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BOISSELOT
à Marseille (°1827)

1850

- LOUIS BOISSELOT (1785-1850)

"M. Boisselot, le gracieux auteur de Ne touchez pas à la Reine, vient d'éprouver un malheur des plus cruels. Son frère, M. Louis Boisselot, qui dirigeait a Marseille une fabrique de pianos très renommée, vient de mourir. Cette mort aura entre autres tristes résultats, celui de détourner M. Boisselot, le compositeur, de sa carrière musicale.

Il est le seul maintenant qui puisse succéder à l'habile facteur que nous venons de perdre et sauvegarder les intérêts commerciaux de sa famille. M. Boisselot a quitté Paris pour se rendre à Marseille, où l'appelle un si douloureux devoir, et dans peu de jours le compositeur aura fait place au chef de la maison Boisselot et Comp.

Une singulière fatalité semble poursuivre d'ailleurs cet artiste recommandable. Il a dû attendre dix ans son premier poème, et peu de temps après le grand succès de son ouvrage de début, il perdit son père, que ce succès rendit si heureux !

Aujourd'hui, M. Boisselot tenait un opéra tout prêt, intitulé la Sorcière, dont MM. Scribe et Vaez avaient écrit les paroles, et voilà qu'une nouvelle catastrophe trappe le pauvre musicien et l'empêche de songer à la représentation de son oeuvre. Mais espérons que, tôt ou tard, M. Boisselot nous reviendra." Le Ménestrel, 16/06/1850, p. 3 (Gallica)

1893

NÉCROLOGIE - Xavier BOISSELOT

"Un artiste intéressant et dont la longue existence a été éprouvée de diverses façons, Xavier Boisselot, est mort obscurément à Paris, lundi dernier, à l'âge de quatre-vingt-un ans. Fils d'un facteur de pianos qui avait créé cette industrie à Marseille, il était né en cette ville le 3 décembre 1811, et y avait commencé l'étude de la musique.

Venu ensuite à Paris, il entra au Conservatoire, où il devint élève de Fétis pour le contrepoint et de Lesueur pour la composition. En 1832 il prenait part au concours de l'Institut, où il obtenait une mention honorable alors que M. Ambroise Thomas remportait le premier prix.

Deux ans après, en 1834, il se voyait attribuer le second prix, et en 1836 on lui décernait le premier, pour sa cantate Velléda, écrite sur des paroles de Bignan. Onze années devaient se passer pourtant avant qu'il pût aborder la scène.

Enfin, au mois de janvier 1847, il donnait à l'Opéra-Comique un ouvrage en trois actes, Ne touchez pas à la reine, qui était joué par Hermann-Léon, Audran, Ricquier, Mme Louise Lavoye et Lemercier, et qui obtint un très honorable succès.

En 1851, il donnait à l'Opéra-National du boulevard du Temple un autre ouvrage en trois actes, Mosquita la Sorcière, qui fut aussi fort bien accueilli Mais déjà, son frère étant mort en 1850, il avait été prendre à Marseille la direction de la fabrique de pianos dans laquelle celui-ci avait succédé à leur père, et qui avait une succursale à Barcelone.

Il se donna de tout coeur à cette nouvelle tâche, et y réussit de façon à obtenir à l'Exposition universelle de 1855 une médaille de première classe et la croix de la Légion d'honneur.

A ce moment, la fabrique construisait 500 pianos par an. Malheureusement, une série d'opérations fâcheuses et défausse spéculations vint arrêter le développement de son industrie, ruinée encore par un désastre : l'incendie, en 1865, de la superbe fabrique de Barcelone.

Boisselot, découragé, laissa l'entreprise aux mains de son neveu, qui sut lui rendre toute sa prospérité. A partir de ce moment, on n'entendit plus parler de cet artiste vraiment distingué. Boisselot, qui avait épousé la fille de son maître Lesueur, était venu habiter depuis quelques années un petit logement, rue Gortot, 8, à Montmartre. Il a été inhumé au Père Lachaise." Le Ménestrel, 16/04/1893, p. 128 (Gallica)

1931

 - XAVIER BOISSELOT (1811-1873)

"Et maintenant, après avoir fait aux membres de l'Institut la place d'honneur qui leur était due, nous reprenons l'ordre chronologique.

Fils d'un facteur de pianos, le jeune Boisselot avait, en la personne de son pere, non seulement un protecteur et un ami, mais un agent deréelames qui ne perdait aucune occasion d'allécher le public et de prédisposer ainsi les autres à aimer ce qui lui était cher. Voilà pourquoi on lisait alors dans les journaux :

« C'est au numéro 9020 qu'est échu, dans la loterie au profit de la Caisse de l'Association des Artistes musiciens, le magnifique piano à queue donné par Ni. Boisselot, de Marseille. Cet instrument, tant apprécié  des artistes par sa brillante et belle qualité de son, confirme la haute réputation de M. Boisselot, qui, depuis quelques années, partage avec Erard, Pleyel et Pape, l'honneur de marcher à la tête de la fabrique française. »

Un peu plus tard, au mois de novembre 1846, on annonçait l'arrivée à Paris de M. Boisselot père, « le célèbre facteur de pianos de Marseille, si connu par la constante protection qu'il a généreusement accordée Il l'art et aux artistes. Il vient assister à la première représentation de l'ouvrage de son Dis. » C'était s'y prendre d'avance, puisque cette première n'eut lieu que le 16 janvier 1847; mais l'excellent homme avait raison de se hâter. La victoire de son fils devait être sa dernière joie quatre mois plus tard, il mourait subitement.

Singulière destinée d'ailleurs que celle de ce fils chéri. Né en 1811, gendre de Lesueur, prix de Rome en 1836, Xavier Boisselot attend onze ans la faveur d'être joué, donne pour son début.

Ne touchez pas à la Reine, qui est un succès, attend quatre années encore pour voir monter son second ouvrage, Mosquïta la Soicière, au Théâtre-Lyrique, lors de l'inauguration (27 septembre 1851), puis, délaissé par les directeurs, revient définitivement à ses fagots, ou plutôt à ses pianos. Vainement, dans la cave de l'Athénée, on tente en 1871 une malheureuse reprise de Se touche: pas à la Reine, le nom du compositeur disparaît alors de l'affiche et retombe dans l'oubli.

Elle n'était point d'ailleurs sans mérite, cette pièce appelée Un Secret, puis IV'e toucha pas a la hache, titre lugubre et peu propre au cadre aimable de l'Opéra-Comique.

L'affabulation manquait de vraisemblance, bien que le point de départ ne fût pas sans quelque analogie avec celui d'un drame en cinq actes, d'Octave Femllet et Bocage, intitulé Echec et mat; cependant les scènes étaient adroitement présentées, et la partition, sans révéler une personnalité musicale, dénotait une certaine habileté dans le maniement des voix et de l'orchestre.

«Ne touchez pas à la Reine, écrivait un chroniqueur, mais, venez la voir ! »

Et l'on vint, en effet, avec un tel empressement, que l'ouvrage fut joué 67 fois la première année et atteignit en trois ans 173 représentations.

La province et l'étranger l'accueillirent avec faveur, puis l'oublièrent à leur tour. C'est le temps qui avait touché à la Reine, et c'est lut qui l'avait tuée." Encyclopédie de la musique et dictionnaire du conservatoire, 1931, p. 1780 (Gallica)

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