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BAUDET
à Paris (°1855)

1867

PARIS - "M. BAUDET. - Sous le titre de piano quatuor, M. Baudet expose un instrument exceptionnel, c'est-à-dire un piano imitant le quatuor des instruments à archets. L'entreprise à laquelle s'est livré M. Baudet n'est pas nouvelle, car bien des facteurs ont tenté d'obtenir le même résultat que M. Baudet, mais aucun ne dota le monde musical d'un instrument vraiment pratique.

M. Baudet sera, je crois, plus heureux que ses devanciers. L'ingéniosité et la simplicité des moyens mis en action me font présumer qu'il atteindra complétement le but qu'il s'est proposé.

L'instrument de M. Baudet est un piano droit dont les cordes sont niées chacune d'une manière spéciale, selon la qualité de son qu'on veut obtenir. Un cylindre horizontal, mis en rotation au moyen des pédales et enduit de colophane, est placé dans la partie supérieure de la caisse d'harmonie, et forme l'archet.

A chaque corde est attaché un petit pinceau en crin plus ou moins fort qui vient se présenter sous le cylindre, et, sous chaque pinceau se trouve une tige qui correspond à la touche.

Cette tige, au lieu d'être terminée par un marteau, est munie à son extrémité d'une lame en baleine, de sorte qu'en appuyant sur une touche du clavier, la tige pousse contre le cvlindre le pinceau de crin et celui-ci transmet immédiatement la vibration à la corde. Rien n'est plus simple que ce moyen, et cette simplicité est un des grands mérites que je m'empresse de reconnaître à M. Baudet.

Il est facile de comprendre que plus on appuie sur les touches et plus on est censé appuyer l'archet, ce qui permet de faire à volonté le crescendo et le decrescendo. M. Baudet est même parvenu à reproduire la pression frémissante du doigt sur la corde.

C'est, comme on voit, un instrument qui est appelé à offrir de très-grandes ressources dans l'exécution. Je crois bon de le rappeler ici et d'indiquer à M. Baudet des précédents qui pourront lui montrer les défauts que l'on reprochait à ses devanciers, et les moyens dont il peut faire usage dans les perfectionnements que demande encore la construction du piano quatuor.  [...]

Eh bien! de tous ces essais que reste-t-il ? le souvenir seul de ces tentatives infructueuses. Même sort ne saurait atteindre le piano quatuor de M. Baudet, car son essai se traduit déjà par plusieurs instrument à la portée de tout le monde que des perfectionnements rendront sans doute parfait. Ses moyens sont simples, ingénieux et leur emploi est bien combiné.

M. Baudet est un chercheur, chose assez rare de nos jours, et je suis persuadé qu'il parviendra en étudiant les travaux de ses devanciers à corriger les défauts que l'on peut reprocher à la qualité des timbres qui rappellent parfois celui de l'anche libre.

Je dis courage à M. Baudet, comme la Commission impériale qui, après avoir examiné son instrument avec beaucoup d'attention, a accordé à M. Baudet une Mention honorable comme témoignage de l'intérêt qu'elle prend à la réussite complète du piano quatuor." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, p. 128-133 (fragment du texte)

1867

LE HAVRE - "3. BAUDET et Cie. — Harmoniums de leur fabrication, 25 bis, rue du Cherche-Midi, à Paris. M. Baudet est l'inventeur de cet instrument curieux et intérressant à plus d'un point de vue, et qu'on nomme le Piano-Quatuor, attendu que les quatre principaux instruments à .archer, le violon, l'alto, le violoncelle et la contre-basse s'y trouvent heureusement mariés et confondus.

Les effets qu'un pianiste peut tirer de cet instrument sont vraiment surprenants; sous la forme d'un piano droit, le piano quatuor se joue absolument comme l'orgue, avec la difficulté des registres en moins." Exposition maritime internationale, Le Havre, Seine-Maritime, 1868, p. 307 (Gallica)

1873

PARIS - "[...], le prince héréditaire Rodolphe me semble un grand amateur de musique, car il ne vient jamais à l'exposition sans s'arrêter devant les pianos-quatuor de M. Baudet. C'est son plus grand plaisir d'entendre cet instrument tout nouveau pour lui, comme pour les Viennois, qui assiègent pour ainsi dire l'estrade sur laquelle se trouve placé le piano-quatuor.

Je n'ai pas besoin de faire ici une description de cette invention merveilleuse de M. Baudet; car aucun de mes lecteurs ne passe sur le boulevard des Italiens sans s'arrêter quelques minutes pour entendre les sons harmonieux du piano-quatuor; mais je tiens à constater que M. Baudet, qui se trouve actuellement ici, voit couronner son invention par le succès qu'elle obtient à Vienne comme à Paris.

Je ne doute pas que sous peu on trouvera dans toute maison élégante un piano-quatuor, et la cour sera la première à en acheter, car M. Baudet doit faire entendre prochainement son instrument dans un concert, qui aura lieu dans les appartements de l'impératrice même. Plusieurs fabricants de pianos de la localité sont en ce moment en pourparlers avec M. Baudet pour lui acheter son brevet." La Presse, 16/08/1873, p. 2 (Gallica)

1877

PARIS - "A notre prochaine Exposition universelle les fabricants de pianos français comptent produire de nouveaux modèles, dont les perfectionnements ne peuvent manquer d'exciter un grand intérêt. [...] mentionnons aujourd'hui le piano à queue verticale, de M. Baudet, l'inventeur du piano quatuor.

La partie supérieure du piano à queue verticale représente une harpe aboutissant à la caisse d'un piano droit, dans laquelle, on peut placer un orgue. Et notons que cet instrument si complet, ayant, les grandes qualités des anciens pianos à queue, trouvera sa place dans les plus petits salons." Le Ménestrel, 29/07/1877, p. 280 (Gallica)

1878

PARIS - "M. Baudet a cru faire du nouveau en exposant un piano vertical ordinaire : a-t-il oublié les nombreux essais de ce genre, et ignore-t-il que le clavecin vertical est une invention qui remonte au XVIe siècle ? Ce facteur, d’un esprit chercheur, obtient une sonorité voisine de celle des instruments à cordes dans l’instrument qu’il a eu le tort de nommer un piano quatuor, et qui ressemble, à s’y méprendre, à celui qu’il appelait en 1867 un piano-violon.

Il a exposé aussi un piano chanteur, dans lequel il a placé un réservoir d’air sous le clavier : les touches viennent frapper sur ce réservoir, qui communique l’air aux lames vibrantes, et selon que les touches sont plus ou moins rapidement enfoncées, on obtient un son plus ou moins détaché.

Enfin, il nous a soumis un piano où il a posé deux barres de fer au centre du tirage des cordes, pour que puissance et résistance soient toutes deux centrales et se contre-balancent. Le jury n’a point à décider si ce système est antérieur à celui de M. Souffleto." Chouquet, Rapport sur les instruments de musiques à l'exposition universelle de 1878

PARIS - "M. Baudet, l'inventeur du piano-quatuor, a exposé un piano à queue verticale qui, avec une bonne sonorité, a l'avantage de tenir peu de place et qui a l'apparence d'une harpe. C'est du reste une intention du dix-septième siècle qu'on avait appliquée au clavecin." Journal officiel de la République française, 30/10/1878, p. 10055 (Gallica)

Image d'un piano à queue verticale,
Catalogue-almanach du Musée Grévin, 1891, p. 4 (Gallica)

PARIS - "LES PIANOS. — M. BAUDET - Plus nous approchons du moment de la distribution des récompenses, et plus les indiscrétions vont lour train. On parle des prix comme si c'était une chose mystérieuse, comme si le 21 ne devait pas arriver à son tour.

Tous ces mystères sont le secret de Polichinelle et sans trop de puissance on arrive à savoir quelle est la récompense de chacun. C'est ainsi que nous avons pu savoir que M. Baudet, l'inventeur du piano quatuor que le monde entier connaît aujourd'hui, avait reçu une médaille d'or, contre laquelle personne ne réclamera certainement.

En effet, cet exposant, qui a déjà obtenu la médaille d'or dans plusieurs expositions, ne pouvait déchoir, puisqu'il se présente avec trois nouveaux brevets, qui viennent s'ajouter aux précédents. Tous méritent une mention de notre part.

C'est d'abord le piano à accord fixe qui, par sa construction spéciale, a résolu le difficile problème de défier toutes les variations de la température sans jamais se désaccorder. Vient ensuite l'application de ce système, basé sur des lois physiques fort connues, à un instrument d'une forme nouvelle rappelant le gracieux contour de la harpe.

C'est le piano à queue verticale, à accord fixe et cordes croisées, qui sera certainement classé parmi les instruments de musique les plus élégants, les plus richement décoratifs, et qui a l'avantage inappréciable de ne pas être encombrant comme le disgracieux et classique piano à queue horizontale. Avant dix ans ce dernier aura rejoint le clavecin dans les musées d'instruments rétrospectifs. Comment pourrait-il, en effet, lutter avec la nouvelle création de M. Baudet ?

Le piano à queue verticale a toute la résonnance des plus splendides instruments de nos grands fabricants; il est facile à placer, agréable à voir, et il possède une supériorité qu'apprécieront tous les amateurs de musique qui habitent des châteaux ou des localités où les accordeurs ne foisonnent pas; c'est qu'on peut se passer d'eux.

N'oublions pas de citer un troisième instrument à clavier, s'adaptant à tous les pianos, et qui, malgré sa petite taille, est appelé à un grand avenir. C'est le piano chanteur, dont l'organe est d'une douceur et d'une suavité indescriptibles. Qui ne l'a pas entendu ne peut pas s'en faire une idée. La chose est facile, du reste.

Tous les jours, vous n'avez qu'à vous promener dans la galerie d'honneur de l'Exposition, une foule compacte vous indiquera la place occupée par les intruments de M. Baudet, dont jouent tour à tour des artistes d'un grand mérite.

C'est un concert permanent, qui se répète également au n° 20 de la rue Favart, où se trouvent les magasins de l'inventeur, et que connaissent bien tous les habitués du boulevard. Nous voilà bien loin des récompenses; mais, si toutes étaient aussi bien méritées que la médaille d'or attribuée à M. Baudet, je ne vois pas trop ce qu'on aurait à perdre en les publiant à l'Officiel." L'Exposition universelle de 1878, 09/1878, p. 881 (Gallica)

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Pour les références voyez
pianos français 1850 - 1874


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