours à Londres: voyage d'un mélomane à travers l'Exposition universelle, 1862, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, p. 135

 

LONDRES - "740. MONTAL, fabricant à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 31. — Emploi du bois de thuya de l'Algérie. Un grand piano droit, nouveau modèle en bois de thuya avec riche marqueterie en élain et moulure en ébène, d'une grande puissance de son, à trois cordes en éventail, transpositeurs avec trois pédales, expression, accrochements et forte." L'Algérie à l'exposition universelle de Londres 1862: Gouvernement ..., 1862, p. 219

LONDRES - "De nos jours, M. Montal, aveugle de naissance, occupe le premier rang parmi les facteurs de piano l'exposition de Londres lui vota une médaille, et le président de la république française récompensa cet artiste remarquable en le nommant chevalier de la Légion d'honneur."  Hygiène et perfectionnement de la beauté humaine dans ses lignes, ses formes et sa couleur, 1864, p. 76 (Gallica)

LONDRES - "Les pianos les plus perfectionnés sont, de l'avis des grands artistes, ceux de M. Montal, boulevard Bonne-Nouvelle, 31. fournisseurs de Leurs Majestés l'empereur et l'impératrice et de plusieurs cours étrangères.

Aussi ces instruments lui ont-ils valu les plus hautes récompenses et vont encore, cette année, figurer dans le salon H. L, à l'Exposition de Londres, avec une supériorité incontestable. Pour tous les faits non signés, L. LEGAULT." Le Temps, 18/05/1862, p. 3 (Gallica)

LONDRES - "La supériorité générale de la fabrication française s'est montrée avec éclat dans cette exposition : en dépit des préventions nationales, les opinions ont été unanimes à cet égard.

J'aurai à parler en particulier des instruments de MM. Blanchet, Boisselot, Kriegelstein, Montal, Woelfel, et de leur donner de justes éloges; mais avant tout je dois proclamer le succès complet, incontesté, de deux grandes maisons de Paris qui se sont placées, dans cette exposition, à la tête de cette belle facture française, et qui n'ont trouvé d'égale en Angleterre que dans la maison Broadwood." Revue et gazette musicale de Paris : journal des artistes, des amateurs et ..., 1862, p. 203 et dans Le guide musical : Revue hebdomadaire des nouvelles musicales de la Belgique, 03-10/07/1862, p. 107

LONDRES - "EXPOSITION INTERNATIONALE DE LONDRES. - Troisième lettre an directeur de la Revue et Gazette. Musicale de Paris, concernant les Instruments de musique (1).
Bruxelles, le 3 juillet 1862.

Mon cher collaborateur,

Parmi les facteurs qui ont soutenu l'honneur de la fabrication française des pianos à l'exposition de Londres, je dois citer d'abord ceux qui se livrent à la construction de tous les genres d'instruments, grands et petits.

Dans l'industrie de Paris, je trouve MM. Kriegelstein, Montal et Bord; à Marseille, M. Boisselot, qui, tous, ont exposé des pianos à queue, et des pianos-buffets à cordes obliques et verticales. On se souvient que ces noms ont été honorés par une médaille de première classe à l'exposition universelle de Paris, en 1855.

Depuis cette époque, les efforts de M. Kriegelstein pour le perfectionnement de ses instruments ne se sont pas ralentis. La sonorité de ses grands pianos est puissante et claire. Son système de répétition du marteau par le plan incliné fonctionne bien et a de la simplicité.

Dans son piano à queue, le plan incliné est mobile: la sûreté du mouvement de l'échappement est garantie par un ressort court d'une très-bonne conception. Dans tous les détails de la fabrication de ce facteur, on reconnaît autant d'intelligence que d'expérience.

M. Montal, non moins remarquable par l'activité de son esprit que par la dextérité de ses mains, auxquelles semblent attachés les yeux dont l'usage lui a été refusé par la nature; M. Montal, dis-je, qui, de simple accordeur, est devenu le chef d'une maison considérable, se montre ingénieux, comme toujours, dans les instruments qu'il a mis à l'exposition; peut-être même l'est-il trop, en ce qu'il semble plus préoccupé de la production d'effets nouveaux ou exceptionnels, que des conditions essentielles réclamées par les pianistes pour les besoins de leur exécution.

Sa pédale qui modifie l'intensité du son par l'abaissement du clavier est une jolie curiosité; mais loin d'être utile à un artiste habile, dont le talent n'a pas besoin de cet accessoire mécanique, elle ne pourrait que lui être nuisible.

Du reste, la fabrication de M. Montal est bonne, et son mécanisme à échappement simple, avec un ressort agissant sur la queue du marteau pour le retenir et aider à la répétition, est bien conçu. La sonorité du grand piano ne manque pas d'éclat et ne laisse désirer qu'un peu plus de distinction." Revue et gazette musicale de Paris: journal des artistes, des amateurs et ..., 1862, p. 225

LONDRES - "M. Montal a obtenu du jury l'attention la plus bienveillante. Il est impossible, en effet, de ne pas voir avec intérêt un aveugle démonter pièce à pièce son piano avec dextérité.

M. Montal sait également discuter les mérites de ses instruments avec science et habileté.

Le jury a reçu les explications les plus complètes sur son système trauspositeur, l'un des meilleurs connus, sa pédale d'expression, sa pédale de prolongement et son système de contre-tirage, inventions dont les idées fondamentales étaient déjà trouvées, mais que M. Montal réalisées dans des conditions nouvettes de construction et d'emploi.

M. Montal a montré au jury un piano grand oblique et un piano à queue construits avec soin et agréables à jouer. Le clavier du piano à queue doit sa légèreté à un système de ressorts qui équilibre eu partie le poids du marteau, et qui avait déjà été employa dans la maison Pleyel.

Les instruments de M. Montal ont surtout le mérite de la puissance." Rapports des membres de la section française du jury international sur l'ensemble de l'exposition. M. Michel Chevalier, Exposition universelle de Londres de 1862, p. 209-210 (Gallica)

LONDRES - "Les pianos les plus perfectionnés sont, de l'avis des grands artistes, ceux M. Cl. Montal, boulevard Bonne-Nouvelle, 31, fournisseur de Leurs majestés l'empereur et l'impératrice et de plusieurs cours étrangères.

Aussi ces instruments lui ont-ils valu les plus hautes récompenses, et vont encore cette année figurer dans le salon II. L, à l'Exposition de Londres, avec une supériorité incontestable." La Presse, 14/05/1862, p. 2 (Gallica)

BORDEAUX - "L'industrie parisienne a été très dignement représentée à l'exposition de Bordeaux en ce qui concerne la facture des pianos. On lit en effet dans le rapport qui vient d'être publié sur cette exposition : DIPLÔME D'HONNEUR. [...] «

M. Claude Montal, de Paris, boulevart Bonne-Nouvelle, 31, était dans le même et heureux cas que les précédens exposans. Ses succès antérieurs lui ont valu, comme à eux, l'honneur d'être mis hors concours, avec diplôme spécial.

Ses pianos en tous genres ont servi au jury de termes de comparaison, et à ce titre encore des remerciemens sont dus au facteur hors ligne qui a bien voulu apporter à notre exposition sa part si méritée d'illustration." Journal du Loiret, 22/01/1862, p. 3 (Aurelia.Orleans.fr)

LONDRES - "MONTAL, facteur de pianos, boulevard Bonne-Nouvele, 32, à Paris.
C'est une gloire pour beaucoup d'industriels d'invoquer et de rappeler sans cesse l'ancienneté de leur maison ; c'en est une plus grand pour M. Montal d'avoir fondé la sienne et de n'être redevable de ses succès qu'à lui-même.

Préparé des études sérieuses ayant porté sur les sciences exactes, la musique, sur l'accordage des piano et l'examen comparatif des différentes factures, tant françaises qu'étrangères, M. Montal, s'établit, en 1830, dans un modeste atelier, sans autres ressources que la conscience de ses forces et de son intelligence, jointe à une incessante activité.

Un Traité de l'accordage des pianos le fait conntaître à l'Exposition de 1834. A celle de 1839, il se fait remarquer par un piano combiné avec un orgue expressif, à clavier unique isolant ou réunissant à volonte le jeu des deux instruments.

En 1844, M. Montal obtient au concours le titre de facteur de l'institution des jeunes aveugles de Paris. A l'Exposition de 1844, il figure avec des pianos de tous formats, munis d'un système breveté de mécanisme à double échappement, et obtient une médaille de bronze.

En 1846, il reçoit : 1° une médaille d'argent, de l'Athénée des arts ; 2° une médaille d'argent, de la Société libre des beaux-arts ; 3° une médaille de platine, de la Société d'encouragement (nouveau système de transposition ; divers mécanisme à double et simple échappement, etc.) ; 4° une médaille d'or, de la même Société (nouveau système de contre-tirage ; chevalets et table d'harmonie perfectionnés, etc.).

L'année d'après, il remporte la médaille d'or à l'Académie de l'industrie.

En 1849, M. Montal présenté à l'Exposition de magnifiques pianos droits et un piano à demi-queue, à table renversée, avec de nouveaux mécanismes et des perfectionnements importants ; il obtient une médaille d'argent.

En 1851, il ajoute à ses précédentes inventions sa pédale d'expression, si appréciée des artistes, et fait figurer à l'Exposition universelle de Londres quatre pianos droits. La prize-medal lui est décernée, et, de retout en France, il reçoit la croix de la Légion d'honneur de la main même de l'Empereur.

En 1853 et 1854, il reçoit le titre de fournisseur breveté de S. M. l'Empereur et Imprératrice des Français et celui de fournisseur de S. M. l'Empereur de Brésil.

A l'Exposition universelle de Paris, en 1855, M. Montal présente neuf pianos à queue, demi-queue et droits, et obtient la médaille de 1re classe.

En 1856, il reçoit de Sa Majesté le roi de Hanovre, acquéreur d'un piano ayant figuré à l'Exposition de Londres, la médaille d'or dite médaille de mérite.

En 1859, M. Montal obtient, à l'Exposition de Bordeaux, le Diplôme d'honneur, la plus haute récompense de cette Exposition.
Telles sont les phases de la carrière industrielle et artistique de M. Montal, carrière marquée par d'incessants progrès, par des travaux et des succès nombreux, par six brevets importants, représentant une facture propre et originale, et par douze médailles et récompenses de toute sorte.

M. Montal présente aujourd'hui à l'Exposition de Londres universelle, tant dans la XVIe classe que dans les sections de l'Algérie et des colonies, quatre pianos renfermant les inventions et les perfectionnements de sa fabrication, et dont nous allons donner une description sommaire :

1° Grand piano à queue, en palissandre, avec filets et moulures en cuivre doré, dans lequel il convient de remarquer principalement : un sillet en cuivre perfectionné pour les dessus ; un perfectionnementde la mécanique ayant pour résultat de rendre le clavier plus léger et plus docile, de faciliter la répétition des notes, et d'augmenter la puissance du coup de marteau, tout en empêchant le contre-coup, qui produit un effet si désagréable sous le doigt de l'artiste. Ce piano renferme de plus la pédale d'expression, et une pédale d'accrochement pour soutenir les sons à volonté.

2° Piano droit, en ébène mouchetée, avec moulures et bronzes dorés. Ce piano, construit sur un nouveau plan, est à cordes obliques en éventail, avec division plus large dans la basse qeu dans les dessus ; il présente comme notables perfectionnements : un système de contre-tirage avec chappes en fer, ayant pour résultat de maintenir les sommiers et de prolonger la duréé de l'accord ; un mécanique transpositeur. Il contient, en outre, avec la pédale de forté, la pédale d'expression, la pédale d'accrochement et la pédale-jalousie.

3° Piano droit, en thuya d'Algérie, à cordes obliques en éventail ; nouveau modèle décoratif avec marqueterie et incrustations en métal blanc. Mêmes perfectionnements que ci-dessus.

4° Piano droit, en ébène verte de la Guiadeloupe, avec frises en bois de rose et filets en cuivre, style Louis XV. Mécanisme transpositeur et pédale d'expression.

Les inventions et les perfectionnements appliqués dans ces instruments et énumerés ci-dessus sont consagrés par l'expérience et appréciés par les artistes les plus éminents.

M. Montal est aujourd'hui placé au premier range dand la facture française.
Disons, en terminant, qu'il est aveugle, et que, le premier, il a ouvert aux aveugles de tous les pays une carrière nouvelle et fructueuse, celle de l'accordage des pianos." Exposition Universelle de 1862 à Londres, section française. Catalogue Officiel, 1862

LONDRES - "M. Montal, non moins remarquable par l’activité de son esprit que par la dextérité de ses mains, auxquelles semblent attachés les yeux dont l’usage lui a été refusé par la nature; M. Montal, dis-je, qui, de simple accordeur, est devenu le chefd’une maison considérable, se montre ingénieux, comme toujours,dans les instruments qu’il a mis à l’exposition; peut-être même l’est-il trop, en ce qu’il semble plus prénocupé de la production d’effets nouveaux ou exceptionnels, que des conditions essentielles réclamées par les pianistes pour les besoins de leur exécution.

Sa pédale qui modifie l’intensité du son par l’abaissement du clavier est une jolie curiosité; mais loin d’être utile à un artiste habile, dont le talent n'a pas besoin de cet accessoire mécanique, elle ne pourrait que lui être nuisible.

Du reste, la fabrication de M Montal est bonne, et son mécanisme à échappement simple, avec un ressort agissant sur la queue du marteau pour le retenir et aider à la répétition, est bien conçu.

La sonorité du grand piano ne manque pas d’éclat et ne laisse désirer qu’un peu plus de distinction." Le Guide Musical, 31/07/1862, p. 90

LONDRES - "M. Montal. (1678) exhibits a grand, and an oblique upright, containing some ingenious novelties.

The most important is a soft pedal or, as the inventor calls it, a “pédale d‘expression," which acts on an entirely novel principle, namely, by diminishing the range of the key and the hammer.

When the foot is placed on the pedal, the keys are gradually pressed down, and the hammers gradually rise, so that the range of motion of both is lessened in proportion.

The mechanical arrangement by which the motions of the keys and hammers are proportioned respectively to each other, so as to preserve the perfection of the touch, has required great ingenuity to devise and great care to carry out; but it has been effectually accomplished. The action of the mechanism is perfect, and the direct is extraordinarily beautiful, as the tone may be diminished to the faintest audible sound, while the facilities of execution are perfectly well preserved. It is by far the most perfect means of reducing piano and graduated efi'ects that has yet been evised for the instrument.

A second invention of M. Montal's is what he calls a “pédale de prolongement," by which the sound of any notes or chords struck may be prolonged after the fingers have lefl; the keys, while the whole of the rest of the instrument dumps perfectly.

It is a well-known defect in the use of the ordinary loud pedal that the sound not only of the chords first struck, but also of all other notes, while the pedal remains dowmare prolonged, producing so great confusion on the car, as seriously to injure the effect produced.

M. Montal‘s invention removes this, as by means of peculiar mechanism the pedal acts-only on the dampers of the chord first struck, all the others being left free. The pedal requires some little practice to manage, but the effect is good.

The other improvements consist in a spring for relieving the key of a portion of the weight of the hammer, and of some modifications in the position and construction of the dampers, to improve their action and facilitate their adjustment. The upright piano has a transposing apparatus, is constructed with a slightly modified arrangement of the stringing, and has moveable Venetian louvre boards at the back, acted on by the loud pedal, so as to bring out or graduate the tone on that side.

An additional interest attaches to M. Montal's ingenious inventions, and to his large and successful manufacture of pianos, from the fact that he is blind. M. Mental is awarded a Medal." Reports by the Juries on the subjects in the thirty-six classes into which ..., 1862, p. 148



1864

PARIS - "Une exposition publique de pianos riches des plus splendides a lieu, en ce moment, dans les salons de M. Montal, facteur de LL. MM. l'empéreur et l'impératrice, et de l'empereur du Brésil, 31, boulevard Bonne-Nouvelle.

Cette collection, la plus riche et la plus remarquable qui ait jamais été exposée, présente tous les genres de décorations extérieures, et renferme les perfectionnements les plus avancés de la facture moderne, qui ont valu à M. Montal les plus hautes récompenses aux diverses Expositions françaises et étrangères.

- Les professeurs et !os amateurs peuvent visiter et jouer librement ces magnifiques instruments dignes du plus haut intérêt. Des artistes sont à la disposition des personnes qui désireraient les faire essayer." La Presse, 23/12/1864, p. 3 (Gallica)



1867

PARIS - "Encore une étoile de disparue au firmament de la facture instrumentale. Cette étoile se nomme Montal, un de nos plus habiles facteurs, et l'un de ceux qui non-seulement offraient chaque jour au public de forts bons pianos, mais encore des instruments d'une grande beauté et d'un excellent goût; quoi qu'il fût aveugle, il voyait avec les doigts.

Mais que les clients de M. Montal se consolent, la maison Montal n'est pas éteinte; elle se redresse et se relève sous le nom de Montal-Tessereau.

Ce successeur, après avoir travaillé pendant seize ans dans la fabrique, s'est rendu acquéreur du fonds et de la clientèle à la vente après décès du créateur de l'établissement.

Nouveau comme patron dans la facture, les titres de M. Tessereau ne sont pas encore nombreux, mais les instruments qu'il a successivement soumis au publie pendant la durée de l'Exposition, prouvent, par les bonnes qualités de fabrication et de sonorité, que le nouveau patron ne laissera pas péricliter la réputation de la maison Montal.

Il saura faire aussi bien et nous en avons la preuve daus le nouveau piano nouvellement exposé, malheureusement trop tardivement pour être soumis à l'appréciation du jury.

M. Tessereau veut faire bon et beau, mais il ne sacrifie rien au luxe inutile. Aussi il vous donnera un bon piano droit à sept octaves, en palissandre, pour 800 fr., dont il vous garantira la durée.

Je crois, dans l'intérêt que je porte à M. Tessereau, comme à tout ouvrier qui par son travail et ses économies parvient à s'établir, devoir examiner les travaux de Montal, car l'honneur en rejaillira sur le successeur.

M. Montal, malgré sa cécité, ne laissait rien échapper quand il s'agissait de la construction du piano; il voyait, en palpant, les défauts des instruments, et son intelligence savait y apporter remède. Il était un des facteurs modernes qui ont le plus cherché à perfectionner l'instrument, surtout le piano vertical.

Ses premières recherches eurent pour objet de remédier, par divers moyens de contre-tirage, à l'effet de la tension des cordes. M. Montal, de même que Debain, adopta une disposition des cordes en éventail; droites dans le dessus, elles allaient en obliquant progressivement jusqu'à la basse, de manière à donner à la dernière la plus grande longueur possible.

M. Montal avait aussi essayé le système de jalousie usité dans l'orgue, et que nous retrouvons aujourd'hui dans les galeries du Champ-de-Mars sur l'instrument de M. Roz, nommé piano orphéon.

La prolongation du son sur une ou plusieurs notes fut aussi un des objets de recherche de M. Montal, et il trouva, en 1842, le moyen de l'obtenir par une troisième pédale, qui suspendait le marteau sans être obligé de laisser les doigts sur la touche. En 1846, il construisit un piano qui transposait, en faisant mouvoir le clavier et en l'isolant de la mécanique.

Nous avons vu chez M. Montal, en 1848, un piano dont le corps sonore se renversait sur la mécanique. Le corps sonore était monté sur deux pivots qui lui servaient de centre de mouvement.

M. Montal perfectionna, en 1851, le piano transpositeur; la mécanique était stable, les marteaux restaient invariablement sous les cordes respectives; le mouvement de translation s'opérait par un simple levier qui soulevait les échappements pendant la moitié de la course, et qui les laissait redescendre sur la touche pendant la seconde moitié." Catalogue général, H. Welter (Firm : Publisher : Paris, Jules Rainal Frères, Paris), E. Dentu, 1867

  PARIS - "M. MontaL - Tessereau.  -   Encore une étoile de disparue au firmament de la facture instrumentale. Cette étoile se nomme Montal, un de nos plus habiles facteurs, et l'un de ceux qui non-seulement offraient chaque jour au public de forts bons pianos, mais encore des instruments d'une grande beauté et d'un excellent goût; quoi qu'il fût aveugle, il voyait avec les doigts.

Mais que les clients de M. Montal  se consolent, la maison Montal  n'est pas éteinte; elle se redresse et se relève sous le nom de Montal-Tessereau. Ce successeur, après avoir travaillé pendant seize ans dans la fabrique, s'est rendu acquéreur du fonds et de la clientèle à la vente après décès du créateur de l'établissement.

Nouveau comme patron dans la facture, les titres de M. Tessereau ne sont pas encore nombreux, mais les instruments qu'il a successivement soumis au publie pendant la durée de l'Exposition, prouvent, par les bonnes qualités de fabrication et de sonorité, que le nouveau patron ne laissera pas péricliter la réputation de la maison Montal.

Il saura faire aussi bien et nous en avons la preuve daus le nouveau piano nouvellement exposé, malheureusement trop tardivement pour être soumis à l'appréciation du jury.
M. Tessereau veut faire bon et beau, mais il ne sacrifie rien au luxe inutile. Aussi il vous donnera un bon piano droit à sept octaves, en palissandre, pour 800 fr., dont il vous garantira la durée.

Je crois, dans l'intérêt que je porte à M. Tessereau, comme à tout ouvrier qui par son travail et ses économies parvient à s'établir, devoir examiner les travaux de Montal, car l'honneur en rejaillira sur le successeur.

M. Montal, malgré sa cécité, ne laissait rien échapper quand il s'agissait de la construction du piano; il voyait, en palpant, les défauts des instruments, et son intelligence savait y apporter remède. Il était un des facteurs modernes qui ont le plus cherché à perfectionner l'instrument, surtout le piano vertical.

Ses premières recherches eurent pour objet de remédier, par divers moyens de contre-tirage, à l'effet de la tension des cordes.

M. Montal, de même que Debain, adopta une disposition des cordes en éventail; droites dans le dessus, elles allaient en obliquant progressivement jusqu'à la basse, de manière à donner à la dernière la plus grande longueur possible.

M. Montal  avait aussi essayé le système de jalousie usité dans l'orgue, et que nous retrouvons aujourd'hui dans les galeries du Champ-de-Mars sur l'instrument de M. Roz, nommé piano orphéon.

La prolongation du son sur une ou plusieurs notes fut aussi un des objets de recherche de M. Montal, et il trouva, en 1842, le moyen de l'obtenir par une troisième pédale, qui suspendait le marteau sans être obligé de laisser les doigts sur la touche.

En 1846, il construisit un piano qui transposait, en faisant mouvoir le clavier et en l'isolant de la mécanique.

Nous avons vu chez M. Montal, en 1848, un piano dont le corps sonore se renversait sur la mécanique. Le corps sonore était monté sur deux pivots qui lui servaient de centre de mouvement.

M. Montal  perfectionna, en 1851, le piano transpositeur; la mécanique était stable, les marteaux restaient invariablement sous les cordes respectives ; le mouvement de translation s'opérait par un simple levier qui soulevait les échappements pendant la moitié de la course, et qui les laissait redescendre sur la touche pendant la seconde moitié.

À l'Exposition de 1844, une Médaille De Bronze fut accordée à M. Montal  pour piano droit à cordes obliques (5e rang), piano à cordes verticales (13° rang).
En
1849, M. Montal  reçoit une Médaille D'argent pour piano oblique et piano droit, classés les septième et huitième de leur catégorie respective.

M. Montal  fit partie des exposants de Londres en 1851, et il y reçut une Médaille De 2e Classe.

A l'Exposition universelle de Paris 1855, une Médaille De 1" Classe fut attribuée à M. Montal, et à celle de Londres en 1862, la Prize Médal lui fut décernée avec cette mention spéciale : Bonne fabrication de piano.

Une récompense toute spéciale était venue trouver M. Montal . Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, en 1851.

M. Tessereau a bien fait d'exposer tous les titres de son prédécesseur; il a par là dressé une barrière qui l'empêchera de reculer, car ce tableau honorifique, sans cesse présent à ses yeux, lui rappellera ce qu'il doit faire pour conserver intacte la réputation de la maison.

Pour son entrée dans la voie des Expositions, M. Tessereau a reçu une mention honorable, mais en conscience je crois qu'il méritait mieux." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, 1868, p. 147-149

Autres commentaires sur l'exposition de 1867, 
voir
TESSEREAU, son successeur dès 1866.

MONTAL
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Pour les références voyez la page
pianos français 1830 - 1839


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