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MAZELLY
à Paris

1892

NOUVEAUX TYPES DE PIANOS

"NOUVEAUX TYPES DE PIANOS avec cadre en fer et vernis laque. E créateur du système de piano que nous allons présenter aujourd'hui aux amateurs, M. L. Buffet, directeur de la maison Mazelly et provisoirement installé au 74 de la rue de la Villette, est un ancien élevé de l'Ecole centrale de Lyon, un lauréat de la même Ecole, un chimiste du Conservatoire des Arts et Métiers.

Nous connaissons assez les capacités du chef de cette maison parisienne, pour pouvoir prédire qu'il ne va pas se contenter de suivre avec fidélité les traditions de son prédécesseur, qu'il donnera à l'utile invention de M. Buffet un large développement, et doublera en très peu de temps, la confiance que son prédécesseur avait su inspirer aux Parisiens.

Et si l'on veut avoir la preuve que la prédiction que nous faisons ici est tout à fait loin d'être mal fondée, il suffit d'aller faire une visite aux pianos qui viennent d'être construits sous la direction du chef de la maison pour constater que le progrès prédit par nous est déjà inauguré, malgré l'intervention tout à fait récente de M. Mazelly.

Que l'on se garde bien de croire que l'intelligent emploi des cadres en fer et des barrages en bois employés par cette maison ne vise d'autre but que la satisfaction des yeux, une satisfaction du reste, que nous serions très loin de dédaigner, car nous savons bien que le piano, installé dans tous les ménages de quelque importance joue aans nos salons un rôle décoratif, occupe dans nos élégants mobiliers une place qu'il est tout à fait impossible de dédaigner.

Nous ne pouvons donc négliger de reconnaître que les cadres nouveau modèle de cette maison que ses claviers, que ses doubles flambeaux que ses moulures mates ou vernies, que ses surfaces imitant le palissandre ou les autres bois les plus riches, l'écaille, le marbre, etc., etc., sont d'une vérité d imitation tout à fait séduisante, et si complète vraiment que la main étendue sur ce faux marbre éprouve les mêmes sensations crue produirait sur elle le marbre naturel.

Tout cela tient, en grande partie, à l'emploi d'un vernis laque d'une extrême finesse, très facilement traitable par le premier ébéniste venu, ne s' encrassant jamais, donnant un magnifique brillant à la surface de couleur quelconque qu'il recouvre, et qui rend tout à fait superflu l'emploi de ces placages dont la solidité laisse tant à désirer.

Mais ceci dit en visant le plaisir des yeux, il est impossible d'oublier que le piano est plus spécialement chargé de séduire les oreilles. L. Buffet et son successeur se sont bien gardes d'oublier ce côté de la question.

La forme et épaisseur de leurs caisses, le vernis laque qu ils y appliquent sont destinés non pas seulement a satisfaire les yeux, mais à résister d' une façon complète à l'action de l'eau, à mettre les cordes de l'instrument à l'abri de ces variations de la température, de ces influences de la température ambiante qui amènent plus d'une fois des ruptures et qui, faisant varier à chaque fois instant le degré de tension des cordes, donnent sans cesse des tons faux vraiment insupportables pour de fines oreilles.

Citons encore parmi les avantages de ces instruments : l'excellent mouvement de pédale qui ne se dérangé jamais, n'exige aucune garniture, ne subit aucun frottement, ne craint nulle humidité ; le nouveau système de barrage en bois, avec accouplement des barreaux donnant une force double, égale à celle des cadres en fer, et ayant sur eux l'avantage de ne pas produire ces détestables sons de ferraille, etc., etc.

Les cordes demi-obliques ou croisées de ces pianos donnent des sons très intenses, très réguliers ; leurs tables de barrage, exécutées avec des bois d'une énorme épaisseur et d'une siccité parfaite, permettant d'obtenir des basses d'une ampleur vraiment exceptionnelle, et sont d'une solidité qui résiste à tout coup d'enfoncement.

Et tous les avantages que nous venons d'énumérer, avantages qu'un pianiste de profession, ou même un simple pianiste amateur, seraient disposés à payer très cher, nous avons le droit de dire que cette maison est très loin de les faire payer cher, très loin même de les vendre à un prix quelconque, car il s'est mis en mesure et a pris le parti de céder ses pianos de grand format au prix que l'on réclame généralement pour les petits pianos.

Voilà des résultats qui intéressent pour l'art musical, qui tirait déjà un si grand parti des pianos chers et défectueux, et à qui l'on offre maintenant à si bas prix, des pianos solides, sonores, entièrement irréprochables." Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 05/1892, p. 115-116 (Gallica)

Pour les références voir
la page alphabétique M (MAZELLY)
la page alphabétique B (BUFFET)


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